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    Comme le V de la victoire

    Philippe Mollé
    30 novembre 2012 |Philippe Mollé | Restaurants | Chroniques
    Tant le midi que le soir, et même en semaine, le menu du Bistro V de Varennes répond à toutes les attentes.
    Photo: Philippe Mollé Tant le midi que le soir, et même en semaine, le menu du Bistro V de Varennes répond à toutes les attentes.
    Bistro V
    2208, route Marie-Victorin, local 102, Varennes
    450 985-1421

    Il était temps que la banlieue sud de Montréal se réveille en matière de restauration. Durant des années, on semble être resté sur des acquis, qui au fil du temps se sont essoufflés. Je n’ai rien contre les grands classiques qui s’inspirent de toutes les cuisines, mais quand les copies des copies n’ont plus rien à voir avec l’original, que le boeuf bourguignon est devenu un quelconque mijoté, le coq au vin un poulet trop cuit dans un vin ordinaire, et que le millefeuille respire le frigo depuis trois jours, il est grand temps de passer à autre chose.


    Alors, tant mieux si un vent de renouveau souffle sur la Rive-Sud, avec de jeunes propriétaires déjà engagés en restauration dans le Vieux-Montréal.


    Varennes, en France, est connue pour être le lieu qui vit, le 21 juin 1791, l’arrestation de Louis XVI et de sa famille en fuite. Au Québec, Varennes s’impose comme un endroit plus industriel et commercial que touristique, sur la rive sud du Saint-Laurent.


    Le Bistro V est situé près de la route Marie-Victorin et il est d’accès facile pour les visiteurs. Une terrasse extérieure en bordure de la route, souvent trop bruyante, devient néanmoins animée pendant la belle saison.

     

    Un ancien motel reconverti


    Cet ancien motel reconverti en bistro sympathique est vraiment une victoire pour les gens de la région, qui s’étonnent encore qu’aucun restaurant digne de ce nom se soit installé en bordure du magnifique Saint-Laurent. L’intérieur est coquet, simple mais aménagé avec goût et raffinement. Un bar où l’on peut aussi s’attabler domine la salle à manger, que jouxte un petit salon privé pouvant accueillir une quinzaine de personnes.


    Le décor est moderne et les tables bien dressées invitent à la détente. Le chef est actionnaire, avec le maître d’hôtel et sa conjointe, et tout est mis en oeuvre pour plaire aux clients.


    Tant le midi que le soir, et même en semaine, le menu répond à toutes les attentes. Mais il manque peut-être un peu de variété au chapitre des produits marins proposés. Le menu est très bien expliqué par le maître d’hôtel, directeur de salle qui connaît bien la cuisine de son chef, lequel met en valeur les produits locaux et affiche de façon nette son intérêt pour ceux de l’érable.


    La carte suggère aussi une belle palette de vins pour accompagner vos choix, dont certains, des plus intéressants, sont d’importation privée.


    Avec mon invitée, nous choisissons, pour cette première visite, un partage des plats. La crème d’oignons à la bière rousse émulsionnée au cheddar fort est une réussite : un goût fin d’oignons juste caramélisés, que la bière vient délicatement parfumer, tandis que le cheddar procure à l’ensemble toute son âme.


    Les escargots sont servis en cassolette et cuisinés au vin blanc avec du chorizo et de la crème, le tout accompagné de croûtons au bleu de Saint-Benoît. Le plat, quoique riche, est raffiné et bien dosé pour ce qui est des assaisonnements, mais il aurait bénéficié d’une touche de jus de citron en finale, pour l’acidité.


    Côté plats principaux, nous optons pour la joue de veau braisée aux racines et le duo de ris de veau, poêlé et frit.


    La première partie des ris de veau laisse apparaître un beau morceau bien dénervé et frit lentement, entouré de pépites de ris de veau passées dans une chapelure légère et frites par la suite. La viande est accompagnée de polenta, de choux-fleurs et d’une sauce à la crème parfumée à l’érable. Bien que mon invitée y trouve son bonheur, le plat m’apparaît pour ma part trop sucré ; j’aurais préféré un peu plus d’acidité dans l’aigre-doux présenté.


    La joue de veau, en remplacement ce soir-là de la joue de boeuf, était pour sa part bien braisée, tendre et juteuse. Des légumes racines, comme des panais, des racines de persil et d’autres racines fort agréables, l’accompagnaient, le tout servi avec une demi-glace moutardée.


    Le jeune chef, qui travaille fort, a de bonnes idées, mais il devrait peut-être alléger sa cuisine avec des jus plus clairs.


    Je dis toutefois bravo à l’équipe, qui valorise les fromages du Québec, en plus de les proposer en différents services, à la bonne température.


    Mis à part le tiramisu (classique), les desserts du Bistro V se démarquent de ceux qu’on offre généralement un peu partout. Le cake renversé aux pommes, la décadence chocolatée façon V ou encore le trio de tartelettes permettent de finir en beauté un bon repas.


    Oui, le Bistro V est sans aucun doute un merveilleux apport pour les gens de Varennes et des environs. Il comble un vide gastronomique et deviendra encore meilleur avec le temps, quand les petits péchés de jeunesse seront revus et corrigés.
     


    Prix payé pour deux personnes, le soir, avec une bouteille de vin, avant taxes et service : 145 $.

    Plus: une cuisine actuelle et une ambiance fort sympathique.

    Moins: des sauces qui gagneraient à être plus légères.


     

    Collaborateur













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