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    Tourisme France

    Bordeaux, cité du vin

    Une cuvée d’oenotourisme grand format au coeur d’un centre de loisirs culturel ultramoderne

    28 mai 2016 | Charles-Antoine Rouyer - Collaboration spéciale à Bordeaux | Voyage
    La Cité du vin ouvrira à Bordeaux le 1er juin prochain.
    Photo: Anaka la Cité du vin La Cité du vin ouvrira à Bordeaux le 1er juin prochain.

    Un hybride entre parc d’attractions et musée interactif sur le vin, à la pointe de la technologie numérique, La Cité du vin ouvrira à Bordeaux le 1er juin prochain. On espère repositionner la ville comme chef de file de la planète vin et asseoir sa réputation de destination touristique prisée en offrant un nouvel équipement d’envergure internationale et une porte d’entrée vers ses vignobles de l’arrière-pays.

    Le premier module de l’exposition permanente de La Cité du vin de Bordeaux donne le ton. Au menu : une célébration du vin aux quatre coins de la planète, à l’image de tous ces paysages façonnés de la main humaine, pour optimiser la nature à force de savoirs acquis au fil des siècles.

     

    Pour trouver la symbiose entre le type de raisin et le terroir. Pour tirer de ces baies le meilleur suc possible et en faire le nectar fermenté digne des dieux, dit-on : le vin.

     

    Des vignobles vus du ciel défilent plus grands que nature sur trois immenses écrans : au fond d’une vallée, bien alignés et verdoyants en Champagne ; en terrasses, accrochés au flanc d’une colline aride parmi des oliviers en Italie ; avec des raisins sur pied sous la neige en Suisse ; des ceps de vignes entourés chacun d’un muret dans les Canaries ; sur fond de palmiers en Polynésie ; au bord d’un immense lac de l’Okanagan en Colombie-Britannique ; aux pieds d’un petit château classique sur son promontoire de calcaire à Saint-Émilion.

    Photo: Anaka La Cité du vin La section « Planètes vin » du musée
     

    Chacun de ces écrans de près de quatre mètres de haut diffuse une projection différente du même lieu. Le visiteur se tourne pour embrasser chaque angle, amplifiant l’expérience immersive pendant ces huit premières minutes d’une visite d’environ deux heures (qui pourrait durer la journée).

     

    Chacune des 22 régions viticoles projetées (pour 17 pays) est identifiée en français, anglais et espagnol. L’exposition est trilingue pour un public cible résolument international. Et le propos sera loin d’être nombriliste, même si les Bordelais ont été privilégiés par la nature sur les rives de la Garonne. Un fleuve qui a permis au petit port de rayonner en expédiant ses vins par bateau, notamment grâce aux Hollandais et aux Britanniques.

     

    Oenotourisme numérique

     

    La qualité des images et de la bande sonore de ce « Tour du monde des vignobles » est aussi annonciatrice de la débauche de technologie numérique de ce parcours permanent : 200 écrans, 50 vidéoprojecteurs, 20 caméras à détection de mouvement, 40 diffuseurs d’odeurs, 300 détecteurs infrarouges assurant l’interactivité avec l’audioguide, plus proche d’un téléphone intelligent, d’ailleurs.

     

    Tout comme le casque audio, créé pour La Cité du vin, pour entendre le commentaire en huit langues et les sons ambiants.

     

    Pour « ce voyage dans l’espace et dans le temps » au fil de la vigne explorant le monde du vin et le vin dans le monde, la Ville de Bordeaux a vu grand afin de rattraper son retard en matière d’oenotourisme. Et de retrouver son rang de capitale mondiale du vin, malmené notamment par le Nouveau Monde, Californie en tête ?

     

    Pour parachever aussi d’un geste fort sa mue urbaine amorcée il y a une vingtaine d’années. La Ville se dote alors d’un tramway moderne et redessine ses places publiques, petites et grandes. Donne la priorité aux piétons et aux cyclistes en centre-ville (mais les encombrements automobiles demeurent endémiques). La cité renoue avec le fleuve en réaménageant ses quais. Au final, et à la faveur d’une inscription au Patrimoine mondial de l’UNESCO en 2007 (« Bordeaux, nouvelle cuvée »Le Devoir, 22 septembre 2007), elle séduit les touristes, au nombre de 6 millions en 2015.

