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    Le sol, cet incroyable réservoir d’êtres vivants

    Lise Gobeille
    10 octobre 2015 |Lise Gobeille | Jardinage | Chroniques
    Le sol est vivant, rempli de milliards d’êtres vivants qui transforment sans relâche la matière organique en matière minérale pour nourrir nos végétaux.
    Photo: Istock Le sol est vivant, rempli de milliards d’êtres vivants qui transforment sans relâche la matière organique en matière minérale pour nourrir nos végétaux.

    Fondamental, l’entretien du sol est la clé du succès pour un potager généreux et un jardin exubérant. Loin d’être un simple support inerte, le sol est un ensemble vivant et complexe, dont dépendent les végétaux.

     

    C’est pourquoi le fait de connaître sa nature est essentiel afin de le travailler et de l’amender adéquatement pour conserver sa vie et sa richesse. Voici donc des trucs simples pour l’analyser et l’entretenir afin d’obtenir les résultats escomptés.

     

    On ne s’en rend pas vraiment compte, mais des milliards d’êtres vivants dans le sol transforment sans relâche la matière organique en matière minérale pour nourrir nos végétaux. Des bactéries dégradent la cellulose, des champignons microscopiques font circuler les minéraux, et les cloportes, les mille-pattes ainsi que de nombreux insectes façonnent la matière première.

     

    Néanmoins, le symbole d’une terre saine et vivante demeure le ver de terre, qui, grâce à ses galeries, ses déjections et sa transformation de la matière organique, accomplit un travail inestimable pour le jardinier.

     

    Comment déterminer la nature du sol ?

     

    Comme nos pratiques en dépendent, il est primordial de déterminer la nature de notre sol. Au Québec, il en existe 650 types, fait remarquer Denis La France, du Centre d’expertise et de transfert en agriculture biologique et de proximité (CETAB+), en entrevue téléphonique. On peut toutefois les organiser en trois grandes classes selon leur texture : les sols légers au fort pourcentage de sable, les sols francs, ou loams, où ne domine aucun élément, et les sols lourds, constitués de beaucoup d’argile.

     

    Deux sens vous guideront pour déterminer la nature de votre sol : le toucher et la vue. À l’oeil nu, on distingue facilement les grains de sable dans les sols légers, qui sont rugueux au toucher. Quant aux loams, au toucher, ils sont toujours doux, mais s’ils sont secs, ils seront farineux, alors que mouillés, ils seront savonneux. Les sols lourds sont quant à eux toujours collants et plastiques quand on les presse entre nos doigts.

     

    De la nature du sol, de son type, découlera sa structure, sa granulométrie. Cette dernière est importante, précise M. La France, car « un sol doit respirer et l’eau doit bien s’en écouler ; il doit y avoir 50 % d’espace entre les solides ».

     

    Travailler et améliorer le sol

     

    Si votre sol est léger, il sera immanquablement aéré, perméable, et se travaillera facilement. En contrepartie, il aura peu de structure, retiendra peu l’eau et les éléments minéraux. Il devra donc être amendé régulièrement pour être amélioré.

     

    Pour ce faire, il est recommandé d’y ajouter de grandes quantités de fumier composté ou de compost, au printemps, car la matière organique s’y décompose rapidement. Ce type de sol a l’avantage de se réchauffer rapidement lorsqu’arrive la belle saison.

     

    Le loam, ou terre franche, est le rêve du jardinier, car il retient bien l’eau et les éléments minéraux, se travaille facilement, se réchauffe rapidement et se draine bien. Néanmoins, comme pour tout sol, l’ajout de compost ou de fumier est nécessaire afin de maintenir la matière organique et de nourrir la vie du sol. Son travail peut être réalisé au printemps ou à l’automne, quoique, pour éviter le lessivage, M. La France recommande le printemps.

     

    Finalement, les sols lourds, qui sont difficiles à travailler, à drainer et se réchauffent lentement, ont mauvaise réputation… Malheureusement, car comme ils sont généreux, ils fixent et redonnent aisément les apports organiques, les minéraux et l’eau.

     

    Pour améliorer leur structure, il faut les bêcher à l’automne afin de tirer avantage des gels et dégels. De plus, pour éviter la formation de mottes dures, il est préférable qu’ils ne soient ni trop mouillés ni trop secs quand on les travaille. Des amendements réguliers de chaux, de dolomie ou de compost sont indispensables pour aider à les ameublir.

     

    Par ailleurs, au potager, la culture sur butte favorise leur drainage et accélère leur réchauffement au printemps.

     

    Enfin, avec ces derniers, avant d’atteindre la structure fine désirée et tant souhaitée, il faut généralement quelques années. La patience est donc de mise.

     

    Retournement de la terre ou non ?

     

    Faire passer le dessous de la terre sur le dessus est souvent décrié de nos jours, car cela bouleverse les couches supérieures du sol. C’est pourquoi, dans certains milieux, la technique du décompactage sans retournement est très en vogue. Elle consiste à faire éclater le sol avec un mouvement avant-arrière sans le retourner, à l’aide d’un outil à dents verticales comme une fourche bêche classique, une grelinette ou une fourche bêche en T.

     

    Sans être contre cette méthode, M. La France remarque que le travail superficiel des quinze premiers centimètres du sol a peu d’impact sur l’activité biologique qui, selon lui, se réorganise rapidement. Allergique à la pensée unique, il ajoute que les choix doivent être faits en fonction de l’état et du type de sol. D’ailleurs, il donne comme exemple les sols compacts qui doivent être travaillés régulièrement en profondeur pour les faire éclater en les soulevant.

     

    Couvert ou dénudé pour l’hiver ?

     

    Un sol couvert ou dénudé pour l’hiver : telle est la grande question. Au potager, explique M. La France, il y a plusieurs réponses. « Si vous avez semé un engrais vert, il est préférable de l’enfouir seulement au printemps, car il protège le sol. Pour une terre à nu, si vous avez des problèmes importants de limaces, mieux vaut ne rien mettre. Quant à l’utilisation du bois raméal fragmenté, il faut y aller avec prudence, car il peut entraîner des carences en azote. Puis pour les feuilles, la couche ne doit pas être trop épaisse. Et il ne faut pas oublier qu’un sol couvert est plus long à réchauffer, car il reste plus longtemps gorgé d’eau. »

     

    Dans les platebandes, une bonne couche de paillis protégera des grands froids les racines des vivaces, des arbustes et des arbres, mais les mêmes précautions s’appliquent.

     

    L’Année internationale des sols

     

    Je profite du thème de cette chronique pour souligner l’Année internationale des sols, décrétée par l’ONU afin de sensibiliser la population à leur protection et de promouvoir leur gestion durable.

     

    Les sols sont le fondement d’une alimentation saine, ils aident à lutter contre les changements climatiques, stockent et filtrent l’eau, maintiennent la biodiversité et sont fondamentaux pour la végétation. Comme ils sont une ressource non renouvelable, leur préservation est essentielle à la sécurité alimentaire et à un avenir durable.

    Le sol est vivant, rempli de milliards d’êtres vivants qui transforment sans relâche la matière organique en matière minérale pour nourrir nos végétaux. Bêcher un sol argileux doit se faire à l’automne afin de tirer avantage des gels et dégels. Cela permet d’améliorer sa structure.












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