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    Chronique

    Cartographier un système agroalimentaire

    Il s’agit de savoir où et comment bien se nourrir et de semer les bonnes idées pour demain

    Sophie Suraniti
    23 septembre 2017 |Sophie Suraniti | Alimentation | Chroniques

    Répertorier et représenter visuellement tout ce qui se passe dans un microcosme alimentaire, à quoi cela sert-il ? À soutenir les concertations locales et à faire en sorte que celles-ci l’intègrent dans leurs activités ? À ce que les divers intervenants comprennent davantage leur quartier ? À ce que les citoyens soient mieux informés ? Tout cela (et plus) à la fois !

     

    Éliane Brisebois vient de boucler sa maîtrise en sciences de l’environnement. Coordinatrice de la Chaire de recherche de l’UQAM sur la transition écologique, particulièrement du volet « systèmes alimentaires », elle intervient aussi comme professionnelle de recherche au Centre OSE (organisations, sociétés, environnement).

     

    Dans le cadre de sa recherche, Éliane Brisebois a recensé, de février 2015 à août 2016, plus de 300 initiatives alternatives du système agroalimentaire montréalais et calqué dessus une grille de lecture et d’analyse. « Agroalimentaire », car l’ensemble de la chaîne est visé, de la production jusqu’au compostage des déchets. « Alternatif », car l’initiative répertoriée doit être porteuse d’un changement, sous-entendu social.

    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le Frigo des Ratons de Rosemont, inauguré et photographié ici en avril 2016, est une initiative d’échange communautaire. Selon sa page Facebook, l’installation est « au repos » pour les semaines à venir.

    Parmi les 340 démarches innovatrices présentes dans ce répertoire paru en août 2017, certaines sont des agents de changement encore plus que d’autres. C’est le cas des initiatives d’échange, une catégorie en pleine ébullition, dont beaucoup émanent des citoyens : frigos communautaires ou applications technologiques basées sur le partage.

     

    Bien entendu, depuis la parution du document, le nombre de démarches a bougé, car les projets vont et viennent par manque de financement, à cause de changements dans les équipes, etc. Mais au-delà de cette recension, ce qui est surtout notable, c’est la diversité de ce système alternatif et les pratiques particulières.

     

    Qui travaille sur quoi ?

     

    Éliane Brisebois n’est pas la seule à avoir mené ce type de recension, d’autres répertoires et inventaires du système agroalimentaire montréalais existent. Fin juin, une rencontre a eu lieu entre des représentants des milieux communautaires et des universitaires qui se sont lancés (chacun isolément) dans des projets de cartographie et de visualisation de données dans le domaine de l’alimentation pour le territoire montréalais.

     

    Qui travaille sur quoi ? Quelles données existent ? À quoi a-t-on actuellement accès en matière d’informations ? « On s’est vus, entendus, compris. Chacun a présenté un compte rendu de ce qu’il a fait », rapporte Gaëlle Janvier, chargée de projet pour l’organisation de solidarité Alternatives. Gaëlle Janvier s’occupe de faire la liaison communautaire dans le cadre de ce projet de recherche collaboratif coordonné par la professeure et chercheuse Anna-Liisa Aunio, du cégep Dawson (« Justice alimentaire et système alimentaire durable. Mobiliser de nouvelles technologies pour transformer les villes et bâtir des communautés de changement »).

     

    Parmi les personnes rencontrées, certaines détiennent des informations un peu pêle-mêle, tandis que d’autres informations sont bien ordonnées dans un tableur ou, comme celles d’Éliane Brisebois, ont fait l’objet d’une analyse poussée. Cela varie donc beaucoup. « Deux ou trois étudiants d’Anna-Liisa Aunio regardent actuellement qui est générateur de données. Ils travaillent aussi sur la qualité de ces données, car il y a des erreurs ou des manques. »

     

    Quelles sont les initiatives montréalaises axées sur le non-gaspillage alimentaire à Verdun ? Où se trouvent les déserts alimentaires à Hochelaga-Maisonneuve ? Voilà le type de questions qui pourra être posé grâce à l’outil cartographique. Le système répondra en plaçant des points sur la carte. En cliquant dessus, on obtiendra des informations.

