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Le rapport

Gil Courtemanche   8 mars 2008  Politique
La défense de la place du français dans la société québécoise a toujours constitué le pain et le beurre du Parti québécois puisqu'elle est au coeur de son option politique: l'indépendance. Sur ce sujet, le parti a souvent navigué entre réalisme démocratique et errance nationaliste. Le réalisme survient quand le parti est confiant alors que l'errance se produit quand il veut susciter la crainte identitaire. Parti de gouvernement, le PQ a généralement adopté la voie du réalisme et de la modération. Parti référendaire, il a plutôt tenté de maintenir artificiellement une menace qui n'est pas réelle, celle de notre disparition en tant que société francophone. Mais dans l'ensemble, pas toujours, ses dirigeants ont fait preuve de modération et d'ouverture. Ce fut le cas de la loi 101, que René Lévesque a voulue inclusive contre les avis des plus radicaux comme Camille Laurin.

J'attendais avec une impatience curieuse la réaction de Pauline Marois au rapport de l'Office québécois de la langue française (OQLF). Aussi, me fiant au concept de citoyenneté québécoise qu'elle avait proposé, je m'attendais à une réaction alarmiste, à un appel aux barricades et au retour de mots comme «assimilation» et «disparition». D'autant plus que la bêtise de l'OQLF dans sa gestion de l'opinion publique, l'apparente volonté de sa présidente de ne livrer aucune nourriture à l'opposition, la réaction des médias, les supputations, tout cela nous annonçait une catastrophe appréhendée. Si tant d'études avaient été cachées aussi longtemps, c'est qu'elles annonçaient un drame, une tragédie. Le climat était lourd et la tentation de profiter de l'évident mécontentement des journalistes, qui s'est dans certains cas transformé en mauvaise foi, cette tentation a été grande pour Pauline Marois et Pierre Curzi. Ils ne sont pas tombés dans le piège démagogique. Bien sûr, ils ont insisté sur les menaces et les aspects négatifs, sur la minorisation du français comme langue maternelle et sur la nécessité de renforcer la loi 101, en particulier dans le domaine de la langue du travail, pour qu'elle s'applique aux entreprises qui comptent entre 25 et 50 employés. Mais ils n'ont pas sonné l'hallali. Ils ont aussi reconnu les progrès du français, qu'ils qualifient de minces, et appelé à la vigilance. Voilà une position responsable, mesurée et intelligente.

***

Phénomène fascinant: Christine St-Pierre a si rapidement appris la langue de bois qu'elle dénonçait quand elle était journaliste qu'on devrait lui décerner un prix de langue de bois. Elle est aussi parfaite qu'un membre de l'ancien Politburo soviétique. Elle fait face à un énorme problème qui la dépasse complètement. Le problème de la langue dans son parti ne relève pas d'elle mais des organisateurs et des stratèges du parti. Si elle refuse péremptoirement de modifier la loi 101 alors que tout dit qu'il faut en étendre la portée, c'est que les stratèges libéraux comptent tous les votes anglophones et sont persuadés que toute affirmation «nationaliste» de leur part entraînerait des résultats électoraux négatifs. Ils se trompent lourdement. La majorité des anglophones et des allophones qui vivent ici acceptent que la société québécoise soit une société francophone et, dans l'ensemble, ils parlent mieux le français que nous ne parlons l'anglais. L'application du français comme langue de travail provoquerait certes des résistances individuelles, un combat d'arrière-garde des derniers English purs et durs, mais elle n'entraînerait aucune crise ni aucune fracture sociale. Mme la ministre nous a donc dit en substance que la copine de son premier ministre, France Boucher, faisait un travail remarquable et que la ministre serait vigilante.

Et puis il y a eu Mario, qui a trouvé dans le rapport une autre raison de surfer sur la peur de l'immigration. Il ne le dit pas dans ces mots, mais c'est ce qu'il laisse entendre: le français est menacé par les immigrants, par les étrangers, même si les chiffres disent que, d'année en année, les autres, ceux qui menacent notre cohésion primaire, s'intègrent de plus en plus. Il faut donc limiter l'immigration, former un rempart contre l'étranger pour nous sauver de nous-mêmes. Mario se sert du rapport de l'OQLF pour rassurer Hérouxville qui, malgré ses valeurs chrétiennes, ne fait plus de bébés qui parlent français.

