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    France

    Piloter soi-même et sans permis une péniche sur les flots du Lot

    19 août 2017 | Diane Précourt à bord du «Château Mercuès» sur le Lot | Voyage
    Naviguer sur le Lot, ici en contrebas de Saint-Cirq-Lapopie, est un pacte avec une belle aventure. Ce mythique village médiéval s’impose à 100 mètres au-dessus de la rivière et ne compte qu’une poignée de résidants qui y vivent à l’année.
    Photo: Remy Gabalda Agence France-Presse Naviguer sur le Lot, ici en contrebas de Saint-Cirq-Lapopie, est un pacte avec une belle aventure. Ce mythique village médiéval s’impose à 100 mètres au-dessus de la rivière et ne compte qu’une poignée de résidants qui y vivent à l’année.

    Si les Européens sont depuis longtemps rompus à ce qu’ils appellent le tourisme fluvial, ce type de voyage reste peu connu des Québécois. Et pourtant. La formule permet de vivre à la fois le calme champêtre et l’effervescence urbaine, selon l’humeur du jour et le trajet choisi. Dans sa maison-bateau. En laissant couler le temps, piano piano. Et basta le gym, car les écluses — manuelles ici — feront très bien le travail ! Séjour à bord d’une péniche, à conduire soi-même et sans permis.


    Quand l’église médiévale de Laroque-des-Arcs surgit, au réveil, dans le hublot plafonnier de sa cabine. Quand un restaurateur, en ouvrant son bistro, nous sert un plateau de cafés sur le ponton où nous avons amarré pour la nuit, bercées par le clapotis de l’eau. Quand, jour de marché, on part faire les courses à vélo pour le repas du soir pris sur la terrasse de la péniche…

     

    Quand, chaque fois qu’on lève les yeux, le panorama impose un château millénaire, un vignoble, un pont arché, un vert paysage, une impressionnante protubérance calcaire léchée par la palette des ocres. Quand la visite d’un vigneron s’ouvre sur un pique-nique de savoureux produits locaux…

    Photo: Carolyne Parent Le château de Cayx. Cette propriété de la reine et du prince consort du Danemark comprend un vignoble de vins de Cahors.

    Quand, au fil de l’eau, se profile un village médiéval où on ira peut-être manger ou boire un pot. Quand, dans cette chaleur, on arrête le bateau, juste là, le temps d’une baignade… On sait alors que les moments passés dans ces espaces lotois sont uniques.

     

    On l’aura compris, l’Occitanie, dans le sud-ouest de la France, est un véritable patchwork de richesses : patrimoine, histoire, gastronomie, nature, culture, agriculture, viticulture, ruralité, urbanité. Tout y est. Et la cerise sur le pastis (une pâtisserie locale, rien à voir avec la boisson alcoolisée), ce sont les gens, sur qui le climat du Sud semble imprimer une belle qualité de vie.

     

    « Rouler » à 10 km/h

    Photo: Carolyne Parent Au marché de Luzech.

    Photo: Carolyne Parent Le terroir local est riche et savoureux, notamment le canard et ses dérivés.

    Malgré l’immensité du territoire et la richesse des attraits, la quasi-absence de tourisme de masse — les touristes s’agglutinent davantage au sud-est et sur la Côte d’Azur — vient compléter le tableau de charme de la région occitane. La péniche, elle, permet en plus un dépaysement dans le temps, non pas qui s’arrête, ce serait trop bête ! mais qui coule de source, lentement. Pas de stress ici, ni à bâbord ni à tribord.


    C’est que La Lolote, ainsi baptisée par notre joyeux équipage, « roule » à un maximum de… 10 km/h, comme les autres de sa race. Avec quelques heures de navigation par jour, faisons le calcul : on parcourra en une semaine la distance qui ne prendrait que quelques heures en voiture ! Quant à la séance « gymnastique du jour », on sollicitera l’huile de bras pour traverser les écluses. Ainsi, ceux qui voudront se hâler le teint n’auront pas à bronzer penauds !
     

    À bord !

    Photo: Carolyne Parent En kayak sur la rivière avec, en arrière-scène, ces parois rocheuses typiques de la région.

    Photo: Carolyne Parent Notre péniche, joyeusement baptisée La Lolote par l’équipage, amarrée à l’un des pontons sur le Lot.

