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Sus aux «radicaux» et aux «marginaux»

9 août 2008  Politique
Ex Machina, la troupe de Robert Lepage qui a produit l’an dernier Lypsynch (ci-dessus), n’aura plus droit aux subventions fédérales de voyage.
Ex Machina, la troupe de Robert Lepage qui a produit l’an dernier Lypsynch (ci-dessus), n’aura plus droit aux subventions fédérales de voyage.
Ottawa — Après ses velléités de censure à l'écran, le gouvernement conservateur s'attire une fois de plus les foudres de la communauté artistique. Ottawa abolit cette fois un programme de 4,7 millions de dollars qui permettait aux artistes et intellectuels d'ici de se produire à l'étranger. La raison: l'équipe de Stephen Harper n'aime pas que des figures «radicales» ou «marginales» se fassent ambassadeurs culturels du pays sur le globe.

Le Devoir avait le premier fait état de cette possible abolition du programme à l'automne 2006, mais le gouvernement avait finalement déclaré qu'il attendrait une révision interne avant de prendre une décision finale. Le couperet est finalement tombé hier. «Le programme Promotion des arts se terminera le 31 mars 2009», a confirmé la directrice

Voir page A 8: subventions

des communications du ministre des Affaires étrangères, Anne Howland. Les compagnies pourront encore déposer des demandes jusqu'à cette date; celles-ci seront étudiées en fonction des fonds restants dans l'enveloppe.

Ce programme servait uniquement à financer les tournées à l'étranger d'artistes canadiens. Les grands noms que sont Ex Machina, de Robert Lepage, les Grands Ballets canadiens, basés à Montréal, ou encore la troupe circassienne Les 7 doigts de la main en ont tous déjà bénéficié. Les Grands Ballets font présentement un malheur à Paris. Les 7 doigts de la main amorcent la semaine prochaine une tournée au Brésil grâce à ce programme.

«La majeure partie de nos tournées dépendent de ce coup de pouce», confirme Nassib El-Husseini, directeur général de la jeune troupe, qui s'est produite un peu partout sur la planète.

Officiellement, le programme Promotion des arts est annulé parce que «le gouvernement s'est engagé à faire preuve de discipline budgétaire», explique Anne Howland. «Nous croyons que les Canadiens ont le droit de demander des comptes quant à l'utilisation faite de leur argent durement gagné.» Une source conservatrice très bien placée a expliqué au Devoir que le programme était aboli parce qu'il avait financé les voyages de personnes ou de groupes ne faisant pas consensus.

«Les Canadiens veulent être à l'aise avec les artistes qui les représentent à l'international. Ils ne veulent pas financer des "junkets" pour des célébrités ou encore des marginaux», dit cette source. Elle ajoute qu'il n'est pas approprié d'avoir des «radicaux, de la droite comme de la gauche», représenter le Canada à l'étranger. Il en va de même, ajoute cette source, avec l'Ordre du Canada, une référence à l'octroi contesté cet été du prestigieux titre au médecin spécialisé en avortement Henry Morgentaler.

Dans le National Post d'hier, une source conservatrice citait trois subventions octroyées par ce programme et jugées dérangeantes: une somme de 3000 $ versée à un groupe rock vulgairement appelé Holy Fuck, 16 500 $ versés à Tal Bachman, un musicien jugé assez riche pour voyager par lui-même, ou encore 5000 $ versés au documentariste Avi Lewis pour participer à des festivals en Argentine et en Australie.

M. Lewis a été jugé par les conservateurs comme un «radical général». Avi Lewis est une figure connue de l'intelligentsia canadienne de la gauche. Issu d'une famille engagée depuis des générations (son grand-père David avait inventé l'expression «corporate welfare bums» alors qu'il était chef du NPD dans les années 1970, son père Stephen a été ambassadeur canadien et envoyé spécial de l'ONU pour le sida en Afrique), Avi Lewis a été animateur d'émissions d'affaires publiques à la CBC. Il a réalisé des documentaires et travaillera pour le réseau al-Jazira. Il est marié à Naomi Klein, une autre intellectuelle de gauche connue à l'échelle internationale, notamment pour sa fameuse critique de la mondialisation contenue dans son livre No Logo.

