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Excuses solennelles d'Ottawa aux autochtones

Alec Castonguay   12 juin 2008  Politique
Phil Fontaine, le chef de l’Assemblée des Premières Nations, aux Communes hier.
Photo : Agence Reuters
Phil Fontaine, le chef de l’Assemblée des Premières Nations, aux Communes hier.
Ottawa — Le ciel était particulièrement bleu pour tourner une page sombre de l'histoire canadienne. Des centaines d'autochtones, de Métis et d'Inuits se sont rassemblés hier sur la colline parlementaire pour entendre le premier ministre et les chefs de l'opposition offrir des excuses solennelles pour les abus commis dans les pensionnats autochtones pendant près de 100 ans.

Sur le coup de 15h, environ 500 personnes ont écouté les discours retransmis en direct sur un écran géant devant le parlement, alors que des dizaines d'autres membres des Premières Nations avaient envahi les estrades de la Chambre des communes. Une douzaine d'invités d'honneur, visiblement émus, ont eu le privilège d'avoir un siège sur le parterre de la Chambre. Certains, notamment Phil Fontaine, le chef de l'Assemblée des Premières Nations, ont pu s'adresser à l'audience réunie pour l'occasion.

Stephen Harper a été le premier à prendre la parole. «Le gouvernement reconnaît aujourd'hui que les conséquences de la politique sur les pensionnats indiens ont été très néfastes et que cette politique a causé des dommages durables à la culture, au patrimoine et à la langue des autochtones. Bien que certains anciens élèves aient dit avoir vécu une expérience positive dans ces pensionnats, leur histoire est de loin assombrie par les témoignages tragiques sur la négligence et les abus émotifs, physiques et sexuels envers des enfants sans défense», a déclaré le premier ministre.

Le gouvernement fédéral a financé les pensionnats pour les jeunes autochtones dès 1874 avec l'objectif de les assimiler à la culture européenne majoritaire du pays. On les empêchait de parler leur langue et on les coupait de leur culture. Ces 132 établissements, dont 10 au Québec, étaient dirigés par des religieux de différentes confessions, selon la région. La plupart ont fermé leurs portes dans les années 70, mais le dernier pensionnat a cessé ses activités en 1996, en Saskatchewan. Au Québec, celui de La Tuque a fermé en 1980.

Au fil des ans, près de 150 000 étudiants autochtones ont fréquenté les pensionnats. Plusieurs ont été agressés physiquement, psychologiquement et sexuellement. Selon le ministère des Affaires indiennes, il reste environ 80 000 survivants, dont 10 000 au Québec. Leur âge moyen est de 59 ans.

Hier à Montréal, le chef algonquin Jimmy Papatie, de la communauté de Kitcisakik, a éclaté en sanglot en racontant sa propre histoire tragique au pensionnat d'Amos. «J'avais cinq ans quand je suis parti au pensionnat, a-t-il dit. Je suis sorti de là plein de rage. J'ai consommé. J'ai commis des actes de violence. J'avais 19 ans quand j'ai tenté de me suicider parce que je n'étais plus capable de vivre avec des fantômes. Ça fait du mal de voir un petit gars de cinq ans se faire déchirer l'anus par un prêtre pédophile. Même l'argent n'effacera jamais ça de la mémoire. Ce n'est pas le gouvernement qui m'a rendu ma dignité, c'est ma communauté.»

De l'argent et des excuses

Ottawa s'est timidement excusé en 1998, mais les Premières Nations avaient exigé des regrets plus sentis et des compensations financières. Une entente a été proposée en 2005 par le gouvernement libéral de l'époque, qui a été approuvée en 2007 par les conservateurs, en accord avec les Premières Nations. Ainsi, les anciens pensionnaires ont pu recevoir une indemnité de 10 000 $ pour la première année de fréquentation des établissements et de 3000 $ par année subséquente. Près de 1,3 milliard de dollars ont été déboursés jusqu'à présent par le gouvernement fédéral.

Les autochtones qui ont subi des agressions sexuelles et physiques graves peuvent demander une compensation supplémentaire qui varie entre 5000 $ et 275 000 $. Sur les 80 000 survivants, Ottawa s'attend à recevoir 12 500 réclamations de ce type. En tout, le budget du gouvernement pour réparer les pots cassés dans l'affaire des pensionnats autochtones atteint près de 2,2 milliards de dollars.

Les regrets présentés hier constituent un changement de cap de la part du gouvernement Harper. En mars 2007, le ministre des Affaires indiennes de l'époque, Jim Prentice, avait soutenu ne pas avoir besoin de présenter de telles excuses. Il semble que le ministre maintenant en charge du dossier, Chuck Strahl, ait réussi à renverser la vapeur.

Hier, le premier ministre a reconnu que «l'héritage laissé par les pensionnats indiens a contribué à des problèmes sociaux qui persistent dans de nombreuses communautés aujourd'hui». Le gouvernement canadien a «échoué» à protéger les enfants autochtones, a-t-il ajouté.

Stephen Harper s'est ensuite adressé aux survivants présents aux Communes. «Le fardeau de cette expérience pèse sur vos épaules depuis beaucoup trop longtemps. Ce fardeau nous revient directement, en tant que gouvernement et en tant que pays.»

Le chef de l'opposition officielle, Stéphane Dion, a ensuite pris la parole. «En tant que chef du Parti libéral du Canada, un parti qui a dirigé notre pays pendant 70 ans, je reconnais notre responsabilité et je m'excuse, a-t-il dit avec émotion. Le Canada fait face à l'un des chapitres les plus sombres de son histoire.» Selon lui, les pensionnats ont été «un système déshumanisant qui a mené aux pires abus».