Partis politiques et journalistes ont unanimement reproché à la présidente de l'OQLF de ne pas avoir tiré de conclusions de ce bilan. Les chercheurs, dont certains ne parviennent pas à s'affranchir dans leurs recherches de préjugés politiques, l'ont fait aussi. Si elle l'avait fait en se conformant aux faits, elle aurait probablement dit ceci: «Le bilan est mitigé. Dans certains domaines, on constate des reculs, dans d'autres, des progrès qui pourraient être plus grands.» On lui aurait alors reproché son bilan réaliste.

Je suis Montréalais depuis 64 ans. J'ai vécu sur la rue de Mentana, la rue Simpson, la rue Victoria, la rue Mansfield, la rue Pratt, la rue Bernard, la rue Wiseman, la 22e Avenue, la rue Waverley et la rue Gilford. Je ne suis ni sociologue ni démographe. Je ne regarde pas des catégories et des chiffres; je songe à ma vie quotidienne et dans quelle langue elle se déroule et se vit, et en 64 ans, je n'ai jamais vécu autant en français, aussi totalement en français. Faisons le bilan que Mme Boucher n'a pas voulu faire. Sur Park, qui est aujourd'hui l'avenue du Parc, il n'existait aucune affiche en français il y a 30 ans. Aujourd'hui, elles sont toutes en français. Cela dit tout. Mais je fais aussi un autre bilan. On ne peut rien contre l'attraction de l'anglais, devenu la lingua franca de la postmodernité. Nous avons une chance extraordinaire: vivre en français et devenir bilingues. Les immigrants seront encore plus chanceux. Ils seront trilingues et pourront se délecter de Céline en français, en anglais et en farsi.






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  • henri gabrysz
    Inscrit
    vendredi 7 mars 2008 22h24
    krypto-kyste
    « tiens tiens, un kryptokyste »

  • Vincent Bussiere
    Abonné
    samedi 8 mars 2008 07h46
    La défense de la place du français dans la société québécoise
    « Monsieur Courtemanche vous vous trompez quand vous dites que cette menace de disparition n'est pas réelle, si nous ne devenons pas un pays, nous serons assimilés dans cent ou deux cent ans à moins d'une nouvelle revanche des berceaux, ce qui est peu probable. Vite l'indépandance, vive l'indépandance, vive le Québec, mon pays! »

  • jacques noel
    Inscrit
    samedi 8 mars 2008 09h07
    Dumont a raison
    « En 2006, les Américains ont accueilli 1,266,264 immigrants, soit un nouvel arrivant pour 245 Américains. Le Québec, avec 300,000 chomeurs (dont 60,000 immigrants) et 240,000 assistés sociaux aptes au travail (dont 60,000 immigrants) en a accueilli 44,681 soit un nouvel arrivant pour 172 habitants, un nouvel arrivant par quelque 125 Québécois, alias les nous-autres, alias les pure-laine, alias les ce-que-ns-sommes, alias les sans-noms à force de s'agenouiller devant la visite, histoire d'être inclusif au top. Yolande James et le Parti Libéral voudraient notre mort qu'ils feraient pas mieux!

    http://www.stat.gouv.qc.ca/donstat/societe/demographie/migrt_poplt_imigr/601.htm

    http://www.dhs.gov/xlibrary/assets/statistics/yearbook/2006/OIS_2006_Yearbook.pdf

    A part six gros États qui ont accueilli le gros des immigrants, le reste du USA (souvent aussi homogène que le Québec français) a reçu très peu d'immigrants. En fait les chiffres font sursauter lorsqu'on les compare aux contingents qu'on accueille ici

    Le New Hampshire voisin a accueilli seulement 2990 immigrants, le Maine 1713 et le Vermont (État le plus blanc du pays), un gros 895.

    Le District de Columbia (leur capitale nationale) 3775, moins que notre capitale nationale.

