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    Tourisme Île-du-Prince-Édouard

    Au fil des dunes sur la côte nord

    10 mai 2014 | Charles-Antoine Rouyer - Collaborateur | Voyage
    Le calme et l’isolement du parc Greenwich tranchent avec les deux autres parties plus à l’ouest, Brackley-Dalvay et Cavendish.
    Photo: Charles-Antoine Rouyer Le calme et l’isolement du parc Greenwich tranchent avec les deux autres parties plus à l’ouest, Brackley-Dalvay et Cavendish.

    L’Île-du-Prince-Édouard célèbre le 150e anniversaire des accords de Charlottetown cette année. Mais derrière la capitale et l’ultra-touristique Cavendish autour d’Anne aux pignons verts, l’île regorge de nombreux endroits aussi calmes que ravissants, à l’image de la côte nord, de St. Peters à Malpèque, pour une balade de quelques jours au fil des dunes, au pays des couchers de soleil sur l’océan.


    Une longue promenade de bois gris serpente au-dessus de l’eau d’un étang en longs arrondis de plusieurs centaines de mètres, pour finir par grimper sur la dune et donner sur l’océan et une plage de sable blanc déserte, à perte de vue.

     

    Bienvenue au Parc national de l’Île-du-Prince-Édouard à Greenwich, au bout des 2,5 kilomètres du sentier des dunes, où la légendaire douceur de la grande île s’imposera au visiteur.

     

    Le secteur Greenwich est le plus récent (depuis 1998) et le moins visité des trois parties qui forment le parc dans la partie centrale de la côte nord de l’île. Près du village de St. Peters, ce petit dernier englobe l’extrémité d’une péninsule baignée d’un côté par la baie du même nom, et de l’autre, pas l’océan Atlantique.

     

    La baie abritait jadis Havre Saint-Pierre, un village acadien avant que le Traité de Paris, en 1763, ne livre l’île Saint-Jean aux Anglais, qui la rebaptiseront du nom du fils du roi George III.

     

    Mais pour les Micmacs, c’était Abegweit (ou Epekwitk), à savoir « La terre lovée sur les vagues », un nom pour l’île en croissant de lune dont la poésie devient une évidence au bout de la plage du secteur Greenwich.

     

    Au pied de l’imposante dune de sable clair et de sa fine crinière d’herbes vertes qui flotte dans le vent à son sommet, s’asseoir pour se sécher après un bain de mer, à contempler l’immensité bleue de l’Atlantique miroiter dans le soleil chaud de l’été. Et se laisser bercer alors par le temps qui s’arrête.

     

    Au loin, une ou deux minuscules silhouettes marchent sur la plage, les pieds dans l’eau, près de la descente de la promenade en bois. Nul besoin de partir dans les îles des Caraïbes pour goûter à cette quiétude (mais, certes, l’eau de la mer y est fraîche même en été…)

     

    C’est l’occasion ici de voir un rare exemple d’une dune parabolique, à savoir en demi-cercle, et au fil des panneaux du sentier et dans le très bon centre des visiteurs, de mieux comprendre le milieu si fragile des dunes et l’habitat du pluvier siffleur, une espèce menacée. Le parc Greenwich s’avère une excellente prise de contact avec l’île après être débarqué du train de nuit Montréal-Moncton (dont les 19 heures semblèrent bien trop courtes tant les cabines-couchettes avec douche sont confortables, et à l’arrière, la voiture panoramique et son bar, accueillants), suivi de deux heures quarante-cinq de route (210 kilomètres) dont le spectaculaire pont de la Confédération.

     

    Le calme et l’isolement du secteur Greenwich tranchent avec les deux autres parties du parc plus à l’ouest, Brackley-Dalvay et Cavendish. À Dalvay, toutefois, un ancien manoir devenu hôtel, Dalvay-by-the-Sea, vaudra absolument une étape pour un high tea, voire pour y passer la nuit. Ce site historique national, dans un pur style Queen Anne Revival parfaitement restauré, affiche le luxe rural d’antan avec boiseries intérieures et longue promenade couverte de bois blanc à l’extérieur.

     

    Les chambres très confortables ont gardé leur authenticité. L’hôtel loue des bicyclettes pour explorer d’autres sentiers du parc (même si, étrangement, la piste principale longe une grande route au lieu d’être à l’écart dans la nature).

