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    Tourisme Nouveau-Brunswick

    La mer nature et la culture

    L’Acadie du Sud-Est, dans la région de la mer rouge

    25 juin 2016 | Charles-Antoine Rouyer - Collaboration spéciale autour de Moncton | Voyage
    À l’écocentre de la dune de Bouctouche, une promenade en bois serpente au-dessus de la dune et de sa végétation.
    Photo: Charles-Antoine Rouyer À l’écocentre de la dune de Bouctouche, une promenade en bois serpente au-dessus de la dune et de sa végétation.

    Si Caraquet incarne le patrimoine acadien au nord, le sud-est autour de Moncton regorge d’attraits culturels et naturels. La région de la mer rouge, soit le détroit de Northumberland entre l’Île-du-Prince-Édouard et le Nouveau-Brunswick, accueillera d’ailleurs le prochain Congrès mondial acadien en 2019.


    Pourquoi ne pas sauter dans le train pour aller voir la mer, débarquer à Moncton, découvrir l’Acadie du Sud-Est, le pays d’Antonine Maillet à Bouctouche, pagayer en kayak dans la baie de Fundy ou se prélasser sur de longues plages ?

     

    Comme entrée en matière, cap sur Shédiac, à 26 kilomètres à l’est de Moncton, pour goûter aux charmes du sud-est de la côte acadienne, entre homards, sable et patrimoine.

     

    Les eaux de la baie de Shédiac seraient les plus chaudes de la côte Atlantique au nord de la Virginie, à l’abri de l’Île-du-Prince-Édouard dans le détroit de Northumberland, autrefois appelé mer rouge pour sa couleur lorsque les eaux sont agitées. L’immense plage Parlee de près d’un kilomètre invite à une longue promenade puis à la détente sur le sable après une baignade.

     

    La visite à Shédiac ne serait pas complète sans se jeter littéralement à l’eau depuis le bout du quai de Pointe-du-Chêne pour ensuite aller manger dans la lumière du soleil couchant.

     

    Ce quai fut le terminus de la voie ferrée Moncton-Shédiac dès 1857, et l’un des principaux lieux d’exportation du bois vers l’Europe.

     

    Dix ans plus tard, le tronçon sera intégré à l’Intercolonial Railway, qui deviendra le Canadien National. Puis, l’activité du quai de Pointe-du-Chêne déclinera au profit d’Halifax.

     

    Pointe-du-Chêne est alors une petite station balnéaire pour les notables de Moncton (devenue le siège de la nouvelle ligne de train vers le Saint-Laurent). De petits chalets de bois tricotés serré persistent aujourd’hui le long de la plage Parlee, un parc provincial. Le temps semble s’arrêter dans ce petit village bordé de sable.

     

    Au bout du quai, un phare blanc et rouge continue de veiller, mais cette fois sur les baigneurs qui sautent à l’eau un mètre et demi plus bas. De petits restaurants et des kiosques de croisières aux homards rappellent la vocation touristique du quai.

    Photo: Tourisme Nouveau-Brunswick Les rochers Hopewell à marée basse. La visite à pied débute à la plage des Demoiselles, baptisée ainsi par les marins français de Port-Royal, installés presque en face sur la rive opposée, en Nouvelle-Écosse, dans le tout premier établissement de la Nouvelle-France, en 1604. Au Centre des visiteurs, on explique la formation des « pots de fleurs », la géologie et les baleines, nombreuses par ici.
     

    Réserve UNESCO

     

    Changement de décor : en route vers l’intérieur des terres, à 38 kilomètres au sud-ouest de Moncton, sur la rive nord de la baie de Fundy, réserve de la biosphère mondiale de l’UNESCO depuis 2007. Au parc provincial des Rochers Hopewell, les plus grandes marées du monde montent de 10 à 14 mètres en cinq heures, sous l’oeil des célèbres géants de pierre, les « pots de fleurs ».

     

    À marée basse, ces colonnes de rochers détachées de la falaise, plus étroites à leur base grignotée par l’érosion, culminent depuis le sol.

     

    La visite à pied débute par le sud, à la plage des Demoiselles, baptisée ainsi par les marins français de Port-Royal, installés presque en face sur la rive opposée, en Nouvelle-Écosse, dans le tout premier établissement de la Nouvelle-France, en 1604.

     

    Les matelots auraient été inspirés par les rondeurs des formes dans la falaise et des pots de fleurs. Ce cap des Demoiselles fut plus tard rebaptisé par des émigrés allemands venant des États-Unis, après la révolution de 1776, du nom de leur village en Pennsylvanie, Hopewell.

     

    La promenade de 800 mètres, qui traverse quatre criques au pied de la falaise de 30 mètres de haut, passe parfois sous d’immenses arches creusées par la mer dans le rocher. Certains visiteurs finissent par s’asseoir au pied de la paroi rocheuse pour regarder le temps passer et l’eau qui monte, qui monte.

