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    Les nouveaux brasseurs

    28 août 2015 | Jean-Philippe Tastet - Collaborateur | Restaurants
    La brasserie Harricana profite d’un environnement élégant, avec beaucoup d’espace et du bois omniprésent.
    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir La brasserie Harricana profite d’un environnement élégant, avec beaucoup d’espace et du bois omniprésent.

    Oubliez tout ce que vous avez lu ou vu concernant les brasseries. En entrant ici, vous entrez dans une nouvelle dimension. J’étais passé quelques jours avant ma visite pour cette chronique. « Nous voudrions juste jeter un coup d’oeil, nous avons déjà une réservation en face. »

     

    La jeune femme à l’accueil a conservé son sourire et sa bonne humeur, nous a fait gentiment visiter les lieux et souhaité de revenir bientôt. « C’est dommage que vous préfériez une soupe Pho, notre buffet aujourd’hui est vraiment intéressant », conclut-elle dans un imperceptible soupir. Si j’avais quelque chose à promouvoir, j’engagerais Léonie sans hésiter.

     

    Cette Brasserie Harricana est ce dont rêvent tous les brasseurs au monde. D’abord, c’est très beau, ce qui met tout le monde, que l’on brasse ou pas, de bonne humeur. Beaucoup d’espace, du bois omniprésent comme à Amos, du marbre comme dans une carrière et un mélange harmonieux d’éclats modernes et de belles vieilles choses apportées ici par la propriétaire pour lui rappeler combien les vieilles choses sont importantes ; elle me salua en conséquence.

     

    Alain Carle, brillant architecte hyperactif, a conçu un environnement si élégant et si beau que, forcément, on se sent soi-même plus élégant et plus beau. Ceci expliquant cela, on comprend que le bureau d’architecte de monsieur Carle ait autant de succès.

     

    Le soir de notre passage, le mercure oscillait autour du point d’ébullition. À la table voisine, quatre jeunes femmes, élégantes et très belles, furent bientôt rejointes par un jeune homme si beau que je décidai de tourner le dos à leur tablée et de me concentrer sur le menu. À mon grand regret, je suis facilement déconcentré par l’élégance et la beauté, surtout les soirs de canicule. Je me soigne en mangeant.

     

    La carte de la maison indique hors de tout doute que les amateurs de bière qui fréquentent l’endroit en légion mangent beaucoup et bien, l’éventail de choix proposés étant particulièrement impressionnant. Et quand je parle d’éventail, la température ambiante aidait à bien étudier la chose.

     

    La carte ouvre sur « Oeuf mimosa – Deviled egg » et poursuit avec des propositions classiques associées aux menus des brasseries d’antan, chips et trempettes, marinades de toutes sortes et burgers de tout acabit.

     

    On sait tout de suite que certaines traditions sont prises très au sérieux par Marie-Pier Veilleux, la patronne, tombée dedans quand elle était petite et qu’elle courait entre les tables de la brasserie de ses parents, sur les rives de la rivière Harricana.

     

    Des plats plus bistro sont là aussi. Ces carottes rôties au thym et au miel ainsi que ces betteraves et feuillage commencèrent à nous mettre en appétit. Mademoiselle P. sauta dans un burger de lotte avec tant d’enthousiasme que je ne peux que vous en dire du bien.

     

    Mademoiselle P., outre un talent inégalé pour la béarnaise, cuisine avec discernement et est une examinatrice attentive de tous les plats que nous dégustons ensemble à l’occasion. À l’occasion aussi, elle m’en laisse une toute petite bouchée pour que je me fasse une idée.

     

    Sur le menu était indiqué « Faux Filet – Rib Eye Steak (400 g – 14 oz) ».

     

    J’aurais dû me méfier, même pour un grand garçon comme moi: 400 grammes, c’est beaucoup. La viande était tendre comme une soirée d’été en Abitibi-Témiscamingue, servie bleue tel que demandé. Un gigantesque plat de frites maison arriva, qui m’acheva.

     

    Léonie vint avec son sourire malicieux s’enquérir de notre santé et proposa des desserts. Par politesse, nous en prîmes un avec deux cuillères. Le gâteau Reine-Élisabeth était parfait, moelleux, dodu, plein de saveurs.

     

    J’ai payé dans un état second, l’excès de nourriture causant souvent des troubles momentanés. Nous avions prévu de prendre quelques-uns de ces shooters de la maison, si tentants — elle, le Harricanabomb (stout et bourbon), moi, le Concombre, menthe, lime —, mais la perspective d’ingurgiter quoi que ce soit d’autre nous fit quitter les lieux avant, repus au-delà du raisonnable. Allez-y un soir de grande faim. Tout est préparé avec soin. Le lendemain, au saut du lit, je mourais de faim à nouveau.













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