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    Un courant chaud sur le Sirocco

    2 mars 2007 |François X Côté | Restaurants
    Le Café Sirocco, un restaurant abordable où tous les éléments se tiennent: design des lieux, cuisine, service, ambiance générale, prix...
    Photo: Le Café Sirocco, un restaurant abordable où tous les éléments se tiennent: design des lieux, cuisine, service, ambiance générale, prix...
    Québec — La cuisine méditerranéenne, en règle générale, tout le monde aime. Ou presque. C'est à la fois synonyme de soleil et de culture, c'est exotique mais proche de nos racines. Un peu comme des vacances en terrain familier. Mais où manger méditerranéen à Québec? Quelques adresses valent le déplacement, et Le Sirocco est l'une d'elles.

    D'abord, un bon point pour le nom: un vent chaud qui unit la vaste zone géographique concernée. Ce restaurant bien nommé, situé sur le boulevard René-Lévesque, à quelques mètres de l'avenue Cartier, célébrera ses quatre années d'existence en juin. À son ouverture, le choix du local était à la fois risqué et judicieux. Risqué car les commerces qui occupaient précédemment cet espace peinaient à conserver leur clientèle. Judicieux puisqu'il se trouve au coeur d'un des principaux bastions de la gourmandise à Québec. Et judicieux aussi pour la beauté des lieux.

    L'extérieur est invitant: bel édifice, superbe terrasse au deuxième étage. À l'intérieur, le mariage de la brique avec un carrelage très sobre de couleur sable est réussi. Le mobilier est de bois, aux contours épurés. L'ensemble a de la classe. Les seules fautes, légères, se situent dans l'emploi d'un éclairage un peu modeste et dans la présence de quelques tableaux douteux mais qui passent plutôt inaperçus.

    Des parois de bois arrondies ajoutent par endroits une touche un peu lounge sans que ça agace. Bonne hauteur de plafond, bonne largeur des espaces. Bref, c'est accueillant, chaleureux, bien fait. Et tout un mur de bouteilles, au fond, pour ceux qui aiment arroser. Nous passons un mercredi soir et il y a du monde. D'évidence, le lieu marche bien. Ça roule.

    Une fois assis, surprise: une fille en cravate nous apporte la carte. Pas tellement l'image qu'on se fait du Sud, mais bon. Cela étant, nos hôtesses et nos hôtes sont des plus sympathiques. Et la carte est particulièrement invitante. On nous propose une série de plats classiques allant de l'osso bucco au jarret d'agneau en passant par une paella dite de Valence, sans oublier toute une section de tartares.

    Pour être franc, tout nous tente. Si le repas s'avère à la hauteur des attentes créées par le menu, on passera une sacrée soirée. Seule déception: vu le contenu et les prix des plats à la carte, la table d'hôte perd beaucoup de son intérêt. Nous irons à la carte.

    Mais d'abord, les tapas. À un dollar pièce les mardis et mercredis, c'est plus que raisonnable. À condition de ne pas trop tomber dans la verdure et de choisir des pièces plus consistantes. Une variété de plus d'une vingtaine de bouchées est offerte. L'Italie, l'Espagne, la Grèce, la France et le Portugal sont représentés, plus quelques créations maison qui transcendent les frontières. Nous essayons les tomates aux fines herbes, les avocats aux crevettes et aux poivrons, les calmars frits, la brochette de poisson grillé et la minute de boeuf à la croque de sel.

    Tout s'avère simple et réussi. Les tomates et leurs herbes sont fraîches. La purée d'avocats est servie sur un excellent croûton salé bien grillé qui offre à l'ensemble un résultat étonnant de justesse. Les calmars frits sont désormais nos préférés à Québec: très peu cuits et enrobés d'une panure qui offre peu de résistance... Qu'on se le dise, au Québec, on fait trop cuire nos pauvres calmars!

    Et ça se poursuit: la brochette de saumon est grillée juste ce qu'il faut, comme la minute, cet excellent morceau de filet mignon. Un point intéressant: tout au long du repas, il est possible de commander de nouveaux tapas à la pièce ou par groupe. Et ils arrivent illico. De quoi jouer avec le rythme du repas et s'offrir quelques folies au fil de la soirée.

    Vient ensuite la mijotée du jour: une chaudrée de maïs. L'audace est à saluer, car le maïs se défend souvent mal comme ingrédient principal d'un potage. Ici, c'est réussi. Ce ne sera pas le pinacle de notre repas, mais la chaudrée est de consistance adéquate tandis que la saveur du maïs est subtile et bien maîtrisée. Le pain, toutefois, détonne un peu. Il y a trop de bonnes boulangeries à Québec pour qu'on nous serve ici une baguette sans personnalité.

    Les repas principaux arrivent et confirment que nos papilles sont entre bonnes mains. Ma compagne a commandé des brochettes de crevettes. Celles-ci lui sont présentées sur un lit de riz, rond et assez épais, recouvert de légumes grillés. Le tout est légèrement relevé d'un coulis de poivrons rouges. Tant la cuisson et l'assaisonnement que la présentation sont intéressants. Et pour un plat de crevettes, c'est copieux. De mon côté, j'ai opté pour un trio de tartares de la mer. La maison étant spécialiste ès tartares, il faut bien essayer.

    À son arrivée, l'assiette déçoit: on ne remarque d'abord que la salade. Mais c'est davantage un problème de composition que de quantité: la salade écrase tout le reste de sa masse alors que les portions sont suffisantes, bien que modestes.

    Le tartare de saumon classique (cornichons, câpres, anchois, mayonnaise, oignons) est succulent, ni trop gras ni trop vinaigré. Et pour celui-ci comme pour les deux autres, les parties du poisson sont bien choisies et n'offrent aucune résistance. Le deuxième tartare est plus original: saumon, pétoncles, coriandre et sésame grillé. Au goût, ça tient presque du maki.

    Enfin, le tartare de thon rouge au citron vert est de saveur plus subtile. Il faut se donner le temps d'oublier le goût prononcé des deux autres. Cela fait, sa fraîcheur est admirable. En accompagnement, les frites, que j'ai préférées aux gaufrettes, sont excellentes: petites et pas trop sèches. La salade est sobre mais sa vinaigrette, légèrement parfumée à l'estragon, lui offre une agréable distinction.

    Pris séparément ou ensemble, ces trois tartares se comparent aisément, sauf au chapitre de la présentation, à ceux qu'on sert dans des restaurants beaucoup moins abordables que Le Sirocco.

    Nous terminons respectivement avec une crème brûlée et une salade de fruits. Il semble une fois de plus qu'on sache faire la crème brûlée à Québec. Celle-ci est particulièrement réussie: la crème est peu sucrée et sa surface est mince, bien que cassante à souhait.

    Nous quittons la table tout à fait enchantés d'avoir découvert un restaurant abordable où tous les éléments se tiennent: design des lieux, cuisine, service, ambiance générale, prix. Un vrai bonheur.

    Le soir, un repas pour deux personnes au Sirocco vous coûtera environ 70 $.

    - Service: 8/10.

    -Ambiance: 8/10.

    -Rapport qualité-prix: 9/10.

    Café Sirocco
    64, boulevard René-Lévesque Ouest
    Québec
    tél: 418 529 6868












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