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    Critique resto

    Otto Yakitori: un Japonais peut en cacher un autre

    25 août 2017 | Jean-Philippe Tastet - Collaborateur | Restaurants
    Bistro japonais sans prétention, le restaurant Otto Yakitori est un petit établissement bien dégourdi du secteur de l’Université Concordia.
    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Bistro japonais sans prétention, le restaurant Otto Yakitori est un petit établissement bien dégourdi du secteur de l’Université Concordia.

    Sous « fixeur, euse », Le Petit Robert dit : « Personne qui sert d’intermédiaire, d’interprète et de guide à un(e) journaliste dans un pays peu sûr. » Pour notre promenade gourmande d’aujourd’hui, la fixeuse s’appelle Kuniko Fujita, et le pays peu sûr est la cuisine populaire du Japon avec comme adresse exemplaire Otto Yakitori.

     

    Tokyoïte érudite, madame Fujita est depuis des années la guide incontournable de toutes mes consoeurs et tous mes confrères voulant écrire sur les marmites japonaises ou japonisantes sans dire trop de bêtises. Étant moi-même japoniste gastronome un peu ignare, je sollicite à l’occasion son avis sur tel ou tel plat, telle ou telle spécialité, telle ou telle adresse.

     

    Otto Yakitori est à la cuisine japonaise ce que le bistro du coin est à la gastronomie française, c’est-à-dire que l’on y mange sans devoir garder l’auriculaire en l’air et que l’on vous sert sans courbettes excessives de délicieuses petites spécialités. En l’occurrence ici des brochettes, yakitori en japonais. Pas de sushis, pas de sashimis, des brochettes. Le menu est d’une obligeante simplicité pour l’Occidental moyen, simplicité et générosité. Une demi-douzaine d’entrées, deux ou trois salades, des brochettes de poulet qui constituent le point d’orgue du repas, d’autres grillades embrochées de boeuf, de porc, de canard, de maquereau ou autre tofu.

     

    Poulet entier

    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Otto Yakitori propose de délicieuses petites spécialités. En l’occurrence des brochettes, yakitori en japonais. Le menu est d’une obligeante simplicité.

    À défaut de vous pointer en élégants kimonos, vous pourriez vous mettre dans l’ambiance en grignotant quelques edamames ou en partageant un petit bol de flan aux oeufs relevé d’oursin. Ensuite, aidé en cela par les tout petits prix pratiqués par la maison, vous voudrez sans doute vous jeter dans les brochettes. Selon les chefs de Otto, tout est bon dans le poulet. Les cruciverbistes seront heureux de voir qu’ils ne sont pas les seuls à utiliser le « sot-l’y-laisse », et les béotiens en poulaillers découvriront les charmes du coeur, du gésier, du foie ou de la peau une fois toutes ces choses passées sur le grill avec délicatesse. Si vous êtes d’obédience plutôt maraîchère, Otto prépare de très jolies assiettes de légumes brochetés, tomates cerises, chou-fleur, courgette et jolies têtes de champignon rehaussées d’huile de truffe.

     

    Afin de vous rassasier si vous êtes en grand appétit, je vous suggère de poursuivre avec la version maison du bibimbap, ce succulent mélange de riz, petits éclats de porc légèrement épicé et légumes émincés servi dans un bol en pierre chauffé au four.

     

    Si vous êtes en manque d’inspiration, Nicole ou une de ses collègues tourbillantes vous suggéreront peut-être le « Otto Chicken Set » ou le « Otto Veggie Set », deux très belles assiettes d’un assortiment de brochettes au choix du chef, huit de poulet et six de légumes — ce qui, sans aller jusqu’à vous jeter sur le tatami, vous permettrait de découvrir que la délicate brochette japonaise n’a rien à envier aux plus dodues, mais moins divertissantes, venues d’autres horizons.

     

    En fin de menu, trois desserts sont là plus pour la forme que pour autre chose et dont on peut se passer. On ressort de table guillerets, rassasiés sans être étourdis, ni par la cuisine ni par l’addition, surtout si on est amateurs de thés.

     

    Côté rafraîchissements alcoolisés, beaucoup de belles propositions — bières, cocktails et surtout sakés — commentées par mon éminent collègue M. Aubry comme suit : « Si les quatre vins qui composent la carte équilibrent la cuisine de cette maison, les cocktails, mais surtout les nombreux sakés demeurent ici une pièce de résistance incontournable. Toutefois, soyez prudents avec le saké, votre japonais prendra rapidement du galon au fur et à mesure de votre conversation, à moins que ce soit de votre consommation. »

     

    Arigato Kuniko Sama !

    Légendes 

    ★ Je regrette de devoir vous en parler
    ★★ Pas mauvais, mais on n’est pas obligés de s’y précipiter
    ★★★ Bonne adresse
    ★★★★ Très bonne adresse
    ★★★★★ Exceptionnel : cuisine, service, décor

    $ Le bonheur pour une vingtaine
    $$ Une quarantaine par personne
    $$$ Un billet rouge par personne
    $$$$ Un billet brun par personne
    $$$$$ Le bonheur n’a pas de prix

     

    Expérience, appétit et terroir Pour sa 4e édition, le Festival, YUL EAT (YUL pour Montréal, E pour Expérience, A pour Appétit et T pour Terroir), qui se déroulera les 2, 3 et 4 septembre sur le quai de l’Horloge, propose de superbes activités : parcours gourmand, « food court », marché de producteurs locaux, fumoir, ateliers de cuisine, conférences et démonstrations de cuisine d’une trentaine de kiosques.

    En chiffres : 35 restos ; 42 kiosques de producteurs locaux ; une vingtaine de chefs sur trois jours et 1500 repas préparés dans le « Smoke House » ; près d’une centaine d’ateliers de cuisine, de conférences et de démonstrations ; 28 000 litres d’alcools ; 6750 kg de viande et poisson prévus ; 7600 kg de légumes.
    Otto Yakitori
    ★★★
    Ouvert midi et soir, du mercredi au lundi. À midi, comptez une petite vingtaine de dollars et en soirée, une quarantaine. 1441, rue Saint-Mathieu, Montréal, ☎ 514 507-8886, $ 1/2












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