L'urgence d'agir fait consensus
Ottawa — L'opération de relations publiques menée hier par les premiers ministres des provinces sur l'éducation postsecondaire a formé un net consensus en faveur de l'urgence d'agir, mais l'interlocuteur clairement visé par cette grand-messe — le premier ministre Stephen Harper — n'a pas été exagérément pressurisé par le Conseil de la fédération, qui s'en est tenu à demander un «signal dans son prochain budget».
Au terme du Sommet sur l'éducation postsecondaire et la formation professionnelle, qui réunissait hier à Ottawa quelque 300 acteurs du monde de l'éducation, en plus de neuf premiers ministres des provinces et territoires, l'unanimité entourant l'urgence de refinancer l'enseignement supérieur a été claire, mais seul le premier ministre Jean Charest a placé la barre du réinvestissement aux 4,9 milliards exigés par les étudiants, les autres membres du Conseil de la fédération visant plutôt cette «première étape» de 2,2 milliards.
«On va lui demander d'aller le plus vite possible, on espère qu'il va agir dès le prochain budget, qu'il envoie au moins un signal; moi, je ne sais pas à quel point il est avancé dans la planification de son budget», a affirmé le premier ministre québécois Jean Charest, l'un des hôtes de cette «première», soulignée à grands traits. «Personne ne se fait d'illusions sur le règlement d'une affaire comme ça: ça prend un plan, une méthode, une approche qui nous donne des résultats. On dit au gouvernement fédéral: d'abord, rétablissez-nous ça au niveau où c'était en 1994-95, et puis ensuite faisons un plan à long terme.»
Alors qu'ils s'apprêtaient à aller retrouver M. Harper au 24 Sussex pour un entretien d'une durée de deux heures, les premiers ministres étaient gonflés par cette réunion de la journée, «l'événement en soi véhiculant un message», comme l'a affirmé M. Charest.
Au moment de mettre sous presse, rien n'avait encore filtré du premier échange entre les chefs, sinon que M. Harper a présenté l'entretien comme «une rencontre de dîner, pas une rencontre de dollars».
«Nous ne négocions pas ce soir», a répété Jean Charest, de même que le premier ministre ontarien Dalton McGuinty et Bernard Lord, du Nouveau-Brunswick. Première rencontre officielle des premiers ministres avec leur homologue fédéral, cette soirée devait surtout permettre au Conseil de la fédération de réitérer les cibles communes: règlement du déséquilibre fiscal, l'éducation postsecondaire ouvrant le bal, le tout dans le respect des compétences de chacune des provinces.
Après une journée d'échanges, les étudiants avaient retenu le voeu de Jean Charest à propos des 4,9 milliards, et ils ont pressé les premiers ministres d'exiger de passer à la caisse. «Je crois que M. Charest a reçu un mandat assez clair de l'ensemble des partenaires», a indiqué le président de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), François Vincent. «On n'est pas venus ici pour faire les plantes vertes. On est venus ici pour fournir des stratégies et avoir des résultats.»
Pour les recteurs d'université, c'était surtout le message unanime sur l'éducation qui faisait l'effet d'un baume. «Après la santé, ce sera au tour de l'éducation, qui n'est pas une condition de société mais un projet social», a indiqué le président de la Conférence des recteurs et principaux d'université du Québec (CREPUQ), Roch Denis. «Avoir réuni tous ces gens pour ne parler que d'éducation? C'est mission accomplie! Au gouvernement maintenant de nous envoyer un signal très fort qu'il est prêt à concrétiser cette priorité en montant le niveau d'investissement», a ajouté M. Denis, qui refuse de même considérer l'hypothèse d'une absence de ressources fédérales, ce qui renverrait la balle au prochain budget du Québec.
Pour les cégeps, qui réclament un réinvestissement de 245 millions, l'exercice d'hier ne pourra pas accoucher d'une «pétition de principe», comme l'a indiqué le président de la Fédération des cégeps, Gaëtan Boucher. «Il faut que, dans ce prochain budget du mois d'avril, nous ayons non pas seulement un signal mais une indication concrète des sommes à venir», a-t-il ajouté, rappelant l'unanimité des «partenaires» du Québec à propos des 4,9 milliards.
Seuls les premiers ministres de l'Alberta, de la Nouvelle-Écosse et de la Colombie-Britannique manquaient à l'appel hier, tous les autres affichant une bonne humeur évidente, se félicitant à qui mieux mieux pour la tenue de cet événement «historique» célébrant l'importance de l'éducation postsecondaire et de la formation professionnelle.
«À Banff, en août dernier, le Conseil de la fédération s'est entendu pour demander le retour de 2,2 milliards, comme une première étape, a rappelé hier le premier ministre Bernard Lord. La position du Conseil de la fédération n'a pas changé. Si quelque chose a changé, c'est qu'il y a un nouveau contexte, un nouveau gouvernement fédéral et un premier ministre qui reconnaît maintenant le déséquilibre fiscal, et qui a pris l'engagement de le régler.»
L'urgence de régler le déséquilibre fiscal, combinée à l'importance de faire vite et mieux pour le réseau d'éducation postsecondaire canadien, cela forme en effet l'actuel rêve des premiers ministres, exprimé hier clairement. «Ce premier ministre a donné des signaux sans équivoque en campagne électorale, a rappelé M. McGuinty. Il veut régler le déséquilibre fiscal, et nous avons des demandes pour l'éducation postsecondaire. Pourquoi ne pas combiner les deux?»
