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Noël électoral

Bernard Descôteaux   5 septembre 2008  Politique
Le ton a été donné mercredi. En une seule journée, ministres et députés conservateurs ont semé à tout vent une manne électorale de 4,3 milliards. Par communiqués et conférences de presse, ils continuent de répandre la bonne nouvelle. Nous ne sommes qu'en septembre, mais c'est déjà Noël. Plus de doute, nous serons incessamment en élections.

Cette distribution de bonbons électoraux ne devrait surprendre personne. Aussi certain qu'il y aura de la neige cet hiver, on sait qu'à la veille de chaque élection le parti au pouvoir va puiser dans les fonds publics pour tenter d'amadouer les électeurs. Les partis d'opposition emploieraient le verbe acheter plutôt qu'amadouer, mais en ce domaine, les partis politiques ont tous le même comportement lorsqu'ils forment le gouvernement.

Une rapide revue de presse de la période qui a tout juste précédé le déclenchement des élections en novembre 2005 nous rappelle, par exemple, que le gouvernement de Paul Martin avait déposé le 14 novembre un mini-budget on ne peut plus alléchant. Il comportait 30 milliards de baisses d'impôt conditionnelles... à la réélection des libéraux. Comme si ce n'était pas assez, le premier ministre Paul Martin avait ajouté une douzaine de milliards à cette somme. Il y en avait pour tout le monde, tant pour les militaires que les municipalités, les autochtones, les travailleurs, les agriculteurs et les artistes. On promettait, tiens donc! de doubler en trois ans le budget du Conseil des Arts du Canada.

On dira que les conservateurs n'exagèrent pas: 4,3 milliards comparativement à 42 milliards, c'est tout de même peu. Attention, à ces 4,3 milliards de la seule journée de mercredi, il faudrait ajouter toute une série d'autres promesses, petites et grandes, comme celle de la reconstruction du pont Champlain. Ce qu'il faut retenir, c'est moins l'ampleur des sommes en jeu que l'esprit de la chose. Ce n'est pas parce que les uns le faisaient que les autres sont justifiés de le faire. Transformer ainsi le gouvernement en un guichet automatique réservé à l'usage du parti au pouvoir ne peut que choquer et nourrir le cynisme des électeurs.

Beaucoup d'annonces parmi celles que font députés et ministres en précampagne électorale sont des redites. On annonce des projets qui ont déjà été annoncés, prenant pour acquis que, comme à la petite école, la répétition du message favorise l'apprentissage. Dans d'autres cas, on aura retardé des annonces qui auraient dû être faites il y a déjà un certain temps, question que les électeurs aient frais à l'esprit la bonne nouvelle au moment où ils se rendront voter. C'est le cas du programme conjoint d'infrastructures Chantiers Canada, de

4 milliards, qui mercredi faisait l'objet d'une séance de signatures en grande pompe sous les feux des caméras par le ministre fédéral des Transports, Lawrence Cannon, et la présidente du Conseil du trésor du Québec, Monique Jérôme-Forget. Cette conférence de presse aurait pu avoir lieu il y a déjà plusieurs semaines, voire plusieurs mois.

De la retenue s'impose. Il est amusant de voir que c'est le conseil qu'a servi Mme Jérôme-Forget à Lawrence Cannon. À titre de grand dispensateur de la manne fédérale au Québec, celui-ci pige dans plusieurs programmes existants. Projets et subventions vont d'ailleurs là où ça compte. Il suffit d'analyser les résultats du sondage Léger Marketing dont nous publions les résultats ce matin pour deviner que la manne conservatrice ira d'abord dans la grande région de Québec. On aimerait penser que les électeurs ne tomberont pas dans le piège, mais il faut croire que certains d'entre eux sont sensibles à ces artifices électoraux puisque d'une élection à l'autre, les partis y recourent avec une désinvolture insolente.






