Obama contre McCain
Photo : Agence Reuters
Candidat désigné des démocrates à la présidence des États-Unis, Barack Obama s’est adressé hier soir à ses partisans réunis à St. Paul, au Minnesota.
L'évènement est déjà qualifié d'historique: Barack Obama a finalement obtenu l'appui d'un nombre suffisant de délégués pour se qualifier comme candidat du parti démocrate à la présidence des États-Unis. Le sénateur de l'Illinois âgé de 46 ans sera selon toute vraisemblance le premier Noir à porter les couleurs d'un des deux grands partis dans la course à la Maison-Blanche.
Sa rivale Hillary Clinton, qui a remporté plusieurs des plus récentes élections primaires (dont celle du Dakota du Sud hier), a refusé de concéder la victoire à M. Obama. Dans un discours de plus de vingt minutes prononcé dans son fief de New York, elle a bien vanté les qualités de son adversaire et parlé de la nécessité de refaire l'unité du parti démocrate, mais elle a surtout énuméré ses victoires et martelé le fait que, selon ses calculs, elle a remporté plus de suffrages que lui lors des élections primaires et des caucus (réunions informelles d'électeurs) disputés depuis janvier.
«Je ne prendrai pas de décision ce soir», a-t-elle dit devant ses partisans qui scandaient: «N'abandonne pas, n'abandonne pas».
Ces derniers jours, la candidate et son entourage ont émis des signaux ambigus. On lui a prêté l'intention d'essayer de convaincre des «superdélégués» (élus et permanents du parti) qui ont appuyé Barack Obama de revenir sur leur décision, comme les réglements du parti le permettent. Même de son propre camp, on semble cependant douter des chances de succès d'une telle démarche, si jamais elle est entreprise. D'autres indices, comme le fait qu'elle ait convoqué tout son personnel de campagne à New York et certains propos de son mari, l'ancien président Bill Clinton, laissent d'ailleurs croire qu'elle cherche simplement à monnayer ses appuis pour devenir le choix incontournable pour la vice-présidence.
«Cette nuit, je peux dire devant vous que je serai le candidat démocrate pour la présidence des États-Unis», a affirmé le sénateur de l'Illinois devant quelque 20 000 partisans rassemblés hier à Saint Paul, dans le Minnesota.
«La route sera longue. Je fais face à ce défi avec une grande humilité et en connaissant mes propres limites. Mais je fais aussi face à ce défi avec une foi sans limite dans les capacités du peuple américain», a ajouté M. Obama, qui a rendu un vibrant hommage à Hillary Clinton.
Barack Obama a franchi hier le seuil des 2118 délégués lui permettant de devenir candidat démocrate à la présidence, contre le sénateur républicain de l'Arizona, John McCain. Avant même que ne soient connus les résultats des deux primaires tenues hier (au Dakota du Sud et au Montana, remportée par lui), il avait presque atteint cette cible parce que plusieurs «superdélégués» avaient annoncé leur appui au cours de la journée.
Barack Obama devra, pour refaire l'unité d'un parti profondément divisé par cette longue course à l'investiture, tendre la main aux partisans de l'ancienne première dame de même qu'à son équipe de campagne et à ses contributeurs financiers.
La campagne aura en effet été très dure, marquée par de nombreuses attaques personnelles et tentatives de dénigrement. En outre, les moindres faux pas des deux candidats ont été systématiquement montés en épingle par l'équipe adverse.
Ces derniers jours, Bill Clinton a critiqué les médias et le camp Obama dans des termes très virulents. Il s'en est pris en particulier à un journaliste du magazine Vanity Fair qui avait critiqué sa contribution personnelle à la campagne de son épouse. L'ancien président est allé jusqu'à dire que la couverture médiatique de la campagne démocrate avait été «la plus partiale de l'Histoire».
En comparaison, le républicain John McCain, 71 ans, est assuré d'être le candidat de son parti depuis début mars.
En janvier, quand la ronde des primaires et des «caucus» (réunions d'électeurs) s'est enclenchée, Hilllary Clinton partait avec une assez forte avance sur ses adversaires. Mais Barack Obama, qui a remporté le premier rendez-vous dans l'Iowa, a vite rejoint la sénatrice de New York dans les intentions de vote et engrangé les succès électoraux (et les délégués). Malgré cela, la sénatrice de New York n'a jamais baissé pavillon et continué d'obtenir elle aussi des victoires sans jamais, toutefois, combler l'écart en termes de délégués.
Les appels à la démission de Mme Clinton faits au cours de l'hiver, alors que la partie n'était pas encore jouée, ont parfois été jugés injustes, non seulement par la principale intéressée et son entourage, mais également par certains commentateurs de la vie politique américaine.
Hier soir, Barack Obama a consacré l'essentiel de son discours à critiquer les positions du candidat républicain John McCain, qu'il a décrite comme étant le prolongement de celles du président sortant George W. Bush.
Dans un discours prononcé en début de soirée dans la banlieue de La Nouvelle-Orléans, M. McCain a lui aussi rendu un hommage appuyé à Mme Clinton. Il a également estimé que M. Obama serait un adversaire «redoutable».
L'hypothèse que Mme Clinton devienne la candidate à la vice-présidence, au côté de M. Obama, a été évoquée lors d'une conférence téléphonique entre l'ex-première dame et des parlementaires de New York.
