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    Un arrêt méditation entre deux rendez-vous

    La détente en formule rapide est de plus en plus prisée par les urbains en quête de sérénité

    30 décembre 2017 | Joëlle Currat - Collaboratrice | Loisirs
    Presence Meditation, un studio situé dans le Mile End à Montréal, offre, avec réservation ou non, des séances de méditation guidées ou en silence, selon différentes approches.
    Photo: Lisa Graves Presence Meditation, un studio situé dans le Mile End à Montréal, offre, avec réservation ou non, des séances de méditation guidées ou en silence, selon différentes approches.

    Après une journée harassante, que diriez-vous d’aller dans un bar… à méditation ! Pas pour y boire du thé vert ou du kombucha accoudé à un comptoir, mais pour y passer de 30 à 60 minutes à vous détendre et à vous vider l’esprit. De nombreux centres bouddhistes et écoles de yoga enseignent déjà cette technique, alors pourquoi avoir créé des bars à méditation ?

     

    Suze Yalof Schwartz, la fondatrice d’Unplug Meditation à Los Angeles, un des premiers bars du genre, désirait pratiquer la méditation dans un lieu facile d’accès et flexible sur le plan des horaires et des tarifs. Comme elle ne l’a pas trouvé, elle l’a créé, raconte-t-elle dans le quotidien The New York Times. Sa clientèle ? Principalement des hommes et des femmes d’affaires et des mamans stressées qui apprécient de se retrouver dans un cadre au design épuré et de se détendre quand bon leur semble. Même besoin et même réflexe chez Ellie Burrows et Lodro Rinzler, deux New-Yorkais qui ont ouvert en 2015 le MNDFL Meditation Studio pour méditer à la carte, d’abord à Greenwich Village, puis dans d’autres quartiers de New York. On trouve aujourd’hui des bars à méditation dans d’autres villes des États-Unis, comme Austin (Meditation Bar) et Chicago (Breathe Bar).

     

    Trip en solo ou à plusieurs

     

    On l’a compris, les bars à méditation offrent des formules ultraflexibles et sans engagement à long terme. On arrive, on laisse ses effets personnels et son téléphone dans un casier au vestiaire, on va s’asseoir dans un fauteuil ou sur un coussin et on se concentre sur sa respiration, on décroche. Ici, pas besoin d’assister à des conférences, de suivre un enseignement ou de prêter allégeance à un gourou.

    En tant que débutante, j’apprécie de pouvoir tester une variété d’approches et de parler de mon expérience avec les instructeurs et les participants
    Michèle Dupont

    Les séances de méditation durent entre 30 et 60 minutes et sont souvent organisées par thème : santé, réduction du stress et amélioration du sommeil, ou encore clarté d’esprit et créativité. Il y a aussi des classes pour gérer ses émotions et augmenter son niveau d’énergie. Dans un tel lieu, méditer peut se faire seul ou en groupe, en silence, avec des instructeurs qui guident les participants ou au son de bols en cristal. On peut payer les séances à l’unité, par bloc de 5 ou de 10, ou acheter des forfaits.

     

    Validé par les neurosciences

     

    Aller respirer et relaxer comme on prend un shooter d’alcool fort ne rend-il pas la démarche un peu superficielle ? Christine Barois, psychiatre et fondatrice du premier bar à méditation de Paris, s’en défend. Inspiré des modèles américains, son bar installé sur trois étages près de l’Opéra propose essentiellement l’enseignement d’une technique validée par les neurosciences : la Mindfulness Based Cognitive Therapy. « La méditation de pleine conscience s’appuie sur des exercices d’attention soutenue pour être dans le présent. Je tenais à ce que nos séances soient menées sous la responsabilité d’instructeurs qualifiés, psychologues ou psychiatres, ayant suivi une formation en MBCT », explique Mme Barois, qui est également l’auteure du livre Pas besoin d’être tibétain pour méditer (Solar). En outre, comme pour l’exercice physique, il est conseillé de pratiquer régulièrement, voire quotidiennement, la méditation, même pendant de courtes périodes, pour en ressentir des bienfaits notables.

     

    Bar ou studio ?

    Photo: Don Emmert Agence France-Presse Le MNDFL Meditation Studio a ouvert ses portes à New York en 2015.

    Au Québec, il n’existe pas de bars à méditation sous cette appellation, mais des endroits qui s’en rapprochent, comme HeadPause, et surtout Presence Meditation, un studio situé dans le Mile End à Montréal. Ouvert tous les jours depuis trois mois, il offre, sur réservation ou non, des séances de méditation guidées ou en silence, selon différentes approches (Mindfulness ou de tradition bouddhiste). Son fondateur, Andrew Rose, un Montréalais de 37 ans, préfère l’appellation studio, plus authentique et moins commerciale selon lui. « Nous offrons la même flexibilité qu’un bar à méditation : les gens peuvent venir n’importe quand et choisir la formule qui leur convient. » Michèle Dupont, une agente de recherche en évaluation dans le domaine de la santé, fréquente l’endroit depuis qu’elle l’a découvert en se promenant. « En tant que débutante, j’apprécie de pouvoir tester une variété d’approches et de parler de mon expérience avec les instructeurs et les participants. »

     

    Un phénomène de mode, les bars et studios de méditation ? À voir… Ils ont en tout cas l’avantage d’être peu coûteux et d’offrir des produits sains et qu’on peut consommer sans modération !


    La méditation en Occident Au XXe siècle av. J.-C., Philo d’Alexandrie concevait déjà une pratique spirituelle incluant des exercices axés sur l’attention et la concentration.

    C’est au XVIIIe siècle que les intellectuels occidentaux ont commencé à étudier le bouddhisme et ses pratiques, comme la méditation.

    Dès 1890, la pratique du yoga et de la méditation originaires de l’Inde est peu à peu introduite en Occident, y compris des méthodes comme la méditation transcendantale, très prisée dans les années 1960.

    En 1911, l’exploratrice française Alexandra David-Néel part en Orient et découvre, auprès des moines tibétains, la méditation, c’est-à-dire l’absence de distraction et la quiétude mentale.

    De nos jours, plutôt que de se concentrer sur l’évolution spirituelle, la méditation est utilisée, notamment par des psychiatres et des thérapeutes, comme outil de réduction du stress.












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