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  • loiselet
    Abonné
    vendredi 5 septembre 2008 04h43
    À l'encan
    « Comment peut-on se laisser acheter d'aussi hypocrite façon?
    C'est le retour de Duplessis. Comment peut-on garder des montants en retrait, en suspens, pour s'en servir en élection et être quand même élu? »

  • Loraine King
    Inscrite
    vendredi 5 septembre 2008 05h52
    Responsables
    « Une revue de presse de la période qui a précédé la chute du gouvernement Martin démontre que les journalistes à l'époque se donnaient la peine de comptabiliser les annonces et les promesses faites par les Libéraux. Le ministre Goodale avait déposé un mini-budget aux communes et s'était présenté devant un comité pour répondre aux questions des élus.

    Aujourd'hui les Conservateurs dépensent sans rendre compte à personne. Les journalistes ne se donnent pas la peine de comptabiliser les annonces et de chiffrer les promesses ; ils sont paresseux. Pourtant ce gouvernement Harper dépense beaucoup, beaucoup plus que le précédent mais on refuse de le tenir responsable de ses gestes législatifs et économiques.

    Nous étions habitués à plus de transparence de la part des Libéraux et des journalistes il y a quatre ans.

    Pourquoi traitez-vous différemment ce gouvernement ? »

  • Gabriel RACLE
    Inscrit
    vendredi 5 septembre 2008 06h03
    Émotions et non raison
    « Bérard Descôteaux l'indique fort bien, en soulignant la pluie de milliards de dollars qui prédécédé chaque élection : « On aimerait penser que les électeurs ne tomberont pas dans le piège, mais il faut croire que certains d'entre eux sont sensibles à ces artifices électoraux puisque d'une élection à l'autre, les partis y recourent avec une désinvolture insolente. »

    Comment se fait-il, en effet, que l'expérience n'apprenne rien et que tant les annonces de milliardaire que les promesses électorales aussi longues qu'un jour sans pain accrochent toujours l'attention d'un certain nombre ou d'une certaine catégorie d'électeurs.

    Pourquoi ne se posent-ils pas des questions élémentaires comme les suivantes : Pourquoi ces programmes ou ces subventions n'ont-ils pas été présentés plus tôt? Pourquoi la lutte contre la pauvreté n'est-elle pas au premier plan dans ces déversements de dollars? Pourquoi la lutte contre les changements climatiques n'a-t-elle pas fait partie des priorités du gouvernement, à la suite du rapport de Santé Canada intitulé « Santé et changements climatiques - Évaluation des vulnérabilités et des capacités d'adaptation au Canada »? Et ce ne sont que quelques exemples des questions que des électeurs réfléchissant quelque peu devant la pluie de milliards devraient se poser.

    Mais, comme on l'a déjà souligné, nombre d'électeurs ne voient que des chiffres, sans se demander ni d'où viennent, ces dollars (de notre poche, en fait), ni s'ils signifient autre chose qu'un véritable chantage électoral. Beaucoup de citoyens ne votent pas selon la raison, mais selon leurs émotions. Et le but de toutes ces annonces pré-électorales et de celles qui vont suivre dans la campagne n'ont d'autre but que de susciter des réactions émotionnelles en faveur du parti qui les fait, en faveur du gouvernement. Les émotions sont plus fortes que la raison, dit-om. Ce n'est que trop vrai et la publicité est passée maître dans l'art de les utiliser pour séduire et nous convaincre d'acheter tel ou tel produit. En période électorale, le gouvernement en fait autant.

    Autrement dit, bien des électeurs votent alors avec leurs tripes, non avec leur raison. Et les annonces gouvernementales, bien orchestrées par les médias, s'adressent à ce niveau. C'est une constatation. Ainsi, se trouvent occultés les véritables problèmes, les vraies questions sur les réalisations effectives du gouvernement, les promesses antérieures non tenues, et dans le cas présent, la violation non justifiée de la loi sur les élections à date fixe. Le piège tendu aux électeurs est grossier. Tendu dans un bois, il ne prendrait aucun animal, qui le détecterait à tout coup. Hélas, tendu dans le champ électoral, nombreux sont ceux qui se laisseront prendre dans ses filets... et le regretteront par la suite. Trop tard! »