Jamais une course à l'investiture n'avait été aussi longue dans le camp démocrate. M. Obama a présenté sa candidature il y a 16 mois. La première consultation s'est déroulée le 3 janvier. Les démocrates terminent leur course profondément divisés.
***
Avec l'Agence France-Presse
Sa rivale Hillary Clinton, qui a remporté plusieurs des plus récentes élections primaires (dont celle du Dakota du Sud hier), a refusé de concéder la victoire à M. Obama. Dans un discours de plus de vingt minutes prononcé dans son fief de New York, elle a bien vanté les qualités de son adversaire et parlé de la nécessité de refaire l'unité du parti démocrate, mais elle a surtout énuméré ses victoires et martelé le fait que, selon ses calculs, elle a remporté plus de suffrages que lui lors des élections primaires et des caucus (réunions informelles d'électeurs) disputés depuis janvier.
«Je ne prendrai pas de décision ce soir», a-t-elle dit devant ses partisans qui scandaient: «N'abandonne pas, n'abandonne pas».
Ces derniers jours, la candidate et son entourage ont émis des signaux ambigus. On lui a prêté l'intention d'essayer de convaincre des «superdélégués» (élus et permanents du parti) qui ont appuyé Barack Obama de revenir sur leur décision, comme les réglements du parti le permettent. Même de son propre camp, on semble cependant douter des chances de succès d'une telle démarche, si jamais elle est entreprise. D'autres indices, comme le fait qu'elle ait convoqué tout son personnel de campagne à New York et certains propos de son mari, l'ancien président Bill Clinton, laissent d'ailleurs croire qu'elle cherche simplement à monnayer ses appuis pour devenir le choix incontournable pour la vice-présidence.
«Cette nuit, je peux dire devant vous que je serai le candidat démocrate pour la présidence des États-Unis», a affirmé le sénateur de l'Illinois devant quelque 20 000 partisans rassemblés hier à Saint Paul, dans le Minnesota.
«La route sera longue. Je fais face à ce défi avec une grande humilité et en connaissant mes propres limites. Mais je fais aussi face à ce défi avec une foi sans limite dans les capacités du peuple américain», a ajouté M. Obama, qui a rendu un vibrant hommage à Hillary Clinton.
Barack Obama a franchi hier le seuil des 2118 délégués lui permettant de devenir candidat démocrate à la présidence, contre le sénateur républicain de l'Arizona, John McCain. Avant même que ne soient connus les résultats des deux primaires tenues hier (au Dakota du Sud et au Montana, remportée par lui), il avait presque atteint cette cible parce que plusieurs «superdélégués» avaient annoncé leur appui au cours de la journée.
Barack Obama devra, pour refaire l'unité d'un parti profondément divisé par cette longue course à l'investiture, tendre la main aux partisans de l'ancienne première dame de même qu'à son équipe de campagne et à ses contributeurs financiers.
La campagne aura en effet été très dure, marquée par de nombreuses attaques personnelles et tentatives de dénigrement. En outre, les moindres faux pas des deux candidats ont été systématiquement montés en épingle par l'équipe adverse.
Ces derniers jours, Bill Clinton a critiqué les médias et le camp Obama dans des termes très virulents. Il s'en est pris en particulier à un journaliste du magazine Vanity Fair qui avait critiqué sa contribution personnelle à la campagne de son épouse. L'ancien président est allé jusqu'à dire que la couverture médiatique de la campagne démocrate avait été «la plus partiale de l'Histoire».
En comparaison, le républicain John McCain, 71 ans, est assuré d'être le candidat de son parti depuis début mars.
En janvier, quand la ronde des primaires et des «caucus» (réunions d'électeurs) s'est enclenchée, Hilllary Clinton partait avec une assez forte avance sur ses adversaires. Mais Barack Obama, qui a remporté le premier rendez-vous dans l'Iowa, a vite rejoint la sénatrice de New York dans les intentions de vote et engrangé les succès électoraux (et les délégués). Malgré cela, la sénatrice de New York n'a jamais baissé pavillon et continué d'obtenir elle aussi des victoires sans jamais, toutefois, combler l'écart en termes de délégués.
Les appels à la démission de Mme Clinton faits au cours de l'hiver, alors que la partie n'était pas encore jouée, ont parfois été jugés injustes, non seulement par la principale intéressée et son entourage, mais également par certains commentateurs de la vie politique américaine.
Hier soir, Barack Obama a consacré l'essentiel de son discours à critiquer les positions du candidat républicain John McCain, qu'il a décrite comme étant le prolongement de celles du président sortant George W. Bush.
Dans un discours prononcé en début de soirée dans la banlieue de La Nouvelle-Orléans, M. McCain a lui aussi rendu un hommage appuyé à Mme Clinton. Il a également estimé que M. Obama serait un adversaire «redoutable».
L'hypothèse que Mme Clinton devienne la candidate à la vice-présidence, au côté de M. Obama, a été évoquée lors d'une conférence téléphonique entre l'ex-première dame et des parlementaires de New York.
Jamais une course à l'investiture n'avait été aussi longue dans le camp démocrate. M. Obama a présenté sa candidature il y a 16 mois. La première consultation s'est déroulée le 3 janvier. Les démocrates terminent leur course profondément divisés.
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Avec l'Agence France-Presse
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