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Bouffée d'air pour l'économie sociale

Marco Bélair-Cirino   3 novembre 2008  Politique
Les ministres Raymond Bachand et Nathalie Normandeau, lors de l’annonce, hier, d’une aide financière de 16,7 millions au secteur de l’économie sociale.
Photo : Pascal Ratthé
Les ministres Raymond Bachand et Nathalie Normandeau, lors de l’annonce, hier, d’une aide financière de 16,7 millions au secteur de l’économie sociale.
Alors que les rumeurs d'élections se font insistantes, les ministres Nathalie Normandeau, Raymond Bachand et Benoît Pelletier ont dévoilé hier le Plan d'action gouvernemental pour l'entrepreneuriat collectif et ont annoncé une aide financière de 16,7 millions de dollars au secteur.

Les ministres ont nié en bloc qu'il s'agisse d'une annonce électorale. «On a voulu, par notre présence, les trois ministres, venir appuyer le plan et envoyer un message très très clair que l'économie sociale au Québec, c'est quelque chose de vital et que notre gouvernement est derrière ça», a affirmé le ministre responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes et des Affaires autochtones, Benoît Pelletier.

«On ne devrait pas pénaliser les gens d'économie sociale parce que, à ce moment-là, on attendrait jusqu'à la fin décembre si jamais il y a des élections. C'était le calendrier qui était prévu», a assuré le ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, Raymond Bachand.

La vice-première ministre et ministre des Affaires municipales et des Régions, Nathalie Normandeau, s'est aussi bien défendue de distribuer des «bonbons préélectoraux». «Il y a plusieurs partenaires qui étaient en attente de cette annonce depuis déjà quelques semaines, a-t-elle ajouté. Tant que l'élection n'est pas déclenchée, évidemment, nous avons la responsabilité de gouverner, et c'est précisément [ce que nous avons fait hier] en annonçant un plan d'action qui était attendu.»

Raymond Bachand et Nathalie Normandeau ont néanmoins laissé entendre qu'ils étaient fin prêts pour une campagne électorale. «Peu importe le moment où l'élection va être déclenchée, on a la responsabilité d'être prêts. Alors, on se prépare», a affirmé Nathalie Normandeau. Le député d'Outremont, Raymond Bachand, a pour sa part déjà trouvé son local de campagne. «Le geste ultime de la démocratie, c'est de permettre au peuple de choisir l'équipe qu'il veut», a-t-il dit à la Presse canadienne.

Un plan annoncé en grande pompe

Le gouvernement a reconnu hier la contribution «actuelle et potentielle» de l'économie sociale au Québec et s'est engagé à donner à ses acteurs qui travaillent essentiellement dans des coopératives et des organismes à but non lucratif les moyens de leurs ambitions. «L'économie sociale place l'être humain et le bien commun au coeur de sa mission et de sa raison d'être», a indiqué Nancy Neamtan.

Parmi les 21 actions retenues par Québec, soutenir l'action des pôles régionaux en économie sociale par la conclusion d'ententes et mettre sur pied un fonds d'initiatives en économie sociale figurent en tête de liste. Les conférences régionales des élus pourront compter sur plus de 5 millions de dollars. «Notre objectif, c'est de donner une nouvelle bouffée d'oxygène à nos entreprises d'économie sociale, a dit Nathalie Normandeau. Dans le contexte de la perturbation des marchés financiers, je pense que c'est un type d'économie qui est de plus en plus pertinent.»

Des 16,7 millions annoncés, quelque 4,25 millions serviront à soutenir des actions porteuses en économie sociale sur le territoire de la métropole.

Benoît Pelletier a annoncé une aide financière de 300 000 $ sur trois ans qui visera à renforcer des initiatives d'entrepreneuriat collectif et l'action du Regroupement des centres d'amitié autochtones. Le plan d'action encourage les autochtones hors réserve et les Inuits à mettre sur pied des projets d'économie sociale. «Ce sont les autochtones eux-mêmes qui devront identifier les types d'entreprises qui prendront naissance», a précisé M. Pelletier.

Pour le Chantier de l'économie sociale, le Plan d'action en économie sociale du gouvernement représente «l'aboutissement d'un long travail commencé lors du Sommet de l'économie sociale et solidaire tenu en 2006 et l'amorce d'une action gouvernementale concertée appelée à grandir et à s'enrichir». Les présidente-directrice générale et président du conseil d'administration du Chantier de l'économie, Nancy Neamtan et Patrick Duguay, ont été ravis par l'annonce des ministres Normandeau, Bachand et Pelletier. «On salue aujourd'hui un plan d'action qui n'est pas un point d'arrivé mais un mosus de bon point de départ pour reconnaître l'importance des entreprises, les valoriser et qui va travailler à différents aspects de l'économie sociale au Québec mais surtout, je pense, qui va inaugurer une nouvelle ère de collaboration entre l'État et les acteurs de l'économie sociale», a dit Patrick Duguay. «Ce plan d'action est une preuve que notre pari on l'a gagné, a ajouté Nancy Neamtan. Plus que jamais, le Québec a besoin de la contribution de l'économie sociale.»

Environ 7000 entreprises d'économie sociale ont pignon sur rue au Québec. Elles génèrent des retombées de 17 milliards de dollars par année. La part du produit intérieur brut québécois associée à l'économie sociale est plus grande que celle liée à l'industrie aérospatiale, a fait remarquer Nathalie Normandeau.






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  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    lundi 3 novembre 2008 07h52
    Frapper à gauche et à droite en même temps
    « Le PLQ très provincial déclenche des élections pendant que l'ADQ à terre. Maintenant, un peu de fonds électoraux pour l'économie sociale afin d'enfarger le PQ à gauche pour redevenir majoritaire.

    M. Charest : À moi les PPP libres ! »

  • Roland Berger
    Abonné
    lundi 3 novembre 2008 14h11
    Ça pue les élections
    « Cette subvention à l'économie sociale pue les élections. Espérons au moins que les quelque 7 000 entreprises en verront la couleur.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • Pierre Véronneau
    Inscrite
    jeudi 6 novembre 2008 09h33
    Bizarre ???!!!
    « C'est drôle hein ? Il y a quelques semaines à peine il n'y avait pas une cenne noire pour financer La Fête Verte 2009 un événement hybride ( culturel, social et environnemental) pour sensibiliser et éduquer la population sur les outils et gestes à poser pour améliorer instantanément son environnement......
    Voilà bientôt cinq mois que l'on frappe à toutes les portes des ministères et on se fait dire désolé pas d'argent. Puis Oh soudainement une pluie de dollars........ mais quand et où iront les sous ???????? la plupart des gens ne le sauront probablement jamais.
    Oh pouvoir quand tu nous tiens...... »

  • Michel Thibault
    Abonné
    mercredi 12 novembre 2008 15h15
    De la poudre aux yeux !
    « Si le gouvernement s'en préoccupait, il y a longtemps qu'il aurait agi au lieu d'acheter, il y a près d'un an, un logiciel forestier inutile au prix de près de 15 millions de $.

    Au lieu d'utiliser plus efficacement ses propres ressources dans les domaines de l'informatique et de la géomatique. Celles-ci lui permettraient, de même qu'à ses industries, d'affronter plus efficacement les crises. »

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