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    Pullman, une maison qui tient bien la route

    21 novembre 2014 | Jean-Philippe Tastet - Collaborateur | Restaurants
    Il est peu de maisons spécialisées où le profane et le client connaisseur en étiquettes ont autant de plaisir à venir s’asseoir pour passer la soirée.
    Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir Il est peu de maisons spécialisées où le profane et le client connaisseur en étiquettes ont autant de plaisir à venir s’asseoir pour passer la soirée.
    3424, avenue du Parc, Montréal, 514 288-7779

    Ah ! Les belles bouteilles… et les belles assiettes ! Dix ans après son ouverture, le Pullman n’a pas pris une ride, il a juste grandi et confirmé ce qu’il laissait présager aux premiers jours, c’est-à-dire que c’est une maison qui tient très bien la route.

     

    Une belle petite route de campagne où l’on prend plaisir à flâner et où, à l’occasion, on s’arrête pour savourer la vie.

     

    On dépose le vélo sur le bas-côté herbeux et on sort du panier en osier saucissons et terrines, fromages, petits gâteaux et bouteilles de rouge pour pique-niquer au bord d’un ruisseau croisé opportunément. Allusion bucolique pour un établissement si urbain.

     

    Au moment de son lancement en 2004, le Pullman était l’un des rares bars à vins en ville, précurseur de ce qui allait devenir une mode.

     

    On venait y prendre un verre, ou deux, ou carrément quelques bouteilles entre amis en se disant qu’on trouverait bien quelque chose à grignoter.

     

    Un coup d’oeil à ce que la maison proposait comme assiettes et on savait que l’on ferait plus que grignoter. Tout était savoureux, sans complications, simple et rassurant. Ça l’est toujours, et même un peu plus.

     

    Sous la houlette de Catherine qui, d’un seul sourire, mettait le feu au coeur des premiers clients, et de Bruno, qui faisait le même effet aux belles clientes, la maison a ajouté du volume et quelques salles en haut sont venues s’ajouter au petit espace initial.

     

    L’attrait de cette adresse

     

    Le nombre de places a augmenté substantiellement, mais on a réussi à conserver intacts plusieurs éléments qui font l’attrait de cette adresse : qualité du service, compétence du personnel, petites assiettes soignées, carte de vins pour clientèle curieuse et connaisseuse.

     

    Il est peu de maisons spécialisées où le profane et le client connaisseur en étiquettes auront autant de plaisir à venir s’asseoir pour passer la soirée.

     

    Même si je considère être presque nul en bouteilles, je dois avouer ne m’être jamais senti mal à l’aise dans ce « bar à vins ».

     

    Le personnel prend le temps d’expliquer, de jauger le degré d’intérêt et la palette des goûts de chacun, et propose des verres qui s’avèrent toujours à propos.

     

    Détail appréciable qui incite à revenir. À voir la chaude ambiance qui régnait lors de ma plus récente visite, la clientèle apprécie le travail délicat de Véronique Dalle et de ses collègues.

     

    La très impressionnante carte des vins est accompagnée de propositions de cuisine tout aussi émouvantes. Le menu est décliné en cinq tableaux : « Snacks – Classiques – Saisonniers – Fromages – Sucrés ». On pioche selon l’humeur du moment et l’appétit de chacun.

     

    On ne grimpe jamais dans la stratosphère des grandes étapes gastronomiques — Kadeau ou Mielcke Hurtigkarl à Copenhague (ma minute de name-dropping danois), mais on reste tout de même très au-dessus des nuages qui obscurcissent souvent nos assiettes, au Danemark comme chez nous.

     

    Ici, plein soleil avec de petites choses délicieuses facturées à des prix si doux que, forcément, on tombe un peu dans l’une des 450 à 500 références que l’experte en sommellerie a achetées en pensant à nous.

     

    Le chef soigne ses plats

     

    Le chef Brian Labchuk soigne ses plats. Rien ne dépasse et tout est en quantité suffisante pour se donner bonne conscience.

     

    On peut commencer par grignoter quelques bouchées de chèvre frais aux herbes, poivrons piquants ; de délicieuses gougères et ces crevettes et chorizo auxquelles il est si dur de résister.

     

    On partage ensuite haricots verts relevés d’huile de truffe, grilled cheese de vieux cheddar souligné de porto, brandade de morue frite, mayo épicée, tartare de cerf et chips maison, ou miniburgers de bison, pommes allumettes.

     

    On tombera sans retenue dans des assiettes qui, toutes petites qu’elles soient, donnent de grands frissons : tartare de cardeau, ponzu ; salade tiède de maquereau fumé, pommes de terre rattes ; naan, porc braisé épicé ; magret de canard rôti, pommes sarladaises ou croustillant d’agneau braisé, crème d’oignon.

     

    Aussi délicieux que le reste, trois jolis plats sont là pour satisfaire les clients végétariens : salade de betteraves marinées, yaourt, sésame ; croquettes de parmesan reggiano, piperade fumée ; et ravioli, ricotta, courge, beurre sauge. Lorsque les arrivages sont dignes d’intérêt, la maison propose des huîtres sur glace.

     

    Officiellement, l’endroit s’appelle Pullman – Bar à vins. En fait, ce n’est pas un bar, donc vous ne pouvez pas y aller pour prendre seulement un verre.

     

    C’est un restaurant, vous serez donc obligé de manger pour boire. Il est des obligations plus excitantes que d’autres et ici, c’est l’excitation à son meilleur.

     

    Le bonheur n’a pas de prix

     

    Puisqu’il faut parler de ces choses alors que le bonheur n’a pas de prix, une soirée raisonnable à deux, c’est-à-dire avec un verre de vin chacun, vous coûtera une soixantaine de dollars.

     

    Une soirée où vous vous laisserez aller à l’alanguissement qui sied à ce genre d’endroit vous coûtera facilement le double.

     

    Et si vous succombez à l’appel d’une des sirènes qui vous suggérera telle ou telle bouteille « pour essayer », vous pourrez tripler, ou plus.

     

    Méfiez-vous, le masculin n’existe pas pour le mot sirène, mais les garçons sont également compétents, vils, rusés et irrésistibles.













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