Gilles Duceppe, le chef du Bloc québécois, a d'abord reproché au gouvernement Harper de ne pas avoir appuyé la Déclaration sur les droits des peuples autochtones de l'ONU, avant d'offrir lui aussi ses excuses aux survivants des pensionnats. Pour le futur, il invite les autochtones «à bâtir l'avenir entre nations».

Le leader du NPD, Jack Layton, a soutenu que tous les Canadiens sont égaux, un principe que la politique sur les pensionnats a bafoué. «Les autochtones ont appris à avoir honte de qui ils sont. Pour cela, nous nous excusons», a-t-il dit.

De la parole aux actes

Les leaders autochtones ont semblé apprécier le geste solennel des chefs des partis politiques. «J'ai senti de la sincérité, pas du théâtre. C'était profond», a soutenu Clément Chartier, président du Ralliement national des Métis. Ce dernier a toutefois déploré que plusieurs Métis ne soient pas admissibles aux compensations financières du gouvernement. «Il faut garder espoir», a-t-il dit.

Phil Fontaine, le chef de l'Assemblée des Premières Nations, a soutenu qu'il faut maintenant regarder vers l'avenir. «Nous avons toujours été un élément indispensable de l'identité canadienne.»

De leur côté, les chefs autochtones du Québec demandent au Canada de maintenant passer de la parole aux actes pour corriger les «effets dévastateurs» du système des pensionnats, encore perceptibles aujourd'hui. «Si le gouvernement n'adopte pas des mesures concrètes, principalement envers nos jeunes, ses excuses n'auront aucun sens», a déclaré Ghislain Picard, chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL), qui s'exprimait depuis Montréal.

À quelles mesures concrètes songe-t-il? Le chef Picard a répondu en utilisant l'exemple des langues amérindiennes, grandement menacées de disparition. «Il y a un peu moins de deux ans, ce même gouvernement, celui de M. Harper, diminuait considérablement un budget de 160 millions destiné à la sauvegarde de notre patrimoine linguistique. Il a été facilement démontré que le triste épisode des pensionnats a eu un impact sur les langues autochtones. Il ne reste plus que trois langues avec une bonne chance de survie dans les cinquante prochaines années, trois sur la soixantaine de langues autochtones du Canada. Dans un geste de bonne volonté, il serait extrêmement utile que le gouvernement Harper reconsidère sa décision.»

La déclaration commune des chefs de l'APNQL rappelle que les victimes ne se limitent pas aux pensionnaires puisque «la douleur, la haine, la colère et l'incompréhension se transfèrent d'une génération à l'autre».

***

Avec la collaboration de Stéphane Baillargeon
Phil Fontaine, le chef de l’Assemblée des Premières Nations, aux Communes hier. Le chef algonquin Jimmy Papatie
 






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Vos réactions

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  • jacques noel
    Inscrit
    jeudi 12 juin 2008 06h09
    Ca ressemble de plus à l'Holocauste....
    « Dans l'Holocauste, tous les juifs qui étaient d'Europe sont des victimes, même ceux qui n'ont jamais approché un camp de concentration et sont compensés monétairement à vie. Dans l'histoire des pensionnats, tous les enfants qui ont été pensionnaires sont des victimes et sont compensés en conséquences.

    Dans l'Holocauste, tous les Allemands sont des bourreaux, même ceux nés après la guerre et doivent payer. Dans l'histoire des pensionnats, tout le clergé et tous les Canadiens sont des bourreaux et doivent payer en conséquences (le 2,2 MM représente 66$ par Canadien soit environ 250$ par famille!!! Pour un crime qu'on n'a jamais commis)

    Dans l'Holocauste tous les témoignages des victimes sont pris comme du cash et incontestables. On ne contredit jamais la victime sous prétexte que comme elle a souffert tout ce qu'elle dit ne peut être que la vérité pure. Dans l'histoire des pensionnats, tous les témoignages des victimes sont pris comme du cash et incontestables. On ne contredit jamais la victime sous prétexte que comme elle a souffert tout ce qu'elle dit ne peut être que la vérité pure.

    ---------

    Sur les 80,000 survivants, 12,500 auraient été abusés sexuellement. Un enfant sur six donc. Quel est le % d'enfants abusés sur les réserves en 2008? Si on écoute le film de Desjardins et le reportage de La Presse en fin de semaine, c'est la majorité! En d'autres termes, si affreux que furent ces abus par les frères et soeurs (en supposant que les 12,500 cas soient bien réels) combien d'enfants a-t'on sauvé d'abus sexuels?

    --------
    Antonine Mailhet a souvent raconté comment l'enseignante devait cacher les livres en français lors de la visite de l'inspecteur à son école. Les Acadiens ont reçu de bien modestes excuses et attendent toujours le tchèque... »

  • Rosy Cyr
    Abonnée
    jeudi 12 juin 2008 06h44
    Enfin!
    « ENFIN! Il en aura fallu du temps pour que les gouvernements reconnaissent ces erreurs et qu'ils assument leurs responsabilités par ces excuses et ces demandes de "pardon". Maintenant, il faudra passer aux actes: de la parole à l'action. Car bien au-delà des dommages causés à la culture et au patrimoine des autochtones, ce sont des êtres humains qu'on a brisés. On les a cassés. On leur a pris leur identité. Les cicatrices ne disparaîtront pas. Mais espérons qu'un nouveau vent se lève et que celui-ci permettra enfin que l'on puisse voyager ensemble... »

  • Jean-claude de Brouwer
    Inscrit
    jeudi 12 juin 2008 07h06
    En attendant la reine du Canada
    « Tout comme elle l'a fait pour les Acadiens, c'est à la reine du Canada a présenter des excuses et même à demander pardon aux autochtones pour les sévices encourus par les sujets de sa majesté. Au besoin cela pourrait se faire par la gouverneur générale et ses lieutenants.

    debrojcl@b2b2c.ca »

  • Michel Lebel
    Inscrit
    jeudi 12 juin 2008 07h13
    Aux autochtones de jouer!
    « Je puis difficilement croire que tout ne fut qu'abus et agressions dans ces pensionnats. Mais il y a en a eu et des excuses officielles étaient absolument nécessaires. Mais il na faudrait pas conclure au goulag tout de même!

