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    Tout est jardin

    Les Urbainculteurs ramènent l'agriculture dans la ville

    17 septembre 2011 |Lise Gobeille | Jardinage
    Sur le toit de l’hôtel Hilton, on récolte des fleurs, des fines herbes et des légumes pour les cuisines et les employés.<br />
    Photo: Les Urbainculteurs Sur le toit de l’hôtel Hilton, on récolte des fleurs, des fines herbes et des légumes pour les cuisines et les employés.
    On veut manger local, on veut manger des légumes frais et bios? Pourquoi pas l'agriculture urbaine? Les Urbainculteurs, eux, ont su la rendre simple, accessible et peu coûteuse. Marie Eisenman et Francis Deneault sont des passionnés à l'énergie débordante qui veulent sensibiliser les citadins et les organisations aux bienfaits du jardinage, offrir des solutions concrètes et le démontrer par l'action. Installés à Québec, la majorité de leurs projets se déroulent dans cette région.

    Tout a commencé en 2009, lorsqu'ils ont approché Lauberivière, une maison pour les sans-abri, afin d'y installer un potager sur le toit: une heureuse association venait de naître. Les Urbainculteurs obtenaient ainsi un lieu d'expérimentation et de démonstration, et les cuisines bénéficiaient de légumes biologiques frais. Ce projet en a engendré plusieurs autres, dont trois dans le secteur communautaire.

    Ils ont notamment réalisé, cet été, un potager sur le balcon du Pignon Bleu, un organisme dont la mission est d'assurer la sécurité alimentaire des familles dans le besoin. Cinquante enfants ont participé aux cinq camps culinaires d'une semaine: ils ont entretenu les plantes, en ont récolté les fruits et les ont transformés en délicieux plats. Ils ont aussi converti la terrasse des logements subventionnés de l'organisme l'Action chambreur en jardin d'abondance. Et enfin, à la Résidence Saint-Paul-Apôtre, ils ont donné un nouveau souffle au jardin pour personnes âgées et handicapées.

    Les hôtels

    Selon Marie Enseiman, l'intérêt pour l'agriculture urbaine se développe rapidement auprès des hôteliers de Québec. Précurseur avec son jardin de fines herbes et ses ruches, le Château Frontenac y est sûrement pour quelque chose. Cinq hôtels ont sollicité les Urbainculteurs pour réaliser des aménagements: l'Auberge Saint-Antoine (Relais & châteaux), le Hilton, l'Hôtel du Vieux-Québec, le Best Western et l'Auberge Place d'Armes. Les motivations varient d'un établissement à l'autre mais, règle générale, on veut embellir de manière originale et, faisant d'une pierre deux coups, on récolte des fleurs, des fines herbes et des légumes pour les cuisines et les employés.

    Mais il y a aussi d'autres avantages non négligeables, comme la diminution des coûts de climatisation grâce à la réduction de la température d'un toit cultivé, et la satisfaction d'innover, de se démarquer et de sensibiliser la clientèle aux multiples plaisirs et bénéfices de l'agriculture urbaine.

    Les microbrasseries

    Deux microbrasseries ont également embrassé le concept, qui correspond à leurs valeurs et à leur image. D'abord, la Korrigane, propriété de Catherine Dionne-Foster, priorise l'utilisation de produits agroalimentaires locaux et régionaux. Pour cette brasserie, concevoir un aménagement de légumes comestibles allait de soi. Les Urbainculteurs y ont donc transformé un bout d'asphalte en une luxuriante terrasse bondée de légumes. Dans un décor de tomates, de persil et de poivrons, sans oublier le houblon, ce magnifique grimpant, on déguste d'excellentes bières artisanales.

    Puis, à la coopérative La Barberie, on aime faire les choses différemment. Alors Marie et Francis en ont couvert les murs et les platebandes de légumes, de petits fruits et de fines herbes. Un aménagement remarqué

    Palais des congrès à Montréal


    Cet été, les Urbainculteurs ont participé au projet Culti-Vert sur le toit du Palais des congrès à Montréal, un lieu de démonstration de cinq techniques de toits verts extensifs et de trois toits-jardins. On peut y voir un jardin de 150 pots en géotextile réalisé par les Urbainculteurs en une journée et demie. Ce projet a été organisé par le Centre d'écologie urbaine grâce à une subvention accordée dans le cadre de la lutte contre les îlots de chaleur.

    La clé du succès


    Les Urbainculteurs font la promotion de méthodes de jardinage simples, accessibles et à des coûts raisonnables. Ils utilisent notamment le smart pot, un produit qu'ils distribuent eux-mêmes sur le marché. Ce contenant de géotextile, un tissu poreux et solide, a été inventé il y a plus de 20 ans pour la production en pépinière. Abordable, disponible en de nombreux

    formats, il favorise un bon enracinement et donne d'excellents rendements.

    Aussi, pas question d'être esclaves de leurs plantes: les Urbainculteurs installent des systèmes d'irrigation simples et peu coûteux. Ils utilisent et distribuent les produits d'irrigation Iriso, des systèmes de goutte à goutte qui fonctionnent par gravité; chaque goutteur est réglable individuellement, en fonction des besoins.

    Leurs techniques de jardinage s'adaptent bien à la culture sur les toits. D'ailleurs, ils les ont expérimentées à plusieurs endroits. Au Québec, les toits sont conçus pour supporter la neige et ne posent donc pas de problème pour une certaine charge l'été.

    Sur leur site Internet, les Urbainculteurs citent Victor Hugo: «L'utopie d'aujourd'hui est la réalité de demain.» Est-ce que demain nos toits seront des jardins suspendus? Chose certaine, c'est réalisable, et les serres Lufa ont également démontré la faisabilité de la version commerciale.

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    Calendrier


    L'exposition annuelle du Cercle de mycologues de Montréal, Les champignons dans nos forêts, le dimanche 18 septembre au Centre sur la biodiversité de l'Université de Montréal.

    La magie des lanternes au Jardin botanique de Montréal. À l'occasion du 20e anniversaire du Jardin de Chine, l'exposition rend hommage à Qin Shi Huangdi, le premier empereur. Elle s'intitule d'ailleurs La parade du premier empereur. Jusqu'au 31 octobre.

    Consultez le site Internet de la Fédération des sociétés d'horticulture et d'écologie du Québec, où l'on trouve toutes les conférences qui ont lieu à travers le Québec. Il y a aussi le calendrier de conférences dans la revue Fleurs, plantes et jardins.

    Conseils horticoles


    Ne pas négliger l'entretien de nos paniers, pots et balconnières, qui sont au summum jusqu'aux premières gelées.

    Continuer le dépistage des insectes et des maladies.

    Ne pas laisser au jardin ni mettre au compost les feuilles atteintes de maladies. On peut les envoyer à la collecte de résidus verts de la municipalité. D'ailleurs, à l'automne, ces collectes sont plus courantes.

    Surveiller les limaces qui sont favorisées par les températures fraîches.

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    Des questions sur votre jardin, des interrogations horticoles?

    N'hésitez pas à me contacter à lgobeille@ledevoir.com.
    Sur le toit de l’hôtel Hilton, on récolte des fleurs, des fines herbes et des légumes pour les cuisines et les employés.<br />
À la Barberie, les murs sont couverts de fines herbes et de fleurs.<br />












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