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    Balade verte au coeur de Montréal

    La transformation d’îlots de chaleur en espaces verdoyants agréables et nourriciers

    Lise Gobeille
    18 juillet 2015 |Lise Gobeille | Jardinage | Chroniques
    Pour répondre à l’objectif de réduire l’impact sur l’environnement de la chaîne des Hôtels Fairmont, l’hôtel Reine Elizabeth a choisi la production de légumes sur le toit.
    Photo: Lise Gobeille Pour répondre à l’objectif de réduire l’impact sur l’environnement de la chaîne des Hôtels Fairmont, l’hôtel Reine Elizabeth a choisi la production de légumes sur le toit.

    Voici une balade qui m’a permis de découvrir des endroits verts, parfois surprenants, en plein coeur de Montréal. Elle nous amenait des Habitations Jeanne-Mance au campus de l’Université McGill, en passant par le toit de la Maison du développement durable pour finir avec celui du Fairmont Le Reine Elizabeth.

     

    La Corporation d’habitations Jeanne-Mance, située au 150, rue Ontario, est notre point de départ ; une zone du centre-ville hautement bétonnée et asphaltée. À notre arrivée, la directrice des Habitations et notre guide, Mme Clotilde Tarditi, présente le contexte particulier des Habitations, puis elle explique l’importante réfection écologique des huit stationnements et la densification de la végétation des huit hectares. Pour ce faire, des experts et des partenaires ont été consultés, mais c’est l’Éco-quartier Saint-Jacques qui a réalisé cette transformation majeure. Les objectifs étaient de contrer les îlots de chaleur, d’agir sur la gestion des eaux pluviales, d’augmenter la biodiversité et aussi de s’ouvrir sur le quartier. D’ailleurs, cette réfection a permis la conception du premier stationnement muni d’un bassin de biorétention à Montréal ; il a du reste remporté plusieurs prix. Superbe : devant lui, on peine à imaginer qu’on est en plein coeur de Montréal. L’autre stationnement visité est enclavé dans les Habitations. Sa particularité : son jardin de pluie intime et attrayant. Pour terminer le parcours, nous sommes passés par le verger — oui, oui, le verger —, qui comprend des pommiers matures, des poiriers, des pruniers et des arbustes fruitiers. Pour la végétalisation, les plantes indigènes ont été priorisées ainsi que celles qui attirent les abeilles, les papillons et les oiseaux. Les retombées de ces aménagements sont substantielles, car ils fournissent de nombreux services écosystémiques : la régulation de l’air, de la nourriture, des sites agréables, etc. Mais, de surcroît, les répercussions sociales sont importantes, car ils favorisent le sentiment d’appartenance, la diminution de la violence, la cohésion sociale, etc. Pour de plus amples informations, consulter le document Effet de terre aux Habitations Jeanne-Mance sur le Web, qui inclut notamment un trajet pour une visite du site.

     

    Efficacité énergétique

     

    Notre deuxième arrêt a lieu à la Maison du développement durable, au 50, rue Sainte-Catherine Ouest. Aussitôt arrivé, notre guide Ricardo Leoto, responsable des visites du bâtiment, nous entraîne sur le toit végétalisé de l’immeuble. Planté depuis déjà plusieurs années, ce dernier démontre qu’un toit végétalisé de ce type — sedums dans seulement 7 cm de sol — résiste à nos hivers rigoureux. Et, quelle chance, il était tout en fleurs lors de notre passage. Grâce aux végétaux et au sol, la résistance thermique du toit est doublée par rapport au toit traditionnel. De retour à l’intérieur du bâtiment, on aborde la purification de l’air à l’aide du mur végétal, un biofiltre de cinq étages de haut. La technique utilisée provient de chez Nedlaw, en Ontario, et elle consiste à forcer l’air à travers le mur afin d’optimiser le contact de l’air avec les micro-organismes racinaires. Toutefois, pour compléter le travail, des filtres traditionnels sont aussi nécessaires. Ce bâtiment est le premier à avoir obtenu la certification LEED® PLATINE Nouvelle construction (NC) au Québec. Très instructives, des visites guidées gratuites du bâtiment sont offertes. Inscription obligatoire.

     

    Écologisation

     

    Au campus de l’Université McGill situé au coin des rues Sherbrooke et McGill, nous sommes reçus par Kathleen du Bureau du développement durable et Brian Karasick, urbaniste et planificateur. Partenaires depuis 2009, l’université et la Ville de Montréal ont travaillé à la piétonnisation de la rue McTavish et du campus, à verdir les lieux et à ouvrir le campus sur l’extérieur. Pour réaliser ce projet, 50 places de stationnement ont été éliminées sur la rue McTavish et 140 sur le campus. Lors de notre visite, on pouvait voir des enfants de garderies et de camps jour qui jouaient allègrement sous les arbres majestueux. De même, en collaboration avec le Santropol Roulant, des potagers en bac, en sac et en sol ont poussé en grand nombre sur le campus, résultat de l’engouement des étudiants et des employés pour l’agriculture urbaine. Quant à la rue McTavish, pour le moment, on n’y voit que des bacs à fleurs, mais sa transformation ne saurait tarder, car elle s’intègre au grand projet de promenade du fleuve à la montagne pour le 375e de Montréal.

     

    Agriculture entre ciel et terre

     

    Au Fairmont Le Reine Elizabeth, situé au 900, boulevard René-Lévesque Ouest, notre guide Joanne Papineau, responsable du plan de développement durable, nous dirige vers l’ascenseur pour se rendre au 22e étage. Elle nous explique que pour faire suite à l’engagement de la chaîne des Hôtels Fairmont de réduire son impact sur l’environnement, l’hôtel de Montréal a choisi tout naturellement la production de légumes sur le toit. Tout naturellement car, auparavant, plusieurs initiatives avaient été entreprises pour produire des légumes et des fines herbes pour les cuisines. Sur un petit espace, 28 variétés de tomates, des aubergines, du basilic, de la citronnelle, des framboises noires, des fraises, des cerises de terre sont cultivés en bacs Biotop ou en smartbags. Assoiffés à la fin de la balade, c’est avec plaisir que nous nous sommes désaltérés d’eau aromatisée à la menthe et au citron cultivés sur le toit. Elle est offerte dans le hall pour la clientèle et… les visiteurs spéciaux.

     

    La balade a été planifiée par le Conseil régional de l’environnement de Montréal et la Ville de Montréal et elle s’adressait aux partenaires du plan de développement durable de la Ville de Montréal.

    Pour répondre à l’objectif de réduire l’impact sur l’environnement de la chaîne des Hôtels Fairmont, l’hôtel Reine Elizabeth a choisi la production de légumes sur le toit. Le terrain des Habitations Jeanne-Mance compte un verger.












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