    L'Iowa, qui a lancé Obama, 4086.
    L'Arkansas 2926,
    la Louisiane des cousins Cayens 2693,
    le Delaware 2,265,
    l'Idaho 2,377,
    L'Alaska, aussi grand que le Québec, 1554
    Le Mississipi 1480
    La Virginie occidentale 763
    Le Montanan: 505

    Enfin le Wyoming, État de Dick Cheney, un incroyable 376, soit 118 fois moins que le Québec de Charest!

    Comment tous ces États peuvent-ils être aussi prospères avec aussi peu d'immigrants alors que le Québec n'en a pas assez avec 44,000 et va bientot en prendre 55,000, soit presqu'un nouvel arrivant par 100 ce-que-ns-sommes ??? »

  • Michel Lebel
    Inscrit
    samedi 8 mars 2008 09h22
    Lamentable sur toute la ligne!
    « En matière linguistique,ls libéraux ont peur de leur ombre. Ça me semble maladif, sinon poltron-partisan. Lamentable. Quant à cette Mme Boucher, elle devrait tout simplement être virée pour incompétence. »

  • Michel Bibeau
    Abonné
    samedi 8 mars 2008 10h36
    L'Autre, c'est l'enfer! Nous, c'est le paradis!
    « La peur viscérale de l'immigrant assaisonnée de xénophobie à la Hérouxville entraîne une perte de jugement, quant à l'évolution d'une société.

    Depuis la naissance du Canada, comment ont grandi les provinces anglophones? Par l'arrivée massive d'immigrants franchement intégrés au leur société d'adoption. Se priver d'immigrants, c'est accepter un recul constant des francophones et de leur poids démographique au Canada et au Québec même!

    À moins de prêcher honnêtement un retour au passé : famille nombreuse et femmes cloîtrées à la maison. Politiques sous-entendues par le programme de l'ADQ.

    Sauf ceux qui mènent des luttes d'arrière-gardes, tous ont compris que l'immigration est une ressource inévitable et enrichissante de la société québécoise en devenir. Laissons à l'ADQ et à son jeune chef le soin de raviver des politiques dignes tantôt du Crédit social, tantôt de l'Union Nationale. »

  • Guy Fafard
    Inscrit
    samedi 8 mars 2008 14h33
    Les lunettes roses
    « Christine St-Pierre, Office québécois de la langue française, Pauline Marois, Français (langue), Langue, Québec (province)

    Tous sont libres de porter des lunettes roses; mais le fait de se masquer la réalité ne l'améliore pas pour autant.

    Monsieur Jacques Noël nous démontre statistiques à l'appuis que ce n'est pas tout de savoir lire et écrire, il faut comprendre. Ce n'est malheureusement pas à la porté de tous; madame St-Pierre le prouve tout autant que Gil Courtemanche qui tappe sur monsieur Dumont. »

  • André Julien
    Inscrit
    samedi 8 mars 2008 17h05
    En funambulant sur une statistique on risque une chute brutale.
    « On ne peut que se ramasser dans les pattes d'adversaires. »

  • Sylvio LeBlanc
    Abonné
    samedi 8 mars 2008 20h28
    M. Courtemanche se trompe
    « J'aime beaucoup Gil Courtemanche. J'espère qu'il ne prendra pas sa retraite à 65 ans. Mais sur la question de la langue, il est à côté de la plaque. Le français perd du terrain, peu à peu, inexorablement. Si nous n'y voyons pas, c'en sera fini avant la fin du siècle en Amérique.
    Sylvio Le Blanc »

  • Steve Fortin
    Abonné
    samedi 8 mars 2008 22h14
    En cette couardise repose excatement la raison pour laquelle le fait français en amérique se créolise
    « Les statistiques ne disent pas tout. Fondamentalement, pour un parti qui se veut le champion du fédéralisme à tout crin, rien à craindre de l'immigration. Le PLQ ne changera jamais là-dessus et le multiculturalisme passéiste à la Trudeau, ils y croient encore!

    De façon plus réaliste, l'ennui c'est le manque criant de ressources pour franciser convenablement les nouvelles vagues d'immigration non francophone. Sans compter que sous la gouverne libérale, cette immigration ne trouve aucune barrière, même de l'appui!, pour continuer à se ghettoïser davantage et choisir l'anglais comme langue d'usage au Québec.

