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La santé mentale a pris de l'importance dans la machine militaire

Alec Castonguay   12 novembre 2007  Politique
Ottawa — À l'intérieur de la machine militaire, on reconnaît volontiers que la santé mentale n'a pas toujours été une priorité. Mais les appels à l'aide qui ont résonné au milieu des années 90, notamment ceux d'un Roméo Dallaire désemparé à son retour du Rwanda, semblent avoir été entendus.

Dans un rapport déposé le 30 octobre dernier, la vérificatrice générale Sheila Fraser affirme que des pas de géant ont été faits depuis 2002. À cette époque, à peine 25 % des soldats souffrant de détresse psychologique estimaient avoir reçu les soins appropriés. Mais depuis, tout a été revu en profondeur et de nouveaux programmes ont vu le jour. Sheila Fraser juge d'ailleurs que la Défense nationale a adopté des «pratiques exemplaires» dans le domaine de la santé mentale.

«On a mis en place une machine robuste qui permet une meilleure sensibilisation, plus de ressources et une meilleure qualité des soins. On est d'ailleurs toujours en progression», explique le lieutenant-colonel Joël Fillion, officier supérieur au Service de santé mentale des Forces canadiennes.

En 2003, l'armée canadienne disposait de 229 spécialistes de la santé mentale: psychiatres, psychologues, travailleurs sociaux, infirmières, etc. En 2009, ce nombre devrait avoir doublé pour atteindre 447 spécialistes. Des ajouts qui coûteront 98 millions de dollars en cinq ans.

Un soldat qui cherche une aide psychologique a plusieurs portes d'entrée dans le système de santé des Forces canadiennes. Il peut consulter l'un des cinq nouveaux centres de soutien pour trauma et stress opérationnel mis en place à travers le Canada, dont l'un à Valcartier. La clinique de la base, le centre de ressource familiale militaire, l'aumônier et les anciens militaires ayant souffert de problème de santé mentale (regroupés sous la bannière «Soutien social: blessures de stress opérationnel») peuvent aussi être consultés comme premier intervenant. Si le cas est plus lourd, il sera dirigé vers l'un des centres spécialisés.

Pour encourager les soldats à consulter en cas de problème, les services de base offerts en clinique ne sont plus inscrits dans le dossier médical du soldat. «Les militaires avaient peur qu'une première consultation, même banale, ne nuise à leur carrière dans les Forces», dit Joël Fillion.

Pour tenter de refermer au maximum les mailles du filet, l'accent est mis sur la sensibilisation avant, pendant et après le déploiement. «Il y aura toujours des tabous qui vont retenir certaines personnes d'aller consulter, c'est inévitable, dit Joël Fillion. La société en général a beaucoup de préjugés envers les problèmes de santé mentale et la situation dans l'armée n'est pas différente. Il y a des barrières à abattre et on fait de notre mieux.»






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  • Roland Berger
    Abonné
    lundi 12 novembre 2007 17h09
    Pas si pire
    « Finalement, la guerre, ce n'est pas si pire. Non seulement les soldats blessés physiquement reçoivent des soins adéquats, mais ceux qui sont ébranlés psychologiquement sont traités convenablement. Le texte d'Alec Castonguay tombe juste au moment où un comité formé par Harper et dirigé par un libéral cherche comment convaincre la population canadienne du bien-fondé des forces armées canadiennes en Afghanistan.
    Roland Berger
    London, Ontario »

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