Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous

    Rencontre avec les chasseurs du ciel

    Le lieu de convalescence pour oiseaux de proie Chouette à voir! propose au public une série de visites et d’activités

    4 août 2017 | Hélène Clément - Collaboratrice | Loisirs
    Le faucon pèlerin, réputé le plus rapide au monde en piqué, effectue des va-et-vient au-dessus du public sidéré, frôle les têtes, puis mord à l’hameçon du leurre que lui présente la naturaliste.
    Photo: Hélène Clément Le faucon pèlerin, réputé le plus rapide au monde en piqué, effectue des va-et-vient au-dessus du public sidéré, frôle les têtes, puis mord à l’hameçon du leurre que lui présente la naturaliste.

    Niché non loin du village de Saint-Jude, en Montérégie, aux abords de la rivière Salvail, se trouve un site de réhabilitation pour oiseaux de proie blessés au joli nom de Chouette à voir !. Ouvert au grand public, ce lieu est une occasion de s’initier à la biologie de ces fascinants prédateurs. Plutôt chouette !


    Dans une volière, le long du sentier des chouettes, nous sommes attirés par l’étrange regard d’une chouette lapone amputée d’une aile à cause d’une paralysie sévère. Des cercles de plumes — les disques faciaux —, entourent ses petits yeux jaune vif au regard intense.

     

    Ces disques lui permettent de mieux entendre tout en lui donnant cette drôle de tête. Son dossier médical indique qu’elle ne peut pas être remise en liberté.

     

    Dans une autre volière se trouve une effraie des clochers. Un panneau nous apprend que ce strigiforme peut nicher dans les cavités naturelles comme les trous des arbres, mais surtout dans des structures d’origine humaine telles que les granges, les silos à grain, les clochers d’église, d’où son joli nom.

     

    L’effraie des clochers serait un visiteur rare au Québec. La petite chouette au disque facial en forme de coeur, aux grands yeux foncés et au plumage parsemé de taches noires, préfère les températures plus clémentes du Sud ou de l’Europe.

     

    Un hôpital spécial

     

    « Nous exerçons deux rôles sur le site naturel de Chouette à voir !. La santé et la réhabilitation des oiseaux de proie blessés et l’éducation du grand public », précise Gabrielle Paré, biologiste, éducatrice et interprète à l’Union québécoise de réhabilitation des oiseaux de proie (UQROP).

     

    Le site naturel Chouette à voir ! est une initiative de l’organisme lié à la Clinique des oiseaux de proie de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal, située à Saint-Hyacinthe.

     

    Chaque année, l’organisme sans but lucratif, fondé en 1987 par le vétérinaire Guy Fitzgerald, reçoit plus de 350 oiseaux de proie blessés, que l’on tente de soigner avant de leur redonner la clé des champs s’ils en ont la capacité.

     

    « Après les traitements à l’hôpital, l’oiseau est transféré ici dans l’une des neuf volières du complexe de réhabilitation », explique à voix basse la bénévole Dominique. La consigne est stricte : silence pour ne pas affoler la patientèle ailée des volières et pas plus de 15 personnes par visite guidée.

    Photo: Hélène Clément Les volières du sentier des chouettes 
     

    Les oiseaux de proie sont timides. Discrets aussi. Comme ce petit-duc maculé, victime d’une collision, qui n’a pas l’intention de se montrer le bout des plumes dentelées. Le rapace à l’ouïe et à la vision aiguisées nous a certes vus, mais nous ne le verrons pas.

     

    Les grandes volières permettent aux oiseaux de s’entraîner à voler sur de bonnes distances. Et au vétérinaire de s’assurer de leur bonne guérison avant leur retour à la vie sauvage. Environ 45 % de ces oiseaux de proie blessés ou malades auront cette chance.

     

    Et si l’animal présente un handicap permanent, comme la chouette lapone amputée d’une aile, l’épervier trouvé en duvet au sol avec une fracture à l’aile et une plaie infestée d’asticots ou la femelle hibou des marais aussi soignée pour une fracture à l’aile, il devient un ambassadeur de l’UQROP pour sensibiliser les visiteurs.

    Photo: Hélène Clément Des sculptures en bois de l’artiste québécois Sylvain Forest
     

    L’initiation aux oiseaux de proie commence au centre d’accueil par l’exposition permanente Les chasseurs du ciel. Du redoutable prédateur qu’était le dyatrima — l’ancêtre des rapaces — aux balbuzards pêcheurs sauvés par l’UQROP alors que leurs nids, dangereusement situés sur un pylône, devaient être détruits, on y découvre l’étonnante diversité des oiseaux de proie. Le Québec en compte 27 espèces, toutes protégées.

     

    À l’extérieur, une table de manipulation est l’occasion de toucher et de comparer la physionomie des rapaces, des serres au bout de leurs doigts au bec crochu et tranchant leur servant à déchiqueter la chair d’une proie.

     

    Plus de 2,5 kilomètres de sentiers pédestres jalonnés de panneaux d’interprétation mènent à travers une érablière, une prucheraie et des champs de fleurs vers des volières en milieu naturel, où logent crécerelle d’Amérique, harfangs des neiges, urubus, petites nyctales, buses… Chacune présente le dossier médical de l’oiseau.

     

    Vol au-dessus d’un public charmé

     

    Le sentier des Chouettes-lutins invite les enfants à une chasse aux trésors, à la recherche d’une quinzaine de statuettes représentant la plus petite chouette du Québec, qui aime se cacher, la petite nyctale.

     

    La présentation en action de rapaces en réhabilitation captive du début à la fin. Sous les ordres affectueux des naturalistes équipés d’un poing ganté, les rapaces posent, déploient leurs ailes et volent librement au-dessus d’un public curieux de connaître leur mode de vie, ainsi que les raisons et les façons de les protéger.

     

    Le vol en liberté d’un magnifique faucon pèlerin laisse sans mot. L’animal, réputé le plus rapide du monde en piqué, effectue des va-et-vient au-dessus du public sidéré, frôle les têtes, puis mord à l’hameçon du leurre que lui présente la naturaliste.

     

    L’utilisation massive dans l’agriculture de pesticides comme le DDT, au début des années 1970, a eu de graves répercussions chez le faucon pèlerin. Par bonheur, il a bénéficié d’un sauvetage réussi et l’espèce est aujourd’hui très protégée.

    Une pluie d’étoiles filantes En plus de la présentation (deux fois par jour) en action de rapaces en réhabilitation par des biologistes de l’UQROP et des stagiaires de l’école vétérinaire de Saint-Hyacinthe, Chouette à voir ! propose des activités spéciales, comme la soirée des Perséides prévue à 20 h le samedi 12 août. Éloigné de la pollution lumineuse des villes, on s’attend ici à voir un déluge d’étoiles allant de 30 à 70 météores à l’heure.
    Au programme de cette soirée étoilée : visite guidée du site, randonnées nocturnes sur les différents sentiers pédestres et rencontre avec les petits convalescents ailés du site.  Informations.













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.