    Pis encore, bien des immigrants s'établissent au Québec et rapidement constatent que ce mélodrame sur l'identité nationale est déprimant. Combien de fois au cours de ma carrière d'enseignant au niveau post-secondaire ai-je eu des discussions avec de fort intéressants étudiants étrangers, stoïques devant nos revendications. Ne sommes-nous pas le seul peuple moderne à s'être refusé son émancipation... DEUX FOIS plutôt qu'une!!!!!!!!! Pour un étudiant d'origine guatémaltèque qui a vu ses parents donner sang et eau pour le simple droit de vote, cela demeure inconcevable!

    C'est rigolo de voir les fédéralistes user d'euphémismes pour défendre du bout de la langue cette langue qu'ils disent aimer mais toujours en s'assurant de ne pas encourager l'option souverainiste. En cette couardise repose excatement la raison pour laquelle le fait français en amérique se créolise, petit à petit, s'étiolant devant la peur de ceux qui le parle de s'émanciper et se donner le seul outil qui puisse garantir sa survie : un pays. »

  • Adrien Bouthillier
    Abonné
    dimanche 9 mars 2008 01h14
    Au diable les affiches!
    « J'étudie à l'UdM, je vis à Outremont et tout les jours je dois parler anglais. Tout les jours je rencontre des québécois qui vivent ici et qui ne parlent pas francais. Je dois même étudier en anglais! Depuis 10 ans je n'ai jamais autant entendu parlé anglais. Quand votre génération aura rejoins nos ancêtres...pensez-vous que la situation s'améliora? Pourrat-elle encore s'amélioré? »

  • jacques noel
    Inscrit
    dimanche 9 mars 2008 08h50
    En fait Dumont à tort...
    « Dumont veut geler l'immigration à 45,000 par année ce qui signifie qu'on va accueillir 225,000 immigrants au cours des cinq prochaines années, faisant chuter les "nous" de 79% à 76%. A 76% toute victoire du OUI devient impossible. L'avenir de notre peuple se joue ces jours-ci mais Péquistes et Bloquistes, dirigés par deux deux de piques qui connaissent rien en démographie, ne réalisent pas l'urgence de la situation.

    A défaut d'un gel de l'immigration (ce qui est impossible présentement avec les Libéraux morts de rire), la seule alternative serait le modèle balte. Lorsque les républiques baltes ont tenu leur référendum seuls les "nous" ont eu le droit de vote. Les Russes, dans le coin depuis un demi-siècle, et formant jusqu'à 30% de la population, n'ont pas eu le droit de se prononcer sur l'avenir constitutionnel. Ca n'a pas empêché le Canada de reconnaitre les trois républiques, les deux doigts dans le nez.

    Mais pour faire ça faut des couilles. N'en cherchez pas chez Pauline et Gilles. »

  • Michel Bibeau
    Abonné
    dimanche 9 mars 2008 11h39
    Votre sang est-il propre à voter?
    « À entendre certains, le droit de vote référendaire ne devrait être autorisé qu'aux «nous»!!

    L'état québécois soumettra-t-il chaque citoyen à l'épreuve du sang propre? D'un côté, les propres avec leur droit de vote, de l'autre les sales, à qui on défendra le droit de vote... De quel côté, croyez-vous, se retrouveront les autochtones, les métissés, les non-catholiques, les anglos, les Irlandais, etc.?

    Un Québec sur le modèle de l'apartheid. À chacun son bonheur!

    Mais non merci pour moi! »

  • Renaud Blais
    Inscrit
    dimanche 9 mars 2008 12h04
    Qui est immigrant ?
    « Que nous soyons immigrant depuis 15, 12 ou une génération, nous le sommes tous. Seuls les Amérindiens ne le sont pas. Alors de qui avons-nous aussi peur ? Serait-ce de nous même ?

