Tomber de haut...
Dure semaine pour les grands hommes. Ils sont si fiers d'eux quand ils ont atteint des sommets qu'il nous arrive souvent à nous, les femmes, de les regarder aller, avec un sourire en coin, en nous disant que les hauteurs donnent le vertige et qu'ils risquent de se casser la gueule. La réussite, pour eux, quel que soit le domaine où ils s'activent, devient l'objet de tous leurs désirs.
Ils sont souvent prêts à faire n'importe quoi, à condition que ça les fasse monter dans l'échelle sociale et que ça leur procure le statut sans lequel ils estiment qu'ils ne sont rien. Ils se marchent parfois les uns sur les autres afin d'arriver tout en haut, sans égard aux gens qui les entourent, en se disant qu'une fois là-haut, tout va s'arranger.
Et certains tombent. En faisant plus ou moins de bruit, ça dépend. Ils n'ont souvent rien vu venir, trop occupés qu'ils étaient à rafistoler une situation qui les mettait dans l'embarras, ou trop préoccupés à sauver les meubles après une gaffe qu'ils voudraient bien pouvoir effacer. Mais ils tombent. Surpris que ça leur arrive à eux et incapables de comprendre qu'ils ont presque toujours été les propres artisans de leur malheur.
Une fois la chute commencée, ils ont souvent tendance à demander grâce, moins pour eux qu'à cause de leur famille qu'ils entraînent forcément avec eux dans leur chute. Ils réalisent tout à coup qu'ils ne pourront pas les dissocier de ce pour quoi ils sont devenus des «étoiles en chute libre», situation inconfortable qu'ils croient volontiers injuste.
Personne ne pleure sur leur sort. Ils ont souvent été si arrogants au sommet qu'il est difficile de ressentir de la compassion pour eux. Ils ont beau jouer les petits chiens battus, ils n'arrivent plus à provoquer un tout petit appui ou la moindre compréhension. Les «étoiles en chute libre» sont pitoyables et n'émeuvent personne.
Tomber avec élégance
C'est pratiquement impossible. Les grands hommes ont beau s'entourer d'une batterie d'avocats, s'exprimer avec politesse et élégance, jurer qu'ils ne diront que la vérité et toute la vérité, leurs beaux mots nous trouvent de glace. Ça ne passe plus. Nous avons déjà entendu dix fois les mêmes réponses, à l'endroit puis à l'envers, avec les dates, les heures et le nom de tous les témoins oculaires, nous avons l'impression de rejouer dans un mauvais film.
C'est l'expérience qu'auront vécue cette semaine ceux et celles qui auront eu le courage de se retaper les témoignages de Brian Mulroney ou de Henri-Paul Rousseau. Deux titans qui ne sont plus que l'ombre d'eux-mêmes, forcés de justifier ce qu'ils appellent des «erreurs de jugement».
M. Rousseau a comparé la sienne à un accident de vélo: tu conduis un vélo, tu tournes la tête et tu rentres dans le mur. Ce qu'il n'a pas dit, c'est que son accident de vélo a fait des dizaines de milliers de blessés qui vivent dans l'inquiétude et qui se désolent qu'on ait gaspillé leur argent avec autant de frivolité.
Quant à Brian Mulroney, je ne reviendrai pas sur sa lamentable histoire. Vous la connaissez déjà par coeur et votre opinion est aussi bonne (ou aussi mauvaise) que la mienne.
Un troisième larron
Il en fallait un troisième. Ce troisième, c'est Stephen Jarislowsky, ce gourou de la finance, hautement respecté dans le monde de l'argent. En l'entendant jaspiner au sujet des «petites femmes», j'ai tendu l'oreille. Disons que les femmes ne sont pas son sujet habituel et que son âge avancé et sa longue expérience permettaient de penser qu'il aurait sur le sujet un point de vue original.
Je n'ai pas été déçue. Son point de vue exprimé clairement n'était pas tellement différent de celui des talibans qui sévissent ailleurs. Notre taliban à nous a dit que les petites femmes qui avaient élevé des enfants ne pouvaient rien apporter aux conseils d'administration où on envisageait de les nommer pour arriver à une représentation plus équilibrée entre les sexes à ce niveau du pouvoir, ou quelque chose de semblable...
Les bras m'en sont tombés. Dans quel monde vit-il, cet homme? Ne sait-il pas que les femmes sont majoritaires dans pas mal de facultés de nos universités, que beaucoup d'entre elles sont parfaitement qualifiées, qu'elles aient des enfants ou non, pour des postes de haut niveau et qu'à moins d'être un vieux gâteux, il sait bien que ce que les femmes peuvent apporter à un conseil d'administration ne se mesure pas seulement avec des diplômes et qu'une maman a déjà pas mal d'expérience en administration, en organisation du travail et en distribution des tâches et qu'elle est imbattable en équilibre budgétaire. Quel gnochon, que ce Jarislowsky!