    Pour le présent et l'avenir, il appartient essentiellement aux autochtones de se prendre en main. Ils doivent sortir de la culture du ressentiment, de l'assistance sociale et d'une trop grande importance accordée à l'ethnicité. Les jeunes autochtones ont droit a un plein développement, sur leur territoire ou ailleurs. Ils ont droit, comme tous et chacun, à voir loin, à vivre pleinement, à sortir de leur patelin, et aussi y rester, s'ils le souhaitent. Le repli sur soi n'est pas une solution, on le voit bien, avec tous les problèmes de dépendance. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    jeudi 12 juin 2008 08h02
    Nos ancêtres étaient donc bien vilains !
    « On a eu les ENFANTS DE DUPLESSIS et maintenant, on a les ENFANTS AUTOCHTONES. Même idée, même principe : On commence par demander des excuses et on poursuit en demandant des compensations financières. Histoire de CASH plus ou moins élevé, selon les sévices subis, qui est appelé ici GESTES CONCRETS ou CHEQUES.

    Tous nos députés avaient le nez à terre hier : S'cusez nos vilains ancêtres qui n'étaient pas comme nous, bons et humbles de coeur.

    Un autre coup dur pour l'Église catholique nos clercs qui étaient, selon les jeunes martyrisés, des monstres qui, en plus de s'être "frottés" sur eux, les battaient à coups de bâtons de hockey brisés "ce qui fait encore plus mal" à cause du bout brisé.

    Beaucoup de jeunes, chez les autochtones ou chez les blancs étaient battus et abusés par leurs parents qui croyaient les bien élever comme ça en ces temps là. Est-ce qu'ils devraient être "compensés" avec des CHEQUES aussi ? »

  • Pierre Samuel
    Abonné
    jeudi 12 juin 2008 10h29
    "Mes droits", d'abord et avant tout!!!
    « Quiconque possède quelques notions historiques, ne peut que s'incliner face au génocide culturel des Premières Nations en Amérique du Nord. Il est tout de même révélateur de constater la réaction de certains "nationaleux", toujours si prompts à défendre "leurs droits ancestraux" et, pourtant, si peu enclins à reconnaître ceux d'autrui! »

  • loiselet
    Abonné
    jeudi 12 juin 2008 10h31
    Un chèque
    « Cher M. Bousquet, avez-vous donc un chèque à la place du coeur? »

  • Madeleine Egger
    Abonnée
    jeudi 12 juin 2008 11h18
    Excuses Solenelles d'Otawa aux autochtones
    « Comme les Chefs autochtones du Quebec, je crois aussi que les gestes doivent suivrent la parole. Les compensations monetaires sont importantes mais il doit y avoir des mesures de support au development autochtone qui doivent etre plus profondes. Le chef Picard mentionne les langues autochtones et pour cela il faut aussi que les autochtones eux-meme puissent choisir comment se rebatir: Ecoles organisees par des authoctonnes sans interferences ou influences,services sociaux crees par les authoctones geres par des autochtones, etc. C'est vraiment tres important que les autochtones puissent rebatir leurs vies, leurs modes de vie at puissent choisir eux-meme comment le faire. De donner des compensations monetaires et de s'excuser est un progres a saluer mais ca ne touche que la surface des injustices et des souffrances subies. Il faut vraiment arreter l'ingerence et l'exploitation sous toutes leurs formes. The Govenment of Ottawa cannot dictate or interfere in this process. Only give what is needed. »

  • Pierre Rousseau
    Inscrit
    jeudi 12 juin 2008 11h21
    Incompréhensible!
    « Je suis franchement estomaqué de voir la réaction de certains de vos lecteurs, particulièrement M. Noël. Les pensionnats indiens sont une tragédie nationale qui a causé des dommages irréparables non seulement à ceux qui en ont été victimes directement mais aussi aux autres membres de leurs familles et dans ce dernier cas on parle de «dommages collatéraux» en jargon militaire. Les francophones eux-mêmes ont été soumis à plusieurs tentatives d'assimilation mais jamais de l'ampleur de celle envers les peuples autochtones. D'ailleurs plusieurs pensionnats au Québec avaient pour mission d'assimiler les autochtones à la culture française et plusieurs pensionnats catholiques dans les autres provinces étaient dirigés par des francophones qui contribuaient à l'assimilation des autochtones à la culture anglo-canadienne.

