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Quatre autres morts en Afghanistan

4 août 2006  Politique
Cornwall — Alors que le Canada subissait de lourdes pertes en Afghanistan, le premier ministre Stephen Harper a livré un discours hier devant une centaine de personnes destiné à rassurer les militants en affirmant que le Parti conservateur est sur la bonne voie. Il a établi un parallèle avec ses adversaires libéraux, qui n'arrivent pas, selon lui, à développer des positions claires sur les enjeux internationaux.

Quatre militaires ont perdu la vie hier et 10 autres ont été blessés en Afghanistan, faisant du 3 août la journée la plus meurtrière pour les soldats canadiens. Au total, 23 soldats canadiens sont morts depuis le début de cette mission (dont 15 dans les six derniers mois).

Le caporal Christopher Jonathan Reid est mort lorsque son véhicule blindé léger a roulé sur une bombe. Il se trouvait dans le village de Pashmul, situé à environ 25 kilomètres au sud-ouest de Kandahar. Trois autres soldats sont décédés au même endroit quelques heures plus tard, cette fois après que leur patrouille eut été atteinte par des grenades lancées par des assaillants talibans. L'identité de deux d'entre eux ne sera pas révélée, à la demande de leur famille, tandis que celle du quatrième sera connue lorsque la famille de celui-ci aura été avisée. Tous provenaient du 1er bataillon Princess Patricia's Canadian Light Infantry, basé à Edmonton.

M. Harper a profité de son passage à Cornwall hier, où se réunit depuis mercredi son caucus en vue de la reprise des travaux parlementaires, pour réaffirmer son soutien au déploiement militaire canadien en Afghanistan. «Nous partageons leur douleur, a-t-il déclaré. Ce que nos hommes et nos femmes en uniforme ont besoin de savoir dans de pareils moments, c'est que leur gouvernement et les Canadiens appuient leur mission.»

Le premier ministre n'a pas parlé directement de la crise actuelle au Liban dans son allocution, il y a par contre fait référence de manière détournée. M. Harper a invité ses militants à «maintenir le cap», meilleure solution selon lui pour conserver la confiance des électeurs.

«Il est difficile d'accomplir quoi que ce soit quand on ne sait pas vraiment ce en quoi on croit. C'est le plus grand défi de nos adversaires. Les libéraux sont divisés sur la politique étrangère au Moyen-Orient, ils ne savent pas s'ils appuient on non la mission en Afghanistan, ils sont divisés sur les questions intérieures.» (Les 11 prétendants à la direction libérale ne partagent pas tous la même opinion sur la pertinence de conserver des militaires en Afghanistan ou sur la position que devrait prendre le Canada dans la crise opposant Israël et le Hezbollah au Liban.)

Cette invitation à garder confiance survient alors que le Parti conservateur semble perdre la sympathie des électeurs. Un nouveau sondage Decima a démontré que ses appuis étaient en baisse au pays, une diminution attribuable selon le sondeur à la position du parti par rapport à la crise au Liban. L'appui inconditionnel à Israël semble avoir renforcé la perception, manifestée depuis l'intensification des combats en Afghanistan, que le Canada calque sa politique étrangère sur celle des États-Unis.

«Lorsqu'on regarde l'alignement du gouvernement avec l'administration américaine à propos du Moyen-Orient, et en particulier dans le conflit libano-israélien, c'est raisonnable de croire qu'il y a là un des facteurs qui siphonnent les appuis conservateurs», a commenté le président de Decima, Bruce Anderson.

Le sondage, réalisé pour le compte de la Presse canadienne, indique que l'avance nationale du Parti conservateur sur le Parti libéral est passée de six à un seul point depuis la fin de juin. Les intentions de vote seraient maintenant de 32 à 31 % pour les bleus. La marge d'erreur est de 3 %, 19 fois sur 20. En Ontario, les libéraux auraient même repris la tête, avec 42 % contre 33 %. Ces chiffres étaient exactement inversés il y a six semaines. Au Québec, le Bloc québécois n'aurait pas vraiment modifié ses appuis, mais le PLC aurait dépassé de nouveau le parti de Stephen Harper, avec 22 % contre 17 %.

Les députés, qui se réunissaient jusqu'à ce midi, évitaient toutefois hier de faire part de leurs états d'âme aux journalistes. Rares sont ceux qui ont accepté de livrer leurs commentaires sur la situation au Moyen-Orient et sur l'impact que la nouvelle position canadienne d'appui inconditionnel à Israël semble avoir sur leur popularité.

Le ministre de l'Industrie, le député de Beauce Maxime Bernier, a tout simplement laissé tomber que «non, non, tout va bien», sans s'arrêter. Le député québécois Luc Harvey, lui, a tourné la question autrement. «Est-ce qu'on peut prendre pour le Hezbollah? C'est ça, la question.» Le ministre du Travail, Jean-Pierre Balckburn, a quant à lui vanté la limpidité du premier ministre. «Il ne louvoie pas.»

Le ministre des Affaires étrangères, Peter MacKay, a reconnu que ses collègues avaient abordé le sujet avec inquiétude lors de leur rencontre en matinée. «C'est évident qu'il y a beaucoup de préoccupations dans le caucus.» Seul le député ontarien Garth Turner, considéré comme un électron libre au sein du caucus conservateur, a été un peu plus volubile. «Je reconnais que les sondages démontrent que l'opinion publique bouge, mais faire des commentaires en plein coeur d'un conflit est très difficile. Le premier ministre s'en est rendu compte, je m'en rends compte. Je crois qu'on doit attendre que les choses se tassent un peu.»Le gouvernement devrait annoncer aujourd'hui une augmentation de son aide humanitaire. Jusqu'à présent, le Canada s'est engagé à verser 5,5 millions de dollars.

Avec la Presse canadienne






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