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    Le «hygge» se met à table

    9 décembre 2017 |Sophie Suraniti | Alimentation
    Les événements Saisons sont une série de repas saisonniers dans un endroit et avec un chef québécois chaque fois différents, où l’art de la table est soigné.
    Photo: Jean-François Frenette Les événements Saisons sont une série de repas saisonniers dans un endroit et avec un chef québécois chaque fois différents, où l’art de la table est soigné.

    Hygge. Ils sont forts, ces Danois. Ils ont réussi à exporter un concept avec un nom que personne n’arrive à prononcer correctement ni à définir précisément. Depuis un an ou deux, tout le monde aspire à ce « hugueu », « hou-geu », « hou-ga », ou art de vivre à la danoise ! Comme cette quête du bien-vivre passe (entre autres) par de bonnes choses à manger et à partager, l’art de la table s’engouffre dans cet esprit « être bien chez soi » : se créer un cocon, recevoir dans une ambiance chaleureuse et confortable.

     

    « De ce que je vois passer sur les réseaux sociaux et ce sur quoi je me concentre, c’est de faire simple tout en étant élégant », confirme Mayssam Samaha, créatrice des événements Saisons, une série de repas saisonniers qui se tiennent dans un endroit et avec un chef québécois chaque fois différents, où l’art de la table est particulièrement soigné.

     

    Parce qu’on le sait, manger avec les yeux fait partie de l’expérience et aiguise les appétits. La manière d’appréhender la table suit ce qui se passe dans les assiettes. La philosophie du « cuisiner frais, local, saisonnier » se retrouve donc sur la table. Le contenant colle au contenu. On vise la simplicité, le naturel. Par exemple, pour le temps des Fêtes, à défaut de fleurs fraîches, on décorera avec du sapinage, du petit bois souple que l’on peut tresser, des légumes (choux, radis…).

     

    Table simplifiée

     

    L’art de mettre la table s’est en effet simplifié et la façon d’aborder le dressage de table s’est décomplexée. On mise sur le beau et le pratique, l’un des principes du hygge. L’environnement ne doit pas être tape-à-l’oeil, luxueux.

     

    Cette recherche et ce goût pour la simplicité influencent ainsi le choix des matières. Du lin ou du coton pour les serviettes, la nappe ou le chemin de table (dont l’orientation a changé ; maintenant, c’est un vis-à-vis !). De la céramique pour les objets de la table. Tant pis si le service de table s’avère incomplet. Mettre la table à partir de ce qu’on a fait partie de l’exercice.

     

    Lumière

     

    La lumière participe énormément à la sensation de confort et de convivialité. On règle donc son éclairage général au plus bas, on multiplie les sources douces lumineuses et on allume des bougies.

     

    Pour l’ambiance tamisée d’une pièce et le périmètre table, il suffit de ventiler plusieurs bougies à base de produits naturels, préférablement sans parfum. Vous avez la chance de pouvoir allumer un feu de cheminée ? Alors là, c’est encore plus « hugueu » ! Bon, qui met la table pour le temps des Fêtes ?


    Deux questions à Monique Giard, directrice du Centre de céramique Bonsecours depuis 1981 Quels changements constatez-vous en matière d’art de la table depuis que vous dirigez le Centre de céramique ?

    Les gens sont plus conscients de l’environnement dans lequel ils veulent vivre. Ils souhaitent une personnalisation des choses qui les entourent, avoir des objets fabriqués par des personnes ayant à coeur de transmettre des émotions à travers ces objets qui reflètent leurs créateurs. Il y a aussi le phénomène des chefs restaurateurs qui ont apporté leur perception de la façon de traiter la table, le fait d’aimer manger dans des plats en harmonie avec leur cuisine. Ces chefs qui demandent à des céramistes de créer des collections donnent aux clients l’envie d’avoir à la maison des objets différents. Avant, on avait de la vaisselle blanche, et puis c’est tout.

    On observe donc un engouement renouvelé pour le beau ?

    C’est surtout un engouement pour le fait main, la personnalité du créateur, la signature pour un objet qui nous donne des émotions lorsqu’on s’en sert. Un quelque chose qui n’est pas neutre ni industrialisé. À un moment donné, nous nous sommes détournés du fait main. On y revient. Car il y a ce besoin de donner du sens à ce qu’on fait, à ce qui nous entoure, aux objets. Il y a aussi ce besoin de donner du temps pour faire les choses.

    Parallèlement au Salon des métiers d’art de Montréal (metiersdart.ca), qui se tient jusqu’au 17 décembre, le Centre de céramique Bonsecours (centreceramiquebonsecours.com) organise son « Petit Salon » avec une douzaine de ses diplômés. Jusqu’au 20 décembre.

    À surveiller Pour son septième numéro, Caribou — un magazine indépendant, sans recette de cuisine, qui s’interroge sur l’identité culinaire québécoise — aborde le thème de l’art et du design. La cuisine est-elle un art ? Comment le design s’insère-t-il dans l’univers de l’alimentation ? Pour une lecture qui nourrit différemment… sous l’angle « hygge » ! Pour les points de vente : cariboumag.com












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