De la censure, encore

Pour Nassib El-Husseini, des 7 doigts de la main, «annuler ce programme est une erreur pour trois raisons: on ne pourra plus tourner autant, le Canada perd une faramineuse occasion d'établir des relations publiques et les ambassades perdent un outil», explique-t-il. Il raconte à quel point les ambassadeurs canadiens sollicitent les troupes comme la sienne pour donner un spectacle, lequel devient une occasion d'organiser un cocktail et d'inviter leurs contacts politiques et d'affaires.

Faisant référence aux récentes acquisitions militaires, M. El-Husseini déplore que le Canada troque les arts pour les armes comme visage du pays présenté à l'international. Il s'oppose surtout à cette tentative du gouvernement conservateur de poser un jugement sur le bon goût des arts financés par l'État. «Qui décide de ce qui est marginal et de ce qui ne l'est pas? De ce qui est bon et de ce qui est mauvais? On critique la Chine et on nous arrive avec cela!»

Le son de cloche est le même à la maison de production de Québec Ex Machina. «C'est une décision d'une grande bêtise. C'est profondément idiot de la part du gouvernement conservateur», commente le producteur Michel Bernatchez, qui dit en avoir discuté avec Robert Lepage. Il explique comment, compte tenu de la petite population canadienne, les troupes d'ici n'ont d'autre option que d'exporter leurs créations pour survivre. Or les tournées sont souvent déficitaires. Les financer relève d'une décision purement économique. «Cela fait plus de 15 ans que nous profitons de ce programme. Cela a fait une immense différence dans la renommée de Robert Lepage à l'international. S'il n'avait pas pu présenter son spectacle à Londres, jamais Peter Gabriel ne l'aurait vu et ne l'aurait invité à faire son spectacle! Jamais Robert Lepage n'aurait été invité à mettre en scène un spectacle du Cirque du Soleil à Las Vegas. Cela a un effet d'entraînement.»

Les partis d'opposition ont rapidement critiqué à leur tour l'abolition de ce programme qu'ils assimilent eux aussi à une tentative de censure de la dissidence.

Pour le député libéral Denis Coderre, cette décision est «abjecte et purement idéologique». Le député dit avoir hâte à la reprise des travaux de la Chambre des communes, à la mi-septembre, pour obliger la ministre du Patrimoine, Josée Verner, à se prononcer sur cette coupure.

Pour la bloquiste Claude DeBellefeuille, il ne fait aucun doute que «les conservateurs semblent bel et bien déterminés à museler les artistes qui ne cautionnent pas leur idéologie. Visiblement, ils n'ont toujours pas compris l'importance de laisser libre cours à la créativité artistique». Elle y voit «une décision réactionnaire et rétrograde» de la part du gouvernement Harper.

Cet hiver, le gouvernement de Stephen Harper s'est attiré une volée de bois vert pour avoir introduit en douce un nouveau critère de sélection des oeuvres cinématographiques pouvant recevoir un crédit d'impôt fédéral: celles-ci ne devaient pas être «contraires à l'ordre public», une mesure assimilée par le milieu des arts à de la censure. Le titre évocateur du film Young People Fucking avait été cité par les conservateurs comme un exemple à éviter à l'avenir.

Cette fois encore, le mot «fuck» du groupe rock semble avoir irrité les conservateurs. «Tout cela parce que quelques députés font une obsession avec le nom d'un groupe!», déplore M. Bernatchez, qui voit dans l'abolition du programme une autre forme de censure. «Ils n'ont pas l'autorité morale de faire ce qu'ils font, dit-il des conservateurs. Il va y avoir une énorme levée de boucliers.»

Un bon programme

En janvier 2006, le programme Promotion des arts avait fait l'objet d'une évaluation interne très positive. Le ministère des Affaires étrangères concluait que le programme était efficace et que seuls les moyens financiers limités l'empêchaient de l'être encore davantage.

«En général, écrivent les évaluateurs, le programme de promotion des arts est reconnu pour avoir atteint les objectifs de promotion des arts et de la culture du Canada, objectifs qui ont guidé son développement depuis les années 1970. Il existe une présence culturelle dans les pays choisis, même si le niveau peut sembler insuffisant dans certains cas. Le programme a clairement contribué à l'amélioration des débouchés professionnels pour les artistes canadiens et pour les autres membres de la communauté culturelle, et le Canada occupe maintenant une place de choix sur la scène internationale en matière d'excellence artistique.» Le rapport ajoute que «l'évaluation a aussi permis de démontrer que le programme est efficace et responsable sur le plan opérationnel, et [qu']aucun problème important n'a été soulevé quant à l'administration des subventions». On recommandait d'augmenter les ressources consacrées au programme et de replacer celui-ci au coeur de la stratégie diplomatique canadienne.






