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    Critique resto

    Dessine-moi un restaurant comme Prince

    31 mars 2017 | Jean-Philippe Tastet - Collaborateur | Restaurants
    Le décor du restaurant Prince est simple et de bon goût, suffisamment chic pour qu’on s’y sente bien, suffisamment retenu pour qu’on ne craigne pas de s’y faire plumer. Princier, donc, mais proche de nous, le bon peuple.
    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Le décor du restaurant Prince est simple et de bon goût, suffisamment chic pour qu’on s’y sente bien, suffisamment retenu pour qu’on ne craigne pas de s’y faire plumer. Princier, donc, mais proche de nous, le bon peuple.

    Vous m’excuserez, le restaurant s’appelle Prince et le local est petit ; je n’ai pas pu résister à ce titre un peu facile. Facile comme une soirée à la table de Charles-Antoine Malenfant Beaulieu et Adam Martin, respectivement chef et sous-chef chez Prince.

     

    Sur sa page Facebook, ce dernier s’identifie comme « Prince des ténèbres en chef chez Prince Restaurant », mais ne vous y fiez pas, rien de ce qui est sorti de leur cuisine le soir de notre passage n’était sombre.

     

    Il y aura bientôt affluence de princesses à cette adresse, tant les deux petits princes aux fourneaux travaillent bien. Les responsables de la maison ont accordé un soin méticuleux à tous les petits détails qui font la réussite d’une soirée au restaurant.

     

    Décor simple et de bon goût, suffisamment chic pour qu’on s’y sente bien, suffisamment retenu pour qu’on ne craigne pas de s’y faire plumer. Princier, donc, mais proche de nous, le bon peuple.

     

    Le menu est lui aussi élégant, sans débordements intempestifs. Une vingtaine de propositions très alléchantes, incluant ce Caviar Northern Divine venu de Colombie-Britannique et ayant reçu la bénédiction bio de tous les organismes s’assurant que les produits venus de la mer ou de l’aquaculture qui se trouvent dans nos assiettes sont issus de processus civilisés.

     

    Ce caviar vaut le détour, accompagné simplement de blinis et de crème fraîche, comme à la cour du tsar.

     

    Les assiettes sont montées avec délicatesse et un je-ne-sais-quoi de féminin, un compliment adressé aux deux jeunes chefs, cette touche n’étant malheureusement pas si souvent que ça présente dans la cuisine des chefs en début de carrière.

     

    Deux entrées irréprochables, crevette et pieuvre. La première : une crevette de roche explosée, présentée dans un étui de kataifi frit et accompagnée entre autres d’une mayonnaise maison très intelligemment soulignée de yuzu.

     

    La seconde : de beaux morceaux de pieuvre grillés juste ce qu’il faut pour rester tendres, une pointe d’ail en arrière-plan, beurre noisette, xérès, le tout couronné de deux feuilles d’endives rouges.

     

    En plats principaux, une assiettée de gnocchis à la moutarde, céleri-rave, consommé d’oignon et parmigiano reggiano en copeaux, attestant que le chef maîtrise les principes de ce plat exigeant une certaine subtilité pour se démarquer. Suit un généreux pavé de morue sur un lit de purée un peu terne dans cette assiette, yaourt, coriandre, pomme de terre et kimchi maison.

     

    Au chapitre des propositions malhonnêtes — et ô combien irrésistibles comme le sont souvent les propositions malhonnêtes —, des frites maison arrosées de mayonnaise, de parmesan, de ciboulette ciselée et accompagnées de choux de Bruxelles croustillants.

     

    La maison a également le bon goût de proposer du pain boulangé chez Automne et de le facturer trois petits dollars, ce qui est bien peu compte tenu du fait qu’il s’agit de mies et de croûtes exceptionnelles.

     

    Trois desserts aussi, dont une superbe tartelette du moment, ce soir-là au fruit de la passion, pâte de biscuit Graham, crémeux yaourt et chocolat blanc fondant, brunoise d’ananas et flocons de noix de coco.

     

    Ouvert en soirée du mardi au dimanche. Une cinquantaine de dollars par personne vous garantit des frissons de plaisir déraisonnables ; si vous consentez quelques dollars de plus — incluant le menu dégustation de cinq services pour 65 $ —, vous vivrez de grands moments.

     

    Compte tenu de la qualité des assiettes, vous voudrez puiser dans votre réserve une de ces très bonnes bouteilles que vous gardiez pour une belle occasion.

     

    Si vous n’en possédez pas, le sommelier d’État vous aidera à faire un choix éclairé dans sa propre réserve avant de vous rendre au restaurant.


    Légendes

    ★ Je regrette de devoir vous en parler
    ★★ Pas mauvais, mais on n’est pas obligés de s’y précipiter
    ★★★ Bonne adresse
    ★★★★ Très bonne adresse
    ★★★★★ Adresse exceptionnelle pour la cuisine, le service et le décor

    $ Le bonheur pour une vingtaine
    $$ Une quarantaine par personne
    $$$ Un billet rouge par personne
    $$$$ Un billet brun par personne
    $$$$$ Le bonheur n’a pas de prix

    Prince
    ★★★★
    771, rue Rachel Est, Montréal, ☎ 514 528-8555, $$$












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