    J'ai eu l'occasion de rencontrer un très grand nombre de «survivants» des pensionnats et leur expérience est une des plus tragiques que l'on puisse imaginer. Plusieurs ont été littéralement enlevés par la police et / ou l'agent des Affaires indiennes dans leur petit village, souvent à l'insu des parents et lorsqu'on avertissait les parents on le faisait dans une langue qu'ils ne comprenaient pas. La plupart des pensionnaires ont été battus mais aucune poursuite n'a pu être prise lorsque le tout s'est su «officiellement» car les accusations de voies de fait simples se prescrivent par 6 mois... Mais le nombre de crimes graves est considérable et plusieurs survivants préfèrent ne pas en parler plutôt que de tenter d'avoir une compensation financière par peur de revivre leur cauchemar. J'ai personnellement rencontré un survivant qui avait été mis dans une sécheuse à linge (une grosse, industrielle) dans un des pensionnats de l'Arctique et on l'a fait tourner plusieurs minutes pour le punir d'avoir parlé sa langue autochtone malgré les avertissements de ne pas le faire. On parle de «survivants» parce que plusieurs de ces enfants n'ont pas survécu aux pensionnats. Ils sont morts et leurs parents ne savent même pas où ils sont enterrés. Il y a des notes de service de haut fonctionnaires du gouvernement qui reconnaissent le fait que plusieurs enfants meurent dans les pensionnats, même plus que le taux de mortalité dans les villages autochtones qui était déjà anormalement élevé, mais on dit que c'est pour leur «bien». Mettez-vous un peu dans leur peau et pensez que la police vient chez vous, enlève vos enfants pour les amener vous ne savez où et que vous n'entendez plus jamais parler d'eux. Ne seriez-vous pas traumatisés? Ne remueriez-vous ciel et terre pour savoir ce qui advient de vos enfants? Eh bien les Indiens eux ne pouvaient que s'adresser à l'Agent des Indiens (fonctionnaire fédéral) qui les envoyait paitre et ils ne pouvaient même pas aller voir un avocat car, souvent, ils ne pouvaient pas sortir de la réserve et la Loi sur les Indiens leur interdisait alors de consulter un avocat.

    Les peuples autochtones du Canada souffrent maintenant et collectivement de stress post-traumatique à cause en grande partie de l'expérience des pensionnats indiens. Oui nos ancêtres ont commis une grosse erreur en faisant çà, qu'ils soient francophones ou anglophones, catholiques, protestants ou autres. Ils ne sont plus là pour en faire acte et il ne reste que nous pour tenter d'atténuer l'impact terrible des politiques passées de nos gouvernements successifs qui ont été élus par la société dominante. Il est donc temps que nous prenions collectivement nos responsabilités et que nous arrêtions de nous mettre la tête dans le sable.

    Des attitudes comme celles qu'on peut lire aujourd'hui dans ce site sont indignes d'un peuple mature et digne. Oui, la violence et les abus sexuels sont monnaie courante dans les villages autochtones mais la responsabilité n'en revient pas seulement aux auteurs mais aussi et surtout à cause d'une politique coloniale du Canada qui visait à éradiquer les cultures et l'identité autochtones. L'argent et les compensations de toutes sortes ne guériront jamais les plaies béantes de ces peuples mais c'est tout ce que nous avons comme société pour faire réparation, tôt ou tard. Mais il est certain que ce qui les aiderait le plus à guérir serait de les reconnaitre tels qu'ils sont et d'accepter qu'ils se gouvernent eux-mêmes. Ils ne sont pas les artisans de leur propre malheur et une tragédie telle que celle qui leur est arrivée aurait causé les mêmes conséquences terribles pour n'importe quel autre peuple qui y aurait été soumis. D'ailleurs la même chose s'est produite dans d'autres pays coloniaux comme les USA et l'Australie et dans ce dernier cas on parle de «Stolen Generations» pour ceux qui en ont été victimes et le Parlement australien s'est lui-aussi excusé pour ce type de politique.

    Arrêtez de blâmer la victime et essayez de les comprendre, même si souvent ils sont anglophones, et supportez-les dans leur queste d'identité et de restauration de leurs structures sociales. Oui, çà va couter des sous et de la sueur mais c'est rien à côté de ce que ces pensionnats ont couté aux gouvernements successifs et à côté des terribles conséquences qu'ont subi ces gens. Comme société dominante, on s'en sort très bien et ça aurait pu être bien pire. Les autochtones ont montré une patience incroyable à la suite de ce qui leur est arrivé et je doute que si cela était arrivé aux francophones, ils auraient eu autant de patience. »

  • jacques noel
    Inscrit
    jeudi 12 juin 2008 12h03
    M. Samuel, de quels droits parlez-vous?
    « Il y a 75,000 Indiens au Québec (ils étaient 49,000 lorsque René Lévesque a reconnu les 11 nations autochtones en 1986)

    Je vous lance le défi suivant: sortez-moi l'arbre généalogique de ces 75,000 individus et comptez ceux qui avaient des ancêtres au Québec avant l'arrivée de Jacques Cartier en 1534. A part les 8000 Algonquins et les 9000 Inuits, vous en trouverez pas beaucoup.

    La plupart de ceux qui revendiquent le titre d'indien (et tous les privilèges que le titre entraine) seraient incapables de produire le moindre titre ancestral puisque leurs ancêtres sont arrivés au Québec APRÈS les miens. Ou étaient Français comme les miens! (Max Gros-Louis, qui promenait ses belles plumes récemment en France, est français à 95%!!!!!)

    Les Hurons sont arrivés en 1650 à l'Ile d'Orléans, 116 ans après Cartier. Ils ont été sauvés de l'holocauste par les Jésuites.

    Les Micmacs viennent surtout des Maritimes
    Les Montagnais ont disparu et les Innus qui habitent leur territoire viennent de l'Ontario
    Les Mohawks viennent de l'État de NY
    Les Cris viennent autant de l'Ontario que du Québec
    Les Malécites ont pratiquement disparu.