    Renaud Blais »

  • Robert Dumont
    Abonné
    dimanche 9 mars 2008 18h21
    Derrière les affiches
    « Derrière toutes ces vitrines et ces affiches en français, je n'ai jamais, non jamais, eu à insister autant pour qu'on me parle dans ma langue. Dites-moi, de quelle ville parlez-vous? »

  • Brunet Gilles
    Inscrit
    dimanche 9 mars 2008 19h48
    amélioration de la situation ?
    « Je n'habite pas Montréal depuis aussi longtemps que vous, mais depuis 15 ans je vous dirais intuitivement que la situation du français ne s'est pas visiblement améliorée. Je suis revenu de voyage en janvier, et après un mois d'absence la première constatation que j'ai faite, c'est à quel point le centre-ville est anglophone je n'avais pas l'impression d'être revenu au Québec. Et pour avoir travaillé dans le domaine des relations de travail, je vous dirais qu'au moins la moitié de mes communications avec les employeurs étaient obligatoirement en anglais. Alors si ça constitue une amélioration, c'est celle des petits pas. Je suis toujours étonné de constater à quel point les Québécois se satisfont de demi-succès. »

  • Jean TURGEON
    Inscrit
    lundi 10 mars 2008 12h08
    Une menace qui n'existe pas ?
    « Eh ben, dites donc ! On est optimiste en grand sur la planète Montréal !

    Croyez-vous donc que notre société francophone soit éternelle? Non, évidemment ! Alors dans ce cas, combien de temps lui donnez-vous à vivre ? « Ça, c'est la question», comme l'écrivait littéralement Shakespeare dans sa langue et en son temps et que Jean-Louis Roux a traduit plus récemment dans la notre par «Existence ou néant ?». Pour ma part, je répondrais : l'existence... en tout cas le plus longtemps possible.

    Pour ce qui est de l'impression qu'un Québécois de province comme moi peut avoir de la situation linguistique à Montréal, quand il y va faire un tour de temps en temps depuis 56 ans, eh bien voici : Montréal se francise en surface (avec des panneaux en français rue du Parc, par exemple] ; se «bilinguise» au quotidien, au point qu'il s'y développe insidieusement une sorte d'espéranto métropolitain fait d'anglais et de français dans la même phrase, phrase après phrase..., et parlé par les anglos autant que par les francos (mais nous sommes nombreux à considérer ce phénomène comme un recul, comme de l'indigence intellectuelle, voire la négation même de toute identité linguistique) ; enfin à terme, Montréal s'anglicise.

    Mais, vous avez raison : pourquoi s'alarmer ? pourquoi s'en faire ? quand tout doit mourir un jour : les êtres, les dynasties, les sociétés les empires... Alors, un peu plus tôt... un peu plus tard ? Who cares ? comme pourrait bien déjà l'écrire un professionnel comme Vincent Marissal dans le plus grand quotidien francophone d'Amérique. »

  • André Bissonnette
    Abonné
    mardi 11 mars 2008 13h13
    @Renaud Blais
    « Un immigrant est une personne qui immigre dans un NOUVEAU PAYS.
    Or nos ancêtres ne sont pas des immigrants, car iul n'y avait pas de pays ici.
    Ils étaient des pionniers.
    Qu'on se le dise une fois pour toutes et qu'on cesse de gober ce que les opposant à la souveraineté du Québec nous disent en tentant de nous mettre sur le même pied que les vrais immigrants !! »

