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Une élection « normale »

Michel David   30 août 2008  Politique
Les explications de Stephen Harper laissent pour le moins perplexe. Pour justifier le viol de la loi sur les élections à date fixe qu'il a lui-même fait adopter, le premier ministre soutient que le Parlement est devenu si «dysfonctionnel» qu'il est impossible d'attendre plus longtemps. Pourtant, il dit s'attendre à ce que le prochain gouvernement soit encore minoritaire. Autrement dit, au lendemain du scrutin, rien ne sera réglé.

Les deux sondages pancanadiens dont les résultats ont été publiés hier placent libéraux et conservateurs presque à égalité. Bien sûr, une élection peut réserver des surprises. Même si le dernier Crop permet au PC d'espérer des gains intéressants au Québec, il semble toutefois douteux que cela suffise à lui assurer une majorité.

La publicité télévisée destinée au Québec contredit elle-même la thèse du blocage parlementaire. La longue liste de réalisations dont M. Harper et ses ministres québécois s'enorgueillissent, à tort ou à raison, semble plutôt démontrer que la Chambre des communes fonctionne de façon tout à fait acceptable dans les circonstances. Alors, pourquoi cet empressement à la dissoudre?

La conséquence la plus immédiate d'un scrutin qui consacrerait le statu quo serait sans doute de provoquer le départ de Stéphane Dion et son remplacement par un chef plus redoutable, peu importe qu'il s'agisse de Michael Ignatieff, de Bob Rae ou d'un autre. Pour M. Harper, auquel une grande partie de la population demeure manifestement réfractaire, ce serait là une très mauvaise nouvelle.

Le premier ministre fait peut-être le calcul qu'il est impossible pour M. Dion d'offrir une plus mauvaise performance qu'actuellement et que sa propre position ne peut que se fragiliser au cours des prochains mois, que ce soit en raison du ralentissement de l'économie ou en raison de l'entrée éventuelle de Barack Obama à la Maison-Blanche.

***

Entre deux maux, il est toujours préférable de choisir le moindre. Pour M. Harper, il vaut certainement mieux demeurer deux ou trois ans de plus à la tête d'un gouvernement minoritaire que de risquer une défaite qui précipiterait l'heure de la retraite. Le jour venu, il pourra s'enrichir à loisir dans le secteur privé, mais pourquoi se presser d'abandonner un métier qui lui procure de toute évidence beaucoup de plaisir?

Au contraire, Gilles Duceppe donne l'impression d'être pressé d'en découdre afin de pouvoir enfin quitter un poste qui ne présente plus aucun attrait à ses yeux. Depuis sa malheureuse tentative de faire le saut à Québec, le chef du Bloc québécois n'en finit plus de s'étioler à Ottawa. Seul M. Dion semble se complaire dans sa situation pathétique. À l'aube de la campagne, il manifeste le même enthousiasme que le condamné montant à l'échafaud.

À défaut de bouleverser l'équilibre des forces à la Chambre des communes, les prochaines élections offriront aux Québécois une rare occasion depuis longtemps de faire l'expérience d'une campagne «normale», où le débat entre la gauche et la droite ne sera pas pollué, ou si peu, par la question nationale.

Même si le scandale des commandites avait été omniprésent durant la campagne de décembre 2005-janvier 2006, la souveraineté du Québec apparaissait toujours en arrière-plan. Au-delà du procès fait aux libéraux, c'est la réplique qu'il convenaitde donner aux souverainistes qui était au coeur du débat.

À l'époque, la menace paraissait encore bien réelle. André Boisclair venait tout juste d'être élu à la tête du PQ, auquel les sondages accordaient 15 points d'avance sur le PLQ, tandis qu'une majorité de Québécois se disaient prêts à voter oui à un éventuel référendum sur la souveraineté. C'est seulement après l'arrivée au pouvoir des conservateurs que le vent a commencé à tourner.

***

Même avec une plate-forme résolument progressiste, le Bloc québécois a longtemps réussi à s'attacher une clientèle plus conservatrice, pour laquelle l'objectif souverainiste primait sur toute autre considération.

Les premiers signes d'effritement sont apparus dans la grande région de Québec aux élections du 26 janvier 2006. Dans un rapport qui avait été brutalement rejeté par la direction du Bloc, l'ancienne députée de Louis-Hébert et vice-présidente du parti, Hélène Alarie, avait montré du doigt la «frénésie gauchiste» qui s'était emparée du Bloc, trop centré sur Montréal, qui se retrouvait «en porte-à-faux avec le conservatisme profond d'une grande partie de l'électorat de Québec-Chaudière-Appalaches».

