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    Village éphémère

    Rêver le possible

    Ouvert du jeudi au dimanche, le Village éphémère accueille les amoureux de la ville qui désirent la vivre autrement.
    Photo: Jean-Michel Seminaro Ouvert du jeudi au dimanche, le Village éphémère accueille les amoureux de la ville qui désirent la vivre autrement.
    Village éphémère
    Sur la friche à côté du parc Bellerive, entre la rue Notre-Dame et les voies ferrées du port
    Jusqu’au 16 août, du jeudi au dimanche
    Horaire et programmation : www.aduq.ca/village-ephemere ou www.facebook.com/VillageEphemere

    Du haut du conteneur métallique, le ciel et le fleuve semblent se perdre l’un dans l’autre, comme si leurs reflets azurés se mêlaient à l’infini. Le soleil plombe, étire ses chauds rayons, les étalant sur les armatures de bois qui habillent l’espace. À contre-jour, la structure d’acier du pont Jacques-Cartier se détache à l’horizon. Pour peu, on croirait presque qu’il fait, lui aussi, partie du décor qui occupe depuis quelques semaines cette enclave asphaltée entre le Saint-Laurent et la rue Notre-Dame.

     

    Pour une seconde année consécutive, l’Association des designers urbains du Québec (ADUQ) récidive avec son Village éphémère. Après avoir « révélé les possibles » autour du bassin Peel dans le Sud-Ouest, l’organisme a reçu cette année l’aval de l’arrondissement de Ville-Marie pour prendre d’assaut la friche à l’ouest du parc Bellerive. « L’an dernier, c’était une idée un peu folle, un coup de tête, se souvient le vice-président de l’association, Martin Paré, en embrassant le site du regard. Nous voulions le faire dans Ville-Marie, mais avec toute [la paperasse] que ça implique, c’était trop à la dernière minute. C’était un projet spontané. » Cette course contre la montre est cependant loin d’arrêter les « jeunes professionnels » qui composent majoritairement l’organisme. « On s’est tournés vers les environs du canal de Lachine et Parcs Canada a dit oui tout de suite. »

     

    L’engouement du public et des médias pour la première mouture aura finalement eu raison des dernières résistances de l’arrondissement central. Le site du bassin Peel à peine démonté, les jeunes de l’ADUQ reçoivent un appel de la Ville. « Ils nous ont dit que l’an prochain [cette année] il fallait qu’on le refasse dans Ville-Marie. »

     

    C’est donc au sud de la rue Fullum, aux abords du fleuve, sous l’ombre du pont, que le Village éphémère 2014 a pris racine pour la saison estivale. Et alors que la formule de l’an dernier n’avait pris forme que le temps d’une soirée, il sera possible de profiter de l’actuelle édition jusqu’à la mi-août. « C’est un emplacement idéal pour ce genre de place publique et il est complètement sous-investi », soutient le designer urbain en précisant que l’endroit, qui appartient au ministère des Transports du Québec, est utilisé comme dépôt à neige durant les mois d’hiver.

     

    Tout en parlant, il grimpe sur l’un des pavillons, puis étire le bras pour pointer l’étendue devant lui. Au loin, même un oeil peu attentif devine les îles de Boucherville et les ombres des monts de la Rive-Sud. À droite, les trois ponts — Cartier, Victoria et Champlain —, immenses arcades qui enjambent le fleuve, se font joyeusement écho à mesure qu’on les perd à l’horizon. « À Montréal, on a une forte tendance à tourner le dos au fleuve, à oublier que notre ville est une île. Nous, ce que nous voulons à l’ADUQ, c’est révéler les possibles. Montrer qu’en se donnant les moyens, on peut faire vivre ces espaces publics, même si ce n’est que de façon ponctuelle. »

     

    Accessible à pied et à vélo via les traverses piétonnes de Notre-Dame au bout des rues Fullum et De Lorimier, le Village éphémère propose une programmation éclectique tout au long de la belle saison. DJ et « food trucks » se partageront l’espace avec, en trame de fond, le côté explosif des feux d’artifice qui embraseront le ciel tous les samedis et mercredis soir jusqu’à la fermeture officielle du site.

     

    Vivre la ville ensemble

     

    C’est au printemps, alors que la neige occupait toujours l’espace en friche, que l’équipe de l’ADUQ a lancé l’appel de projets à la grandeur du Québec. « C’était l’occasion de donner la chance aux gens de réaliser quelque chose collectivement », précise Martin Paré. Encore une fois, l’association peine à mesurer l’enthousiasme du milieu. Des dizaines de collectifs de design se prêtent au jeu et s’attellent à rêver la ville. Au final, 20 regroupements sont sélectionnés pour donner vie à leur pavillon, leur mobilier urbain ou leur installation artistique.
     

    Alors que les groupes de l’an dernier avaient dû s’accommoder des moyens du bord, les lauréats de cette année ont chacun eu droit à une enveloppe budgétaire de 500 $. Un petit montant, mais qui, somme toute, leur aura permis de mener à terme leurs idées parfois un peu folles.

     

    Pour les quatre jeunes architectes et urbanistes derrière le Perspectographe, ce pavillon tout en poutres élancées, les contraintes de temps et de budget ont été un moteur de motivation. « On a tendance à penser que tout doit coûter cher, lance Charles Laurence Proulx avec un sourire. Le Village éphémère, c’était l’occasion de montrer que ça peut être esthétique, fonctionnel et ludique à moindre coût. » Et même si le quatuor a dû repenser son concept pour se plier aux exigences urbanistiques de l’ADUQ, le pari lancé est tenu. « Ce qui est fou, c’est de voir les gens habiter notre idée », ajoute Karl Choquette sous les hochements de tête enthousiastes de ses comparses. « Des fois, c’est de manière complètement inattendue, ils grimpent sur quelque chose qui n’est pas prévu pour ça ou s’installent de telle façon, renchérit Rémi St-Pierre. Ils le vivent. Ils se l’approprient ! »

     

     

    Ouvert du jeudi au dimanche, le Village éphémère accueille les amoureux de la ville qui désirent la vivre autrement. À l’horizon, le pont Jacques-Cartier s’intègre dans ce décor qui occupe depuis quelques semaines l’enclave asphaltée entre le Saint-Laurent et la rue Notre-Dame. À contre-jour, la structure d’acier du pont Jacques-Cartier se détache à l’horizon. Sur le site du Village éphémère, il est fortement encouragé de rêvasser, les deux pieds dans le sable.












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