  • François Fiset
    Inscrit
    vendredi 14 mars 2008 14h38
    Un peu de rigueur svp M. Courtemanche
    « M. Courtemanche signe un billet dans Le Devoir du 8 et 9 mars où il fait plusieurs affirmations ('Le rapport') qui ne résistent pas à une lecture critique.
    Ainsi, il commence par dire que la défense du français est au coeur de l'option politique du Parti Québécois: l'indépendance. Voici déjà une affirmation qui aurait mérité tout le reste du texte. Je ne me souviens pas, en effet, que le Parti Québécois ait déjà proposé comme justification à la souveraineté la défense du français.
    Plus loin, M. Courtemanche nous dit que 'notre disparition en tant que société francophone' est 'une menace qui n'est pas réelle'. Plus loin, en parlant de la loi 101, M. Courtemanche dit que 'tout dit qu'il faut en étendre la portée'. Je ne le suis plus.
    M. Courtemanche nous dit ensuite que la majorité des anglophones qui vivent ici acceptent que la société québécoise soit une société francophone. J'ai étudié à McGill pendant 4 ans dans les années 90 et j'ai presque toujours travaillé en milieu bilingue depuis. Je répondrais qu'ils acceptent que le Québec soit une société francophone, mais que la majorité est farouchement opposée aux mesures visant à maintenir ce caractère francophone, notamment la loi 101. Je n'ai jamais rencontré d'anglophone qui dise que la loi 101 est pertinente et nécessaire.
    M. Courtemanche dit des anglophones que 'dans l'ensemble, ils parlent mieux le français que nous parlons l'anglais'. J'ignore quels milieux fréquente M. Courtemanche, mais ma lecture de la réalité est diamétralement opposée. Le fait qu'en général, les anglophones n'écoutent pas la télévision en français, ne lisent pas en français et ne vont pas voir de films en français est un indice assez parlant. On ne peut apprendre une langue sans s'immerger dans sa culture. (La lecture de l'affichage francophone à Montréal me semble un exercice insuffisant !) Du reste, exiger d'un anglophone qu'il parle le français ou qu'il l'apprenne reste un tabou en dehors des secteurs gouvernementaux et culturel.
    M. Courtemanche accuse Mario Dumont de 'surfer sur la peur de l'immigration(...). Il faut donc limiter l'immigration, former un rempart contre l'étranger (...) [selon Mario Dumont]'. Cette affirmation témoigne d'une certaine mauvaise foi. Dois-je rappeler à M. Courtemache que M. Dumont (dont je n'aime pas les idées en général, par ailleurs) propose seulement de NE PAS AUGMENTER les taux d'immigration. Il y aurait donc toujours des dizaines de milliers de nouveaux arrivants à chaque année.
    M. Courtemanche nous dit que 'd'année en année', ils 's'intègrent de plus en plus'. En fait, si les immigrants parlent plus souvent français, c'est parce que le gouvernement a pris soin de sélectionner des immigrants originaires de pays francophiles comme l'Algérie et le Maroc. Pas nécessairement parce que les immigrants déjà ici manifestent plus d'ouverture au français. M. Courtemanche critique M. Dumont de laisser entendre que les immigrants menacent le français. Quand on sait que des récentes statistiques démontrent qu'au moment de choisir entre le français et l'anglais, 55% des allophones choisissent l'anglais, le moins qu'on puisse dire est que la situation est préoccupante, peu importe le choix des mots. Vous parlez de 'Hérouxville, qui malgré ses valeurs chétiennes, ne fait pas de bébés qui parlent français'. Contrairement à une idée reçue, les démographes nous apprennent que l'immigration ne rajeunit pas la population (ou si peu). En effet, les nouveaux arrivants adoptent vite les usages de la société d'accueil et ont peu d'enfants. Il faut plutôt chercher du côté de l'économie et du besoin en main d'oeuvre la justification de l'immigration. Or, quand on sait que le taux de chômage de plusieurs communautés culturelles de Montréal avoisinent les 30% (chez les Maghrébins qui composent une large part des nouveaux arrivants, entre autres), il est compréhensible de vouloir apporter des correctifs avant de se lancer tête baissée dans une augmentation des taux d'immigration.
    Mais M. Courtemanche ne se fie pas aux démographes. D'après lui, 'certains ne réussissent pas à s'affranchir dans leurs recherches, de préjugés politiques'. Encore une fois, rien ne vient appuyer cette affirmation. Il préfère se fier à un échantillon d'une seule personne : lui-même. (Cette évaluation serait bien sûr exempte de tout préjugé !) Ainsi, M. Courtemanche nous dit que la fait que maintenant, tout est en français sur le rue du Parc, dit tout. En fait, tout est en français sur l'avenue du Parc grâce à la loi 101. Comme toute loi, elle doit jouir d'un soutien au sein de la population, sans quoi elle sera révoquée (ou démontée morceau par morceau, d'année en année). Le soutien de cette loi honnie des anglophones se trouve chez les francophones. Nous, les francophones, passons actuellement sous la barre des 80% de la population du Québec. Pourrons-nous encore soutenir cette loi dans sa forme actuelle si nous glissons sous les 70%? Et sous les 40% à Montréal ? A ce moment, M. Courtemanche, l'histoire pourrait basculer une deuxième fois.

    François Fiset
    Québec »

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