Le dernier sondage Crop indique que cette désaffection pour le Bloc s'étend maintenant aux circonscriptions du 450, où l'ADQ avait effectué une percée foudroyante en mars 2007. Maintenant que le PQ a officiellement renvoyé la souveraineté aux calendes grecques, d'autres pourraient se sentir libres de voter selon leurs convictions idéologiques profondes.

D'autant plus que les positions des différents partis sont plus claires que jamais. Entre le conservatisme éclairé de Brian Mulroney et le progressisme modéré de John Turner ou de Jean Chrétien, il n'y avait qu'un pas. Entre libéraux et conservateurs, il y a maintenant un fossé. M. Harper n'a pas tort de dire que Stéphane Dion a entraîné le PLC plus à gauche qu'il ne l'a été depuis l'époque de Pierre Elliott Trudeau. Inversement, le PC n'a jamais été aussi conservateur depuis John Diefenbaker, et encore.

Les progressistes qui sont fatigués de voir le Bloc tourner en rond, mais qui ne peuvent se résoudre à voter pour le PLC, surtout s'il est dirigé par M. Dion, ont toujours la possibilité de se tourner vers le NPD ou le Parti vert. Pour les électeurs de droite, la seule option est le PC. À son grand déplaisir, Gilles Duceppe pourrait découvrir que bien des Québécois sont moins allergiques aux dinosaures qu'il ne le croit.






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  • Michel Simard
    Abonné
    samedi 30 août 2008 07h14
    Les dinosaures
    « Oui, il semble de bon ton ces temps-ci de vouloir retrourner au temps des dinosaures. Avancer en arrière, les Québécois semblent bien aimer ça. Peut-être vont-ils reculer jusqu'en 1700 pour enfin redevenir fiers d'être francophones. La société d'aujourd'hui est bien peu stimulante, entre consommation exacerbée, retour à l'exploitation des corps et nostalgie d'une époque dont on aime à croire qu'elle était heureuse, pour mieux camoufler notre propre incapacité collective à imaginer et à réaliser le monde d'aujour'hui et de demain, ce dans tous les domaines. »

  • Réjean Grenier
    Abonné
    samedi 30 août 2008 09h45
    Pour le Bloc, ça suffit
    « Dans votre «papier» de ce matin, M. David, je vous donne raison. Et ça m'arrache le coeur de devoir le dire.
    Pour un vieux souverainiste comme moi qui, malgré tout, a
    toujours voté Bloc pour le mot Québécois qu'il contient.
    J'ai toujours été mal à l'aise avec cette idée de combattre
    le mal dans sa propre maison.
    Et j'irai plus loin ce matin. Pourquoi M. Duceppe, qui n'y croit plus de toute évidence, ne convainc-t'il pas son groupe
    de démissionner en bloc et de rentrer à la maison faire
    la bataille ou elle doit se faire, c'est-à-dire contre
    les fédéralistes libéraux de Jean Charest?
    Le PQ à définitivement besoin de bras pour faire l'indépen-
    dance. Cette bataille ne peut se faire à partir d'Ottawa,
    la preuve est faite depuis longtemps.
    Réjean Grenier. »

  • Jean Bélanger
    Abonné
    samedi 30 août 2008 10h14
    Harper a peur d'Obama
    « Si jamais Monsieur Obama remportait les élections aux USA, sa position sur le réchauffement climatique mettrait monsieur Harper dans une situation précaire (La position des conservateurs sur Kyoto est conforme à la position des Républicains de Bush). Ils (les conservateurs) se retrouveraient isolés au niveau mondial. Poue éviter de se retrouver dans cette situation, il est préférable pour Harper de déclencher des élections rapidement sans avoir à remettre en question son plan vert. »

  • Fernand Trudel
    Abonné
    samedi 30 août 2008 10h16
    Un bon tour d'horizon
    « Monsieur David, j'ai toujours admiré vos talents journalistiques mais là, aujourd'hui vous avez montré tout votre savoir.

    C'est en effet un très bon tour d'horizon. Il ne manque qu'une virgule dans votre texte : la mise en place pièce par pièce du traité du Lac Meech par Harper.