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  • Serge Manzhos
    Inscrit
    samedi 9 août 2008 05h03
    subventions a la Low Life Of Canada. etaler la a l'etranger!
    « La décision du gouvernement conservateur est dans ce cas-ci très bien étayé : on a vu récemment a l'affiche quel genre de film a su recevoir une subvention. Low life est très bien reconnaissable dans ce pays, M. El-Husseini.
    Ce monsieur & co. sont aussi hypocrites a se défendre en retombant sur «Qui décide de ce qui est marginal et de ce qui ne l'est pas? De ce qui est bon et de ce qui est mauvais? On critique la Chine et on nous arrive avec cela!» : alors dites moi qui décide a qui octroyer la subvention?? C'est exactement dans les pays comme la Chine que les artistes vivaient des subventions étatiques, et qui décidait est aussi très claire.
    Ce genre de subventionnisme constitue une censure plus douce en sus de soutenir une oeuvre d'une valeur incertaine. L'argent provenait de tous les contribuable. Combien de canadiens miserait 1$ sur l'hypothèse que dans 20 ans les créations d'un Holy Fuck auront contribue a créer la réputation de ce pays comme un endroit de haute culture?
    Il faut arrêter ce bavardage et ce gaspillage. Si ces 'artistes' valent quoi que ce soit, ils seront capable de survivre sans $3000 du gouvernement. »

  • Jean Léveillée
    Abonné
    samedi 9 août 2008 05h39
    Fuck
    « Lire:

    No logo!
    The shock doctrine!

    Naomi KLein »

  • Pierre-Yves Pau
    Inscrit
    samedi 9 août 2008 06h30
    Tempête dans un verre d'eau
    « Comme d'habitude, une défense du B.S. culturel, de ses copains et de ses coquins, déguisée sous l'étole de la liberté d'expression. Personne n'empêche ces gens de s'exprimer, mais pas sur le bras des contribuables c'est tout. S'ils croient à leur produit, qu'il fassent donc comme tous les entrepreneurs et convainquent des investisseurs d'embarquer dans l'aventure. Moi je refuse que mes impôts servent à financer des grossièretés, alors que les infrastructures du pays sont en voie de décrépitude et que l'armée manque d'hélicoptères. »

  • Marc Ringuette
    Abonné
    samedi 9 août 2008 06h43
    Vite des élections !
    « Vivement l'élection d'Anne Lagacé Dowson candidate NPD à la partielle de Westmount-Ville-Marie ! Peut-être Stéphane Dion se sentant grugé par "la gauche" se décidera-t-il ensuite à faire tomber le gouvernement avant de se faire avaler des deux côtés ! »

  • loiselet
    Abonné
    samedi 9 août 2008 07h14
    L'hypocrisie au pouvoir
    « C'est tout dire.
    Est-ce possible que les québécois permettent encore à ce bon papa hypocrite de gérer le pays? Incroyable que ce flagorneur, ce chien couchant des politiques américaines, nous représente à l'étranger...Quel ambassadeur!
    Et il se permet de juger ce qui serait bon ou mauvais pour le peuple... Tant qu'ils seront canadiens, les québécois voteront-ils encore contre le bon sens? »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    samedi 9 août 2008 08h05
    Pas ma peau et mes impôts...M. Pau
    « Pierre-Yves Pau écrit : «l'armée manque d'hélicoptères»

    Bien oui, pour M. Pau, vive le guerre et les hélicoptères et à bas la culture et nos artistes qui n'auront pas ma peau et mes impôts !» »

  • Jolière Gauthier
    Inscrite
    samedi 9 août 2008 08h29
    Pierre-Yves Pau : So very Canadian démagogue. Comme toujours...
    « Pas besoin de rien ajouter : tout est dans le titre. »

  • Steve Fortin
    Abonné
    samedi 9 août 2008 08h52
    @ Pau et Manzhos...
    « Voilà bien l'exemple de ce qui fait que le Canada soit devenu, depuis l'élection de l'extrême-droite harpeurienne, la risée de la diplomatie mondiale et la génuflexion des anciens représentants des politiques pearsonniennes devant les politiques à la Bush. Alors que les américains se préparent à se défaire des néo-cons faucons de la vieille garde, des gens comme Pau et Manzhos en redemandent ici. Vivement plus d'armement, plus de lois et d'ordre, plus de censure, plus de contrôle des hauts-fonctionnaires (Keen et l'ombudsman des Forces), plus de contrôle du message pour qu'il se colle auz vélléités idéologiques ultra-conservatrices, comme dans les dictatures post-staliniennes...

