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    L’auguste projet des Augustines

    La nouvelle adresse de Québec est aussi sa plus vieille, un monastère converti pour préserver l’histoire

    7 novembre 2015 | Carolyne Parent - Collaboratrice à Québec | Voyage
    Le monastère des Augustines: avec près de quatre siècles d’histoire, imaginez la richesse des collections médicales des hospitalières et de leurs archives.
    Photo: Monastère des Augustines Le monastère des Augustines: avec près de quatre siècles d’histoire, imaginez la richesse des collections médicales des hospitalières et de leurs archives.
    Craignant pour la pérennité de leur patrimoine, les Augustines de Québec nous ont légué récemment leur monastère fondateur, converti en une hôtellerie axée sur le mieux-être, un musée et un centre d’archives. Alléluia !


    Dès qu’on pénètre en ce monastère des Augustines revu et restauré, on se surprend à chuchoter. Comme à l’église. Comme au spa. Comme en tout lieu qui inspire la paix. Inaugurée en août dernier, cette nouvelle adresse de Québec est aussi sa plus vieille…

     

    De fait, ce jour-là, 376 ans plus tôt, débarquaient en Nouvelle-France trois jeunes Augustines de Dieppe ayant pour mission de fonder, au nom de Louis XIII, l’Hôtel-Dieu du Précieux-Sang et de convertir quelques païens au passage.

     

    Cinq ans plus tard, en 1644, elles emménageaient sur les lieux actuels de l’hôpital, le premier en Amérique au nord du Mexique et le premier des 12 établissements de santé que cette communauté de religieuses allait fonder à travers la province.

     

    Douze monastères-hôpitaux, près de quatre siècles d’histoire : imaginez un peu la richesse des collections médicales des hospitalières et de leurs archives…

     

    « Il s’agit d’un patrimoine exceptionnel qui raconte, à travers 40 000 artefacts, rien de moins que l’évolution de la pensée médicale du Québec », souligne Isabelle Duchesneau, directrice générale du monastère.

     

    La mission sociale

     

    Voyant leur nombre décliner depuis deux décennies, les religieuses s’inquiétaient à juste titre du devenir de ce patrimoine.

     

    « Comme elles ne voulaient pas qu’on mette éventuellement la main sur leur monastère pour en faire des condos, elles ont créé deux organismes visant à léguer à la population leurs biens patrimoniaux », explique Mme Duchesneau.

     

    La Fiducie du patrimoine culturel des Augustines gère donc ces biens, dont tous peuvent profiter au monastère des Augustines, un organisme sans but lucratif qui contribue par ailleurs à financer la mission sociale de la communauté religieuse.

     

    Magnifiquement rénové par l’architecte Serge Bernard Gagné, de la firme ABCP, l’ensemble a nécessité un investissement de 40 millions provenant des trois ordres de gouvernement.

     

    Il comprend une hôtellerie, soit 33 chambres de style authentique et 32 de style contemporain ; un musée qui valorise l’histoire de la médecine québécoise ; un centre d’archives ouvert à tous sur rendez-vous ; et le choeur des religieuses avec son orgue Casavant. Et c’est sans compter toutes les oeuvres d’art sacré, statues et toiles (dont un portrait de Catherine de Saint-Augustin, cofondatrice de l’Église canadienne, signé Alfred Pellan) disséminées à travers le monastère.

     

    Deux entités, donc, mais une seule mission sociale dans la continuité de l’oeuvre des Augustines : « Prendre soin de ceux qui prennent soin », dit la directrice générale. D’où huit chambres réservées à des proches aidants et à des travailleurs du milieu de la santé.

     

    Faire pénitence ?

     

    D’où aussi « un programme de ressourcement destiné à reconnecter les professionnels de la santé avec leur histoire, leur quête de sens et leur propre mission ».

     

    Avec ses ateliers, conférences et concerts, ainsi que ses 80 collaborateurs (massothérapeute, spécialiste de la gestion du stress au travail, professeur de yoga comme nutritionniste), l’hôtellerie vise le bien-être et la santé de tous dans un lieu qui a toujours été voué à l’atteinte de ces objectifs.

     

    Et ce n’est pas parce qu’on loge au monastère, un lieu laïque géré par des laïcs, même si une douzaine d’Augustines y ont encore leurs quartiers, qu’on doit faire pénitence.

     

    La literie est de première qualité (oh, les belles courtepointes de la Maison Routhier !), les matelas confortables, le restaurant, qui privilégie une alimentation consciente, sert du vin au dîner, et personne n’est tenu au silence.

     

    Par contre, comme on choisit cet endroit d’abord et avant tout pour se recentrer, il ne faut pas s’étonner de l’absence de téléviseurs ; on trouvera plutôt des salons et des oratoires où méditer.

     

    « Ce centre de santé deviendra un produit d’appel non seulement pour Québec, mais pour tout le Québec », prédit Isabelle Duchesneau. Ma foi, on le lui souhaite.

    Le monastère des Augustines: avec près de quatre siècles d’histoire, imaginez la richesse des collections médicales des hospitalières et de leurs archives. L’hôtellerie comprend 33 chambres de style authentique et 32 de style contemporain, comme sur cette photo. <span style=L’apothicairerie du musée" title="L’apothicairerie du musée" /> Le restaurant privilégie une alimentation consciente, sert du vin au dîner, et personne n’est tenu au silence…












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