    Bref, la majorité des 75,000 Indiens du Québec n'ont pas une majorité d'ancêtres qui étaient ici avant l'arrivée de Cartier. Voilà pour le grand mythe des "droits ancestraux". »

  • A/s Gilles Beaudet Maison Marie-Victorin
    Abonné
    jeudi 12 juin 2008 12h06
    éducation réussie ?
    « Les représentants des nations amérindiennes s'expriment dans un français de qualité. Où ont-ils ce français ? Dans les pensionnats ? Ils se plaignent qu'on les a forcés à apprendre la langue (française ou anglaise) mais l'éducation intellectuelle qu'ils ont reçue leur est fort utile aujourd'hui. Savent-ils en être reconnaissants ? On dit qu'il y a 15,000 autochtones qui ont fréquenté les pensionnats qui les ont éduqués. Un certain nombre revendiquent sous divers prétextes dont nous ne connaissons que la version des présumées victimes. Quel jour la véritable histoire de l'enseignement et de l'éducation fournie aux amérindiens sera-t-elle connue dans des ouvrages bien documentés et non biaisés par une quelconque idéologie sous-jacente ? Les Indiens se plaignent qu'on les a forcés à apprendre les langues de notre pays. Pensez-vous que la France n'a pas obligé les Bretons et autres populations à apprendre la langue nationale ? à ce chapitre, les Indiens se victimisent aisément. Une petite fraction des 150,000 Indiens pensionnatisés se plaignent par l'entremise de quelques meneurs, on n'entend que très peu les milliers de pensonnaires qui n'ont pas à récriminer contre les bienfaits qu'ils ont reçus. Cette affaire de renvendication a quelque chose de triste dans certains cas, mais aussi de louche sous d'autres aspects. Certains commentaires de cette page me paraissent soulever les vraies questions. Mais il faut être dans la rectitude politique, n'est-ce pas ? Qui fera vraiment la VRAIE lumière ? On juge une histoire vieille d'il y a plus de 50 ans, avec des critères à la Bouchard-Taylor en 2008, ou à la sauce Charte des Droits à sens unique... Les histoires rapportées par les présumées victimes suscitent plus mon scepticisme que ma compassion qui elle exige des preuves qu'on ne nous donne pas. Un récent numéro de la revue Science et Vie,(mai ou juin 2008) traite de la mémoire. La science nous apprend que la mémoire est créatrice de fiction. Les commissaires qui se sont penchés sur le cas de certains revendicateurs, ne semblent pas avoir été suffisamment éveillés à ces traits douteux de la mémoire. Et puis, les éducateurs n'ont pas eu souvent l'occasion de nous raconter comment eux avaient fait l'éducation de ces améridiens. »

  • jacques noel
    Inscrit
    jeudi 12 juin 2008 12h49
    @Pierre Rousseau
    « Je suis allé en Australie et je peux vous dire que le sort des abos, qui croupissent dans la misère et le sous-développement, n'a rien mais vraiment rien à voir avec celui de la grande majorité des Indiens au Canada.

    L'espérance de vie des abos en Ausralie est de 17 ans inférieure à celles des Australiens; au Canada elle n'est que de 7 ans.

    C'est parce que les Indiens ont été civilisés, qu'ils ont été en contact avec notre système d'éducation et de santé, qu'ils vivent aussi longtemps et relativement aussi bien en comparaison des abos ou des autres Indiens du continent américain.

    Qu'il y a ait eu des dérapages et des abus on en convient, mais de ré-écrire l'histoire avec les valeurs de 2008 comme on le fait présentement est tout simplement une insulte au Canada d'antan.

    Les épidémies tuaient partout à l'époque et pas seulement dans les pensionnats indiens

    Les élèves étaient battus à l'époque et pas seulement dans les pensionnats indiens

    Quant aux abus sexuels, il y a des tribunaux pour ça. Or,là on a réglé sans procès, sans qu'on fasse la preuve que les accusations étaient réelles. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    jeudi 12 juin 2008 13h08
    @ M. Loiseau avec un gros coeur
    « M. André Loiseau m'écrit : «Cher M. Bousquet, avez-vous donc un chèque à la place du coeur? »

    Ce n'est pas moi qui demande des cheques M. Loiseau, ce sont les indiens abusés. Tout ce que je dis c'est que les enfants de Duplessis et les autochtones se consolent avec des cheques plus qu'avec des excuses. Libres à eux, on comprend l'idée. C'est quoi qui vous choque tant ?

    Vous pouvez compléter la générosité de notre gouvernement en faisant parvenir votre obole directement aux abusés et en profiter pour prier pour nos ancêtres qui ont laissé faire ça afin de les sortir de l'enfer qu'ils mériteraient si on se fue aux témoignages entendus. »

