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    Le domaine sublime de Francis Cabot

    11 août 2012 |Lise Gobeille | Jardinage
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	Les jardins de Quatre-Vents, dans Charlevoix, font partie des grands jardins privés de l’Amérique du Nord. Voici l’impeccable et impressionnante allée des thuyas et, à l’avant-plan, le lac des Libellules.</div>
    Photo: Lise Gobeille
    Les jardins de Quatre-Vents, dans Charlevoix, font partie des grands jardins privés de l’Amérique du Nord. Voici l’impeccable et impressionnante allée des thuyas et, à l’avant-plan, le lac des Libellules.
    Les jardins de Quatre-Vents, dans Charlevoix, sont considérés par plusieurs comme le projet paysager le mieux réussi en Amérique du Nord. Ils sont l’œuvre d’un jardinier accompli doté d’un tempérament d’artiste, Francis Cabot, propriétaire des lieux avant sa mort.


    Installés dans le secteur de Cap-à-l’Aigle, dans l’ancienne seigneurie Mont-Murray, les jardins s’étendent sur 20 acres dans un paysage extraordinaire surplombant le fleuve. Ce paysage grandiose a été intégré dans l’aménagement grâce à la technique du paysage emprunté. Cette technique d’origine japonaise donne au jardin une impression de dimension infinie.
     
    Conception

    Francis Cabot a mûrement réfléchi son projet et est un jardinier averti quand il entreprend les travaux d’aménagement en 1972. Déjà, il compte à son actif un jardin réalisé avec sa femme Anne au domaine familial de celle-ci, dans l’État de New York. Également, ils ont parcouru de nombreux jardins à travers le monde, qui ont d’ailleurs donné une note d’exotisme aux jardins de Quatre-Vents.
     
    Dès l’origine des jardins, des axes nord-sud et est-ouest ont été aménagés et ces orientations sont respectées là où le terrain le permet. Sinon, les composantes qui ne sont pas dans les axes ont été développées dans un grand respect du relief naturel et de l’intégration du paysage. Comme le dit si bien la designer de jardin, Penelope Hobhouse, dans la préface du livre Un jardin extraordinaire : Quatre-Vents, en Charlevoix, Québec, écrit par Jean Des Gagniers, Francis Cabot a su combiner les vues axiales, les points focaux et le traitement de l’espace (paysage emprunté) pour former un ensemble fascinant où des éléments traditionnels sont employés avec une grande liberté.
     
    Le charme

    Les jardins de Quatre-Vents ont la particularité de se subdiviser en 24 jardins relativement compartimentés. Quel plaisir, car on découvre le charme de chacun seulement en y pénétrant et on est constamment surpris. Généralement, on commence la visite dans les jardins du côté nord, qui longent la villa. S’y succèdent le jardin de la boulangère, le jardin des fines herbes, celui des invités et, en parallèle, l’allée et le rond des thuyas. La perfection de la taille des haies et des topiaires de cèdre caractérise cette section qui est sobre et impeccable.
     
    Le tapis vert, un espace gazonné, relie la terrasse au lac des libellules et en parallèle s’alignent le jardin blanc et l’allée des oies, dont la fierté est les delphiniums. En contigu se trouve la roseraie, dont la floraison est précédée par celle d’une profusion d’œillets au parfum capiteux. S’ensuit l’allée des vivaces, qui a plus de 20 mètres de long par 8 mètres de large.
     
    La terrasse, quant à elle, abrite les plantes alpines, premier amour de Francis et Anne Cabot pour le monde végétal et les murets fleuris. Et on ne peut passer outre le bassin bleu devant la verrière du salon, un long miroir teinté de bleu de Chine qui réverbère le ciel, les nuages et les couchers de soleil. En parallèle à l’allée des thuyas, une file de bassins rectangulaires reliés entre eux par d’étroits canaux se déverse dans le lac des libellules.
     
