Conférence de Bonn sur la biodiversité - Premier pas vers un traité sur les méfaits des OGM
La conférence de Bonn sur la protection de la biodiversité a débuté hier par un accord pour la négociation d'un cadre juridique créant un régime de responsabilité et de réparation des méfaits causés par les échanges transfrontaliers d'organismes génétiquement modifiés (OGM).
La conférence de Bonn réunit les 147 pays qui ont ratifié la Convention sur la protection de la biodiversité à Rio en 1992, ce que les États-Unis n'ont pas fait. Elle réunit aussi les signataires du protocole de Carthagène sur la biosécurité, dont les négociations ont dû se poursuivre à Montréal un an plus tard en raison de l'obstruction pratiquée par le Canada, qui ne l'a toujours pas ratifiée même après avoir obtenu des concessions majeures.
Pour les porte-parole onusiens, cette entente «sur la responsabilité et la réparation» sera négociée formellement à la prochaine rencontre des parties, à Nagoya au Japon, en 2010. Elle constitue déjà un premier «succès» pour cette conférence internationale qui débutait hier et qui se terminera le
30 mai. Cette entente correspond en quelque sorte à la conclusion de la conférence de Bali en vue de prolonger le protocole de Kyoto par des négociations qui doivent se terminer en 2009.
Cette entente sur un cadre de négociation et un échéancier était accueillie hier par Marie-Monique Robin, auteure d'un film et du livre Le monde selon Monsanto, comme «un pas très important parce que le problème de fond, c'est la contamination des plantes naturelles par les OGM» et que, pour l'instant, c'est plutôt la responsabilité des propriétaires de cultures contaminées que les tribunaux ont pris pour cible plutôt que celle des pollueurs transgéniques.
À terme, explique Mme Robin, qui a présenté la semaine dernière son film aux délégués d'une cinquantaine de pays présents à la conférence internationale, «s'il y a des règles du jeu internationales, et si elles vont jusqu'au bout en imposant l'application du principe de précaution et celui de la responsabilité des contaminations, ça pourrait être la fin des OGM». Mais, même si son film a scandalisé les délégués, qui ont découvert que les OGM ont été approuvés sans la moindre démonstration scientifique de leur innocuité, y compris par les organismes internationaux, elle demeure «réaliste» et estime qu'on n'en est pas là à court terme.
D'autre part, à l'ouverture de la conférence hier, les groupes écologistes internationaux ont demandé à la conférence de décréter un moratoire complet sur la plantation d'arbres OGM dans le monde parce que leurs caractéristiques de résistance ou de croissance pourraient contaminer d'autres espèces indésirables ou provoquer des déséquilibres écologiques par la disparition d'espèces naturelles concurrentes. Dans des pays pauvres, où certaines plantes sont essentielles à la survie des populations, comme en Afrique, cela pourrait provoquer un véritable désastre.
Jusqu'à présent, plusieurs études indiquent que les arbres OGM ont la capacité de laisser leur pollen migrer à plus de 1000 kilomètres, et cela pendant des décennies, sinon quelques siècles. Comme on sait que les OGM utilisés en agriculture ont migré au point de contaminer totalement certaines espèces, qui n'existent pratiquement plus à l'état naturel, comme le colza, le désastre serait énorme si une telle contamination devait gagner de façon irréversible les forêts de la planète, menaçant la biodiversité globalement.
La conférence de Bonn doit par ailleurs jeter les bases d'un régime international sur l'accès et le partage des bénéfices dont devraient profiter les pays en développement quand on utilise leur patrimoine naturel. Pour l'instant, ce sont plutôt les multinationales de la «biopiraterie» qui déposent des brevets sur les caractéristiques de plantes traditionnelles et qui tentent de faire payer des redevances pour l'usage de ces brevets aux populations qui utilisent ces plantes depuis des générations.
La conférence de Bonn réunit les 147 pays qui ont ratifié la Convention sur la protection de la biodiversité à Rio en 1992, ce que les États-Unis n'ont pas fait. Elle réunit aussi les signataires du protocole de Carthagène sur la biosécurité, dont les négociations ont dû se poursuivre à Montréal un an plus tard en raison de l'obstruction pratiquée par le Canada, qui ne l'a toujours pas ratifiée même après avoir obtenu des concessions majeures.
Pour les porte-parole onusiens, cette entente «sur la responsabilité et la réparation» sera négociée formellement à la prochaine rencontre des parties, à Nagoya au Japon, en 2010. Elle constitue déjà un premier «succès» pour cette conférence internationale qui débutait hier et qui se terminera le
30 mai. Cette entente correspond en quelque sorte à la conclusion de la conférence de Bali en vue de prolonger le protocole de Kyoto par des négociations qui doivent se terminer en 2009.
Cette entente sur un cadre de négociation et un échéancier était accueillie hier par Marie-Monique Robin, auteure d'un film et du livre Le monde selon Monsanto, comme «un pas très important parce que le problème de fond, c'est la contamination des plantes naturelles par les OGM» et que, pour l'instant, c'est plutôt la responsabilité des propriétaires de cultures contaminées que les tribunaux ont pris pour cible plutôt que celle des pollueurs transgéniques.
À terme, explique Mme Robin, qui a présenté la semaine dernière son film aux délégués d'une cinquantaine de pays présents à la conférence internationale, «s'il y a des règles du jeu internationales, et si elles vont jusqu'au bout en imposant l'application du principe de précaution et celui de la responsabilité des contaminations, ça pourrait être la fin des OGM». Mais, même si son film a scandalisé les délégués, qui ont découvert que les OGM ont été approuvés sans la moindre démonstration scientifique de leur innocuité, y compris par les organismes internationaux, elle demeure «réaliste» et estime qu'on n'en est pas là à court terme.
D'autre part, à l'ouverture de la conférence hier, les groupes écologistes internationaux ont demandé à la conférence de décréter un moratoire complet sur la plantation d'arbres OGM dans le monde parce que leurs caractéristiques de résistance ou de croissance pourraient contaminer d'autres espèces indésirables ou provoquer des déséquilibres écologiques par la disparition d'espèces naturelles concurrentes. Dans des pays pauvres, où certaines plantes sont essentielles à la survie des populations, comme en Afrique, cela pourrait provoquer un véritable désastre.
Jusqu'à présent, plusieurs études indiquent que les arbres OGM ont la capacité de laisser leur pollen migrer à plus de 1000 kilomètres, et cela pendant des décennies, sinon quelques siècles. Comme on sait que les OGM utilisés en agriculture ont migré au point de contaminer totalement certaines espèces, qui n'existent pratiquement plus à l'état naturel, comme le colza, le désastre serait énorme si une telle contamination devait gagner de façon irréversible les forêts de la planète, menaçant la biodiversité globalement.
La conférence de Bonn doit par ailleurs jeter les bases d'un régime international sur l'accès et le partage des bénéfices dont devraient profiter les pays en développement quand on utilise leur patrimoine naturel. Pour l'instant, ce sont plutôt les multinationales de la «biopiraterie» qui déposent des brevets sur les caractéristiques de plantes traditionnelles et qui tentent de faire payer des redevances pour l'usage de ces brevets aux populations qui utilisent ces plantes depuis des générations.
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