  • Lorraine Dubé
    Abonnée
    jeudi 12 juin 2008 14h56
    Trop peu-trop tard sans gestes concrets.
    « Des excuses nécessaires mais combien tardives pour des actes d'assimilations...même de génocide. Trop peu, trop tard! Des peuples ont en effet disparu sans être répertoriés puisque non recensés. Faute de temps à ma disposition, j'ajouterai qu'il serait impensable que de tels actes puissent être tolérés aujourd'hui, soit de brimer les gens dans leur identité, leur culture, leur langue. Sans parler des atrocités subies!
    Dans ma famille, nous savions avoir des origines autochtones comme beaucoup de québécois. Mon père s'était même procuré au milieu des années 60 une encyclopédie de collection Drouin incluant notre arbre généalogique. Nous serions même parents lointains de Chevalier Delorimier dont les lettres
    (même celle à la veille de sa pendaison par loi martiale)étaient incluses dans les volumes.
    Que pensez-vous de ce vol d'identité lorsque je vous apprends que ma mère de 85 ans a su l'année dernière que ma soeur aînée a obtenu ses papiers de Premières Nations? C'est un vol d'identité non monayable. Inutile de rajouter que nous pourrions tous obtenir nos papiers en nous cloitrant dans une réserve!!!Fort discutable. D'ailleurs, il semblerait que les Premières Nations aient plus de documents(censures fédérales)à leur disposition et qu'ils soient à notre recherche. Ne trouvez-vous pas indécent que ma mère de 85 ans ait obtenu confirmation l'an dernier de ses origines Huron-Algonquin par sa mère et son père? Mon père serait des micmacs. Précisons qu'à compter de 1954 les Hurons avaient le droit d'aller à l'école mais il était absolument INTERDIT de parler leur langue sous peine de fortes réprimandes. Je me rappelle avec le recul combien les origines de mes grands-parents maternels étaient évidentes, par leur physionomie et leur connaissance de la nature. Il y avait cependant un malaise lorsque ma grand-mère nous parlait de ses ancêtres. Je sais maintenant combien leur intégrité a été bafouée. On leur avait tellement inculqué des notions réductrices qu'ils en finissaient par ressentir très peu d'estime d'eux-mêmes. C'était mal d'être une SAUVAGE. Une femme ne pouvait quitter sans subir la conséquence de perdre son appartenance au groupe. Obligation de vivre cloitrés au risque d'être reniés et exclus. Ni plus ni moins que du bétail quoi! Je comprends mal monsieur Bousquet, vous qui êtes nationaliste, votre manière de banaliser et même glorifier l'assimilation et le génocide des Premières Nations. Ils maîtrisent peut-être la langue française comme vous le dites mais au détriment de leur propre culture, langue...INTÉGRITÉ. Sans parler de la violence inqualifiable! Comment peut-on compenser ma mère toujours vivante pour ce vol flagrant d'une partie d'elle-même? Sachez bien qu'aucun montant d'argent ne peut compenser cette perte! Autant que pour ma part je ne réclame rien, et n'ai pas l'intention d'aller vivre dans une réserve pour me soustraire à l'impôt. Je comprends très mal que des gens pourtant nationalistes puissent cautionner l'injustifiable.
    Souverainement
    Lorraine Dubé »

  • Jean-Philippe Champagne
    Inscrit
    jeudi 12 juin 2008 19h37
    wow, tellement immature
    « J'ai été très surpris en lisant l'article, et encore plus en lisant les commentaires des lecteurs... Je n'ai que 19 ans et j'en sais très peu sur les peuples autochtones. Tout ce que j'ai entendu est négatif, soit de mes parents ou autre. L'histoire de ses enfants ne me suprend guère par contre: la religion a tellement causé de dégat. C'est ce qu'il arrive lorsqu'on veut aller contre la nature humaine et qu'on associe le plaisir au mal absolu. Tout ces religieux, d'avant et d'aujourd'hui, sont inhumains. Il n'est pas surprenant que de tel choses se produisent lorsqu'on est aussi fermé et dur. Je trouve certain lecteur totalement fermé: celui qui dit que les bretons ont subit la meme chose par les francais (ou quelquechose dans ce genre), et bien c'est totalement monstrueux d'accepter des gestes aussi grave sur un autre nation seulement parceque ce n'est pas la premiere fois et que plusieurs autres nations ont du aussi le subir... ou encore croire qu'ils ont recu une bonne éducation!!! vous auriez vraiment voulu avoir ce genre d'éducation??? même sans religion les adultes tentent encore de laver le cerveau des jeunes: la preuve, je n'ai entendu que du mal des indiens... alors que maintenant je sais très bien que ce ne sont que des être humains qui ont reçu une mauvaise éducation (tout vien de l'éducation que l'on reçoit) Le peuple québécois est beaucoup trop fier de seulement exister et d'être majoritaire en rejetant les autres cultures. Je ne suis pas fier d'être québécois, j'ai seulement eu de la chance de naître dans un endroit qui n'a pas trop de problèmes graves... et si vous critiquer les jeunes pour certaines raisons et bien pour ma part je crois que les adultes sont très fermé et très, très égoïste. Mais bon, avec des partis de droite presque "extreme", ce n'est pas très surprenant. »

  • Pierre Samuel
    Abonné
    jeudi 12 juin 2008 19h42
    @ M. Noël
    « Votre raisonnement s'applique à n'importe quelle nation! Vous allez leur demander des tests sanguins pour vérifier leur "authenticité", j'imagine? Avant même Colomb (1492), et Cartier (1534), ceux qui se "réclament" des Autochtones étaient, ici, ( ce que les premiers colonisateurs ont dénommé, beaucoup plus tard, Amérique du Nord) sur leurs terres, qu'ont leur a spoliées au cours des siècles en même temps que leur(s) culture(s) et leur dignité! Et, de grâce, sans ne rien minimiser, épargnez-moi la "défaite des Plaines d'Abraham", il n'y a absolument aucune comparaison!
    Si, nous, Québécois pouvons revendiquer, à juste titre, être "maître de notre destinée", comment peut-on faire fi de
    ce droit aux Premières Nations? Ce que René Lévesque,en passant, qui n'avait rien d'un "nationaleux", a toujours compris! »

  • loiselet
    Abonné
    jeudi 12 juin 2008 20h31
    @M. Pierre Rousseau
    « Contrairement à M. Bousquet auquel je m'excuse d'avoir troublé la douce quiétude, vous avez tout compris M. Rousseau. Rien à ajouter. C'était brillant et humain. »

  • Myriam Ariey-Jouglard
    Abonnée
    jeudi 12 juin 2008 22h51
    Penser que l'on est meilleur que les autres
    « Certaines interventions que j'ai lu m'ont extrêmement choquées. Penser que les pensionnats autochtones ont civilisé les peuples autochtones est une réaction que je qualifierais de raciste. En effet, pourquoi croire que notre civilisation occidentale est meilleure que les civilisations autochtones? Cela est absolument ridicule et montre le manque d'ouverture d'esprit des personnes qui ont fait ce genre d'interventions.