    L'élection de Harper, ce séparatiste de l'ouest, permet pour certains comme moi, d'espérer un Meech II. Oui, les gestes d'Harper sur la reconnaissance du Québec francophone comme nation est un des éléments de Meech tout comme le réglement du déséquilibre fiscal.

    Le Conseil de la Fédération mis sur pied par Charest, déplace le pouvoir en le partageant entre les provinces et le fédéral. Enfin, les provinces font front commun pour parler à leur gestionnaire fédéral, créature de pères de la confération. Les premiers ministres provinciaux ne font que suivre la route tracé par l'acte d'union de 1867.

    Dans sa lutte environnementale, le fédéral n'a t'il pas fait des ententes de 1,5 milliard pour que les provinces prennent l'initiative du plan vert élaborré par chacun? Regardez ce qui est inclus dans le déséquilibre fiscal qui a retourné 2,3 milliards au Québec. N'y a t'il pas 350 millions pour amorcer le plan vert du gouvernemnt québécois ? Vous savez ce que Béchard et le théologien Steven Guilbault réclamaient cote-à-cote à Naïrobi, ne manquant pas de fustiger Mme Ambrose au passage et de démoniser le gouvernement conservateur. Moi avant de blâmer le fédéral comme les groupes écolos se plaisent à le faire, je penserais à demander des comptes aux gouvernements provinciaux qui ont eu les fonds nécessaires pour mettre à exécution leur plan vert. Même au Québec la taxe Béchard à la pompe rapporte 200 millions par année en sus des transferts fédéraux. Ca fait de l'argent ca pour nettoyer son perron. On a droit à des résultats probants...

    À voir aller Harper, il met en fonction les articles de Meech à la pièce et tout le monde n'y voit que du feu. Il ne reste qu'une partie du Lac Meech à régler et c'est le pouvoir de dépenser du fédéral.

    Pour Duceppe c'est assez dificile à comprendre. Car d'un coté, il veut que le fédéral ne dépense plus en se séparant et de l'autre, il réclame que le fédéral subventionne les artistes qui font l'éloge de la souveraineté. Un double discours. À voir son attitude désinvolte à la télé, nous démontre qu'il est tanné d'être entre deux chaises grassement payé avec un chèque sur lequel le flag rouge y figure. Au départ, le bloc ne devait-il pas faire plus de 10 ans à Ottawa? Il en a fait 17 ans et plusieurs des gros canons ont soit changé d'allégeance, soit été élu au provincial ou soit ont pris leur retraite politique. À force de se vider de sa substance et de voir le tapis leur glisser sous les pieds avec le réglement du déséquilibre fiscal et la reconnaissance du peuple fondateur, il ne leur reste que le pouvoir de dépenser du fédéral à se mettre sous la dent et sur ce point autant les fédéralistes que les séparatistes s'entendent.

    Quant à Stéphane Dion, autant sa loi sur la cklarté référendaire que sa taxe sur le carbone ne jouissent de la popularité électorale. Ce rat de bibliothèque n'a pas sa place en politique surtout comme chef de parti.

    Quant au chef du NPD Jacky Layton, son sourire forcé me fait penser au vendeur de bagnoles usagées prêt à tout pour nous vendre n'importe quoi. Même à se convertir en curé. On sent sa superficialité rayonnante... »

  • Gilles Théberge
    Abonné
    samedi 30 août 2008 10h43
    Hvatombe appréhendée.
    « «À son grand déplaisir, Gilles Duceppe pourrait découvrir que bien des Québécois sont moins allergiques aux dinosaures qu'il ne le croit.»

    Le pire, c'est que vous avez malheureusement raison. Originaire pourtant de Québec cela demeure toutefois incompréhensible pour moi, mais je crains qu'en efet le mur s'approche à grande vitesse.

    Au moment ou heureusement nos voisins américains s'apprêtent à rejeter les politiques désastreuses de la droite, voilà qu'ici, et particulièrement au Québec, nous nous apprêtons à démontrer que nous n'avons vraiment rien compris, en nous enfournant dans le piège du dinausaurisme conservateurs.