  • Normand Carrier
    Abonné
    vendredi 5 septembre 2008 07h30
    Beaucoup de cynisme !
    « Les partis conservateur et libéraux font preuve d'un cynisme a toute épreuve et malheureusement cela réussi pour un quart de la population qui est superficielle ou un peu cynique elle meme ! On dit qu'on a les gouvernements que l'on mérite et c'est vrai . Je reve du jour ou les politiciens feront appel a l'intelligence des électeurs mais ces memes contribuables doivent se renseigner , analyser et faire preuve d'un minimum de dicernement et etre impitoyable pour les menteurs , hypocrites et manipulateurs et les sanctionner lors du scutin ce qui devrait etre fait pour le gouvernement Harper qui fait preuve d'un grand cynisme !
    Normand Carrier »

  • Gilles Delisle
    Abonné
    vendredi 5 septembre 2008 07h34
    Quand Monique et Lawrence se tutoient dans une même conférence de presse!
    « Le grotesque n'a pas de limite en politique. Quand des ministres se tutoient pour "ré-annoncer" les mêmes promesses non-exécutées d'une campagne électorale précédente, comme s'ils avaient appris à tromper leurs électeurs à la même école, c'est de prendre les gens pour des imbéciles. Le cynisme des électeurs envers ceux qui sont supposés les représenter, n'est pas prêt de s'arrêter! »

  • Fernand Trudel
    Abonné
    vendredi 5 septembre 2008 07h55
    Un fait historique à rééditer
    « Voir une signature à Québec est un précédent à recommencer n'en déplaise aux montréaleux. Un autre précédent le montant de 4,3 milliards est la plus grosse somme faisant partie d'une entente Québec-Ottawa.

    Un autre fait marquant est que tous les ministres des deux cotés sont des québécois et en surplus Lawrence Cannon et Josée Verner sont de la région de la Capitale.

    Voilà qui en bouche un coin aux bloqueux qui nous dit que si on les élit ils vont tout bloquer pour notyre bien-être car eux sont des vrais québécois. Le record est usé et craque de toutes parts...

    Cette nouvelle mérite tout le battage médiatique que vous dénoncez. Oui, c'est un fait historique à rééditer... »

  • jacques noel
    Inscrit
    vendredi 5 septembre 2008 08h36
    La manne à Québec?
    « Le Pont de Québec est la 8e merveille du monde. Elle rouille sous nos yeux. Les Conservateurs font rien

    Le Manège militaire. Trois mois qu'il a brûlé et toujours rien. Pire ils ont fait accroire que ça prendrait un autre 6 mois pour faire les tests de laboratoire! Tests afin de savoir si l'incendie est criminel ou pas! Ayoye! On parle bien du 3e édifice patrimonial de Québec après le Chateau et le Parlement.

    On a annoncé il y a deux ans la construction d'un Super PEPS. On vient d'en faire une autre annonce.

    La construction de l'immeuble administratif à D'Estimauville: rien (rappelons que c'est pour ça que Julie s'est retrouvé dans le lit de Maxime! On est dans la république de bananes ici! )

    Le TGV qui va nulle part, le centre de dédouanement à l'aéroport pour favoriser les liaisons internationales et tous les autres. Nulle part »

  • Jacques_Morissette
    Abonné
    vendredi 5 septembre 2008 10h43
    Pour informer le public, il faudrait...
    « Le parti qui gagne les élections est celui pour qui la majorité requise a voté. La moyenne du niveau d'éducation des gens est inversement proportionnelle au nombre de personnes dont on tient compte. Autrement dit, plus il y a de monde dont on tient compte plus leur niveau d'éducation diminue. Les politiciens le savent.

    La masse des gens ne lient pour ainsi dire jamais. Je parle de la masse des gens, pas des individus qui la composent. On écoute les nouvelles comme on écouterait un "soap" à la télé. C'est-à-dire sans vraiment tenir compte de l'implication des mots qu'on y dit, sans vraiment réfléchir, d'une façon superficielle à vrai dire. On ne lit pas vraiment les journaux. On regarde plutôt les gros titres et ce qu'il y a sous les photos.