    Vous me donnez envie de vômir.

    Vivement la création artistique plus engagée, vivement la destitution de ce gouvernement honteux et infâme, vivement une prise de conscience des dommages causés par ce gouvernement, vivement l'indépendance du Québec pour que cette folie ne soit plus qu'un mauvais souvenir. »

  • Dominique Cousineau
    Abonnée
    samedi 9 août 2008 09h05
    L'art n'est pas un produit
    « Et il a toujours eu besoin d'être soutenu. De tout temps, les créateurs ont eu des "patrons", des mécènes... Et heureusement sans quoi l'héritage culturel des siècles passés serait autrement plus mince. De nos jours, les gouvernements démocratiques ont remplacé les aristocraties d'antan. Cela devrait-il sonner le glas de la création artistique? À en lire certains ici, l'art est un produit et doit être rentable ou ne pas être. Ben coudonc... Pourquoi ne pas agir de façon rétroactive alors et gommer de nos musées et de nos radios toutes ces oeuvres produites par des "BS de la culture" Exit Bach, Velasquez, Mozart!

    Je crois au contraire que nous devons, collectivement, puisque nous vivons désormais en démocratie, continuer de soutenir nos créateurs, d'autant plus que, sérieusement, sur le budget global de l'état, ce qu'on accorde à la culture, "c'est des pinottes"... 4,7 millions bordel!... Et on essaie de nous faire croire qu'on coupe ce programme pour des raisons budgétaires... »

  • André Chevalier
    Abonné
    samedi 9 août 2008 09h13
    On jette le bébé avec l'eau du bain
    « Il est inévitable que la liberté d'expression fasse en sorte qu'on finance quelques niaiseries.
    On abolit un programme qui a fait ses preuves pour satisfaire les récriminations de quelques pisses-vinaigres du même type que Serge Manzhos et Pierre-Yves Pau qui sont intervenus précédemment
    Ce programmes coûte pourtant des pinottes comparativement aux milliards qu'on s'apprête à gaspiller pour les centrales nucléaires. Pourquoi ces deux individus ne protestent-ils pas contre ce projet qui défie toute logique économique payé à même nos impôts ? »

  • René Pelletier
    Inscrit
    samedi 9 août 2008 10h30
    Vite, ça presse
    « Encore une fois, s'il en est besoin, ce Gouvernement Harper montre qu'il est composé d'esprits étroits et incultes. Les Grands ballets canadiens et Robert Lepage, maudit que c'est dangereux!!

    Mais, vive les crédits d'impôt pour les compagnies qui exploitent les sables bitumineux et compromettent gravement l'avenir de nos enfants !

    Vite, ça presse, faut mettre ce Gouvernement dehors. Et, pour cela, à la prochaine élection, faut faire battre le candidat conservateur dans chacun de nos comtés. »

  • Michaël Lessard
    Inscrit
    samedi 9 août 2008 10h49
    Démocratie: respect des points de vue divergents et dissidents (la famille Lewis mérite notre respect)
    « « M. Lewis a été jugé par les conservateurs comme un "radical général"».

    Wow, il est tellement dangereux ce radical dont le grand-père a été chef du NPD (un parti tellement modéré que la gauche ne sait pas quoi en penser), dont le père Stephen est un champion de la lutte mondiale contre le SIDA qui, au nom du Canada et pour l'ONU, criait sa compassion pour les millions de gens qui se meurent pendant que des milliards de dollars vont ailleurs. Ce dangereux radical Avi Lewis, animateur d'affaires publiques à la CBC. Naomi Klein, pour sa part, fait peur aux capitalistes avec ses paroles.

    La vraie démocratie se voit par le respect des points de vue divergents et dissidents.