     

    Le secteur Cavendish, quant à lui, réserve aussi d’immenses plages mais bien plus faciles d’accès et donc loin d’être aussi désertes. Sans parler de l’ambiance ultra-touristique autour du centre d’attraction Avonlea Village. Le visiteur en quête de quiétude pressera le pas.

     

    Mieux vaudra faire étape avant Cavendish, dans le petit village de pêcheurs de North Rustico, resté relativement typique. Et au hasard de la pêche, un imposant thon rouge sera peut-être dépecé à la tronçonneuse sous vos yeux, à même le quai, avant d’être plongé dans la glace pour être expédié au Japon. À Rustico, le Musée de la banque des fermiers racontera l’histoire de ce village acadien.

     

    Une fois passé Cavendish, la route côtière retrouve son charme bucolique. De temps à autre, un bout de chemin qui pique à angle droit vers l’océan attire irrésistiblement le voyageur, pour finir au bord de la dune et quelques cabanons de location saisonnière ou une poignée de maisons secondaires saupoudrées ici ou là.

     

    Et à nouveau la plage, ici un peu plus ocre, mais tout aussi déserte en plein mois d’août, si ce n’est quelques pièges à homard échoués et des grappes d’algues sombres déjà séchées.

     

    French River est l’un de ces petits hameaux qui semblent perdus au bord de la dune. L’excellent gite The Beach House Inn permettra de poser ses valises pour une nuit ou deux, de descendre à pied sur la plage où un petit phare blanc et rouge fait encore le guet, puis, allongé sur le sable, de goûter le temps qui passe sans urgence ni culpabilité de « farnienter ».

     

    Pour les amateurs de fruits de mer — d’huîtres, notamment —, l’objectif ultime de cette balade côtière de 120 kilomètres sera évidemment le petit port de Malpèque qui a donné son nom aux huîtres de la région. Le port endormi, presque fantôme en milieu de journée, aligne sa flottille à quai qui oscille dans l’eau. En face, une poignée de baraquements de pêcheurs bien rangés côte à côte et des empilements de pièges à homards ou de sacs à huîtres ici et là.

     

    Dans l’une des baraques, un restaurant de poche, à l’étage, récompense les touristes qui ont su s’éloigner du bourdonnement de Cavendish par son intimité et sa simplicité.

     

    Cinq ou six tables, dont une à la fenêtre avec vue sur le port, et un délicieux menu de fruits de mer : moules, homards, palourdes, pétoncles et, bien sûr, huîtres de Malpèque. Au rez-de-chaussée, un magasin au détail offre divers produits à emporter.

     

    À deux pas du port, la petite plage du parc provincial de Cabot Beach invitera de nouveau à la baignade et à la langueur. Dans le parc, l’ancienne école de village abrite un débit de crème glacée dans la grande salle de classe. Pour la nuit, les puristes pourront planter leur tente dans le parc. Ou revenir dormir à French River, à 15 kilomètres à peine. Et avant, partir en kayak de mer explorer la baie Malpèque et ses îles.

     

    À deux pas de French River, les amateurs d’huîtres et de cuisine feront le détour par New London. Ce sera l’occasion de tout de même sacrifier au rituel de Lucie Maud Montgomery (dont les musées pullulent sur l’île ; la route côtière 6 reproduit même sur sa signalisation la maison aux pignons verts stylisée) en visitant le lieu de naissance de l’auteure du roman.

     

    De l’autre côté de l’intersection, une barque orange annonce « Vente d’huîtres » à côté d’un drapeau de pirates. À l’arrière, dans son garage, l’ostréiculteur George Dowdle sera peut-être là à trier sa récolte du jour, de retour de la baie New London où il élève ses coquillages.

     

    Aussi aimable et réfléchi qu’imposant d’aspect avec sa grosse barbe noire et ses larges épaules de bûcheron, l’homme expliquera le système de sacs à huîtres flottants qu’il a mis au point. Ou confiera qu’il affine ses huîtres à même le sol, au fond de la baie, où une source naturelle vient adoucir le goût de ses mollusques pour rappeler presque la complexité des fines de claire élevées juste en face, de l’autre côté de l’Atlantique, en Charente, en France. (Les huîtres de George se retrouvent dans le meilleur bar à huîtres de Toronto.)