    Monsieur Noël, parce que les "Canado-Européens" sont entrés en contact avec les autochtones, ceux-ci ont attrapés des maladies contre lesquelles ils n'avaient aucune protection, ils ont été déplacés selon la volonté de cette nouvelle "civilisation", et ils ont été traités comme des moins que rien (une fois que les Européens eussent appris suffisamment d'eux pour survivre dans ce qui est aujourd'hui appelé le Canada).

    Les autochtones ont souvent été très ouverts à la culture d'autrui. Ils auraient certainement appris la langue française "qui les sert si bien" sans les pensionnats. Le "contact" a aussi apporté certaines bonnes choses d'un point de vue matériel, comme les métaux, plus solides que la pierre, mais le style de vie occidental a indéniablement tenté d'éradiquer ces cultures et continue de le faire.

    En effet, même les compensations qui ont été annoncées sont une manière d'occidentaliser les autochtones. Ces compensations sont individuelles, or, le mode de vie des autochtones se base le plus souvent sur des communautés ou des grandes familles. Cela prouve à quel point on continue de diviser les autochtones en les obligeant à suivre un système occidental individualiste. Il y a beaucoup d'autres exemples comme ça que je ne vais pas aborder ici.

    Je ne tiens pas à insulter le Canada d'antan, mais je trouve déplorable que beaucoup de personnes de notre culture si civilisée ne soit pas capable de reconnaître les torts que nos ancêtres ont pu faire et que nous perpétuons dans notre vie de tous les jours, soit en marginalisant les autochtones, en les blâmant, ou en les ignorant.

    Je ne suis pas assez familière avec la situation australienne pour pouvoir en parler, mais ce qui est sûr, c'est que ce n'est pas parce qu'en Australie les peuples autochtones sont dans une pire situation qu'au Canada qu'il faut s'assoir sur nos lauriers et penser que tout est beau. Il reste encore énormément de travail à faire, notamment pour changer la mentalité des "contribuables canadiens".

    Je remercie Monsieur Rousseau pour son intervention, qui est mieux informée. J'ai aussi eu l'occasion de m'entretenir avec des "survivants", et ce qu'ils ont vécu est terrible. J'ai aussi eu la chance de rencontrer Kevin Annet, qui a fait un film-documentaire, Unrepentant (en Anglais seulement je pense par contre), qui porte justement sur les pensionnats autochtones, surtout dans l'Ouest canadien. Ce documentaire est normalement disponible en ligne gratuitement sur www.hiddenfromhistory.org/ mais le site ne semble pas marcher pour l'instant. Vous pouvez certainement entrer en contact avec lui pour vous procurer une copie gratuite de son documentaire. »

  • Jean Davant
    Inscrit
    jeudi 12 juin 2008 23h02
    L'été des Indiens
    « Un chèque c'est bien, des excuses c'est bien, mais pour être sur qu'on recommencera pas, ça serait bien de comprendre pourquoi ça s'est passé. Sinon, dans pas longtemps, on va leur dire "la lutte contre les changements climatiques ? Trop compliqué pour vouzôtes ! Laissez-nous faire ! Vouzôtes, vous adorez les saumons et les autres bibites, nouzôtes on a des satellites on sait y faire !". Si ça s'est passé, c'est peut-être pas parce que "on s'excuse, on savait pas, on s'est pas rendu compte". C'est peut-être aussi parce qu'on avait quelque chose à prouver, il fallait montrer qu'on valait mieux qu'euzôtes. Et ça s'est peut-être pas toujours passé comme ça. Il y a eu un temps où ça se passait mieux que ça. Y a même un maudit français, M. Levi-Strauss (qui a PLUS écrit sur les Indiens que sur nouzôtes, Trahison !), qui a écrit un livre "Histoire de Lynx" qui parle de pas mal de choses intéressantes, et qui dit en particulier que la Lingua Franca des Indiens, la langues véhiculaire qui leur servaient à faire du commerce dans toute l'Amérique du Nord (comme un NAFTA avant Colomb), contenait déjà pas mal de mots européens quand elle a commencé à être étudiée, et en particulier la majorité de ces mots européens était des mots français. "Histoire de Lynx" dit aussi - c'est l'hypothèse de l'auteur - que la mythologie des Indiens, souvent fondée sur des Jumeaux, les avait prédisposés à accepter les Blancs (un peu trop facilement, finalement). Au contraire - et ça c'est moi qui le rajoute - des monothéismes qui s'arrogent toujours une place de Fils Uniques dans la création, avec l'égocentrisme que ça suppose (à peine une hypothèse : s'ils sont deux frères, y en a un qui tue l'autre; et si Dieu le demande, on égorge l'aîné, histoire de rester fils unique...). En tout cas, bref, les Indiens s'attendaient à nous rencontrer, et auraient rapidement utilisé nos mots pour parler des choses qu'ils nous échangeaient. Si je vous raconte tout ça, c'est parce que vous vous imaginez pas que ça s'est fait sans des échanges très rapprochés entre les deux communautés. Quand on dit très rapprochés, c'est que forcément, ils ont finis par avoir des enfants ensemble. Ah non ? on vous l'avez pas dit ? Et ben si, ça s'est passé aussi. Et pas seulement dans Little Big Man et autre Pocahontas. Mais bizarrement, à l'heure des tests ADN, où les afro-américains retrouvent leurs origines africaines, où les Amérindiens retrouvent des origines asiatiques assez complexes, il n'y a pas beaucoup d'empressement chez nouzôtes, les bonnes familles qu/b/coises pures laines, pour savoir s'il y a un Indien dans le placard (et pas forcément beaucoup d'empressement dans le sens inverse non plus pour savoir s'il y a un trappeur dans le placard). Pourtant quand je vois plusieurs de mes collègues qui me parlent de leurs ancêtres québécois depuis... allez donc : dix générations, qui dit mieux... je me dit "Bon, est-ce qu'il sait qu'il a l'air d'un croisement de Géraldine Chaplin et de Keanu Reeves ? Est-ce qu'elle sait qu'elle ressemble à la petite-fille de Jack Palance ?". Parce que notez bien que dix générations, ça fait deux parents, quatre grand-parents, et finalement mille vingt-quatre ancêtres, disons huit cents avec la consanguinité. Sur ces huit cents, disons cinq ou dix pour cent sont arrivés d'Europe il y a au moins dix générations, soixante dix pour cent vivaient encore en Europe à cette dixième génération, mais combien étaient là AVANT ?
    Avant quoi ? Et ben avant que s'installe progressivement une DMZ entre les deux communautés, d'abord politico-militaire (pour ne pas se mêler des conflits anglo-français), puis économique (avec la création des réserves), puis juridico-culturel (fiscalité spécifique, par exemple, qui oriente des choix professionnels - le marché des cigarettes). Et alors, finalement, peut-être que ces pensionnats, ce n'était pas juste un souci mal placé de civiliser le monde, mais aussi une façon de creuser un écart, pour gommer ces histoires de mixité. C'est vrai que c'est douloureux de rappeler cette mixité, maintenant, quand on se souvient des abus. Sans revendiquer jusqu'à la délirante vision latine de Milo Manara et Hugo Pratt (l'Été Indien, je peux pas croire qu'on le trouve pas à la Librairie M... spécialisée en Comics, et qui justement fait des spéciaux en ce moment), c'est certain que les Tremblay, Massicote, Gouin et autres Ouellet, on a des Indiens dans le placard. Et en fait, selon nos propres critères d'authenticité, ce serait même plutôt un sujet de fierté, vu que ça confirme "l'arrivée" précoce de notre famille, AVANT, quand l'Amérique était encore vierge. »