    Pôvre Canada disait-elle... »

  • Claude Archambault
    Inscrit
    samedi 30 août 2008 12h52
    Le seul avantage
    « Le seul bien qui semble ressortir de tout cet exercice, c'est que malgré le fait que l'on se retrouvera avec un autre gouvernement minoritaire (qui en passant sera plus solidement en selle)il semble que d'après les sondage le Bloc se prépare à en manger tout une, et ne serait-ce que pour voir le bloc passer au tordeur et voir un Duceppe humillier trainé dans la bou par les Québécois je crois que l'exercice en vau la peinne. »

  • Nestor TURCOTTE
    Inscrit
    samedi 30 août 2008 14h49
    Élection normale?
    « Selon le Bloc québécois, parti éphémère et temporaire qui siège maintenant à Ottawa depuis quinze ans, les libéraux sont indignes de gouverner. Leur long passé de scandales, surtout celui des commandites, les rend inaptes à prendre les rennes de l'État. On vient de les chasser du pouvoir. Il n'est pas question de les remettre, minoritairement ou majoritairement à la tête de l'État.

    Selon le Bloc québécois, les conservateurs, trop à droite, ne sont guère mieux et ne peuvent diriger le pays. Ils sont indignes de prendre la tête d'un gouvernement majoritaire parce qu'ils risquent de saccager la culture française du Québec. Ils doivent, s'ils sont réélus, ne pas espérer mieux que de diriger le pays avec un gouvernement minoritaire. Ce que nous avons déjà? Alors,pourquoi le Bloc québécois veut-il des élections, puisque le gouvernement minoritaire est déjà en place? Pour augmenter leurs pensions venant d'un régime politique qu'il condamne, maintenant, que du bout des lèvres?

    Le NPD ne peut espérer former un gouvernement minoritaire ou majoritaire. On ne sait toujours pas ce que ce parti ferait avec le pouvoir.

    Selon la logique bloquiste, le Québec devrait réélire plus de cinquante députés bloquistes, afin d'affaiblir suffisamment les rouges ou les bleus, les empêchant ainsi de former un gouvernement stable et majoritaire. Comme ceux-ci n'ont jamais exercé le pouvoir, on ne sait pas ce qu'ils en feraient. Pour le savoir, les bloquistes devraient se présenter dans toutes les circonscriptions canadiennes. On saurait enfin ce qu'ils feraient du pouvoir, eux, qui dans l'opposition perpétuelle, ont toutes les solutions. Il est facile de trouver les solutions à tous les problèmes, quant on est certains de ne jamais exercer le pouvoir et de gérer les taxes des contribuables.

    Le Bloc québécois se présente comme étant le champion pour défendre les intérêts du Québec. Est-ce à dire que les autres partis ne peuvent avoir cette prétention. Si je me fie au député de ma circonscription, je pense qu'il ne défend pas grand chose...puisqu'on ne l'a pas vu souvent depuis son élection, il y a quelques années. »

  • Claude Gamache
    Abonné
    dimanche 31 août 2008 22h06
    La réalité politique canadienne-anglaise rattrape Harper
    « Il est clair que Stephen Harper ne va pas en élection parce que le Parlement ne fonctionne pas, mais parce qu'il craint qu'une fenêtre (possibilité de gagner une élection) s'ouvrira bientôt pour Stéphane Dion! La politique est faite de moments forts et de moments faibles. Il y a des jours où votre parti politique suscite l'intérêt, que l'on le trouve pertinent, réaliste, et, comble de bonheur, digne de gouverner. Par contre, d'autres jours, on se demande bien pourquoi il exister ou pire, on considère qu'il s'accroche au pouvoir. Certes, les Conservateurs de Stephen Harper ne sont pas victimes d'un "haut de coeur" généralisé des Canadiens, mais ce n'est pas l'amour fou non plus. Alors, pourquoi l'urgence.

    Stephen Harper croyait que son gouvernement minoritaire, avec quelques bonnes politiques et quelques "crocs en jambe" à ses adversaires, deviendrait majoritaire. Certes, il y a une loi sur les élections à date fixe mais, bon, contourner une loi de plus ou de moins, qu'est-ce cela change? Les sondages le donnerait majoritaire et les Libéraux seraient de trop faibles pour le battre. Mais le plan n'a pas fonctionner. L'effet des bonnes politiques ont été annulées par les politiques de droite qui inquiètent de plus en plus les Canadiens-anglais. Quant aux attaques contre Stéphane Dion, elles l'ont rendu plus sympathique au Canada-anglais (rendre sympathique Stéphane Dion, il faut le faire!). Et comme malheur ne vient jamais seul, il y a le plan vert des libéraux. Les conservateurs ont essayé de le critiquer mais on leur a répliqué qu'eux, ils se foutaient carrément de l'environnement et qu'ils n'avaient rien à dire. Bref, grace au plan vert, les hésitations de Stéphane Dion sont devenues un repli stratégique, une manière de gagner du temps pour frapper l'adversaire quand il sera affaibli.