    Les vrais démocrates se voient par la parole accordée aux autres.

    - Michaël Lessard,
    démocrate pour les droits humains qui collabore avec tous les progressistes sans discrimination. »

  • jacques noel
    Inscrit
    samedi 9 août 2008 11h50
    Papi Lewis
    « avait été élu le "Canadian of the Century" lol »

  • Lorien Routhier
    Abonné
    samedi 9 août 2008 12h41
    Je rêve?
    « C'est aberrant: L'art, c'est la base à long terme sur laquelle repose une culture. Cette même culture qu'on dit vouloir protéger des influences extérieures (les accomodements raisonnables) et dont on est si fier quand on la compare au reste du monde (éducation presque gratuite, soins de santé gratuits, sécurité dans les rues, salaires élevés, bon niveau de vie, etc)

    Pourquoi les gens considèrent-ils les artistes comme des bons-à-riens inutiles et coûteux, alors que leur travail est d'embellir notre monde, nous divertir, et refléter les couleurs de notre société?

    Moi, j'aime mieux regarder un spectacle de danse qu'un hélicoptère en train de massacrer des gens. J'aime mieux écouter de la musique (même si le groupe s'appelle holy fuck) que d'avoir la satisfaction de me faire enlever un dollar de moins sur mon rapport d'impôt cette année. Le contraire ne serait-il pas très égocentrique, cupide et barbare?

    Les gens qui sont créatifs pour vivre ont autant besoin de subventions que n'importe quelle autre entreprise. Et les retours qu'ils apportent à la société ne sont pas moindres, sinon différents. »

  • Fernand Trudel
    Abonné
    samedi 9 août 2008 12h55
    Quand on coupe dans le gras
    « Quand on subventionne des journalistes comme Avi Lewis qui a été animateur d'émissions d'affaires publiques à la CBC et travaillera pour le réseau al-Jazira, on va trop loin.

    Quand on subventionne des navets comme le film Young People Fucking, on gaspille mes taxes.

    Il y a une limite à la création loufoque ou n'importe quel illumé peu exporter des stupidités avec l'argent de nos taxes. Enfin, le gouvernement vient de mettre un terme en coupant dans le gras.

    C'est drôle mais le Cirque du Soleil n'a pas besoin de ce programme mais les marginaux et hurluberlus alimentés d'allucinogènes, eux crient injustice.

    Ces gens qui conspuent le système économique sont biens contents de soutirer des argents pour leur soi disant art.

    Je dirai à Monsieur Nassib El-Husseini, des 7 doigts de la main, que moi j'en ai seulement 5 doigts dans ma main et que je n'ai pas de sunbvention pour fréquenter les ambassades. Cet arabe a le culot de venir nous exposer sa vision dite "canadienne" des relations arabo occidentale... »

  • Simon plouffe
    Abonné
    samedi 9 août 2008 12h57
    Dictature cultuelle
    « Ni plus ni moins les conservateurs essayent d'imposer leur culture de la peur de l'ignorance en rendant les citoyens soumis à ces projets militaire à peu près comme les Américains le font, mais sans trop vouloir se mouiller... La meilleure façon de contrôler le peuple c'est en le gardant ignorant et en l'empêchant de s'exprimer. »

  • Robert Geoffrion
    Inscrit
    samedi 9 août 2008 13h00
    L'art de la guerre
    « L'art de la guerre; voilà bien la seule forme d'art que connaît M. Harper.
    Pour un artiste 3000$ c'est une grosse somme et ça fait la différence entre créer ou devoir se taire. Avez-vous une idée de combien de productions artistiques on pourrait financer avec le prix d'un seul char d'assaut?
    Qu'un politicien fasse preuve de manque d'intelligence voilà qui est malheureux. Que certains de mes concitoyens l'approuvent et vote pour lui, voilà qui me décourage vraiment.
    Pensez-y à nouveau avant d'appuyer ce gouvernement qui nous muselle tous. »

  • Jean-Philippe Baillargeon
    Abonné
    samedi 9 août 2008 13h59
    L'art pris comme une bière qu'on subventionnerait...
    « ... tant que les habitants de ce beau pays vont consommer l'art comme un divertissement et pas un médium d'expression ancré dans le temps où il est créé, donc contemporain de son époque voire historique, les artistes québécois et canadiens seront condamnés à s'exporter pour que leur talent soit reconnu dans des pays qui ont un autre rapport à l'art.

