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    Tourisme Israël

    Un dimanche à Jérusalem

    15 avril 2017 | Hélène Clément à Jérusalem | Voyage
    Des fouilles archéologiques ont mis au jour des sections de l’ancien mur à l’angle sud du temple de Salomon.
    Photo: Hélène Clément Des fouilles archéologiques ont mis au jour des sections de l’ancien mur à l’angle sud du temple de Salomon.

    Un voyage en Israël n’a pas son pareil. C’est unique. Et on en revient touché jusqu’à l’âme. D’avoir parcouru cette terre sainte où les grands noms de la bible sont partout, mais aussi ce pays à la géopolitique complexe qui suscite bien des prises de position. De Tel-Aviv à Haïfa via la mer Morte, Massada, la mer de Galilée, Nazareth, Rosh Hanikra, Akko… Par où commencer ? Tiens, pourquoi pas, en ce week-end de Pâques et de Pessa’h, par Jérusalem ?


    La nuit tombe sur Mahane Yehuda, le plus grand marché de Jérusalem. Des visages de grande taille peints dans des couleurs vives sur les rideaux de fer baissés regardent passer les visiteurs. Ceux de rabbins connus et de soldats inconnus, de politiciens et de militants qui ont marqué l’histoire et de Juifs influents dans le monde, comme Steven Spielberg et Sigmund Freud.

     

    Des oeuvres dessinées à la bombe et signées Solomon Souza, un artiste d’une vingtaine d’années, petit-fils de Francis Newton Souza (l’un des pères de l’art moderne indien) né à Londres et ayant immigré à Jérusalem alors qu’il était jeune pour étudier dans une école talmudique.

     

    « C’est à la demande des commerçants qui souhaitaient une ambiance plus chaleureuse dans le marché que le graffiteur a commencé son projet de raconter en images, sur les rideaux de fer, l’histoire des Juifs et de son peuple », explique Dado Shalom, notre charmant guide.

    Photo: Hélène Clément Le marché Mahane Yehuda est fréquenté avant tout par la population locale.
     

    Le meilleur moment pour admirer cette monumentale galerie de personnages d’ici et d’ailleurs, selon Dado, c’est le samedi, jour du shabbat, alors que le marché hiérosolymitain est au repos et que les volets des quelque 350 commerces sont baissés.

     

    Mais c’est dimanche et, malgré la pénombre qui s’installe sur la ville sainte, tout est encore ouvert.

     

    Entre les étals regorgeant de fruits, légumes, noix, olives, épices, thé, fromage, fruits secs, pain, halva, les peintures des volets en attente d’ouvrir pour la nuit nous observent.

     

    Bananes, mangues, artichauts, fraises, oranges, aubergines, pommes, légumes racines… tout ça rappelle qu’Israël est un champion du locavorisme — ce mouvement prônant la consommation de nourriture produite dans un rayon de 100 à 250 kilomètres de chez soi — malgré le désert, donc et le peu d’eau, qui prédomine dans le pays. On parle ici de « miracles agronomiques ».

     

    N’est-ce pas un ingénieur israélien en gestion de l’eau, Simcha Blass, qui a découvert l’irrigation par le goutte-à-goutte ?

     

    Constatant que l’eau apportée de manière lente et régulière par une succession de gouttes produisait des résultats de croissance remarquables, il a mis au point le tube à base de goutteurs, une forme d’arrosage qui permet des cultures d’arbres fruitiers, de légumes ou de fleurs même en milieu infertile.

     

    Le fameux procédé est produit de manière industrielle dès 1965 par la société Netafim, installée au kibboutz Hatzérim, dans le Néguev.

     

    Mahane Yehuda

     

    Et Dieu qu’on mange bien dans ce petit pays du Proche-Orient bordé à l’ouest par la Méditerranée, au sud par le golfe d’Eilat, et qui partage ses frontières avec le Liban au nord, la Syrie au nord-est, la Jordanie et la Cisjordanie à l’est, l’Égypte et la bande de Gaza au sud-ouest.

