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    Bricoler sans s’encombrer

    18 avril 2015 | Ludivine Maggi - Collaboratrice | Habitation
    Photo: Alexis Côté
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    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Après Vancouver, Calgary, Toronto, Ottawa et Halifax, c’est au tour de Montréal d’accueillir, au printemps 2015, dans le quartier de Villeray, La Remise, la toute première bibliothèque d’outils au Québec. Un lieu où le mot « bricolage » rimera avec « partage » et « voisinage » et où tous les Montréalais pourront emprunter des outils pour réaliser leurs travaux domestiques.


    « À ce jour, nous en sommes à 250 outils, assure le cofondateur et bénévole de La Remise, Blaise Rémillard. Notre inventaire est composé de 90 % de dons. Pas une journée ne passe sans que des gens nous contactent pour nous donner du matériel. » Même si l’objectif de 1000 outils est évoqué, la priorité reste de proposer le plus large éventail de pièces possible.

     

    Partis du constat que la plupart des outils domestiques sont peu utilisés et laissés, la plus grande partie du temps, dans un coin de l’appartement ou de la maison, les fondateurs et les bénévoles de cette coopérative de solidarité à but non lucratif ont décidé d’offrir aux habitants un lieu où ils pourront emprunter jusqu’à une douzaine d’outils pendant une semaine. Pour en bénéficier, ils devront s’acquitter du paiement d’une part sociale (10 $ à vie, remboursable) et d’un abonnement (60 $ par an, mais d’autres formules existent). « L’espace sera ouvert deux jours par semaine ainsi que le samedi et le dimanche, précise le cofondateur. Il y aura des ateliers, mais aussi des formations hebdomadaires données par des bénévoles désireux de partager leurs connaissances. » La Remise inclura aussi un espace de bricolage partagé.

     

    Réparer au lieu d’acheter

     

    « Nous voulons rendre le partage sexy, lance le bénévole chargé des communications, Maxime Fortin-Archambault. Il faut se détacher le plus possible de la consommation et apprendre à faire soi-même les choses. » À plus long terme, les deux bénévoles ne cachent pas leur envie de changer les habitudes de consommation de chacun grâce à ce projet. « Le monde dans lequel on vit n’a pas d’allure, estime M. Rémillard. Les gens savent qu’il va falloir aller vers une économie décroissante. »

     

    Née de questionnements sur la surconsommation et l’obsolescence programmée, La Remise s’inscrit dans un mouvement de transition orientée vers l’écologie et vers une vision positive du futur. Tout le contraire de la période d’austérité qui pèse actuellement sur le Québec. « Dans le contexte actuel, nous sommes une bonne nouvelle, assure M. Fortin-Archambault. Nous voulons créer et fournir des richesses autres que pécuniaires et mettre en place un lieu où la communauté peut s’épanouir en dehors du travail. »

     

    C’est au sein de Villeray en transition, un groupe citoyen non partisan, que les habitants du quartier ont montré un certain engouement pour la bibliothèque d’outils. « Lors de la première réunion, nous étions une dizaine de personnes, explique le cofondateur. Maintenant, le noyau dur de La Remise, qui est un projet complètement indépendant de Villeray en transition, se compose d’environ 20 personnes. » Voilà maintenant deux ans que les fondateurs et les bénévoles travaillent à son ouverture. « Nous avons passé un an à nous informer, à monter ce projet. Depuis notre visite à la Tool Library de Toronto, en été 2014, tout n’a fait que s’accélérer : la recherche de financement, l’ouverture de notre page Facebook en septembre, qui compte désormais presque 3000 fans, la mise en place du calendrier des formations et le lancement de la campagne de sociofinancement de février à mars », détaille M. Rémillard.

     

    Malgré l’obtention de quelques fonds, La Remise a éprouvé quelques difficultés à trouver du financement. Conscient qu’il n’est pas une priorité en ce temps de rigueur budgétaire, le groupe a opté pour une campagne de sociofinancement, qui lui apporte une certaine indépendance économique. « Nous trouvions que c’était un bon moyen d’aller chercher de l’argent, tout en associant les gens à notre démarche », souligne le cofondateur. Une formule payante puisque, en un mois, le projet a récolté 23 864 $ de 418 contributeurs, soit 1864 $ de plus que son objectif de départ. À ce jour, de toutes les bibliothèques d’outils, c’est celle de Montréal qui a récolté le plus d’argent. « Cette somme sera investie pour louer le local et compléter l’inventaire », affirme M. Rémillard.

     

    Avant même son ouverture officielle, La Remise a d’ores et déjà 200 membres qui ont adopté le leitmotiv du lieu : pourquoi acheter, pourquoi s’encombrer, quand on peut partager ?













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