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    Un coup de coeur pour Lawrence

    2 mars 2012 |Philippe Mollé | Restaurants
    Le restaurant Lawrence s’affiche simplement mais nous offre le vrai Montréal gourmand. On n’essaie pas ici de refaire ce qu’on trouve ailleurs.<br />
    Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Le restaurant Lawrence s’affiche simplement mais nous offre le vrai Montréal gourmand. On n’essaie pas ici de refaire ce qu’on trouve ailleurs.
    Restaurant Lawrence, 5201, boulevard Saint-Laurent, Montréal, 514 503-1070.
    Il est vrai que le restaurant ne paye pas de mine vu de l'extérieur, mais une fois à l'intérieur, une espèce de magie nous interpelle. Pour le reste, le chef sait nous convaincre. Des tables de bois recyclées, un éclairage qui rappelle les années 50 dans un endroit où une quarantaine de personnes peuvent savourer l'exception, voilà Lawrence.

    Dès l'arrivée, le charme discret de l'accueil nous met à l'aise. Le menu qu'on présente, qui tient sur une seule page, nous rassure. Enfin un restaurant qui sort des sentiers battus de la bavette, du confit de canard, du saumon et de la crème brûlée!

    D'emblée, on apporte le pain, du genre pain de campagne ou pain de ménage, qui me réconcilie avec le pain «maison» fait par des chefs qui ne sont pas des boulangers et qui veulent quand même nous faire croire que c'est le meilleur. Ici, il est fort bon, d'autant qu'on le sert avec du beurre provenant de la laiterie de Charlevoix.

    Un bel effort qui est prometteur pour la suite des choses. Serviettes de coton et verres à vin laissant deviner une carte des plus intéressantes renforcent cette impression; une carte qui propose par ailleurs tant des vins au verre que certaines bouteilles d'importation privée.

    Le menu du midi reprend des valeurs sûres, comme le hamburger ou le sandwich au fromage. Mais attention, il ne s'agit pas ici de fast food mais de gastronomie, car pour moi, du bon pain, du bon fromage et de la bonne charcuterie sont en effet synonymes d'un bon repas. Les portions sont plutôt petites, davantage du genre tapas, mais suffisantes pour un appétit normal.

    Mon invitée choisit comme entrée la salade verte, tandis que j'opte pour la poitrine d'agneau servie en rémoulade.

    Harmonie des saveurs

    Une brève explication de la propriétaire aura suffi à me convaincre d'essayer ce plat, tout comme le suivant, la langue de boeuf fumée avec betteraves et oeuf mollet sur le dessus. Mon invitée, quant à elle, poursuit avec un thon blanc (non menacé d'extinction) servi avec des fèves de Lima, des courgettes et du fromage de chèvre.

    L'agneau, cuit lentement et juste saisi en finale, est accompagné d'un céleri rémoulade frais que quelques grains de câpres viennent égayer du regard. Bien assaisonné, le mélange croustillant de l'agneau entrelardé s'accorde fort bien avec la douceur du céleri rave. Une magnifique harmonie des saveurs en bouche! Quant à la petite salade de mon invitée, elle est bien assaisonnée et les herbes se mariant délicieusement aux épices.

    Le thon blanc, bien assaisonné et cuit à la perfection (il est servi rosé), est accompagné de fèves de Lima et de petites tranches de courgettes auxquelles le fromage de chèvre apporte du moelleux.

    Bravo pour l'audace

    Quelle merveille que d'avoir osé un tel plat! Bravo pour l'audace gourmande et le plaisir que l'on a de savourer un tel mets. La langue de boeuf, fumée sans exagération, est servie avec de petites tranches de betteraves, quelques lentilles vertes bien assaisonnées et un oeuf mollet. Voilà un grand plat, qui se démarque dans une belle simplicité, mais qu'hélas peu de gens peuvent oser se permettre.

    Le restaurant Lawrence s'affiche simplement, mais nous offre le vrai Montréal gourmand tel que je l'imagine. On n'essaye pas ici de refaire ce que tout le monde fait ailleurs. On met à profit les forces de chacun pour proposer à la clientèle des desserts simples mais goûteux.

    Le gâteau aux carottes est un exemple de ce travail bien fait qui rend ici hommage aux cuisiniers. Un mélange léger, avec son crémage à la noix de coco, redonne à ce gâteau un certain lustre. La bagatelle aux cerises et au chocolat, servie en verrine façon 2012, est elle aussi une continuité au bonheur. Pour ma part, j'aurais aimé qu'il y ait plus de griottes, mais le mélange de bon chocolat et de bonne crème fouettée était fin et délicat.

    Le Lawrence prouve qu'un bon restaurant n'a pas nécessairement besoin d'un décor pompeux ou d'un vedettariat à l'abri des critiques. Nul doute que les gens ici aiment ce qu'ils font: ils nous le prouvent dans l'assiette et par leur gentillesse. Cela se nomme plaisir, et plaisir il y a dans cet établissement.

    • Prix payé pour deux le midi, avec deux verres de vin et deux cafés, taxes comprises mais avant service: 89,70 $.

    Plus: une cuisine originale et goûteuse, un service sans prétention mais professionnel, une belle carte des vins, de la bière pression et des fromages fins du Québec.

    Moins: la musique un peu forte avant que la salle se remplisse.

    Note: le restaurant est ouvert du mercredi midi au vendredi soir, ainsi que le samedi soir; mais des brunchs sont offerts les samedis et dimanches.

    ***

    Collaborateur du Devoir
    Le restaurant Lawrence s’affiche simplement mais nous offre le vrai Montréal gourmand. On n’essaie pas ici de refaire ce qu’on trouve ailleurs.<br />












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