     

    Mahane Yehuda est un passionnant périple culinaire. Entre les piles de pain pita, les stands de harengs saurs, de houmous, de confiseries surgissent des bars à expresso et à smoothies, des stands à falafels et de jolis pubs où l’on déguste des vins du pays — car le raisin s’épanouit très bien sous les divers microclimats d’Israël — et des bières locales comme la Goldstar.

    Photo: Hélène Clément Sur la Via Dolorosa, le fameux chemin de croix pédestre et ses 14 stations, qui emprunte les ruelles de la vieille ville pour se terminer dans l’église du Saint-Sépulcre.
     

    Mais également des bières artisanales aussi originales que celle créée à base de pois chiches, de dattes et de sarrasin dans les collines de Galilée, là même où Jésus est censé avoir transformé l’eau en vin.

     

    À Jérusalem, c’est la bière qui coule à flots lors du festival annuel au mois d’août.

     

    Un adage dit qu’« à Tel-Aviv on joue, à Jérusalem, on prie ». Façon simple de résumer les choses. Quoi qu’il en soit, si j’ai adoré Tel-Aviv pour son dynamisme, son côté cool et moderne, sa joie de vivre à la californienne, ses restos, ses discothèques, ses bars et ses cafés branchés, son surf et ses pistes cyclables, son patrimoine architectural… j’ai été envoûtée par Jérusalem.

     

    Entre autres parce que tout ce qui était théorique et virtuel dans mes anciens cours de catéchèse et le dimanche à l’église devient ici une réalité palpable et concrète. Que l’on soit croyant ou non.

     

    Dernière résidence du Christ, troisième ville sainte pour l’islam après La Mecque et Médine, lieu de retour du messie pour les Juifs, Jérusalem est le carrefour des trois religions monothéistes. Sa vieille ville est distribuée en quartiers : arménien, chrétien, juif et musulman.

    Photo: Hélène Clément Le mur des Lamentations
     

    Complexe, Jérusalem ? Oh que oui. De quoi se noyer dans l’épaisseur des faits, des dates, du bâti et des émotions. Ici, des murs romains, omeyyades, croisés, mamelouks, ottomans… Là, des synagogues séfarades, la tour de David, la mosquée Al-Aqsa. Mais où est donc le Saint-Sépulcre ?

     

    Sites de la chrétienté

     

    Pour les chrétiens, l’église du Saint-Sépulcre est édifiée sur le site du Calvaire (ou Golgotha), exactement à l’endroit où Jésus « a été cloué sur la croix, est mort et est ressuscité ».

     

    Pour le rejoindre, nous montons et descendons quelques dénivelés — Jérusalem est à plus de 800 mètres d’altitude et tout en collines —, traversons des passages couverts, des ruelles aux pavés vieux comme le monde, puis de jolies petites places aux odeurs de kebabs chawarma.

    Photo: Hélène Clément Dans une ruelle de la vieille ville à Jérusalem
     

    Nous voilà sur la Via Dolorosa, le fameux chemin de croix pédestre et ses 14 stations, dont 5 se trouvent à l’intérieur de l’église du Saint-Sépulcre.

     

    Jésus aurait emprunté cette route alors qu’il portait sa croix jusqu’au calvaire. Il faut compter une heure à pied pour la parcourir à partir de la première station, où Ponce Pilate aurait condamné à mort Jésus, jusqu’à la 10e qui se trouve avec les quatre autres à l’intérieur de Saint-Sépulcre. Les différentes stations sont marquées de plaques rondes sur les murs et les portes.

     

    Ici, l’endroit où Jésus fut chargé de sa croix, là où il serait tombé la première fois, plus loin, la rencontre avec sa mère et celle avec Simon de Cyrène, ici, la deuxième chute, là, la troisième…

     

    L’église du Saint-Sépulcre se trouve au milieu des souks, en bordure des quartiers chrétiens et musulmans, sur une petite place étroite coincée entre les maisons de la vieille ville, au pied d’un minaret. Étrange ! Son apparence n’a rien d’exceptionnel, mais l’immense ferveur des pèlerins a contribué à la sacraliser. Inutile d’espérer un moment serein dans ce lieu bondé.

