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Niveau du fleuve Saint-Laurent - La CREM s'inquiète de la position de la Commission mixte internationale

Alexandre Shields   15 juillet 2008  Politique
Selon la Conférence régionale des élus de Montréal, la régularisation des niveaux et des débits ne doit en aucun cas «constituer un générateur supplémentaire de risques pour la population montréalaise et induire des impacts économiques négat
Photo : Jacques Nadeau
Selon la Conférence régionale des élus de Montréal, la régularisation des niveaux et des débits ne doit en aucun cas «constituer un générateur supplémentaire de risques pour la population montréalaise et induire des impacts économiques négat
Si elle se dit ouverte à un nouveau plan de régularisation des niveaux et des débits du lac Ontario et du fleuve Saint-Laurent, la Conférence régionale des élus de Montréal n'en est pas moins inquiète de la solution actuellement proposée par la Commission mixte internationale, en raison des multiples incertitudes reliées principalement aux effets locaux des changements climatiques.

Avant d'appuyer le prochain plan, le regroupement des leaders politiques et socio-économiques de l'île de Montréal demande à la Commission mixte internationale d'apporter plusieurs précisions aux questionnements soulevés lors des consultations, «notamment ceux qui ont trait aux mesures d'atténuation nécessaires à sa mise en oeuvre et aux dispositions relatives aux effets appréhendés des changements climatiques sur le fleuve Saint-Laurent, à la hauteur de l'île de Montréal».

Selon la Conférence régionale des élus de Montréal (CRE), la régularisation des niveaux et des débits ne doit en effet en aucun cas «constituer un générateur supplémentaire de risques pour la population montréalaise et induire des impacts économiques négatifs», comme l'a fait valoir le Regroupement des usagers du Saint-Laurent, qui compte le Port de Montréal, la Ville de Montréal, les armateurs et des groupes écologistes.

Dans son mémoire, rendu public hier, le regroupement se dit en outre convaincu que le plan devra «considérer explicitement la régularisation comme première mesure d'adaptation aux changements climatiques et aux éventuelles pressions anthropiques sur les eaux des Grands Lacs et du fleuve Saint-Laurent», et ce, afin de satisfaire en tout temps aux besoins des usages prioritaires, à savoir: l'usage des eaux à des fins sanitaires et domestiques, la navigation, la production de l'énergie et l'irrigation.

La CRE de Montréal juge cependant que des modifications majeures devraient être apportées au plan en vigueur depuis 1958, «notamment en raison des acquis scientifiques récents sur le système hydrographique, de l'émergence des préoccupations environnementales liées à la protection des milieux humides et aux changements climatiques, et des nouveaux intérêts, par exemple dans le domaine de la navigation de plaisance».

Compte tenu de l'importance des impacts que ces questions présentent pour le développement de la région, le regroupement de Montréal a d'ailleurs mis sur pied une équipe de spécialistes des enjeux liés à l'eau.

La Commission mixte internationale propose un nouveau plan pour gérer les débits des Grands Lacs et du Saint-Laurent. Dans la région des Grands Lacs, les riverains réclament des niveaux généralement plus élevés pour faciliter la navigation de plaisance et pour protéger les milieux humides, de plus en plus asséchés en raison de la baisse des niveaux associée au réchauffement du climat.

Mais plus d'eau en amont signifie moins d'eau en aval dans le chenal maritime, ce que les propriétaires de flottes marchandes et les administrations portuaires de Montréal et de Trois-Rivières estiment tous être contraire à leurs intérêts et au commerce entre les deux pays.

Les groupes écologistes ont aussi dénoncé la formule suggérée, estimant que le nouveau plan de gestion de la Commission mixte internationale n'intègre pas suffisamment la problématique des changements climatiques ainsi que les coûts des mesures de mitigation qu'il faudra mettre en place pour en atténuer les séquelles.






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