    Si l'art est ici considéré comme destiné à une élite «de péteux de broue qui peuvent se payer une toile pour bénéficier de déductions fiscales», je crois qu'on nous a mal éduqué.

    On a beau dire ce qu'on voudra, quand on revient au bureau après un show, on aime s'identifier à un artiste qu'on a vu. La preuve, on aime à retourner l'entendre ou le revoir. D'accord on consomme des mp3 ou des disques mais c'est d'abord parce qu'on aime. Pour la même raison, il nous arrive d'avoir un univers d'auteurs qu'on chérisse dans notre bibliothèque, et on ne peut réfuter que notre bibliothèque nous représente... alors qu'en est-il réellement de l'art qu'on considère un divertissement? N'y-a-t-il pas là une relation sous-jacente à interpréter entre le fait qu'on aime les créations musicales d'un groupe qui porte un nom choquant mais qui décrit la réaction qu'on a quand on entend l'élaboration du rythme et de la mélodie? Je veux dire Holy Fuck. En français, on pourrait dire "Wow! Putain! Ayoye! Houlà! Morbleu! Je suis estomaqué!". Et Morbleu est un blasphème.

    On est tellement inondé de publicité et de marketing efficace qu'on est toujours surpris de voir un logo de la SODEC ou d'un programme du gouvernement du Canada sur des disques de Patrick Watson, Karkwa, tricot machine, Jean-Leloup et Jean-Leclerc, les vulgaires machins, etc.

    On est trop peu en terme de population et trop peu reconnaissant de notre rapport à l'art pour laisser crever l'envie de gens qui transmutent des images et des émotions en gestes, en image, en son et en mouvement.

    On pourrait très bien considérer que l'art se cantonne à quelque chose de populaire ou folklorique et qu'il doive se façonner pour être vendable de lui même... mais je ne crois pas non-plus que des sculpteurs de petits mexicains qui pêchent en plâtre, des peintres de pneus «peinturés blanc» pour égayer des plates-bandes ou des tisseurs de souvenirs caribéens puissent bien vivre de leur forme de création qu'on considérerait comme des curiosités inutiles ou jetables. »

  • Lorien Routhier
    Abonné
    samedi 9 août 2008 17h21
    Je rêve?
    « C'est aberrant: L'art, c'est la base à long terme sur laquelle repose une culture. Cette même culture qu'on dit vouloir protéger des influences extérieures (les accomodements raisonnables) et dont on est si fier quand on la compare au reste du monde (éducation presque gratuite, soins de santé gratuits, sécurité dans les rues, salaires élevés, bon niveau de vie, etc)

    Pourquoi les gens considèrent-ils les artistes comme des bons-à-riens inutiles et coûteux, alors que leur travail est d'embellir notre monde, nous divertir, et refléter les couleurs de notre société?

    Moi, j'aime mieux regarder un spectacle de danse qu'un hélicoptère en train de massacrer des gens. J'aime mieux écouter de la musique (même si le groupe s'appelle holy fuck) que d'avoir la satisfaction de me faire enlever un dollar de moins sur mon rapport d'impôt cette année. Le contraire ne serait-il pas très égocentrique, cupide et barbare?

    Les gens qui sont créatifs pour vivre ont autant besoin de subventions que n'importe quelle autre entreprise. Et les retours qu'ils apportent à la société ne sont pas moindres, sinon différents. »

  • Sylvain Fournier
    Inscrit
    dimanche 10 août 2008 12h13
    PAUvre monsieur PAU
    « Monsieur Pau, franchement!

    Et les entrepreneurs, ils ne sont jamais subventionnés vous croyez? Exemption de taxes, crédits d'impôt et quoi d'autres?
    Je vous conseille de revoir le premier Elvis Gratton, vous aurez l'impression de vous entendre parler!