    Photo: Hélène Clément Un étal de fruits séchés, de thés et d’épices au marché Mahane Yehuda
     

    « La basilique est partagée entre plusieurs Églises chrétiennes (catholique, arménienne, syrienne, copte, éthiopienne…), explique la guide Paule Rakower. Celle des Grecs orthodoxes occupe la plus grande partie de l’édifice. Ils assurent l’entretien du tombeau. »

     

    Sur le pas de la porte, des fidèles touchent et embrassent la pierre de l’onction. C’est sur cette dalle rose qu’on aurait déposé le corps de Jésus pour le préparer avant qu’il soit enseveli.

     

    À l’entrée de la chapelle du Calvaire, à l’étage, se trouve la 10e station du chemin de croix. Jésus aurait été dépouillé de ses vêtements ici. Puis, tout à côté, la 11e où il a été cloué sur la croix. La 12e station se trouve dans la chapelle grecque orthodoxe. Elle témoigne de la crucifixion de Jésus. Le rocher du calvaire, sur lequel un autel a été érigé, niche en son centre.

    Photo: Hélène Clément Le Saint-Sépulcre. Des foules de touristes déambulent dans l’édifice à plusieurs étages, avec ses tombes, ses croix gravées dans les murs, ses objets d’art.
     

    Petit hic, toutefois : le recueillement est difficile devant le rocher où fut déposé le Christ après la crucifixion. Pressés par la foule qui attend son tour, les pèlerins ne passent que quelques secondes dans l’étroit caveau. Un pope à l’air bourru se charge d’écouler le flot des visiteurs.

     

    À gauche de cet autel, la 13e station, où le corps de Jésus aurait été descendu de la croix et remis à Marie. Quant à la 14e, le Saint-Sépulcre, attendez-vous à y faire la queue sous des voûtes de tous les styles, dans la fumée de l’encens et à la lueur des lampes à huile.

     

    Cap maintenant vers le mur des Lamentations, le site le plus sacré du judaïsme. Les Juifs y pleurent toujours la perte de leur second Temple. Les hommes prient d’un côté, les femmes de l’autre. On dirait une grande synagogue à ciel ouvert. Les Juifs croient que les prières et les requêtes insérées entre les pierres de ce mur érigé il y a 2000 ans ont de fortes chances d’être exaucées.

     

    La chair de poule

     

    Tandis que les bars et les bouis-bouis du marché Mahane Yehuda lèvent leurs rideaux métalliques pour la soirée, que les restaurants se remplissent, que les murs de la vieille ville s’illuminent, que les musiciens s’installent dans les bars et autour des remparts, un spectacle son et lumière éblouissant anime les murs de la citadelle de David, tout près de la porte de Jaffa.

    Photo: Hélène Clément Le Beer Bazaar pour une dégustation de bières artisanales
     

    Cet événement nocturne qui utilise la technologie du trompe-l’oeil en 3D, relate l’histoire de Jérusalem, de la période cananéenne à l’État d’Israël, en passant par les périodes israélite, babylonienne, perse, hellénistique, romaine, byzantine, musulmane, croisée, mamelouke, ottomane et britannique.

     

    Finalement, le vieil adage disant que Tel-Aviv fait la fête pendant que Jérusalem prie ne tient peut-être plus tout à fait la route. Jérusalem, bien que sainte, oui, est aussi très festive, plutôt cool, gastronomique et créatrice. Certainement unique et touchante jusqu’à l’âme.

     

    Le soleil se lève sur le mont des Oliviers. Nous sommes sans mot devant les milliers de tombes du plus ancien cimetière du monde encore utilisé. En bas, dans le jardin de Gethsémani, des oliviers auraient fourni l’ombre à Jésus et ses disciples qui allaient s’y reposer. C’est dans ce jardin qu’il aurait été arrêté.

    En vrac

    Dormir. À l’hôtel Inbal (cinq étoiles) pour son confort, mais aussi pour sa situation géographique exceptionnelle au-dessus du parc Hapaamon et de la vieille ville, puis à une courte distance de marche des principaux sites d’intérêt culturel. Le buffet du petit-déjeuner est excellent, comme presque partout en Israël.