Décidément, ces grands hommes ne brillent pas par leur intelligence ou leurs qualités de coeur en ce moment. En fait, ça tombe comme des mouches.
Ils sont souvent prêts à faire n'importe quoi, à condition que ça les fasse monter dans l'échelle sociale et que ça leur procure le statut sans lequel ils estiment qu'ils ne sont rien. Ils se marchent parfois les uns sur les autres afin d'arriver tout en haut, sans égard aux gens qui les entourent, en se disant qu'une fois là-haut, tout va s'arranger.
Et certains tombent. En faisant plus ou moins de bruit, ça dépend. Ils n'ont souvent rien vu venir, trop occupés qu'ils étaient à rafistoler une situation qui les mettait dans l'embarras, ou trop préoccupés à sauver les meubles après une gaffe qu'ils voudraient bien pouvoir effacer. Mais ils tombent. Surpris que ça leur arrive à eux et incapables de comprendre qu'ils ont presque toujours été les propres artisans de leur malheur.
Une fois la chute commencée, ils ont souvent tendance à demander grâce, moins pour eux qu'à cause de leur famille qu'ils entraînent forcément avec eux dans leur chute. Ils réalisent tout à coup qu'ils ne pourront pas les dissocier de ce pour quoi ils sont devenus des «étoiles en chute libre», situation inconfortable qu'ils croient volontiers injuste.
Personne ne pleure sur leur sort. Ils ont souvent été si arrogants au sommet qu'il est difficile de ressentir de la compassion pour eux. Ils ont beau jouer les petits chiens battus, ils n'arrivent plus à provoquer un tout petit appui ou la moindre compréhension. Les «étoiles en chute libre» sont pitoyables et n'émeuvent personne.
Tomber avec élégance
C'est pratiquement impossible. Les grands hommes ont beau s'entourer d'une batterie d'avocats, s'exprimer avec politesse et élégance, jurer qu'ils ne diront que la vérité et toute la vérité, leurs beaux mots nous trouvent de glace. Ça ne passe plus. Nous avons déjà entendu dix fois les mêmes réponses, à l'endroit puis à l'envers, avec les dates, les heures et le nom de tous les témoins oculaires, nous avons l'impression de rejouer dans un mauvais film.
C'est l'expérience qu'auront vécue cette semaine ceux et celles qui auront eu le courage de se retaper les témoignages de Brian Mulroney ou de Henri-Paul Rousseau. Deux titans qui ne sont plus que l'ombre d'eux-mêmes, forcés de justifier ce qu'ils appellent des «erreurs de jugement».
M. Rousseau a comparé la sienne à un accident de vélo: tu conduis un vélo, tu tournes la tête et tu rentres dans le mur. Ce qu'il n'a pas dit, c'est que son accident de vélo a fait des dizaines de milliers de blessés qui vivent dans l'inquiétude et qui se désolent qu'on ait gaspillé leur argent avec autant de frivolité.
Quant à Brian Mulroney, je ne reviendrai pas sur sa lamentable histoire. Vous la connaissez déjà par coeur et votre opinion est aussi bonne (ou aussi mauvaise) que la mienne.
Un troisième larron
Il en fallait un troisième. Ce troisième, c'est Stephen Jarislowsky, ce gourou de la finance, hautement respecté dans le monde de l'argent. En l'entendant jaspiner au sujet des «petites femmes», j'ai tendu l'oreille. Disons que les femmes ne sont pas son sujet habituel et que son âge avancé et sa longue expérience permettaient de penser qu'il aurait sur le sujet un point de vue original.
Je n'ai pas été déçue. Son point de vue exprimé clairement n'était pas tellement différent de celui des talibans qui sévissent ailleurs. Notre taliban à nous a dit que les petites femmes qui avaient élevé des enfants ne pouvaient rien apporter aux conseils d'administration où on envisageait de les nommer pour arriver à une représentation plus équilibrée entre les sexes à ce niveau du pouvoir, ou quelque chose de semblable...
Les bras m'en sont tombés. Dans quel monde vit-il, cet homme? Ne sait-il pas que les femmes sont majoritaires dans pas mal de facultés de nos universités, que beaucoup d'entre elles sont parfaitement qualifiées, qu'elles aient des enfants ou non, pour des postes de haut niveau et qu'à moins d'être un vieux gâteux, il sait bien que ce que les femmes peuvent apporter à un conseil d'administration ne se mesure pas seulement avec des diplômes et qu'une maman a déjà pas mal d'expérience en administration, en organisation du travail et en distribution des tâches et qu'elle est imbattable en équilibre budgétaire. Quel gnochon, que ce Jarislowsky!
Décidément, ces grands hommes ne brillent pas par leur intelligence ou leurs qualités de coeur en ce moment. En fait, ça tombe comme des mouches.
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