Au terme de ce sommet, qui a permis aux participants de discuter de diverses questions liées à l'éducation en ateliers tenus à huis clos, le chef du gouvernement québécois a promis que l'événement allait donner lieu d'abord à un «plan d'action», suivi ensuite d'une «stratégie incluant la situation financière».
Au terme du Sommet sur l'éducation postsecondaire et la formation professionnelle, qui réunissait hier à Ottawa quelque 300 acteurs du monde de l'éducation, en plus de neuf premiers ministres des provinces et territoires, l'unanimité entourant l'urgence de refinancer l'enseignement supérieur a été claire, mais seul le premier ministre Jean Charest a placé la barre du réinvestissement aux 4,9 milliards exigés par les étudiants, les autres membres du Conseil de la fédération visant plutôt cette «première étape» de 2,2 milliards.
«On va lui demander d'aller le plus vite possible, on espère qu'il va agir dès le prochain budget, qu'il envoie au moins un signal; moi, je ne sais pas à quel point il est avancé dans la planification de son budget», a affirmé le premier ministre québécois Jean Charest, l'un des hôtes de cette «première», soulignée à grands traits. «Personne ne se fait d'illusions sur le règlement d'une affaire comme ça: ça prend un plan, une méthode, une approche qui nous donne des résultats. On dit au gouvernement fédéral: d'abord, rétablissez-nous ça au niveau où c'était en 1994-95, et puis ensuite faisons un plan à long terme.»
Alors qu'ils s'apprêtaient à aller retrouver M. Harper au 24 Sussex pour un entretien d'une durée de deux heures, les premiers ministres étaient gonflés par cette réunion de la journée, «l'événement en soi véhiculant un message», comme l'a affirmé M. Charest.
Au moment de mettre sous presse, rien n'avait encore filtré du premier échange entre les chefs, sinon que M. Harper a présenté l'entretien comme «une rencontre de dîner, pas une rencontre de dollars».
«Nous ne négocions pas ce soir», a répété Jean Charest, de même que le premier ministre ontarien Dalton McGuinty et Bernard Lord, du Nouveau-Brunswick. Première rencontre officielle des premiers ministres avec leur homologue fédéral, cette soirée devait surtout permettre au Conseil de la fédération de réitérer les cibles communes: règlement du déséquilibre fiscal, l'éducation postsecondaire ouvrant le bal, le tout dans le respect des compétences de chacune des provinces.
Après une journée d'échanges, les étudiants avaient retenu le voeu de Jean Charest à propos des 4,9 milliards, et ils ont pressé les premiers ministres d'exiger de passer à la caisse. «Je crois que M. Charest a reçu un mandat assez clair de l'ensemble des partenaires», a indiqué le président de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), François Vincent. «On n'est pas venus ici pour faire les plantes vertes. On est venus ici pour fournir des stratégies et avoir des résultats.»
Pour les recteurs d'université, c'était surtout le message unanime sur l'éducation qui faisait l'effet d'un baume. «Après la santé, ce sera au tour de l'éducation, qui n'est pas une condition de société mais un projet social», a indiqué le président de la Conférence des recteurs et principaux d'université du Québec (CREPUQ), Roch Denis. «Avoir réuni tous ces gens pour ne parler que d'éducation? C'est mission accomplie! Au gouvernement maintenant de nous envoyer un signal très fort qu'il est prêt à concrétiser cette priorité en montant le niveau d'investissement», a ajouté M. Denis, qui refuse de même considérer l'hypothèse d'une absence de ressources fédérales, ce qui renverrait la balle au prochain budget du Québec.
Pour les cégeps, qui réclament un réinvestissement de 245 millions, l'exercice d'hier ne pourra pas accoucher d'une «pétition de principe», comme l'a indiqué le président de la Fédération des cégeps, Gaëtan Boucher. «Il faut que, dans ce prochain budget du mois d'avril, nous ayons non pas seulement un signal mais une indication concrète des sommes à venir», a-t-il ajouté, rappelant l'unanimité des «partenaires» du Québec à propos des 4,9 milliards.
Seuls les premiers ministres de l'Alberta, de la Nouvelle-Écosse et de la Colombie-Britannique manquaient à l'appel hier, tous les autres affichant une bonne humeur évidente, se félicitant à qui mieux mieux pour la tenue de cet événement «historique» célébrant l'importance de l'éducation postsecondaire et de la formation professionnelle.
«À Banff, en août dernier, le Conseil de la fédération s'est entendu pour demander le retour de 2,2 milliards, comme une première étape, a rappelé hier le premier ministre Bernard Lord. La position du Conseil de la fédération n'a pas changé. Si quelque chose a changé, c'est qu'il y a un nouveau contexte, un nouveau gouvernement fédéral et un premier ministre qui reconnaît maintenant le déséquilibre fiscal, et qui a pris l'engagement de le régler.»
L'urgence de régler le déséquilibre fiscal, combinée à l'importance de faire vite et mieux pour le réseau d'éducation postsecondaire canadien, cela forme en effet l'actuel rêve des premiers ministres, exprimé hier clairement. «Ce premier ministre a donné des signaux sans équivoque en campagne électorale, a rappelé M. McGuinty. Il veut régler le déséquilibre fiscal, et nous avons des demandes pour l'éducation postsecondaire. Pourquoi ne pas combiner les deux?»
Au terme de ce sommet, qui a permis aux participants de discuter de diverses questions liées à l'éducation en ateliers tenus à huis clos, le chef du gouvernement québécois a promis que l'événement allait donner lieu d'abord à un «plan d'action», suivi ensuite d'une «stratégie incluant la situation financière».
Haut de la page