     

    C’est alors qu’arrivent deux employés du parc pour fermer chaque crique, l’une après l’autre, au fil de l’avancée des eaux. Et tout le monde finit par être rassemblé dans la dernière crique avant de se réfugier sur les marches d’un grand escalier métallique qui remonte jusqu’au sommet de la falaise, d’où on peut embrasser l’immensité de la baie.

    Photo: Charles-Antoine Rouyer La baie de Fundy à marée montante, avec des kayaks sur la plage et des nuées de bécasseaux à pattes semi-palmées.
     

    Kayak et pots de fleurs

     

    Il faudra alors embarquer dans des kayaks pour reprendre la promenade en sens inverse, et sur l’eau, sous l’oeil envieux des autres touristes restés sur la terre ferme.

     

    Une douzaine d’esquifs jaunes glissent en file indienne sous les arches de pierre négociées à pied moins d’une heure auparavant, pour permettre d’admirer de plus près la corolle supérieure des pots de fleurs ou la courbe de la falaise à la plage des Demoiselles.

     

    Au retour, en accostant sur la plage Nord, on aura un dernier petit cadeau de la baie de Fundy : des nuées de bécasseaux semipalmés se posent sur le sable. Ils viennent attendre la prochaine marée basse pour que leur immense buffet de crevettes soit de nouveau à découvert.

     

    À Fundy, ces oiseaux font doubler leur poids pour traverser l’Atlantique vers l’Amérique latine.

     

    Il faut alors prendre une navette pour remonter au point de départ, en haut de la falaise. Quelques panneaux d’information y expliquent le patrimoine amérindien micmac, puis l’arrivée des premiers Acadiens qui construiront des aboiteaux, ces digues pour assécher les marais salants au bord de la baie — qui rappellent des ouvrages similaires en Charente, le pays natal de Champlain, presque en face, de l’autre côté de l’Atlantique.

     

    Au pays de la Sagouine

     

    Enfin, cap vers le nord de Moncton, à 61 kilomètres vers Bouctouche, lieu de naissance d’Antonine Maillet. Incontournable, un ravissant village folklorique, « le Pays de la Sagouine », y recrée l’univers du livre de l’auteure.

     

    Une longue promenade de bois serpente au-dessus de l’eau pour atteindre le village sur pilotis, sur la minuscule île aux Puces perdue au milieu de la baie de Bouctouche.

     

    Après ce sas du réel vers l’imaginaire, le visiteur avance parmi une quinzaine d’édifices en bois où déambulent dix personnages du livre en costume d’époque. Ils racontent l’histoire de ce peuple guidé vers son Acadie, « paradis terrestre », par l’étoile de Marie qui brille sur fond d’azur dans le coin du drapeau bleu, blanc, rouge. Plus loin, des musiciens vous feront taper du pied ou jouer des cuillères.

     

    Un petit comptoir sert même de la poutine acadienne, ou poutine râpée (des boules de pommes de terre pilées et fourrées au porc). À l’écart, le petit phare du village permet d’embrasser la baie en silence.

     

    En séjour à Bouctouche, il faut passer par l’Écocentre de la dune, une longue langue de sable de près de dix kilomètres qui protège l’entrée de la baie. Une promenade en bois serpente au-dessus de cet écosystème fragile. Le bout de ce ponton a été détruit par une tempête et il faut terminer sur le sable au bord de l’eau, en solitaire.

     

    C’est alors l’occasion de s’allonger à nouveau sur le sable, loin de tout, dans le calme absolu, et de terminer sa journée ou son séjour comme on l’avait commencé : goûter à l’Acadie du Sud-Est par une baignade dans l’eau salée de la mer rouge.

     

    Notre journaliste était l’invité de Tourisme Nouveau-Brunswick et de Via Rail.

    À l’écocentre de la dune de Bouctouche, une promenade en bois serpente au-dessus de la dune et de sa végétation. La Maison Tait, une auberge-restaurant installée dans un manoir historique à Shédiac. La croisière «Contes de la mer» permet d’apprendre à décortiquer un crustacé vite et bien et de déguster un homard sur l’eau. Les rochers Hopewell à marée basse. La visite à pied débute à la plage des Demoiselles, baptisée ainsi par les marins français de Port-Royal, installés presque en face sur la rive opposée, en Nouvelle-Écosse, dans le tout premier établissement de la Nouvelle-France, en 1604. Au Centre des visiteurs, on explique la formation des « pots de fleurs », la géologie et les baleines, nombreuses par ici. La baie de Fundy à marée montante, avec des kayaks sur la plage et des nuées de bécasseaux à pattes semi-palmées.












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