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    Monastère des Augustines

    Un lieu de ressourcement et d’histoire

    28 mai 2016 | Sophie Suraniti - Collaboration spéciale | Loisirs
    Les Augustines avaient à cœur le soin du corps et des âmes. Elles soignaient le peuple, mais elles-mêmes s’imposaient une vie très équilibrée, entre prières et actions.
    Photo: Monastère des Augustines Les Augustines avaient à cœur le soin du corps et des âmes. Elles soignaient le peuple, mais elles-mêmes s’imposaient une vie très équilibrée, entre prières et actions.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    En août 2015, après plus de deux ans d’importants travaux, le Monastère des Augustines ouvrait au public avec de nouvelles vocations. On peut désormais y dormir, manger, louer des salles, s’y initier à la broderie… Mais surtout, c’est un lieu de ressourcement qui enracine sa programmation dans l’histoire d’une communauté religieuse débarquée à Québec en 1639.


    Que ce soit la programmation en santé globale, la programmation culturelle, la boutique ou le restaurant, « il faut voir notre projet comme un tout », raconte Catherine Gaumond, directrice du musée et des archives du Monastère des Augustines. « Nous ne travaillons pas en vase clos. Le bâtiment lui-même est un artefact à part entière. Chaque chose que nous faisons à l’intérieur de ce joyau patrimonial s’inspire de l’histoire des lieux » : le patrimoine culturel des soeurs, mais aussi le legs de leurs valeurs, de leur mode de vie.

     

    Au nouveau Monastère, le musée se retrouve ainsi partout. Mais comment réussit-on ce tour de passe-passe, à savoir concilier un lieu de quiétude avec une panoplie d’activités marchandes qui font qu’un public très disparate — client lorsque je dors à l’hôtel, visiteur lorsque je suis au musée — se côtoie, cohabite, chaque jour ? « Il faut être créatif ! Il y a des défis, c’est sûr, mais tout s’adapte », explique celle dont le mandat de départ en 2009 était de vider au complet l’ancien monastère datant de 1695 afin que les travaux de réhabilitation des lieux puissent se faire. Comme permettre la découverte de certains espaces, notamment les chambres, uniquement en formule visite guidée.

     

    « J’aimerais vraiment que le projet du Monastère soit perçu dans sa globalité, que la mission muséologique serve la mission de ressourcement. » Un retour aux sources qui permet selon la directrice du musée de donner du sens, de savoir d’où nous venons. « Lorsqu’on comprend cela, on est alors mieux armé pour vivre le moment présent et se préparer pour le futur. C’est comme ça qu’on se ressource ! »

     

    Les Augustines avaient à coeur le soin du corps et des âmes. Elles soignaient le peuple, mais elles-mêmes s’imposaient une vie très équilibrée, entre prières et actions. Cette vie tournée vers les soins et le mieux-être des autres est racontée dans l’exposition permanente du musée du Monastère. Trois axes thématiques, quatre siècles d’histoire, à travers une sélection d’objets : la vie quotidienne de la communauté des soeurs, la vie de prières, et surtout l’oeuvre sociale, à savoir l’histoire de la pensée médicale. Avant 1850, la médecine était abordée du point de vue de la nature et on s’en remettait beaucoup à Dieu. Au milieu du XIXe siècle, la découverte des bactéries fera basculer cette perception. On passera alors d’un mode soigné par la nature à un mode soigné par la science.

     

    En attendant la première exposition temporaire — prévue l’an prochain sous réserve de financement complet —, l’objectif de Catherine Gaumond est de parvenir à se délester d’une muséologie religieuse généralement sobre et austère ; de proposer au public une expérience immersive et participative. « L’une de nos préoccupations est de nous affirmer comme un musée contemporain. Faire connaître ces racines culturelles aux jeunes est pour moi essentiel. Il faut qu’ils se les réapproprient. Et ce, même s’il y a eu des dérapages, des choses moins belles par le passé. Quand on fait la paix avec sa propre culture, on est plus apte à accueillir l’autre », explique celle pour qui le projet du Monastère, avec son musée, son centre d’archives et sa réserve muséale (tous deux ouverts sur réservation aux chercheurs et spécialistes), est celui d’une vie.

     

    L’ensemble de la programmation — celle du musée, mais aussi celle proposée dans le cadre des ateliers, des conférences, des concerts… jusqu’au menu du restaurant — doit donc parfaitement s’intégrer dans l’esprit des lieux et couvre quatre siècles d’histoire. Parmi les douze monastères-hôpitaux que les Augustines ont essaimés au Québec, certains sont plus récents, nés au XXe siècle. Il a fallu prévoir les futures activités, dont la location des salles, dans le respect du Code du bâtiment. « À un moment donné, pendant les travaux, on a craint de perdre cette atmosphère si particulière », raconte Mme Gaumond. Mais grâce à la cohésion de l’équipe en place, à tous les artisans qui ont eu à coeur de conserver les espaces et surtout à la présence des soeurs sur le site — elles sont actuellement huit à vivre sur le site contre 25 en 2009 —, il semblerait que ce soit mission accomplie ! « Les gens qui viennent ici nous le disent de suite. Ils ressentent ce calme. »

    Les Augustines avaient à cœur le soin du corps et des âmes. Elles soignaient le peuple, mais elles-mêmes s’imposaient une vie très équilibrée, entre prières et actions. L’entrée principale du Monastère












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