    "Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'à la mort pour que vous ayez le droit de le dire." (Voltaire) »

  • Gerry Pagé
    Inscrit
    dimanche 10 août 2008 12h41
    ENFIN !
    « Finit ! Ce n'est pas trop tôt ! Le Canada met fin, ENFIN, à ce qui était devenu du gommage et du graissage putassiers. À ce que j'appellerais du «fast food» distribué aux obèses et ignares des grands boulevards de la marginalité, ces pachas du BÊS (Bien Être Subventionné) aux sept estomacs. Si les «Holy Fuck», ce plantain d'une agroculture qui se proclame culturelle, réclament d'être subventionnés, allons-y et subventionnons tous les Mike Ward de la bourgade des façonniers de l'inculture, tous les Pierre Falardeau et autres surchauffés et surcuits de l'univers parallèle d'où sont sortis les radicaux, les marginaux et les crâneurs tous azimuts. Subventionnons également les promoteurs des grands salons de danse qui recrutent les plus talentueuses, dans l'art de détendre et de calmer les hormones de l'humanité. Les plus talentueuses parmi les artistes du sexe. Les plus talentueux parmi les graffiteurs. Les plus talentueux entremetteurs de la mise en marché de la vidéo de la « baise de Priscilla et Charles (Loft Story 2006), chez TQS. Tous les producteurs des Floridas et des Gratons de la SRC. Quitte à revenir avec un plan rationnel de support aux créateurs qui sont capables de ne pas mordre la main de celui qui les nourrit, il était temps «dieu merci», de stopper et de réfléchir sur tous les aléas de programmes qui privilégient les mauvaises veines du laxisme et qui se complaisent dans l'orgie.

    Dans ce grand monde des plus complexes où circulent les arts pluriels et leurs dérivés, il y a eu des monstres que l'on a sacrés et monumentalisés. Et, Picasso en est une illustration. Certains commanditaires de la plus snobe des bourgeoisies de l'époque ont fait de l'excentricité de cet être invivable et effrontément grotesque, une affaire d'or. Une affaire de rentabilité commerciale et pyramidale, montée en épingle. Pure exploitation spéculative du négativisme et du jemenfoutisme. Il n'y a eu que Picasso pour plaquer un troisième oeil dans le front d'une défigurée et pour réaliser que certains punchés abrutis de l'époque et d'aujourd'hui encore, se l'arracheraient et se l'arrachent toujours à coups de millions. Dans le vaste domaine des expressions artistiques, pleuvent à déborder les fabricants de ce qui n'a pas grand-chose, sinon rien du tout à voir avec la création d'oeuvres qui sont manifestement particulièrement distinctives et qui voisinent le sublime intemporel. Aux époques fastueuses et glorieuses de la misère blanche comme aux époques malheureuses et dévastatrices de la misère noire, les oubliés de la créativité artistique, si inspirée et géniale fut-elle et soit-elle encore, ont crevé de faim. Ils ont crevé de faim, parce qu'ils n'avaient pas de «gérants téteux», ni de «promoteurs crasseux», ni «d'entremetteurs maffieux», ni de «profiteurs et agents multiplicateurs tordus» qui savaient comment ouvrir les portes donnant accès aux commandites gouvernementales qui, elles aussi, sont maintenant devenues scandaleuses ou objets d'un scandale qui n'a que trop duré. Pour arriver à satisfaire leurs faims, les radicaux-marginaux devront plutôt chercher à recruter un Gagliano, un Guitté, un Brault ou un Coffin, pour le remboursement de leurs facturations pompeuses.

    Ce que crée Robert Lepage est génial et donne des ailes au Québec et au Canada. Il avait un talent fou et une détermination à l'épreuve de tout. Il est richissime tout comme l'est devenu Laliberté du Cirque du Soleil qui, lui non plus, ne nuit surtout pas à la conservation du patrimoine artistique et culturel du Québec et du Canada et qui prend sa cote part de l'éclat des retombées constructives. Mais le problème majeur d'une certaine génération montante devenue très lourde à supporter comme à endurer, vient du fait qu'ils veulent tous devenir riches et richissimes, avant même de commencer, sans prendre le temps requis ni consentir le moindre effort, tout en prenant pour acquis et sans complexe, surtout, que tous les cabots et avortons de leurs accouchements bâclés et tout croches tiennent du génie.