    En plus, si l'on tient compte de la complicité de beaucoup de médias papiers et électroniques pour engourdir les gens, ça s'ajoute à l'abêtissement de la population. Effectivement, les politiciens tiennent compte du fait que les gens ne s'informent pas vraiment, quand on parle de la population. Je ne dis pas que la population n'est pas intelligente. C'est fort malheureusement quand elle est acculée à un mur existentiel qu'elle se réveille vraiment.

    Ainsi, le bon politicien qui veut faire avancer un dossier à l'encontre de la population agit en louvoyant, comme le ferait un prédateur talentueux. S'il veut vraiment parvenir à ses fins, il ne faut pas réveiller (ne doit pas faire de faux pas!) les consciences endormies de la population, ne pas acculée les citoyens à un mur en somme. Une fois l'objectif atteint par le parti au pouvoir, le parti au pouvoir peut profiter notamment d'une réunion du conseil des ministres dans le but de flatter les vanités des vainqueurs au détriment des vaincus, avec rires et sarcasmes en toile de fond.

    J'imagine que les choses peuvent se passer ainsi quand un parti au pouvoir veut amener les gens à penser et à agir dans le même sens qu'eux. Ce n'est alors même plus une simple question d'éduquer la population, en faisant la lumière. En fait, c'est plutôt de travailler sur l'art de manipuler une population, pour passer à l'histoire. J'ai cependant un préjugé favorable pour la nature humaine. Pour cette raison, je pense très honnêtement que quand les choses se passent ainsi, les protagonistes le font d'une façon inconsciente. C'est un peu comme la lutte pour la survie de Darwin où l'individu cherche malencontreusement à l'emporter sur la masse.

    JM »

  • Roland Berger
    Abonné
    vendredi 5 septembre 2008 11h03
    La question sans réponse
    « La question, c'est pourquoi tant d'électeurs de la région de Québec s'apprêtent à voter conservateur. N'est-ce pas là la même clientèle que celle de l'ADQ, c'est-à-dire des Québécois et Québécoises profondément religieux pour qui la raison n'a pas à jouer dans le choix électoral. Comme le souligne Gabriel Racle ici, ces gens votent avec leurs tripes. Et c'est avec leurs tripes qu'ils vont enfoncer un peu plus le petit monde dans la « marde ».
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • Pierre Rousseau
    Inscrit
    vendredi 5 septembre 2008 11h19
    La vraie question
    « Vous avez raison à propos des bonbons pré-électoraux mais la vraie question c'est de savoir ce qui se passe avec nos finances publiques. Il semblerait que le fédéral soit sur les bords d'un déficit car ils dépensent comme des ivrognes. Lorsqu'ils ont pris le pouvoir, les Conservateurs avaient une bonne marge de manoeuvre avec des surplus budgétaires mais ces surplus ont fondu comme neige au soleil et ils n'auraient maintenant aucune marge de manoeuvre. Ils ont tellement dépensé, par exemple dans les équipements militaires et dans la guerre en Afghanistan, qu'ils ont du couper les subventions aux arts pour éviter un déficit à la Trudeau. Comment se fait-il que cette question n'est pas au centre de cette campagne électorale?

    Lorsqu'ils ont pris le pouvoir, l'économie allait relativement bien. Maintenant nous sommes au bord d'une récession et les affaires sont à leur plus bas depuis des années et l'avenir n'augure pas bien du tout. Partout au Canada la valeur des maisons baisse. Si l'économie est pour être une question cruciale de l'élection, pourquoi n'en parle-t-on pas? »

  • Roger Dion
    Abonné
    vendredi 5 septembre 2008 12h14
    Le gouvernement HARPER est le plus hypocrite et menteur des gouvernements
    « A voir les sondages qui donnent l avantage aux conservateurs, soit les gens sont naïfs ou inconscients.
    C est le gouvernement le plus a droite et le plus hypocrite et menteur de tout les gouvernement depuis la confédération.
    ROGER MONTEAL »

  • Normand Chaput
    Abonné
    vendredi 5 septembre 2008 16h37
    la cigale et la fourmi
    « Vous de Québec avez passé l'été à chanter. Alors dansez maintenant. Et dansez avec les conservateurs. C'est dans votre intérêt. Sinon... »

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