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    Un rassemblement de poésie et de slam à la Maison de la culture Maisonneuve

    L’événement Richesse des langues rassemble poésie et slam à la Maison de la culture Maisonneuve de Montréal

    28 avril 2017 |Sophie Chartier | Loisirs
    Carmien Michels (Belgique) évolue entre la scène et la plume.
    Photo: Richesse des langues Carmien Michels (Belgique) évolue entre la scène et la plume.

    Émerveillé devant l’étendue de la scène slam et spoken-word en Europe, le comédien et commentateur sportif Jacques Thériault a fait germer l’idée d’un événement célébrant la parole, la poésie et les mots à Montréal. Avec Amélie Prévost, slameuse et poète, il propose le happening Richesse des langues, espèces menacées, qui a lieu à la Maison de la culture Maisonneuve vendredi et samedi.


    « La poésie, c’est la force de la pensée », résume Amélie Prévost au téléphone. Elle sait de quoi elle parle ; la comédienne et poète est aussi la championne du monde 2016 de slam. Entrer son nom dans la barre de recherche de YouTube nous entraîne dans une très longue balade à travers des vidéos dans lesquelles, grandiose, l’artiste déclame ses vers avec un mélange d’élégance et de goguenardise.

     

    « Le but est de créer l’événement autour de la prise de parole poétique », ajoute Mme Prévost. Là où Richesse des langues se différencie de ce qui a déjà été fait, c’est par son caractère international. Car, ce week-end, ce n’est pas seulement la langue de Félix Leclerc qui sera célébrée. Des slameurs de l’Espagne, de la Belgique et d’Israël réciteront leurs créations, dans des formules différentes.

     

    Le vendredi soir est consacré au Tournoi international de slam, où nos champions locaux seront jumelés à des artistes spoken-word internationaux. Quatre équipes s’affronteront dans une joute multilingue. En fin de soirée, les organisateurs ont prévu un micro ouvert pour les membres du public qui aimeraient déclamer leurs propres vers.

    Même si on ne parle pas la langue du poète, quand on le voit sur scène, à sa façon d'interpréter, la culture d'où il est issu devient très claire
    L'artiste Amélie Prévost

    Parions que de belles découvertes se cachent dans l’ombre. « Les gens en général aiment les micros libres, ajoute Amélie Prévost en riant lorsqu’on lui demande si la présence de champions internationaux pourrait en décourager certains. Les habitués vont être contents, d’autres seront peut-être intimidés, mais c’est la beauté de la chose. »

     

    Son et structure

     

    Samedi, en après-midi, Amélie Prévost et Ivy, artiste phare de la scène montréalaise de slam et fondateur de la Ligue québécoise de cette forme d’art, donneront des ateliers de performance.

     

    Et pour clore le tout, une soirée de performance animée par Jacques Thériault fera sonner les vers, encore une fois, en français, en hébreu, en espagnol, en anglais et en flamand.

    Photo: Richesse des langues Ivy, fondateur de la Ligue québécoise de slam
     

    « C’était important de montrer la richesse des langues et évidemment la diversité linguistique, commente Amélie Prévost. Même si on ne parle pas la langue du poète, quand on le voit sur scène, à sa façon d’interpréter, la culture d’où il est issu devient très claire. »

     

    Le son et la structure des poèmes sont des vecteurs importants de la réussite d’un slam. La présence sur scène d’un poète, son aisance, son attitude font partie intégrante de sa performance.

     

    « Les artistes invités sont d’excellents interprètes », ajoute-t-elle. Car c’est en cela que la différence avec la poésie classique se situe. Faire vivre le poème, arriver à le faire sauter du papier et entrer dans les têtes et dans les coeurs.

     

    « Les poèmes seront surtitrés, donc les gens pourront apprécier la qualité des textes même si ceux-ci ne sont pas en français. Il est beau de voir comment ces poètes travaillent leur langue à eux. »

    Photo: Olivier Lamarre Amélie Prévost, comédienne et poète, est la championne du monde 2016 de slam.
     

    Le slam est un art respecté en Europe. Et les anglophones ont compris depuis longtemps la force de frappe du spoken-word. Chez nous, par contre, ce n’est pas une forme d’expression particulièrement répandue.

     

    « C’est vrai, indique la championne du monde. C’est une culture plus active chez les Anglos, une tradition de plus longue date. Mais la culture québécoise en est une de l’oralité. Depuis toujours, nous aimons nous parler dans le blanc des yeux. Monter sur une scène, parler à un public, c’est quelque chose qu’on fait depuis toujours. Fred Pellerin, par exemple, Clémence DesRochers, ce sont des poètes oraux. La focalisation n’est pas la même, mais ce sont des artistes qui créent des images fortes avec leur parole. »

     

    Elle voit émerger un bel engouement pour la poésie chez les jeunes créateurs en ce moment. Il y a de plus en plus d’événements, d’oeuvres qui voyagent. « Même les théâtres présentent plus de productions dites poétiques. » Il ne faut que s’en réjouir.

     

    « Quand j’ai découvert le slam de poésie, se rappelle Mme Prévost, j’ai eu envie d’en faire une discipline artistique à part entière » avec laquelle s’exprimer.

    Richesse des langues, espèces menacées, à la Maison de la culture Maisonneuve.

     

    Tournoi international de slam, vendredi, 17 h, 10 $.

     

    Ateliers de performance, samedi, 14 h, gratuit.

     

    Soirée de performance poétique, samedi, 20 h, 10 $.













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