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L'ensemble vide

Christian Rioux   28 septembre 2007  Politique
«La laïcité est un ensemble vide.» Cette citation m'est revenue à l'esprit en observant le débat que ravive chez nous l'introduction prochaine du nouveau cours d'éthique et de culture religieuse. Il y a trois ans, la perspective de la suppression des cours de religion au Québec m'avait amené à publier une série d'articles dans Le Devoir sur quelques expériences européennes en la matière. J'avais alors visité des écoles belges, alsaciennes et françaises et interviewé plusieurs personnalités sur le sujet.
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  • Serge Charbonneau
    Abonné
    vendredi 28 septembre 2007 04h14
    La superstition pour combler le vide
    « On pleure la religion.
    Cette sainte religion.
    On devrait amener tous les enfants au musée du créationnisme pour leur enseigner leur origine. Il faudrait leur apprendre à bien faire le péché.

    Quelle dérive si notre société n'apprend plus à ses enfants à croire?
    Qu'est ce que dieu va leur faire? On les destine à l'enfer? Le pape a récemment décrété que les limbes n'existaient plus! Ouf! Reste le purgatoire!

    Il faut gagner notre ciel et le pire c'est que dieu est partout.
    Et Allah, si c'est vrai qu'il est un ami de Mahomet...
    Il y a de quoi faire la guerre, parce qu'on peut décréter, de leur côté, une fatwa!

    Devrait-on inviter Salman Rusdie?
    Il pourrait bien informer les enfants sur le risque des fatwas!

    Et Raël, un autre danger, même s'il n'est pas partout, comme dieu.
    Ah! La religion, il ne faut surtout pas la ridiculiser. Pensons à l'infaillibilité du pape!

    Regardons le sérieux des monseigneurs qui sont en chaire même s'ils se promènent sur le trottoir. De beaux habits, de belles bagues, des gens qui possèdent la vérité.
    En vérité, en vérité, je vous le dis: "Heureux les creux, car le royaume des cieux est à eux!"

    "on se demande ce qu'on pourra bien enseigner à des enfants de huit ans en leur faisant confectionner des kippas et des kirpans. Les rites religieux ne prennent-ils pas leur sens dans le mystère qui les entoure? Sans lui, ils redeviennent de simples traits folkloriques, pour ne pas dire des superstitions."

    Superstitions, voilà le terme que je cherchais pour définir la religion.
    Qu'est-ce que la religion? De la superstition reconnue et acceptée, donc permise et même favorisée puisqu'on l'habille de la sagesse éternelle et des valeurs divines.
    Hors religion, vous n'êtes qu'un mécréant, sans foi ni loi.

    Oui, il est inconcevable, pour tout être érudit, de penser qu'un agnostique puisse avoir un quelconque système de valeur. Seule la religion inculque des valeurs.

    Ces abrutis qui se disent avoir des valeurs humaines... des hérétiques... on devrait ré-instaurer les bûchers et valider la lapidation. Tout ce qui est impur devrait être éliminé. C'est pourquoi, le contrôle de la femme, cet être impur de naissance, devient si important. dieu a fait l'homme à son image et non la femme, la preuve: le serpent le savait bien.

    Je dis des conneries? Non, mais, revoyez votre religion, c'est prouvé. D'ailleurs, le cours de créationnisme pourrait vous en apprendre beaucoup. Il est temps de brûler tous ces livres qui parlent de ce fou à Darwin, un autre hérétique.

    Il y a la croyance, c'est-à-dire, la superstition, et la connaissance.

    Quel est donc le rôle de l'école?
    Apprendre à nos enfants à croire aux superstitions ou leur enseigner des connaissances pour les démystifier?

    Le savoir est l'ennemi de la croyance.
    Le savoir est une arme pour se défendre.
    Le savoir est l'outil de la compréhension.

    Moi, je souhaite que mes enfants sachent suffisamment pour ne pas tomber dans la croyance, je souhaite qu'ils sachent suffisamment pour se défendre et j'espère qu'ils auront les outils pour comprendre le monde et leur voisin.