    Jamais une fenêtre s'est ouverte pour que les conservateurs deviennent majoritaire et voilà qu'une fenêtre pourrait s'ouvrir aux libéraux, pour un gouvernement minoritaire. Vu du Québec, cela peut surpendre mais il faut comprendre la dynamique de la politique canadienne-anglaise. J'aime dire que le parti conservateur ne bat pas le parti libéral, mais c'est le NPD et le parti vert qui lui bloquent l'accès au gouvernement. Selon les sondages, ces deux tiers partis recueillent environ 25% de l'électorat (30% si on exclut le Québec). Comme ces gens sont de gauche, il est impropable qu'ils voteront pour les conservateurs, trop "reform party" à leur goût. Et ils espèrent une main tendue de la part des libéraux pour chasser du pouvoir Stephen Harper. Le plan vert de Dion est, à leur yeux, une première raison. Si seulement les libéraux pourraient un peu plus centre-gauche...

    J'ignore si les libéraux savent où se trouve leur potentiel électoral mais Harper, oui. Il n'a plus de choix. Il est clair qu'il ne sera jamais majoritaire et son gouvernement perd de plus en plus de légimité. Avec que les Canadiens-anglais aient un "haut de coeur" et élisent un gouvernement libéral, il va déclencher des élections. C'est une fuite en avant, une façon de gagner du temps.

    Claude Gamache »

  • Jean TURGEON
    Inscrit
    lundi 1 septembre 2008 11h07
    L'Occident vire à droite
    « Par un juste retour du balancier, sans doute, et après avoir largement donné dans la social-démocratie et l'État providence, l'Occident (lire les pays dits «développés») s'est finalement rendu compte qu'il n'avait plus les moyens de ses ambitions et qu'une dette doit être remboursée un jour, sinon c'est la faillite... Malheureusement ! Alors, plutôt que d'en conclure qu'il était allé trop loin trop vite, on dirait bien qu'il fait à présent son mea culpa ;et qu'il se dit qu'il a fait carrément fausse route.

    Ce qu'on observe alors ce n'est plus la «valse hésitation» d'une démocratie qui se corrige au fur et à mesure de ses erreurs, mais une sorte de «set carré» lamentable dans le lequel des danseurs pitoyables se font crier par le «calleur» : «Changer de bord, vous vous êtes trompés !»

    Quand une majorité de Québécois - ou peu s'en faut - souhaitent remettre les clés du pouvoir à un Stephen Harper, je me dis qu'on n'est pas très loin d'un référendum qui nous ferait devenir le 51ième État américain... même si ce n'est évidemment pas tout à fait demain la veille.

    René Lévesque avait flatté notre orgueil national avec cette idée que nous étions peut-être quelque chose comme un grand peuple... Et il avait peut-être raison. Mais peut-être aussi avait-il tort...

    Les grands peuples se gouvernent eux-mêmes et ne se demandent pas lequel de papa Harper ou de maman Dion saura mieux s'occuper de leur avenir collectif. Et dire qu'il y en a déjà qui préfèrerait grand-papa Bush ! »

  • Jean Pierre Bouchard
    Inscrit
    lundi 1 septembre 2008 19h53
    L'apologie du recul
    « Vous vous amusez M.David, pour vous la politique est un jeu sans conséquence. Votre cible c'est le Bloc, c'est le parti qui est appréhendé pour "manger une volée aux élections". Il en faut toujours un parti qui mange une raclée, ce sont les libéraux de Martin qui l'ont subi en 2006. Oui, c'est comme cela que ça se passe.

    Toutefois cette petite analyse politique de superficie s'établit dans une apologie de la discontinuité. Or. La question nationale n'est pas réglée par sa reconnaissance verbale par Harper. Une situation politique peut être refoulée un temps mais pas durablement.

    Le Bloc va peut être subir entres autres raisons le prix des maladresses de G.Duceppe. Ceci dit rien n'est joué encore mais disons surtout que le caractère d'outil objectif du Bloc dans un parlement canadien qui voit la représentativité québécoise se réduire apparaît tout à fait fondamental.

    Perdre une fois ou deux ce n'est pas tout le cas échéant en autant que l'on puisse rebondir. C'est possible lorsque dans le domaine politique nos positions sont crédibles. »

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