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    Critique resto

    Street Monkeys: petits singes cambodgiens rue Wellington

    20 octobre 2017 | Jean-Philippe Tastet - Collaborateur | Restaurants
    Le décor des Street Monkeys est plutôt réussi avec ses grands bouddhas peints aux murs, ses longues bandes de néon désaxées et toutes ces couleurs qui créent un ensemble festif et invitant.
    Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Le décor des Street Monkeys est plutôt réussi avec ses grands bouddhas peints aux murs, ses longues bandes de néon désaxées et toutes ces couleurs qui créent un ensemble festif et invitant.

    Un restaurant cambodgien en plein Verdun ! Il fallait bien que ça arrive tôt ou tard. Avec tous ces jeunes multiethniques venus s’installer dans l’arrondissement, on pensait bien que la restauration traditionnelle allait prendre le bord.

     

    Aux enseignes « Cuisine canadienne » et « Sandwichs, chiens-chauds, hambourgeois » sont venues s’ajouter des cuisines d’ailleurs, turque hier, cambodgienne aujourd’hui. Celle des Street Monkeys est la dernière en date.

     

    Sans doute inspirés par les macaques facétieux qui vagabondent dans les rues des villes et villages du Cambodge, le chef Tota Oung et quelques amis ont décidé d’ouvrir sous ce nom intrigant. Ils proposent un menu assez succinct et raisonnablement exotique.

     

    Moins d’une vingtaine de plats présentés en formule tapas qui incitent au partage et permettent de découvrir. Les prix permettent eux aussi de se lancer à l’aventure, 9 $ étant le coût moyen d’une assiette dans la liste des 18 proposées par ces jeunes gens.

     

    Le décor planté là est plutôt réussi, ces grands bouddhas peints aux murs, ces longues bandes de néon désaxées, toutes ces couleurs — sans parler de ce grand cellier tentateur en vitrine — créent un ensemble festif et invitant. On se sent tout de suite un peu cambodgien.

     

    Afin de bien nous imprégner de la culture et de ces nouveaux liens Phnom Penh-Verdun, nous avons écouté les conseils du jeune homme au service, conseils judicieux d’un connaisseur à l’intention de profanes intéressés.

     

    Pas à la postérité

     

    Certains plats ne passeront pas à la postérité, comme ces rouleaux impériaux frits au porc et au taro, peu goûteux et frits à l’excès, ou cette salade de papaye coupée trop grossièrement et dans laquelle se perdent des éléments — carotte, haricots longs et tomates cerises — qui nuisent au plat. La seule vinaigrette à la lime, tamarin, piment oiseau et sauce poisson ne rattrape pas l’exercice.

     

    Rien de particulièrement excitant non plus dans ces brochettes de poulet maltraitées par une cuisson hasardeuse et qui laissent sceptiques sur les intentions de la cuisine, malgré les fioritures de curcuma, de citronnelle et autres artifices.

     

    Il faudrait enfin beaucoup de bonne volonté pour trouver excitante cette version cambodgienne de Mee Siam, des vermicelles de riz frits préparés ici avec une certaine désinvolture ; après quelques-uns des cocktails proposés par la maison, peut-être, mais à jeun comme je l’étais, c’est un peu trop approximatif.

     

    Par contre, d’autres plats conçus avec autant d’équilibre que d’intelligence et préparés avec soin soulèvent l’enthousiasme. Cette salade d’aubergines grillées, par exemple, servie avec une vinaigrette à la lime, forte en citronnelle, en basilic thaï, et dans laquelle la sauce au poisson apporte une note réjouissante.

     

    Trois autres succès qui font le bonheur de la soirée : poisson-amok pané avec une sauce de cari rouge et garni de lait de coco, de lanières de poivrons rouges et de ficelles de taro ; brochettes de boeuf marinées à la citronnelle, au galanga et au sucre de palme ; et crevettes légèrement blanchies et marinées dans une vinaigrette de lime, sauce poisson et légère touche de wasabi.

     

    Riz jasmin et riz collant sont en option recommandable pour deux petits dollars bien investis.

     

    Bilan de la visite : une soirée divertissante dans un endroit improbable, entouré que l’on est d’un dynamisme ambiant contagieux.

     

    Ce doit être une tendance qui se transforme en nouvelle réalité dans le monde de la restauration. Ici encore, un jeudi soir très achalandé, le chef n’était pas là.

     

    Bon, ce n’est pas si grave puisque le repas était délicieux, mais il y a quand même quelque chose d’agaçant à ne jamais pouvoir parler à celui qui, en principe, a élaboré le menu.

     

    Par contre, Sihour Kong, son cousin, était là et nous avons fait la connaissance de Pouria, un jeune Iranien perdu au milieu de tous ces Asiatiques qui nous a servis avec une élégance toute perse contribuant au plaisir de la soirée.

     

    Ouvert en soirée, du mardi au dimanche. Si vous restez calmes avec les cocktails et le jus de raisin fermenté, l’addition sera, comme mentionné plus haut, très raisonnable. Mystérieusement, le beignet de bananes — annoncé quelques semaines auparavant à 67 ¢ — était passé à 5 $. On grommellera modérément, car l’assiette contenait de quoi nourrir une famille de petits singes hurleurs.

     

    À propos du contenu du beau cellier en devanture, l’expert mondial Jean Aubry dit ceci : « Boit-on du vin avec la cuisine cambodgienne ? Est-ce culturellement crédible ? Toujours est-il qu’ici, les blancs demeurent des choix évidents, surtout que la sélection est somme toute correcte. Mais, bien modestement, que vient faire ici ce Dom Pérignon à 375 $ ? Ça donne l’impression de se faire servir un filet de boeuf à la Wellington dans un greasy spoon ! »

    Légendes ★ Je regrette de devoir vous en parler
    ★★ Pas mauvais, mais on n’est pas obligés de s’y précipiter
    ★★★ Bonne adresse
    ★★★★ Très bonne adresse
    ★★★★★ Adresse exceptionnelle pour la cuisine, le service et le décor

    $ Le bonheur pour une vingtaine
    $$ Une quarantaine par personne
    $$$ Un billet rouge par personne
    $$$$ Un billet brun par personne
    $$$$$ Le bonheur n’a pas de prix

    Les Street Monkeys
    ★★★
    3625, rue Wellington, Verdun ☎ 514 768-1818












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