Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Abonnez-vous!
    Connectez-vous

    Le regard mordant du neuvième art

    Val-David, dans les Laurentides, accueille une exposition de caricatures et de bédés

    Les visiteurs pourront voir quelques caricaturistes à l’œuvre. Ici, Marc Pageau, illustrateur et auteur de bandes dessinées. Aussi, des activités sont organisées pour les enfants.
    Photo: Mathieu Manikowski Les visiteurs pourront voir quelques caricaturistes à l’œuvre. Ici, Marc Pageau, illustrateur et auteur de bandes dessinées. Aussi, des activités sont organisées pour les enfants.
    Tantôt comique, tantôt cinglante, la caricature « porte la plume dans la plaie » et fait couler beaucoup d’encre. Or, bien qu’elle obtienne un franc succès auprès du public, ses lettres de noblesse demeurent hors de portée. Portrait sur le vif d’un festival en mal de reconnaissance.
     

    Cette fin de semaine sera tout en caricature. Pour la quatrième année à Val-David, l’exposition 1001 visages de la caricature, un événement unique au Québec qui place cet art figuratif au centre de sa programmation, installe ses pénates en plein coeur des Laurentides, à environ une heure de Montréal.

     

    Loin du tumulte de la métropole, le petit festival, qui soufflera ses neuf bougies cette année (il s’est d’abord tenu à Montréal), arrive ainsi à tirer son épingle du jeu. Surtout grâce à ses artisans chevronnés et à ses invités de marque — ce week-end, c’est le grinçant caricaturiste du Journal de Montréal, Marc Beaudet, qui est à l’honneur —, mais aussi en raison de ses thèmes tonitruants. Et cette édition ne fait pas exception car la mince frontière entre la caricature et la bande dessinée est à l’avant-plan.

     

    Pour le coordonnateur de l’événement, Robert Lafontaine, ces dernières sont un peu comme les deux pendants d’un couple. « Il n’est pas rare de voir des caricaturistes s’adonner au neuvième art en parallèle », fait-il remarquer. À preuve, un nouveau prix hommage au célèbre Jean-Guy Lemay, caricaturiste vindicatif et pionnier de la bédé québécoise, sera décerné pour une première fois cette année.

     

    Planches à bulles

     

    Planches à bulles et caricatures éditoriales se partageront donc l’espace de l’exposition. Près d’une quinzaine d’artistes — dont notre charmant Garnotte — y exhiberont leur travail. Les curieux pourront également voir quelques caricaturistes à l’oeuvre et les plus courageux auront même la possibilité de se faire tirer le portrait.

     

    Différentes animations sont aussi au programme, dont un spectacle qui se tiendra directement dans la salle d’exposition samedi soir. Au menu : l’invité d’honneur lui-même et son band, les Val Zigs.

     

    L’expo 1001 visages est l’occasion aussi, pour les caricaturistes de partout au Québec, de se rencontrer en famille et de mettre en commun leur expérience de l’année. Car, s’ils sont des dizaines à arpenter les places publiques durant la saison estivale pour croquer la bette des passants, on compte sur les doigts d’une main ceux qui arrivent vraiment à vivre de leur plume.

     

    « C’est un métier — un art —, qui n’est pas vraiment reconnu, autant de la part du public que des groupes subventionnaires [comme le Conseil des arts du Canada, par exemple], lance avec une légère note de découragement Robert Lafontaine. Le festival est donc un bon moment pour montrer la polyvalence, la créativité de ces artistes. »

     

    Loin de se limiter à un seul médium, la caricature s’expose sous mille et une formes. Aquarelles délavées, sculptures plus vraies que nature, pastels éclatants, ces « charges » humoristiques se déploient en un éventail artistique infini. C’est que cet art ne repose pas tant sur la manière de le faire que sur le message qu’il envoie.

     

    « Pour être caricaturiste, il faut avoir beaucoup de talent, soutient Robert Lafontaine. Il faut avoir à la fois de l’imagination à revendre, un bon sens du timing et une concision sans pareil. Une caricature, c’est un éditorial en un punch ! »

     

    Les organisateurs de 1001 visages rêvent d’un festival d’envergure internationale. « Ce serait génial si on pouvait réunir des caricaturistes du Japon, de France, des États-Unis, souffle M. Lafontaine. On attend d’avoir les reins assez solides, mais ce n’est pas impossible. »

     

    La récente entrée de la bande dessinée au Musée des beaux-arts de Montréal lui donne d’ailleurs bon espoir de voir un jour la caricature reconnue pour ce qu’elle est. Un art à part entière qui allie les subtilités de l’intellect au rire bien senti du populaire.
     

    1001 visages de la caricature 2014. La caricature par la bande… dessinée, les 11 et 12 octobre à l’église de Val-David. Entrée gratuite.
    Les visiteurs pourront voir quelques caricaturistes à l’œuvre. Ici, Marc Pageau, illustrateur et auteur de bandes dessinées. Aussi, des activités sont organisées pour les enfants. Une image de Bado, caricaturiste au Droit Un dessin de Marc Beaudet, caricaturiste au Journal de Montréal Une œuvre de Garnotte, caricaturiste au Devoir Un dessin de Robert Lafontaine Un dessin de Marc Pageau Un dessin de Marc Beaudet, caricaturiste au Journal de Montréal












    Envoyer
    Fermer

    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.