    Joignant les rangs d'une majorité (qui ne fera pas l'effort de l'afficher) je m'oppose, haut et fort et m'opposerai catégoriquement à ce que les argents de mes impôts et de mes taxes servent à graisser le discours putschiste, la tenue et l'allure générale des tenants du refus global de la société canadienne et québécoise. Que ceux et celles qui ont le culot de prétendre qu'ils peuvent cracher sur tout et vomir sur tout le monde, aient recours aux fortunes des banquiers de leur itinérance et de leur déambulance bancales. Bien que nous soyons dans une société de droits et de libertés surtout, allons donc voir si les marginaux, les radicaux, les crâneurs, les casseurs et les baveux tous azimuts sont prêts à s'installer en Chine ou en Russie, en Ossétie du Sud ou à Haïti, si les gouvernements québécois et canadien, par excès de générosité, défrayaient les coups de leur transport... On en a plein le dos de voir augmenter quotidiennement le nombre des honnêtes gens du troisième tiers de la classe moyenne et ceux de la classe des démunis, en arracher et crever de faim alors que réclament d'être subventionnés les «grandes gueules» qui ont des tribunes de visibilité, des scènes et des micros pour cracher à tous vents et sans vergogne, leurs postillons atrabilaires et leurs excrétions libertaires, à la face des citoyens et de ceux et celles qui les gouvernent.

    J'arrive à peine d'une longue visite à Plein Art, à Québec. Un véritable film en direct de l'émergence du talent tout aussi créatif que créateur. Ça fourmille d'imagination, d'inspiration et de consécration aux beaux arts artisanaux. C'est peut-être vers ces créateurs, manifestement doués et en pleine possession de savoirs, de savoir-faire et de SAVOIR-ÊTRE remarquables, qu'il faut se tourner. Ce sont des artistes du beau et du génial qu'il faut encourager, en meublant les espaces de notre existence, de quelques unes de leurs pièces raffinées et peaufinées. J'y ai rencontré des artistes de l'Europe de l'Est, entre autres, qui sont venus s'intégrer très harmonieusement et sans réclame d'accommodements, à la communauté québécoise, pour y pratiquer leur art. Ils semblent très heureux et très loin des piquets et haut-parleurs des radicaux dont vous faites état, à très juste titre et de façon très pertinente, dans votre chronique de ce jour.

    Bref, quand Pierre Falardeau ou, mieux encore, quand Pierre Curzy, la grande gueule du groupe « Fuck Paul McCartney and the Queen » sera président ou vice-président de la république, il distribuera, comme il l'entend, les peanuts du fond de son tiroir «d'engagements et promesses» verbeux, tous aussi facétieux que stupides, adressés aux Falardeau et marginaux éberlués, aux Mervil et patriotards Templiers de son Ordre, aux radicaux et farfelus entartistes de sa culture «à la subvention et à la con». Nous serons alors retournés à l'ère des cavernes, à cette époque québécoise du «TOÉ, TAIS-TOÉ, C'EST MOÉ PIS MES CHUMS QUI RUN». Ce fut l'époque des années 50 que j'ai connue, mais à laquelle j'ai échappé et que jamais je ne voudrai revivre.

    Gerry Pagé
    Ville de Québec »

  • Lucie Allaire
    Abonnée
    dimanche 10 août 2008 17h14
    réflexion pour M. Pau
    « Encore une fois, ce gouvernement prend des décisions qui nous font craindre pour le pire si jamais les conservateurs obtenaient une majorité.
    Monsieur Pau,
    Je crois que devriez tenir compte dans votre analyse des nombreuses contributions financières de l'etat dans les entreprises, surtout les grosses, ainsi que des inombrables et importantes subventions des entrepreneurs agricoles. Votre opinion laisse sous entendre que seuls les artistes reçoivent des subventions de l'Etat et que les soit disant vrais entrepreneurs n'en reçoivent pas!! »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    lundi 11 août 2008 15h57
    Artriste.
    « Harper a raison, l'art a besoin d'artistes non d'argent. »

  • Pierre-Yves Pau
    Inscrit
    mardi 18 novembre 2008 19h43
    @Mme Allaire
    « Je désespérais d'avoir une réponse intelligente, vu la trâlée de gauchistes fous-furieux qui sévit sur ce blogue. Mais puisque vous me demandez de le préciser, je suis absolument opposé autant au BS corporatif qu'aux crédit d'impots. La meilleur façon de stimuler la libre entreprise, c'est de BAISSER LES TAUX D'IMPOSITION: les entreprises qui ont un plan d'affaires suffisamment solide pour faire des profits, en profitent et peuvent ré-investir, les autres disparaissent et le capital libéré est disponible pour des projets plus rentables. Mais c'est manifestement trop simple pour certains. »

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