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    Le cabaret de la résistance Weimar New York au festival Phénomena

    13 octobre 2017 |Andréanne Chevalier | Loisirs
    Réunissant des artistes de la Grosse Pomme et d’ici, la mouture montréalaise spéciale met en vedette, entre autres, Jordan Arseneault. Actif sur la scène «queer» montréalaise, il est aussi connu sous son nom de «drag queen», Peaches Lepage.
    Photo: Earl Dax Réunissant des artistes de la Grosse Pomme et d’ici, la mouture montréalaise spéciale met en vedette, entre autres, Jordan Arseneault. Actif sur la scène «queer» montréalaise, il est aussi connu sous son nom de «drag queen», Peaches Lepage.

    Inspiré par l’effervescence culturelle de la période Weimar de l’entre-deux-guerres en Allemagne et de l’esprit décadent de New York, le cabaret Weimar New York à Montréal, présenté samedi dans le cadre du festival Phénomena, promet de divertir autant que de faire réfléchir.


    Plutôt que de tenter un pastiche des événements de l’époque ou de tomber dans une forme de nostalgie, « le spectacle veut tracer des parallèles entre la montée des forces politiques conservatrices et le fascisme pendant la période de Weimar à Berlin et le monde d’aujourd’hui », explique en entrevue le New-Yorkais Earl Dax, directeur artistique de ce cabaret.

     

    « Il a été développé pendant les périodes les plus décourageantes du gouvernement de George W. Bush. À ce moment-là, on pensait que les choses ne pourraient pas être pires… Maintenant, il y a des marches de nationalistes blancs dans les rues aux États-Unis. Les parallèles sont encore plus frappants aujourd’hui », poursuit M. Dax, qui, quelques jours avant l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, s’est établi à Montréal pour cultiver une « certaine distance ». « C’est bien de mettre un filtre canadien sur le paysage politique américain actuellement ! » confie-t-il dans un éclat de rire.

     

    Après une quarantaine de représentations en 11 ans aux États-Unis, le cabaret Weimar New York fait ainsi le saut pour la première fois au nord de la frontière, à l’invitation de la directrice générale et artistique de Phénomena, D. Kimm.

    Photo: Andréanne Chevalier Le Devoir Earl Dax, direc­teur artistique du cabaret Weimar New York, et D. Kimm, direc­trice générale et artistique du festival Phénomena

    « J’avais déjà l’idée de faire des cabarets pour le festival, c’était mon thème, raconte-t-elle. Je me suis dit : pourquoi pas un cabaret New York ? Earl représentait un peu ça. On a travaillé beaucoup pour avoir l’esprit de la décadence de Berlin et l’esprit du New York que j’aimais ; l’East Side, le côté un peu underground, queer, contemporain. »

     

    Réunissant sept artistes de la Grosse Pomme et d’ici, cette mouture montréalaise spéciale, adaptée aux enjeux actuels — en français et en anglais —, met en vedette Kate Rigg, M. Lamar, Phoebe Legere, Curtis Eller, Nada Khashaba (connue sous le nom de son alter ego, Phoenix Wood), Jordan Arseneault (Peaches Lepage) et Cristal Slippers.

     

    « Je parle souvent du cabaret comme étant une célébration de la résistance, des cultures de résistance qui émergent au moment de la montée de la répression politique ou du conservatisme. Weimar, pour moi, est une époque où les artistes infusaient dans leur travail, à cause de la répression, la satire et une critique sociale et politique », ajoute Earl Dax, qui est agent d’artistes (dont Joey Arias) et un ancien organisateur communautaire.

     

    La formule sera classique — « Je voulais qu’on revienne aux sources du cabaret : un maître de cérémonie, le contact avec le public, des numéros préparés, mais pas trop », précise D. Kimm —, mais engagée, dans un mélange de divertissement et de morceaux qui portent à réflexion. L’humour y côtoiera le burlesque dans un esprit de transgression, de déconstruction et de diversité.

    Photo: ©HeathMcBride
     

    Alors que Phoebe Legere ancrera la soirée en chansons dans l’esprit de la période Weimar avec sa voix qui couvre quatre octaves, les chants d’opéra « negro gothique » de M. Lamar — le frère jumeau de l’actrice Laverne Cox — aborderont les thèmes de la douleur des Noirs, de la suprématie blanche et de l’héritage de l’esclavage ; des sujets qui font écho au mouvement Black Lives Matter.

     

    Le musicien Curtis Eller, « un incroyable performeur », selon M. Dax, ajoutera avec son banjo une touche vaudeville. Le numéro de la Montréalaise Nada Khashaba, intitulé Skins, traitera de son expérience personnelle de l’assimilation et de la diaspora et explorera le sujet de la guerre contre la sexualité et le corps féminin.

     

    « Quand on est dans des époques difficiles politiquement, les gens qui veulent résister ont besoin de se rassembler. Venir à un show, c’est décider de ne pas être devant sa télé ou son Facebook, avance D. Kimm. On a envie d’être extravagants, exubérants, politiques, et de dire qu’on refuse cette société-là ou cette atmosphère. Ce sont des moments uniques. »

    Cabaret Weimar New York à Montréal
    Samedi 14 octobre, 20 h, La Sala Rossa, Montréal












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