    Il est temps que nous sortions de l'obscurantisme.


    Serge Charbonneau
    Québec »

  • Normand Chaput
    Abonné
    vendredi 28 septembre 2007 09h27
    le probleme c est les femmes
    « J essaies de concilier la religion et l enseignement dans une perspective de justice soit l égalite entre entre les sexes et je n y arrive pas. Nous avons tous connu des modeles d enseignants autant masculins que féminins malgré que jusqu a tout récemment les directeurs d école étaient des hommes. J essaies cependant de trouver une religion qui soit féminine et j en trouve pas. Du Tibet en Israel, de Rael a Benoit, j ai beau chercher je n en trouve pas. Alors comment enseigner aux jeunes cette simple notion d egalite entre les sexes dans un cours de religion? »

  • Denis Paquette
    Abonné
    vendredi 28 septembre 2007 10h53
    Est-il si difficile
    « Selon moi la laicité n'est pas en ensemble vide. A vous lire j'ai l'impression que nous revenons au temps de Spinoza a qui les pairs reprochait son approche laique et a-religieux, qui a du fuir pour ne pas etre linché
    Est-il si difficile d'avoir une vision du monde qui soit pas entacher de toutes sortes se supertitions.Est-il si difficile de croire ce que bon nous semble, sans nécessairement vouloir l'imposer aux autres. Est-il si difficile de devenir un humain, au sens noble du terme »

  • Jean-Pierre Audet
    Abonné
    vendredi 28 septembre 2007 15h18
    La foi n'est pas la croyance
    « La réflexion de M. Rioux est courageuse. Et sage. Et plutôt modérée. Certainement pas intégriste. Cela fait déjà quelques décennies que le Québec se libère de la religion. Même cinquante ans de libération, ce serait peu en regard des vingt siècles de chistianisme en Occident et des quatorze siècles d'islam au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Les réactions sont toujours à fleur de peau quand il est question de religion. Le sujet suscite encore les passions.

    Dans ce débat qui n'en finit plus, je voudrais simplement suggérer une distinction que je considère importante : la foi n'est pas la croyance. Le problème tient au verbe «croire». On dit : «Je crois» comme on dit : «Je suis incroyant». Le problème pourtant, c'est non pas la foi, mais bien la croyance. La croyance en des superstitions, la croyance en des dogmes comme l'infaillibilité du pape ou l'immaculée conception. Mais la foi est plus profonde que ces adhésions à des injonctions extérieures. C'est une expérience intime. Depuis quelques années, je peux dire que ma foi est surtout une espérance et un amour, ou plutôt la réponse à un Amour qui me donne d'exister et d'aimer à mon tour. Cela ne se démontre pas ; cela ne s'enseigne pas non plus, cela se vit. Et chacun a le droit de le vivre à sa façon. Si l'enseignant des cultures religieuses respecte ce principe premier : que chacun a droit de vivre sa foi comme il l'entend, je ne vois pas en quoi il pourrait nuire à l'enfant dans sa croissance intégrale. L'important c'est que l'amour l'emporte sur la haine, surtout en ces jours troublés religieusement. »

  • Roland Berger
    Abonné
    vendredi 28 septembre 2007 16h39
    Sur un point
    « Monsieur Rioux a raison sur un point. L'enseignement, non pas de toutes les religions, comme il écrit, mais de l'histoire des religions et des cultures auxquelles elles ont donné naissance, doit être confié à des professeurs d'histoire. Même au primaire, surtout au primaire devrais-je dire, puisque les titulaires qui y travaillent en ont déjà plein les bras d'enseigner à peu près correctement la langue française et son usage, les mathématiques et les sciences. Autrement, comme l'a prophétisé Jean-François Lisée, il y aura des remous, de gros remous sans doute. Et ces derniers feront la preuve par défaut que l'enseignement de la foi doit retrouver sa place dans les écoles publiques, et que cet enseignement doit imprégner toute la vie de ces écoles.
    Roland Berger
    London, Ontario »

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