     

    Enfin, en face de chez George, une vieille église réaménagée abrite une école culinaire pour préparer les mets du coin. Fondée en 2012 par une Franco-Ontarienne de Sudbury, Annie-Marie Leroux, et épaulée par un chef cuisinier d’origine nicaraguayenne, Norman Zeledon, l’école propose divers cours à thème à partir du 3 juin 2014 : pour marquer le 150e anniversaire des accords de Charlottetown, recréer un menu de l’époque ou cuisiner avec de l’ail noir provenant d’une ferme locale, entre autres.

     

    Pour découvrir davantage le patrimoine acadien de l’île, il faudra continuer au sud-ouest de Malpèque, vers la région Évangéline.


    ***

     

    En vrac

     

    À lire. L’incontournable guide Ulysse Provinces maritimes du Canada (2013), notamment pour son survol historique de la province ou le chapitre numérique I-P-É à télécharger ici.

     

    Camping. Parc provincial de Cabot Beach ou parc national secteur Cavendish ou Dalvay.

     

    Région Évangeline. Un circuit côtier dans l’ouest de l’île pour prolonger son séjour après Malpèque et découvrir le patrimoine acadien avec des événements célébrant le 150e anniversaire.

     

    Sorties

     

    Parc national IPÉ

     

    Lieu de naissance en 1874 de Lucy Maud Montgomery, l’auteure d’Anne of Green Gables. Une petite maison blanche et verte décorée de meubles de l’époque victorienne, avec vue sur le port de New London. Fin mai à début octobre. 902 886-2099, george@annesociety.org

     

    Annie’s Table and Culinary Studio

     

    Malpeque Bay Kayak. Anne Murray, une enseignante qui habite au bord de la baie de Malpèque, propose des sorties écotouristiques en kayak ou paddle board, ou de la location kayak-vélo-paddle board et utilisation sauna infrarouge.

     

    The Dunes Studio Gallery and Café, Brackley Beach : petit restaurant et galerie d’artisanat local, avec notamment un jardin luxuriant de fleurs et sculptures orientales en plein air.

     

    Keir Memorial Museum. Petit musée sur l’histoire locale dans une ancienne église presbytérienne construite en 1927, à deux pas du parc provincial Cabot.

     

    Rustico Bay Wool Sweater Company : chandails de marin pur laine faits main dans la région.

     

    Banque des fermiers de Rustico et Maison Doucet.

     

    Musée des pêches de Basin Head. Le piège à homards n’aura plus de secrets pour vous après la visite de ce ravissant petit musée (l’un des sept de Musée et Patrimoine Î.-P.-É.). Raconte l’histoire de la pêche côtière dans la province avec photographies, maquettes et artefacts. En prime : une immense plage et un petit pont d’où l’on peut sauter dans l’eau. À partir du 4 juin. Dans le parc provincial de Basin Head.

     

    Le sentier de la Confédération. Aménagé sur une ancienne voie ferrée, le sentier pédestre et cycliste traverse l’île d’est en ouest.

     

    Célébrations du 150e anniversaire des accords de Charlottetown.

     

    Hébergement

     

    The Beach House Inn by the Sea : gîte à French River, de 149 $ à 169 $ la chambre ou chalet privatif.

     

    Dalvay-by-the Sea. Chambres ou chalets privatifs, de 199 $ à 399 $ $. À partir du 4 juin.

     

    Barachois Inn. Gîte dans une maison historique à Rustico, au coeur de l’ancien village acadien.

     

    Restaurants

     

    Malpeque Oyster Barn. Route 20, Malpeque Wharf Rd. 902 836-3999.

     

    Kitchen Witch Tea Room. Petit café près de New London, dans une ancienne école perdue au milieu de nulle part, pour une ambiance rustique d’antan et de délicieuses pâtisseries maison. 

     

    Shipwright’s. Restaurant haut de gamme cuisinant principalement des produits locaux (voire cultivés sur place) par le chef propriétaire Calvin Burt, dans sa cuisine ouverte. À proximité de New London, ouvert tous les jours de juin à septembre.

     

    Renseignements : peiflavours.ca, site promotionnel provincial du tourisme culinaire et produits locaux, avec restaurants, parcours, etc.

     

    Notre journaliste était l’invité de Tourism PEI et de Via Rail

    Le calme et l’isolement du parc Greenwich tranchent avec les deux autres parties plus à l’ouest, Brackley-Dalvay et Cavendish. Le petit port de Malpèque, qui a donné son nom aux huîtres de la région. Une assiette de ces huîtres au restaurant portuaire Oyster Barn. Annie’s Table, une vieille église réaménagée en une école culinaire, à New London.












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