    On contourne celui-ci pour atteindre le jardin du ruisseau, où l’on peut admirer le pont de lune chinois. Puis, on poursuit sur un sentier qui nous entraîne vers le pavillon de musique ainsi que vers l’arche judicieusement placée pour attirer notre regard au loin. Quant aux plates-bandes ombragées adossées à un boisé, elles rivalisent entre elles d’imagination et de recherche dans l’agencement des végétaux.
     
    Le sentier du jardin du sous-bois nous mène vers le ravin, que l’on peut également traverser avec l’un des deux ponts de corde. Au sous-bois se dévoilent des plantes de collection aux fleurs séduisantes et raffinées, tandis qu’au ravin, les feuillages géants impressionnent. Au fond du ravin, on entre dans un monde zen où l’on découvre les deux pavillons japonais, la cascade et l’étang des truites.
     
    Ensuite, on gravit l’escalier de pierre à l’opposé du ravin pour aboutir dans un jardin très structuré et symétrique : le jardin du pigeonnier. Les palissades composées de deux contre-allées sont particulièrement spectaculaires. Il ne faut pas manquer non plus les formidables potagers ni les prés fleuris. Les jardins de Quatre-Vents comptent plus de 1000 plantes, dont plusieurs sont peu communes au Québec et ont été introduites par M. Cabot.
     
    Francis Cabot

    Ce dernier a été reçu chevalier de l’Ordre national du Québec pour l’influence qu’il a exercée sur le développement de l’horticulture ici et était aussi membre honoraire de l’Ordre du Canada. Il a écrit l’ouvrage The Greater Perfection : The Story of the Gardens at Les Quatre-Vents publié en 2011. Ce livre est un ouvrage de référence dans l’art d’aménager les jardins. Il a vécu ses derniers jours dans Charlevoix, où il est décédé le 19 novembre 2011. Le fils de M. Cabot veille sur les jardins, et les dispositions nécessaires pour assurer leur pérennité ont été prises.
     
    Pour une visite
     
    Les jardins sont ouverts au public quatre jours par été depuis 25 ans, mais il est déjà trop tard pour les visiter cette année. Si vous souhaitez y aller l’année prochaine, rendez-vous sur le site du Centre écologique de Port-au-Saumon en décembre pour réserver vos billets. Le montant des billets est remis sous forme de don au Centre d’écologie de Port-au-Saumon.

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    Au jardin cette semaine

    Montréal accentue sa lutte contre l’agrile du frêne.

    Grâce à un programme de dépistage, on a découvert l’année dernière, sur le territoire montréalais, la présence de l’agrile du frêne, un insecte dévastateur d’origine asiatique. Comprenant l’urgence de la situation, la Ville a immédiatement réagi en développant le Plan d’action montréalais pour la lutte contre l’agrile du frêne, qui se poursuivra jusqu’en 2015.
     
    La forêt urbaine de Montréal comprend 20 % de frênes, il est donc important d’agir rapidement pour diminuer les pertes et éviter les coûts onéreux de remplacement. L’Agence canadienne d’inspection des aliments a également publié un arrêté ministériel qui réglemente le transport des branches et des résidus de bois sur l’île. Dans l’objectif de réduire les risques de dispersion de l’agrile sur l’île et à l’extérieur, les branches d’arbre, toutes essences confondues, doivent être déposées à part dans la rue et les citoyens doivent téléphoner au 311 pour qu’elles soient déchiquetées. 
     
    Enfin, la lutte a commencé dans les arrondissements. Vous aurez peut-être l’occasion de voir des employés de la Ville à l’œuvre. Pour contrôler l’insecte, ils injectent à l’aide de grosses seringues du TreeAzin — un produit à base de neem — à tous les frênes qui sont dans un périmètre de 300 mètres d’un arbre infesté.

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    Des questions sur votre jardin ? N’hésitez pas à me contacter.
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	Les jardins de Quatre-Vents, dans Charlevoix, font partie des grands jardins privés de l’Amérique du Nord. Voici l’impeccable et impressionnante allée des thuyas et, à l’avant-plan, le lac des Libellules.</div> Stéphane et Alain, des employés de l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie à Montréal, traitent un frêne avec du TreeAzin afin de lutter contre l’invasion de l’agrile du frêne.












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