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    La frousse de minuit

    À l’approche de l’Halloween, le Cinéma du Parc met l’horreur à l’honneur de sa programmation nocturne

    20 octobre 2017 |Marie-Lise Rousseau | Loisirs
    À l’approche de la fête des morts, le Cinéma du Parc met l’horreur à l’honneur de sa programmation nocturne.
    Photo: iStock À l’approche de la fête des morts, le Cinéma du Parc met l’horreur à l’honneur de sa programmation nocturne.

    Malgré l’automne qui tarde à s’installer, l’Halloween est bel et bien à nos portes. À défaut de ressentir des frissons à l’extérieur, le Cinéma du Parc promet d’en faire vivre à profusion aux cinéphiles nocturnes avec les séances Minuit au Parc.


    Minuit au Parc, c’est une programmation spéciale diffusée les fins de semaine à 23 h 30 et concoctée soigneusement par deux passionnés du septième art, Jean-François Lamarche et Raphaël J. Dostie, respectivement programmateur et directeur des communications des cinémas du Parc et Beaubien.

     

    Alors que le reste de l’année le tandem sélectionne des classiques du cinéma de genre, des films-cultes et d’autres oeuvres « propices aux séances nocturnes », il a concentré ses efforts sur le cinéma d’horreur pour son cycle automnal. Car quoi de mieux que de vivre une bonne frousse pour célébrer la fête annuelle de la peur ?

     

    Toutes les oeuvres du cycle actuel de projections sont sorties en salle il y a plus de 35 ans. Parmi elles, Psycho (Alfred Hitchcock, 1960), Rosemary’s Baby (Roman Polanski, 1968) et The Shining (Stanley Kubrick, 1980). Des classiques, on disait.

     

    « C’est fou de se rendre compte que ces oeuvres ont encore leur place, s’étonne Raphaël J. Dostie. Il y a une saleté dans l’image, une énergie, une vision. Ces films brisaient les codes à l’origine, créaient un nouveau langage, ce qui n’était pas possible avec des films plus conventionnels qui respectaient les règles. »

     

    « Ce sont des films hyper angoissants », ajoute Jean-François Lamarche.

     

    Halloween pour l’Halloween

     

    Ça se boucle en grand le week-end de l’Halloween avec la projection du bien nommé Halloween, un autre film-culte signé John Carpenter et sorti en 1978. « Les gens vont sortir de la salle, puis… Bon, on n’est pas dans le village du Midwest américain où le film se situe, mais il reste que l’expérience va être particulière la fin de semaine même de l’Halloween », lance avec enthousiasme Raphaël.

    Photo: Specticast Entertainment Une scène du film «Halloween», une œuvre-culte signée John Carpenter
     

    Ce week-end, ce sera l’occasion de visionner The Texas Chainsaw Massacre, un coup de coeur des programmateurs sorti en salle en 1974. « Je tords le bras à Jean-François parfois pour certains titres. Celui-là, c’en est un que je voulais vraiment voir ! » clame son collègue.

     

    Un film tristement d’actualité étant donné que son réalisateur, Tobe Hopper, est décédé en août dernier. Les deux complices derrière Minuit au Parc se sont d’ailleurs donné la mission de rendre hommage aux maîtres récemment disparus dans leur programmation. Ce fut le cas avec les projections du Silence des agneaux et de Stop Making Sense, en juin, à la mémoire de Jonathan Demme, disparu en avril dernier.

     

    Expérience sensorielle

     

    Pourquoi prendre la peine de se déplacer et de débourser un peu plus de 10 $ pour voir un vieux film, alors qu’on pourrait très bien le visionner dans le confort de son foyer ? se demanderont certains. « Les oeuvres qu’on présente nécessitent un espace plus grand, une salle plus sombre, d’être entouré de gens, de les vivre collectivement », dit Raphaël.

     

    Et, disons-le, il y a un petit je-ne-sais-quoi dans le fait de visionner un film d’épouvante en pleine nuit, dans la pénombre d’une salle de cinéma située, qui plus est, six pieds sous terre. « C’est d’un naturel, ce sont des films à voir dans un contexte », soutient Jean-François Lamarche.

     

    « Et notre public n’a jamais eu la chance de voir ces films sur grand écran, renchérit son complice. Il les loue en DVD, les regarde sur l’ordinateur ou dans le salon, mais ce n’est pas pour ça que ces films ont été conçus. La seule façon de les vivre est en salle. C’est une expérience très sensorielle, indescriptible, et quand on la vit une fois, on veut la revivre. »

    Il y a une liberté, une créativité qu’on ne voit pas dans d’autres styles cinématographiques. Ça permet plus de folie.
    Jean-François Lamarche, programmateur des cinémas du Parc et Beaubien
     

    La deuxième vie des classiques

     

    Selon les deux spécialistes, on assiste sans contredit à un regain d’intérêt pour les classiques du septième art. Et il ne s’agit pas de nostalgie, bien que cette dernière ait le vent dans les voiles par les temps qui courent. « Il n’y a pas de nostalgie à aller voir une exposition de Picasso, c’est la même chose avec le cinéma : tu sais que tu vas voir un maître. Pour nous, les cinéastes ont ce statut, ce sont des artistes dont les oeuvres s’inscrivent hors du temps par leur qualité », assure Raphaël.

     

    Ironie du sort, il semble que les classiques du septième art attirent un plus jeune public que les nouveautés, qui, elles, rejoignent une population vieillissante.

     

    « C’est toujours le défi des salles d’art et d’essai, explique Jean-François. La clientèle principale du Cinéma du Parc a 45 ans et plus. Comment rejoindre les jeunes ? En passant des films qui peuvent être intéressants pour eux. »

     

    Ça fonctionne : les séances de Minuit au Parc enregistrent un taux d’occupation supérieur à la programmation régulière du Cinéma du Parc. Des habitués y retournent chaque fin de semaine, peu importe le film, car le travail des programmateurs assure un gage de qualité. « Derrière ces films, il y a une réflexion. Ce n’est pas juste : démerdez-vous, regardez ce que vous voulez comme sur Netflix, où là on est vraiment laissé à soi-même », mentionne Raphaël.

     

    Ce succès s’explique également par la popularité grandissante du cinéma de genre depuis quelques années, au plus grand bonheur des deux amateurs. « Il y a une liberté, une créativité qu’on ne voit pas dans d’autres styles cinématographiques. Ça permet plus de folie, avance avec passion Jean-François Lamarche. À travers l’imaginaire et le fantastique, le cinéma de genre permet d’expliquer et de montrer certaines émotions intérieures. »

     

    Minuit au Parc. Vendredi et samedi à 23 h 30, en reprise le dimanche à 14 h 30 jusqu’à la fin de semaine de l’Halloween, au Cinéma du Parc à Montréal.













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