    Larguer les amarres sur le Lot avec « notre » péniche sera un pacte avec l’aventure, où la rivière révèle une mer de découvertes et de sensations. Les causses, ces plateaux calcaires entaillés par les vallées, les étonnants décors parsemés de montagnes, les verts vignobles, la faune, la flore… Et les gens. Ceux du coin, mais aussi les « autres ».


    Car les marins d’eau douce que nous devenons se rencontrent aux pontons, aux écluses ou lors des escales, et finissent par socialiser, voire à s’entraider pendant le parcours. Ce qui pourra être salutaire pour l’équipage lorsque la péniche menacera de se retrouver dans le décor… Mais foin de fausses manoeuvres de débutantes, c’est le métier qui rentre.


    Précisons ici que la navigation de rivière n’a rien à voir avec le pilotage sur un canal. Étant donné ses courants, ses caprices géographiques, ses barrages et la végétation riveraine qui parfois déborde, la rivière exige une maîtrise du bateau un peu sportive par rapport au ploc-ploc tranquille des canaux.


    Une fois le bateau ancré à l’un des pontons le long du Lot, l’équipage peut prendre le bord pour une visite, un resto, du magasinage, une balade à vélo, une randonnée pédestre… Le terroir local ? Il met quiconque au défi de ne pas succomber à ses plaisirs et petits péchés. Truffe, foie gras, noix, safran, agneau et melon du Quercy, vins de Cahors, fromages régionaux et moult gâteries forment un généreux panier de provisions avec lequel on peut composer des menus et goûters savoureux.

     

    Et pourquoi ne pas coller son itinéraire maritime au calendrier des marchés des villes et villages sur sa « route » ? On y gagne non seulement en produits frais, mais aussi en ambiance et en contacts privilégiés avec les locaux.

     

    Manifestement, cette région réserve son lot de sensations, y compris sur les flots bleus du Lot.

    Vogue le navire La navigation sur le Lot s’étend d’avril à octobre. Une formation est offerte par l’entreprise de location pour piloter la péniche et passer les écluses. Celles-ci, manuelles et sans éclusier, sont donc manipulées par l’équipage, comme au temps des gabares ! Pour ne pas suer corps et âme, puisque c’est quand même un peu sportif, il est suggéré de voyager à quatre personnes : une à la barre, puis deux aux manœuvres et une autre pour tenir les câbles du bateau au passage des écluses. On dit que la manipulation d’une écluse manuelle exige 1000 coups de manivelle… Mais on ne les a pas comptés ! Aussi, il arrive que des jeunes gens se pointent pour effectuer l’opération, moyennant quelques euros : ça vaut le coût.

    En vrac Dormir. Dans le bateau ! Les cabines sont confortables, mais l’espace est évidemment restreint : mieux vaut voyager léger. On amarre uniquement aux pontons prévus à cette fin, alors que sur le canal du Midi, par exemple, les navigateurs peuvent jeter l’ancre n’importe où, en plantant un piquet auquel accrocher ses câbles ou en plaçant ceux-ci autour d’un gros platane.

    Il est primordial de respecter la carte fournie par le loueur pour repérer les balises, les écluses, les passages sous les ponts archés, les obstacles géographiques et les escales, de même que pour suivre les règlements de la navigation, laquelle n’est pas permise la nuit sur la rivière.

    La prise de possession des péniches se fait habituellement le samedi. Si on arrive de l’étranger ce jour-là par le vol direct d’Air Transat sur Toulouse, le décalage horaire scotché au visage, on sera heureux d’avoir commandé au préalable une base de produits alimentaires. Ils seront déposés dans la péniche juste avant votre arrivée. lot-navigation.com

    La vie sur l’eau implique immanquablement un peu d’humidité le matin, même en période de grande chaleur. Petite veste suggérée, avant que le soleil ne vienne sécher ces larmes nocturnes.

    Il est possible de pêcher depuis le bateau, de même que de plonger dans l’eau du Lot, dont on dit qu’elle vient au deuxième rang en Europe pour ce qui est de la pureté. Afin d’obtenir une carte de pêche en ligne avant le départ : cartedepeche.fr. On peut aussi louer des vélos, qu’on transporte à bord, pour faire des randonnées. Et, au nombre des excursions possibles, une descente de deux ou trois heures en canot sur le Célé.

