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    Minimaisons, grandes ambitions

    18 avril 2015 | Nathalie Deraspe - Collaboratrice | Habitation
    Photo: Habitations microévolution
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

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    Après le mouvement des Tiny Houses aux États-Unis, au tour du Québec de connaître un véritable engouement pour les maisons de petite taille. Deux clientèles s’y intéressent plus particulièrement : les baby-boomers et les 25-35 ans.

     

    La morosité du climat économique incite les premiers à réévaluer leur mode de vie. À deux doigts de la retraite, bien des couples ne pensent qu’à une chose : tout liquider pour mieux profiter de la vie. La plupart d’entre eux hésitent toutefois à se défaire de leur pied-à-terre. Se débarrasser de la maison et payer comptant quelque chose de plus petit devient alors une solution des plus attrayantes.

     

    Pour les plus jeunes, la maison miniature signifie bien plus qu’un accès à la propriété. À preuve, le projet intégré lancé par Habitat Multi-Générations à Lanthier, où de futurs voisins échafaudent des idées de projet commun avant même d’avoir un plancher sous les pieds.

     

    Les 21 hameaux qu’on prévoit y construire comprendront six maisons chacun. La particularité des lieux réside dans le fait qu’une partie de chaque terrain sera partagée avec le voisinage. Au final, les propriétaires de chaque hameau pourront profiter d’un espace commun de 24 000 pieds carrés, qu’ils pourront aménager à leur guise. C’est sans compter les 115 acres excédant la zone de construction, accessibles en permanence aux résidants établis sur le site.

     

    Les promoteurs des Hameaux de la source précisent que ce projet de développement domiciliaire durable, plus communément appelé P3D, laisse la part belle à l’acheteur. Une famille qui s’agrandit ou qui décide d’accueillir les grands-parents pourra accroître aisément la superficie de sa demeure grâce aux constructions modulaires adaptables aux besoins réels des acheteurs.

     

    Marc Leblanc et sa conjointe, Josée Godin, connaissent déjà le bonheur de vivre dans un espace plus petit. Leur maison de 358 pieds carrés (33 mètres carrés) est à peine plus grande qu’une maison mobile. Pourtant, le confort y est incomparable. Le couple a habillé la structure modulaire avec le bois d’une vieille maison centenaire et a érigé la chambre nuptiale à la mezzanine. En plus d’une large fenestration côté sud, l’endroit bénéficie d’une isolation hors normes. Cachet et bien-être garantis !

     

    La maison de demain ?

     

    Le charpentier menuisier Maxime Robillard entend construire sa maison miniature à l’été 2016. Pour lui, il s’agit de rien de moins que de révolutionner un style de vie qui mène à la surconsommation et à l’endettement. « Juste en consommation d’énergie, chauffer une maison de 400 pieds carrés, au lieu de 2000, fait toute la différence. »

     

    Le jeune homme âgé de 26 ans partage désormais son enthousiasme via le site minimaisonsquebec.com et lance un premier festival de minimaisons en juillet. L’événement aura lieu à Lanthier. « Il y a de plus en plus de demandes, explique ce gestionnaire en commerce. C’est le temps de montrer qu’il y a des solutions concrètes. À l’été 2015, la demande va exploser. On attend 2000 personnes sur trois jours. »

     

    À peine plus âgé, Gabriel Parent-Leblanc mise sur la popularité de cette vague pour promouvoir les maisons sur roues. La sienne prendra la route d’ici quelques semaines. Pour l’instant, la construction est installée dans la cour de ses parents, à Bois-des-Filion. Son entreprise, Habitations Microévolution, offre les remorques et l’assistance dans l’autoconstruction de maisons de 12 à 24 pieds de long. La plus grande fait 200 pieds carrés. D’ici peu, le biologiste converti en entrepreneur offrira des logements clés en main. « C’est vraiment pour l’environnement que je m’investis. Ce sont des projets parfaits pour réduire notre empreinte écologique et pallier l’endettement des ménages. »

     

    Gabriel a consacré plus de 1000 heures de travail avec parents et amis pour éviter les coûts de main-d’oeuvre. Le petit bâtiment est branché à la résidence principale, ce qui permet de partager les frais fixes, tout en bénéficiant de l’eau potable. Le prix des matériaux s’élève à 40 000 $ et comprend trois panneaux solaires. « C’est l’intergénération sans les rénovations. Ça permet de partager et vivre mieux. » Et quelle différence entre le bon vieux Winnebago et la maison sur roues ? « L’isolation et le confort, affirme sans hésiter Gabriel Parent-Leblanc. Ma maison est même trop isolée ! Et la roulotte, c’est le domaine du plastique. »

     

    Pour l’heure, la Ville tolère cette installation mais, tôt ou tard, il faudra éclaircir le flou dont profite Gabriel. Quant aux maisons miniatures, les règlements d’urbanisme nécessitent des modifications. Les villes accueillent à bras ouverts les constructions de 2000 pieds carrés, mais, quand on bâtit quelque chose de 10 fois plus petit, les municipalités refusent d’accorder des permis.

     

    Quoi qu’il en soit, l’épiphénomène des microhabitations est là pour durer. « Quand les gros comme Industries Bonneville et Confort Design s’intéressent à ça, c’est bon signe », estime Maxime Robillard.













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