  • Guy Fafard
    Inscrit
    vendredi 13 juin 2008 00h27
    Et le vol du référendum, les excuses c'est pour quand ?
    « excuses, Gouvernement, Autochtone, Canada (Pays)

    Nous les "Canadians",on vous aime "Québecers" »

  • jacques noel
    Inscrit
    vendredi 13 juin 2008 08h42
    @pierre samuel
    « Des test sanguins montreraient que la majorité des 75,000 "Indiens" du Québec n'ont pas une majorité d'ancêtres qui étaient ici avant les miens. Ce serait la fin du discours des "droits ancestraux". »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    vendredi 13 juin 2008 09h13
    @ M. Guy Fafard
    « Les excuses, c'est pour dans 100 ans de façon à ne pas gêner les coupables qui pourraient être encore vivants.

    Les descendants de ceux qui ont voté OUI et qui étaient membres du PQ et du Bloc en 1995 vont alors pouvoir demander un cheque. "Conservez les archives, please". »

  • A/s Gilles Beaudet Maison Marie-Victorin
    Abonné
    vendredi 13 juin 2008 14h59
    ne pas se tromper de sujet.
    « La question c'est les pensionnats pour autochtones gérés par Ottawa. C'est l'histoire de la réalité de ce qui s'est passé dans ces pensionnats créés dit-on dès. Je ne peux pas croire que ces institutions n'ont fait que du mal et n'ont que des torts. J'aimerais lire ce qu'ils ont produit de bon. Les commentaires des ces pages ne sont pas généreux de ce côté-là. L'information roule dans une seule direction. Comme j'ai écrit antérieurement. Toute la saga des pensionnats semble reposer sur des récits de mémoire. Et j'ai rappelé un article scientifique qui nous démontre que "Tout souvenir est fiction. Finalement aucun ne reflète à 100% la réalité." (voyez la revue Science et Vie, juin 2008, p. 59 ) Une spécialiste y écrit: "Nous complétons nos souvenirs vagues avec ce que nous savons de nous" (Pascale Piolino, université Paris-Descartes) Alors, je doute des récits composites des soi-disants témoins de ces événements déroulés il y a plus de 50 ans, dans le temps où on n'espérait pas de compensations financières pour ces récits "d'horreur". Mettons de côté les inventions. Tirons au clair ce que fut le dévouement des éducatrices dévoués à l'avancement culturel de gens qui semblaient laissés à eux-mêmes. Aujourd'hui même, que représente le style de vie de certaines peuplades améridiennes dans certaines regions où l'alcoolisme sévit,où la drogue circule, où l'illégalité règne au nez des gouvernants impuissants. Ceux qui ont cherché à proposé aux autochtones des chemins de dignité ont-ils erré ? les autochtones qui en ont profité dans leur éducation ont-ils un mot à dire en faveur des avantages qu'on leur a offert. Nous de langue française on nous a dépouillé de notre langue ancestrale le latin: simple évolution historique inévitable. On ne peut pas arrêter le temps. Dans quel siècle les autochtones veulent-ils vivre ? Tout n'est pas dit encore sur les pensionnats: ni le meilleur, ni le pire. Mais le pire est considéré comme s'il était le tout, alors qu'il n'est qu'une infime fraction du tout dont on écrit et dont on parle si mal et si peu. »

  • Michel Thibault
    Abonné
    vendredi 13 juin 2008 15h03
    Perche tendue
    « Malgré tous les sévices infligés aux Premières Nations, celles-ci devront avoir le courage et la force de voler de leurs propres ailes. Le gouvernement Fédéral étant moins dans le décor, les Premières Nations devront apprendre à s'en affranchir progressivement. Une perche vous est offerte; saurez-vous la saisir comme l'avons fait ? »

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