    Parmi les arrêts culturels fortement suggérés : la grotte de Pech Merle, dont les galeries du réseau inférieur furent découvertes en 1922 par deux adolescents de 15 et 16 ans. Pour plonger dans la beauté naturelle du site qui abrite de nombreuses — vraies — oeuvres préhistoriques. pechmerle.com

    Les vignerons se font un plaisir d’accueillir les visiteurs. Nous en avons rencontré trois : au château Armandière à Parnac, avec son vigneron indépendant (armandiere.com) ; au château de Chambert à Floressas, qui fait dans la biodynamie ; et au château de Cayx à Luzech, le vignoble de la reine et du prince consort du Danemark, plus classique et qui revient de plus en plus aux vendanges manuelles. chateau-de-cayx.com

    À Gramat, la Québécoise Marie-Josée Massé, qui a roulé sa bosse dans le monde, s’est finalement posée dans le Lot, où elle tient un gîte accueillant, Aux volets blancs. tourisme-lot. com/users/marie-josee-masse

    Les vins de Cahors ? À l’image de la région, ils sont riches, goûteux. Mais laissons à notre chroniqueur vin, Jean Aubry, le soin de les décrire : « Dans un contexte où la table cadurcienne à la fois simple, savoureuse et roborative exige sa part en liquide, les cépages malbec, mais aussi tannat et merlot, s’assurent de la nourrir à leur tour avec des vins dont la robe demeure vive, mais impénétrable, et les tanins mûrs, souples, généreux et bien étoffés. Cela, sans jouer de prétention ni de rusticité. Un coin de pays à boire ! »

    L’appellation Occitanie résulte de l’annexion récemment officialisée des régions Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon.

    À l’instar d’autres compagnies aériennes, Air Transat, qui offre un vol direct sur Toulouse jusqu’au 28 octobre prochain (du 5 mai à la fin d’octobre en 2018), s’est associée au chef Daniel Vézina pour concocter des menus spéciaux à déguster en vol. Une première au Québec. Le choix pour la saison estivale : blanquette de volaille au zeste de citron ; lasagne au confit de canard ; braisé de gigot d’agneau aux épices et au sirop d’érable ; gnocchis à la patate douce sauce bolognaise au vin rouge ; moussaka végétarienne aux légumes grillés ; risotto végétalien à la crème de riz et coulis de poivrons rouges.

    Ce menu est offert d’emblée à tous les passagers de la classe Club, mais peut aussi être commandé en classe économique pour 25 $.

    Un partenariat fait avec goût, une initiative qui rehausse le standard des repas en avion, toujours de qualité inégale. airtransat.com

    La navigation sur le Lot s’étend d’avril à octobre. Une formation est offerte par l’entreprise de location pour piloter la péniche et passer les écluses. Celles-ci, manuelles et sans éclusier, sont donc manipulées par l’équipage, comme au temps des gabares ! Pour ne pas suer corps et âme, puisque c’est quand même un peu sportif, il est suggéré de voyager à quatre personnes : une à la barre, puis deux aux manoeuvres et une autre pour tenir les câbles du bateau au passage des écluses.

    On dit que la manipulation d’une écluse manuelle exige 1000 coups de manivelle… Mais on ne les a pas comptés ! Aussi, il arrive que des jeunes gens se pointent pour effectuer l’opération, moyennant quelques euros : ça vaut le coût.

    Comité régional du tourisme Midi-Pyrénées

    Les plats de Vézina À l’instar d’autres compagnies aériennes, Air Transat, qui offre un vol direct sur Toulouse jusqu’au 28 octobre prochain (du 5 mai à la fin d’octobre en 2018), s’est associée au chef Daniel Vézina pour concocter des menus spéciaux à déguster en vol. Une première au Québec. Le choix pour la saison estivale : blanquette de volaille au zeste de citron ; lasagne au confit de canard ; braisé de gigot d’agneau aux épices et au sirop d’érable ; gnocchis à la patate douce sauce bolognaise au vin rouge ; moussaka végétarienne aux légumes grillés ; risotto végétalien à la crème de riz et coulis de poivrons rouges. Ce menu est offert d’emblée à tous les passagers de la classe Club, mais peut aussi être commandé en classe économique pour 25 $. Un partenariat fait avec goût, une initiative qui rehausse le standard des repas en avion, toujours de qualité inégale. airtransat.com












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