    Photo: Charles-Antoine Rouyer La section « Tout un art de vivre » aborde partage et convivialité dans une scénographie originale.
     

    Tout en rondeurs

     

    La Cité du vin, c’est un édifice qui va ancrer un nouveau quartier en ébullition, à la frange nord de la ville : Bacalan, la zone portuaire et ouvrière jadis malfamée est criblée de grues de construction et desservie par le tramway à quelques minutes du centre-ville.

     

    Après dix ans de gestation (proche d’avorter en 2009), La Cité a poussé en trois ans sur les berges du fleuve, à l’entrée de la ville, en aval, sur le site des anciennes forges du port, en bordure des bassins à flot.

     

    Le bâtiment résolument moderne détonne volontairement dans son cadre. Tout en rondeurs, pour la volupté du vin, il rappelle une grosse bouée drapée d’aluminium cuivré (ou un beigne : le « tore », un tube courbé refermé sur lui-même), coiffée sur un côté d’une petite tour de huit étages à la façade de verre torsadée.

     

    Selon les architectes du cabinet parisien XTU, le doré évoque les eaux boueuses de la Garonne (et de la vase visible aux pieds de l’édifice à marée basse). La tour torsadée imite le vin qui virevolte dans un verre pendant la dégustation.

    Photo: Anaka La Cité du vin « De la vigne au verre »
     

    Un verre au belvédère

     

    Au sommet de la tour de 35 mètres, un belvédère et sa promenade extérieure à 180 degrés permettent d’embrasser la courbe du fleuve en croissant de lune, d’où le surnom de Port de la Lune, un pont-levant ultramoderne et ses tourelles biseautées et l’enfilade des quais se déroulant vers la ville.

     

    Le reste de la tour abrite un restaurant gastronomique, Le 7, les bureaux de la Fondation pour la culture et les civilisations du vin qui gère la Cité du vin, une salle d’exposition temporaire, la billetterie et l’accueil.

     

    Le tore doré accueille les activités culturelles : un espace polysensoriel pour les ateliers de dégustation, un auditorium de 250 places, un salon de lecture, une boutique de la Cité, un kiosque touristique, une cave à vin (800 références dont 600 étrangères), un bar à vin et un snack gourmand.

     

    Un ponton sur le fleuve

     

    Au coeur du tore, un puits de lumière égaie l’intérieur, donne aux visiteurs un point de repère et enlace un escalier monumental qui s’enroule vers le coeur de La Cité au-dessus : le parcours permanent. L’exposition occupe la totalité du deuxième niveau, sous de hauts plafonds vertigineux soutenus par plusieurs centaines d’arches de bois clair, l’armature intérieure du tore.

     

    Autre signe que la ville continue de se réconcilier avec son fleuve, à l’extérieur, un ponton de 90 mètres de long verra appareiller trois nouvelles excursions fluviales vers les vignobles. Et la navette fluviale, le BatCub (compris dans les transports collectifs et la carte City Pass), aura un 5e arrêt à La Cité du vin — sans doute la meilleure manière d’aborder la visite, en admirant depuis le centre-ville la façade des quais XVIIIe de l’âge d’or du vin à Bordeaux et qui a contribué au statut UNESCO.

       

    Notre journaliste était l’invité d’Air France (airfrance.ca), qui propose des plats style « bistronomie » du chef Yves Camdeborde (Le Comptoir, Saint-Germain-des-Prés) jusqu’en septembre 2016, en classe Affaires, direction Paris-Montréal.

    La Cité du vin ouvrira à Bordeaux le 1er juin prochain. «Le tour du monde des vignobles» dans le parcours permanent «De la vigne au verre» La section «Tout un art de vivre» aborde partage et convivialité dans une scénographie originale. La section «Planètes vin» du musée «La galerie des civilisations»












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