     

    Manger. La cuisine israélienne est divine, composée d’une grande variété de légumes, viandes et poissons grillés, pois chiches et sarrasin. Le végétarisme et le véganisme y sont très à la mode. Le choix de restaurants est grand à Jérusalem, tant dans la vieille ville que dans la partie moderne. Le restaurant Zuni, ouvert tous les jours 24 heures sur 24, est une bonne adresse de type brasserie. Le risotto et les calmars y sont excellents.

     

    Le marché Mahane Yehuda pour un bon café, pour une dégustation de bière ; pour goûter (et acheter en cadeau) le halva d’Elie Mammam. Impossible de ne pas craquer pour l’exquise pâte de sésame farcie de pistaches et d’amandes de ce Marocain d’origine. Il propose près d’une centaine de parfums.

     

    Vie de bar. Au Nocturno, la nuit de la semaine il y a des concerts, des lectures de poésie, du stand-up, des conférences, des projections de films, de la danse swing… À la fois bar et café, Nocturno propose un menu lacté, végétarien et végétalien.

     

    Suggestions de lecture. Un voyage en Israël se prépare. Il faut lire sur son histoire, ses religions, ses enjeux politiques… au-delà d’articles qui n’en couvrent qu’un petit aspect. Lire puis voir pour mieux comprendre ce pays fascinant à la géopolitique complexe.

     

    Comprendre Israël de l’auteur montréalais Elias Levy, aux éditions Ulysse. Israël et les territoires palestinien, aux éditions Lonely Planet, un excellent guide touristique qui propose de nombreuses adresses, les sites à visiter, la sécurité à observer, des idées d’activités avec les enfants, des cartes claires… Indispensable ! La mémoire d’Abraham, de l’auteur Marek Halter. Ce roman raconte 2000 ans d’histoire d’une famille juive, scribe de père en fils. Excellent ! Ma terre promise, Israël, triomphe et tragédie, du journaliste et chroniqueur Ari Shavit. Ce livre examine les complexités et les contradictions de la condition israélienne et s’appuie sur les événements du passé pour jeter un éclairage neuf sur le présent.

     

    Liaison directe Air Transat. À partir du 18 juin et jusqu’au 29 octobre 2017, deux fois par semaine, les dimanches et les mercredis, Air Transat offrira une liaison directe Montréal–Tel Aviv. « La demande était forte, tant pour les voyageurs qui visitent leur famille et leurs amis dans les deux métropoles que pour les curieux de découvertes », explique Debbie Cabana, directrice marketing, médias sociaux et relations publiques.

     

    Le voyageur aura le choix entre une panoplie de forfaits allant du simple vol aux séjours organisés : séjours multi-villes, comme celui combinant Tel-Aviv et Jérusalem ; circuits à la découverte des lieux les plus sacrés du pays accompagné d’un guide ; circuits combinés pour qui veut explorer les deux grandes villes à son rythme ou tout autre coin historique du pays ; ou encore deux pays tels Israël et la Jordanie. airtransat.com

     

    Pour plus de renseignements, cliquez ici.

     

    Notre journaliste était l’invitée d’Air Transat et du ministère du Tourisme d’Israël.


    Joyeuse Pâques !

    À partir du 18 juin et jusqu’au 29 octobre 2017, deux fois par semaine, les dimanches et les mercredis, Air Transat offrira une liaison directe Montréal–Tel-Aviv.

     

    « La demande était forte, tant des voyageurs qui visitent leur famille et leurs amis dans les deux métropoles que des curieux de découvertes », explique Debbie Cabana, directrice marketing, médias sociaux et relations publiques.

     

    Le voyageur aura le choix entre une panoplie de forfaits allant du simple vol aux séjours organisés : séjour multivilles comme celui qui combine Tel-Aviv et Jérusalem, circuit à la découverte des lieux les plus sacrés du pays accompagné d’un guide, circuit combiné pour qui veut explorer les deux grandes villes à son rythme ou tout autre coin historique du pays, ou encore deux pays tels Israël et la Jordanie.













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