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    Critique resto

    Le maudit Français, une belle table dans le Vieux-Terrebonne

    5 mai 2017 | Jean-Philippe Tastet - Collaborateur | Restaurants
    Le maudit Français offre un menu classique, très français, presque familial, avec des accents venus de l’enfance du chef.
    Photo: Le maudit Français Le maudit Français offre un menu classique, très français, presque familial, avec des accents venus de l’enfance du chef.

    Mes amis banlieusards ont de l’humour. Ils m’avaient parlé d’une bonne table à Terrebonne. Elle l’était. Rien de stratosphérique sur la carte, mais du bon ou même du très bon dans les assiettes. Du soigné, à l’ancienne, comme dans un jardin avec des rangs de carottes et de petits pois tirés au cordeau.

     

    Par contre, ils ne m’avaient pas précisé le nom de l’établissement en question. Surprise à l’arrivée, l’enseigne dit « Le maudit Français ». J’aurais sans doute hésité, les ayant fuis en courant il y a belle lurette.

     

    Ces amis banlieusards sont de fines fourchettes, les deux gars sont un peu portés sur la bouteille, mais ce sont toujours des bouteilles de qualité et ce restaurant est un « Apportez votre vin ». L’aîné ayant apporté deux très beaux crus, le cadet remballa ses deux jolis bourgognes avec lesquels j’aurais bien aimé passer un moment.

     

    Le maudit Français en question, chef propriétaire de la maison, avait décidé de ne pas être aux fourneaux le soir de notre visite. On n’a plus les immigrés qu’on avait, durs à la tâche, impossibles à arrêter. Pour qui fait métier de critiquer, l’absence du chef le soir d’une visite offre de juteuses perspectives ; soit c’est une catastrophe et l’occasion d’un papier vitriolique, soit la brigade tient les casseroles bien en main et c’est un plaisant exercice. Cette visite à Terrebonne s’inscrit davantage dans la seconde possibilité.

     

    Plusieurs salles

     

    Le menu est au tableau un peu partout sur les murs du restaurant qui compte plusieurs salles. Tout, ou à peu près tout est également sur le site Internet de la maison. Un menu classique, très français, presque familial, avec des accents venus de l’enfance du chef. Une petite vingtaine de choix, sept entrées, six plats principaux et quatre desserts.

     

    Parmi les entrées, ces éclats de moelle posés sur trois petites tartines grillées étaient parfaits. Servis dans une assiette en longueur, les croûtons reposaient sur un lit de sauce marchand-de-vin avec une pointe d’échalotes françaises très appropriée.

     

    Et un très intéressant tartare de saumon chapeauté d’une fine tranche de racine de lotus et accompagné de kaniwa, un petit cousin sud-américain du quinoa, au goût de noisette et légèrement citronné.

     

    Les garçons étaient moins enthousiastes, l’un trouvant que ses arancinis étaient beaucoup trop alourdis et l’autre, que ses crevettes colorées avaient perdu toute saveur. Pour le descriptif de ce plat, le menu disait entre autres : « calamars marinées » (sic). Je vous passerai les commentaires lumineux des deux frangins sur le sexe des calamars.

     

    En milieu de repas, pour mettre un peu d’ambiance et rappeler ses origines, le chef propose quatre versions de trou normand, rhums ou vodka mêlés de fraise, d’abricot, d’ananas ou de fruit de la passion en sorbets.

     

    Les plats principaux

     

    La réussite est plus uniforme en ce qui concerne les plats principaux. Un très beau filet de dorade royale, accompagné de quelques crevettes et déposé sur un pressé de panais caramélisés ; un beau cube de boudin noir, tendre au coeur et croustillant sur ses côtés, ou encore un pavé de thon mi-cuit posé sur une sauce au foie gras particulièrement réussie.

     

    Sans doute mes ris de veau auraient-ils gagné à ne pas être écrasés aussi virilement. Ils avaient ainsi perdu cette tendreté sous le croustillant qui les caractérise, ce moelleux si particulier qui fait le bonheur des amateurs. La sauce aux cèpes, toute réussie qu’elle ait été, ne rattrapait pas l’erreur.

     

    Chacun des plats principaux est accompagné d’une petite assiette d’un assortiment de légumes (pâtisson, chou frisé, petite tomate, carotte, chou de Bruxelles et cie) et d’une délicieuse verrine de courge butternut, crème Chantilly avec une pointe d’huile de truffe.

     

    À défaut d’originalité, tous ces légumes démontrent une générosité louable et une dextérité certaine dans l’utilisation parcimonieuse de l’huile de truffe, que les cuisiniers moins talentueux ont la fâcheuse habitude d’utiliser à la louche.

     

    Parmi les desserts, Comme une tarte au citron se distingue avantageusement, peut-être pas tant visuellement que gustativement. Sur un long biscuit de pâte sablée, une crème citron parfaite, riche juste ce qu’il faut, pas trop sucrée, savoureuse.

     

    Sous trois gros bleuets et encadrée de points de coulis de framboises, la chose a un peu tendance à ressembler à une grosse chenille jaune, mais la première bouchée avalée, on se laisse entraîner.

     

     

     

    Ouvert en soirée du mercredi au dimanche. Entrées de 7 $ pour une petite verte à 18 $ pour le foie gras de canard mi-cuit et chutney du moment ; trou normand à 5 $ ; plats principaux de 29 $ à 50 $ et desserts à 8 $. Carafes d’eau, taxes et pourboire compris, cette petite escapade gastronomique dans la MRC Les Moulins aura coûté 156,60 $ pour deux personnes, ce qui, même en dollars terrebonniens, représente une somme assez rondelette.

    Légendes

    ★ Je regrette de devoir vous en parler
    ★★ Pas mauvais, mais on n’est pas obligés de s’y précipiter
    ★★★ Bonne adresse
    ★★★★ Très bonne adresse
    ★★★★★ Adresse exceptionnelle pour la cuisine, le service et le décor

    $ Le bonheur pour une vingtaine
    $$ Une quarantaine par personne
    $$$ Un billet rouge par personne
    $$$$ Un billet brun par personne
    $$$$$ Le bonheur n’a pas de prix
    Le maudit Français
    ★★★ 1/2
    285, boulevard des Braves, Terrebonne, ☎ 450 824-9991, $$$ 1/2.












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