     

    Méthodologie

     

    Ces questions soulèvent toutefois plein de difficultés méthodologiques en amont ! Par exemple, comment intégrer les initiatives qui n’ont pas de bureaux, ni d’adresse, ni de service à la clientèle ? L’autre difficulté importante concerne l’actualisation des données. Récolter des données qualitatives, générer une carte, c’est bien. Encore faut-il mettre tout cela à jour. Et pas tous les dix ans !

     

    « Le but ultime est de mettre toutes ces données qualitatives sur une carte. Pour le début de décembre, on a prévu une première version de ce que pourrait être cet outil, que l’on veut décentraliser pour qu’il soit collaboratif. En ce moment, nous recueillons tous les morceaux », explique Gaëlle Janvier. À terme, cette cartographie du système agroalimentaire montréalais servira à différents utilisateurs : pour la concertation citoyenne, les intervenants des milieux communautaires, les universitaires, les politiciens, les résidants, etc.

     

    Tous ces inventaires et cette volonté de les rassembler et de les placer sur la microplanète agroalimentaire s’avèrent pertinents pour lire le territoire montréalais, le comprendre et agir dessus. D’autant plus que nous entrons dans une période électorale. Avoir une carte agroalimentaire en main, c’est toujours mieux pour savoir où et comment bien se nourrir et semer les bonnes idées pour demain…


    Cuisine, cinéma et confidences… Comme l’a bien résumé Jean Soulard en conférence de presse lundi, aux côtés de la productrice Lucie Tremblay, novembre est météorologiquement un mois de « schnout » ! Le temps parfait pour aller au cinéma.

    Et comme le Québec n’avait pas encore son festival mêlant cinéma et gastronomie, hormis quelques volets dans certains événements, les borborygmes cinématographiques seront désormais calmés à la suite de cette rencontre entre le chef et la productrice de l’excellent documentaire de Kim Nguyen Le nez.

    Pour cette première édition qui se déroulera à l’hôtel spa Le Germain Charlevoix et à la Maison mère Baie-Saint-Paul (l’ancien couvent des Petites Franciscaines de Marie a été reconverti), deux partenaires du festival, la programmation devrait satisfaire les appétits de tous. Ratatouille, Chef, The Lunchbox, Le festin de Babette, Alexandre le Bienheureux et Les délices de Tokyo sont au menu du côté des fictions. La cuisine en héritage, Le nez, La ferme et son État, Théâtre de la vie et L’empreinte s’ajoutent du côté des documentaires. Une programmation de courts et moyens métrages sera annoncée vers la mi-octobre. Pour les « exclusivités », c’est le documentaire Grand cru de David Eng, parti à la rencontre du producteur de vin Pascal Marchand, qui sera projeté pour la première fois. Ce film de 82 minutes risque d’être fort intéressant : un Québécois débarqué dans la région de Bourgogne il y a plus de 30 ans et qui secoue les habitudes des vignerons du coin avec son approche « biodynamique » artisanale et non conventionnelle !

    Bien entendu, parallèlement à toutes ces projections filmiques, se greffe un volet gastronomie. Ateliers, dégustations, discussions, librairie éphémère… et un menu gala le samedi soir autour du Festin de Babette : les chefs participants s’inspireront du film danois pour composer leurs plats. Le Germain Charlevoix a déjà ouvert la billetterie pour ses forfaits. Mais rien ne nous oblige à dormir et à manger sur place. La vente des billets pour la partie « cinéma » sera lancée sous peu. De quoi se sustenter… de films !

    Festival Cuisine, cinéma et confidences, à Baie-Saint-Paul, les 3, 4 et 5 novembre.












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