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    Achat d’une propriété

    La délicate opération de l’inspection

    Une étape importante à franchir pour éviter les mauvaises surprises

    22 février 2014 |Marie-Hélène Alarie | Habitation
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Lors de l’achat d’une maison, certaines étapes sont excitantes, alors que d’autres ne le sont pas du tout. Quand ils songent à l’inspection préachat, rare sont les futurs propriétaires qui sautent de joie et plusieurs l’appréhendent avec une bonne dose de stress. Et, pourtant, elle constitue peut-être l’étape la plus importante du processus, du moins celle qui peut vous pousser à faire les bons choix.


    Ça y est ! Vous avez trouvé LA maison idéale et même votre banque est d’accord avec vous ! La couleur des murs est déjà choisie, les meubles sont placés et vous vous voyez déjà prendre l’apéro sur cette magnifique terrasse… Toutefois, un petit détail vous empêche encore de savourer complètement votre rêve : l’inspection. Et, non, le beau-frère, même s’il travaille dans la construction, n’est pas un professionnel de l’inspection !

     

    L’inspection préachat n’est pas obligatoire au Québec, mais elle est fortement suggérée : « De 50 à 60 % des acheteurs procèdent à une inspection préachat », nous dit Pascal Parent, président de l’Association des inspecteurs en bâtiments du Québec (AIBQ). Avec plus de 300 membres, l’AIBQ est de loin la plus grande association du genre au Québec.

     

    Pour l’instant, aucune loi ne régit l’inspection préachat dans la province et, dans le pire des cas, n’importe qui peut s’improviser inspecteur. Depuis plusieurs années, l’AIBQ multiplie les efforts afin de redorer la profession et de la faire reconnaître juridiquement (voir notre encadré).

     

    Pour devenir membre de l’AIBQ, un futur inspecteur doit passer un examen et obtenir une note de passage de plus de 75 %, puis, avant de devenir membre agréé, il aura fait ses preuves durant plusieurs années tout acquérant une formation continue. « L’AIBQ a mis sur pied des normes de pratiques et des standards parmi les plus sévères de la profession, et ce, non seulement au Québec mais aussi en Amérique du Nord. Chaque membre possède son assurance personnelle et l’association en possède une aussi. Les rapports sont standardisés et les inspecteurs doivent suivre la déontologie et la convention de service. Tout a été mis en place afin de développer une structure qui protège le client et encadre l’inspecteur », rappelle Pascal Parent.

     

    Mais, en pratique, qu’est-ce qu’une inspection ?

     

    On procède à l’inspection préachat tant pour une maison ancienne que pour une propriété neuve. « Ce n’est pas parce qu’une maison est neuve qu’elle est bien construite », souligne sagement M. Parent. Le but de l’inspection préachat est de dresser l’état général du bâtiment. Et, comme les bâtiments parfaits n’existent pas, l’inspecteur va toujours trouver quelque chose qui ne va pas, mais ce qui est important, c’est de chercher « s’il y a une déficience majeure qui pourrait empêcher la transaction immobilière ».

     

    Pour les futurs acheteurs inquiets, Pascal Parent précise : « Non ! On ne fait pas d’ouvertures dans les murs. Jamais ! Si on fait des ouvertures, c’est qu’on vient de passer en mode expertise, et ça, c’est un autre mandat complètement. » Le bon inspecteur va chercher les déficiences et en déterminer le taux de gravité, il va aussi indiquer la liste des travaux d’entretien à prévoir : « Par exemple, s’il voit de la poudre blanche à la base d’une fondation, l’inspecteur sait que c’est de l’inflorescence due à un trop fort taux d’absorption d’eau, ce qui signifie qu’il y a peut-être un problème avec le drain français. C’est un problème assez grave qui peut coûter pas mal cher à régler », nous dit Pascal Parent. Dans le rapport d’inspection, il sera noté l’ordre de gravité et, s’il y a lieu, la recommandation de faire une expertise avant de passer à la transaction. Le tout sera accompagné d’une explication du phénomène.

     

    Une visite de deux à trois heures

     

    Pour l’inspection d’une maison unifamiliale, il faut s’attendre à une visite qui peut durer de deux à trois heures en moyenne. On recommande au client d’être présent, car c’est le temps pour lui de poser toutes ses questions : « Souvent, le client nous suit pas à pas et on lui explique au fur à mesure de la visite ce qu’on voit. » Une inspection porte autant sur l’extérieur que sur l’intérieur du bâtiment. Même si le conduit d’évacuation de notre fameux drain français ressort à 100 mètres de la maison, l’inspecteur scrutera la sortie pour s’assurer que celle-ci n’est pas obstruée. À l’intérieur, on regarde tout de la cave au grenier et, s’il y a un garage, on l’inspecte aussi ! On vérifie l’électricité, la plomberie et tout ce qui est structurel. Quand l’inspection est terminée, c’est alors le temps de rédiger le rapport et, si le client a été présent pendant toute la procédure, le rapport ne viendra que valider ce qui a déjà été dit.

     

    Le coût moyen de l’inspection d’une maison unifamiliale tourne autour de 500 $.

     

    Sur le plan juridique, si un inspecteur a fait une erreur d’omission visible, il peut être poursuivi, puisqu’il a la responsabilité de déclarer tout ce qui était visible. C’est la raison pour laquelle on disait plus haut que la profession n’était pas sans risque. Et le risque se prend lors de chacune de ces inspections…

     

    Au fond, l’inspection préachat n’est pas si douloureuse que ça et, de plus, elle permet aux futurs acheteurs de reluquer sous toutes ses coutures leur future demeure.

     

    Collaboratrice













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