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    Passer Noël au Château Frontenac

    À Québec, nul autre hôtel ne permet de vivre aussi intensément la féerie du temps des Fêtes

    5 décembre 2009 |Gary Lawrence | Voyage
    Au Château Frontenac, pour des tarifs plus que raisonnables, on a droit à une nuitée avec petit déj’ ou à un menu gastronomique quatre services pour deux.
    Photo: Gary Lawrence Au Château Frontenac, pour des tarifs plus que raisonnables, on a droit à une nuitée avec petit déj’ ou à un menu gastronomique quatre services pour deux.
    — «Monsieur Lawrence? Ah oui. Nous vous avons réservé la suite Trudeau-Carter. J'espère qu'elle vous conviendra.»

    — «Trudeau... comme dans Justin?»

    — «Euh... non. Son père, plutôt.»

    — «...»

    En apprenant que je passerais deux nuits dans la suite où avait l'habitude de descendre l'ancien premier ministre, j'avoue avoir éprouvé un certain malaise, pour ne pas dire une poussée d'angoisse. Allais-je me sentir observé toute la nuit par celui qui a jadis proféré «Just watch me»? Son fantôme viendrait-il troubler mon sommeil réparatiste? Ou dormirais-je dans une chambre qu'on n'aurait pas rénovée depuis des lustres, en souvenir du passage de P.-E. T. et de son penchant pour l'aloi des masures de naguère?

    Loin s'en fallut, au contraire. D'abord, cette suite Trudeau-Carter n'en est pas une: c'est un génial appartement moderne et grand luxe, qui s'étire sous les combes et dont l'une des extrémités est fermée par un salon circulaire, dans une tour d'angle donnant sur le fleuve. À force d'attendre le soleil s'y poindre au petit matin, le nez collé à la fenêtre, je me suis vite surpris à jouer les châtelains.

    Mais qu'importe la suite ou la chambre, c'est le lieu qui compte, surtout à Noël, a fortiori en famille: à Québec, nul autre hôtel ne permet de vivre aussi intensément la féerie du temps des Fêtes, grâce au cadre si puissamment évocateur du Château Frontenac.

    Dès qu'on met le pied dehors et qu'on baguenaude dans les vieilles ruelles qui s'articulent autour, on se rend également compte à quel point cet établissement est situé au coeur de l'inaction des Fêtes, quand le Vieux-Québec se la roucoule douce, qu'il roule un peu plus au ralenti et que ses façades, ses fenêtres et ses arbres font du pointillisme lumineux.

    À l'intérieur de l'hôtel, les nobles boiseries du grand hall s'accommodent fort bien du fatras de guirlandes, des cohortes de sapins et des douces cordes qui résonnent en musique de fond. En fait, voilà déjà un mois que le Château Frontenac a revêtu ses atours des Fêtes, depuis le lancement de la promotion Noël en novembre, qui se poursuit tous les week-ends jusqu'au 20 décembre.

    Pour des tarifs plus que raisonnables, on a droit à une nuitée avec petit déj' ou à un menu gastronomique quatre services pour deux. À cela s'ajoutent dégustation de chocolats fins mais aussi ateliers de confection de décorations, d'accords mets-vins et surtout de bonne chère, avec le maître-queux des lieux, Jean Soulard. Après pareille mise en bouche, la table est mise pour une soirée de ripaille au Champlain, le restaurant quadruplement diamanté (CAA) de l'hôtel.

    Évidemment, pendant les ateliers, les enfants préfèrent aller se dégourdir les gambettes avec Santol, l'ambassadeur canin attitré du Château Frontenac. D'autres vont s'esbaudir à la ravissante piscine intérieure aux grandes baies vitrées, d'autres encore vérifient la cote de confort des cuisses du père Noël, qui est de faction tous les dimanches matin.

    Pour ma part, j'avoue avoir voulu profiter le plus souvent possible de ma suite, en renifler tous les racoins et en tâter tous les coussins, m'y attabler souverainement ou y bouquiner nonchalamment, en jetant un oeil distrait sur la glissoire de la terrasse Dufferin ou sur les toits en mansarde du parc des Gouverneurs. Le tout en tentant d'oublier l'illustre personnage qui a jadis occupé les lieux.

    La dernière nuit, mon inquiétude s'est cependant ravivée lorsque fiston, en plein sommeil, a chuté de son lit pour se heurter le crâne sur le calorifère. Encore aujourd'hui, quand je caresse sa tête, je crains toujours sentir une cicatrice, comme celle que porte au front le héros d'une série de romans à succès. Et si jamais fiston devient un jour un chantre du plus-meilleur-pays-du-monde, je saurai que c'est cette nuit-là que P.-E. T., celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom, l'a frappé.

    ***

    Collaborateur du Devoir

    ***

    L'auteur était l'invité de Fairmont.
    Au Château Frontenac, pour des tarifs plus que raisonnables, on a droit à une nuitée avec petit déj’ ou à un menu gastronomique quatre services pour deux. De la fenêtre de certaines chambres, on peut voir le soleil se lever sur le fleuve.












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