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    Saveurs

    Les ratés et les bons coups de 2016 en agroalimentation

    Après avoir mis le couvert toute l’année, c’est le temps de débarrasser

    Sophie Suraniti
    31 décembre 2016 |Sophie Suraniti | Alimentation | Chroniques
    Un Sommet sur l’alimentation se tiendra en novembre 2017. Le ministre de l’Agriculture, Pierre Paradis, a prévu trois rencontres préparatoires, la dernière devant avoir lieu en mai prochain.
    Photo: iStock Un Sommet sur l’alimentation se tiendra en novembre 2017. Le ministre de l’Agriculture, Pierre Paradis, a prévu trois rencontres préparatoires, la dernière devant avoir lieu en mai prochain.

    Voici un petit bilan annuel, non exhaustif, du secteur agroalimentaire : cinq échecs (qui peuvent rebondir !) et cinq succès (qui peuvent tomber !). Je profite de cette dernière chronique en 2016 pour dire à ceux qui ont à coeur de bien nous nourrir : tenez bon ! Souhaitons-nous le meilleur. Dans l’assiette comme ailleurs.

     

    Allez, commençons par les ratés

     

    Fromage. Le programme fédéral de compensation financière pour pallier les pertes du secteur laitier devant l’arrivée des 17 700 tonnes additionnelles et annuelles de fromages européens, dans le cadre de l’Accord économique commercial et global (AECG) Canada-Union européenne, ne fait aucune distinction entre les provinces, ainsi qu’entre les gros et les petits transformateurs. Pourtant, le Québec produit 40 % du lait et 60 % des fromages fins pour tout le pays. Des pinottes pour nos artisans fromagers.

     

    Maïs. Depuis 2014, l’Association des producteurs de maïs sucré de Neuville souhaite obtenir une « indication géographique protégée » (IGP). Le dossier, qui suivait son petit bonhomme de chemin, s’est retrouvé bloqué à l’automne. Les demandeurs veulent, en effet, protéger non pas un, mais quatre termes : maïs et blé d’Inde (des synonymes), ainsi que maïs sucré de Neuville et maïs de Neuville (certains producteurs l’affichent, d’autres pas).

     

    Une première pour le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, qui a estimé que le dossier n’était pas assez étoffé. Les demandeurs ont donc revu leur copie en enrichissant leur argumentaire, mais sans lâcher prise sur la requête initiale. Et c’est reparti pour un tour !

     

    Organismes génétiquement modifiés (OGM). La demande pour un étiquetage obligatoire des OGM a reçu un coup de massue avec la récente recommandation fédérale, émanant du Comité permanent de l’agriculture et de l’agroalimentaire, de ne pas rendre obligatoire l’étiquetage du saumon AquAdvantage. Ce premier animal modifié génétiquement devrait donc arriver sur le marché en 2018, ni vu ni connu, après 18 mois de poussée fulgurante dans les bassins de l’entreprise AquaBounty.

     

    Avant lui, la pomme Arctic de la compagnie Okanagan Specialty Fruits — qui ne brunit pas lorsqu’on la coupe ou la croque — devrait se pointer. Deux OGM directement dans nos assiettes ! Aussi, tandis que certains se réjouissaient de ce voisin inspirant, la loi pour l’étiquetage obligatoire des OGM dans le Vermont s’est fait tasser par un amendement fédéral ayant préséance sur elle. Au Québec, on attend toujours que le dossier décoince…

     

    Trop de restos ? Il y a un an pile, un restaurateur lançait ce débat relayé par d’autres : « Il y a trop de restos à Montréal ! À Québec ! Et ailleurs dans la province ! » On mélange un peu tout dans cette affaire : la réflexion qui devrait systématiquement s’enclencher quant au développement urbain d’un secteur en devenir ou en revitalisation, les compétences des uns et pas des autres (es-tu un « vrai » chef ayant fait une école ? un gestionnaire ?), le principe du libre marché… Une restaurantite aiguë complexe et mal soignée.

     

    Trump. Le trumpisme qui s’installera officiellement à la Maison-Blanche à compter du 20 janvier risque de faire trembler plus d’un accord commercial. Avec toutes les annonces entourant la future politique protectionniste du président désigné américain, on se demande bien, en effet, ce qui va advenir de certains échanges. Les États-Unis sont notre premier partenaire commercial. Il va en falloir, des ronds de jambe et des facilitateurs, pour que les marchés s’y retrouvent de part et d’autre…

     

    Et du côté des bons coups

     

    Antigaspillage. C’est fou le nombre d’initiatives citoyennes ou de jeunes entreprises qui se sont lancées cette année afin de proposer leurs solutions pour contrer le gaspillage alimentaire. Épiceries d’aliments en vrac, emballages écologiques, frigos communautaires… En 2017, on devrait poursuivre sur cette lancée. Attention, toutefois : il ne faudrait pas que le gaspillage alimentaire vire en gros business. Ce serait oublier les bonnes intentions de départ.

     

    Bio. Au Québec, la filière biologique se développe, particulièrement dans le secteur laitier, où la production totale de lait devrait avoir doublé d’ici 2023, tel qu’annoncé par son syndicat de producteurs. Biologique, cela veut dire que la ferme est considérée et gérée comme un écosystème, respectueuse de son environnement et du bien-être de ses animaux, que les OGM y sont interdits dans l’alimentation animale…

     

    Super ! Reste toutefois à régler les histoires de contamination croisée entre champs de cultures biologiques et ceux de cultures génétiquement modifiées, comme la luzerne génétiquement modifiée, une nouveauté plantée cette année en Ontario et au Québec.

     

    Guide alimentaire. Plusieurs professionnels de l’alimentation et spécialistes en santé publique réclamaient depuis longtemps une révision du Guide alimentaire canadien, la dernière datant de 2007. C’est chose faite. La première phase de consultation publique vient de s’achever. Mais le processus ne fait que commencer. Santé Canada vise la fin de l’année 2018 pour produire de « nouveaux modèles d’alimentation saine [quantité et types d’aliments recommandés] » et de « nouvelles ressources pour les Canadiens ».

     

    Identité. La réflexion s’amorce sur la question de savoir « qui nous sommes comme mangeurs québécois, d’où nous venons et quels sont nos marqueurs identitaires par rapport à d’autres ». À travers diverses initiatives, des films documentaires, des publications, des expositions… on se questionne, on réfléchit. Montréal sera la grande vedette de 2017 du haut de ses 375 ans. Mais pas seulement. Les festivités devraient générer des retombées positives pour toutes les entreprises du Québec qui en font une métropole gourmande.

     

    Sommet. Dans le cadre du futur Sommet sur l’alimentation, qui se tiendra en novembre 2017, et en vue de sa prochaine politique bioalimentaire (élections en vue en 2018…), le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, Pierre Paradis, a décidé d’organiser trois grandes rencontres préparatoires. La première a placé les consommateurs au coeur du débat afin de recueillir leur avis sur différents enjeux alimentaires.

     

    Les « doléances » continuent d’être partagées sur la plateforme Web créée expressément dans ce but. Les deux prochaines rencontres, l’une en février, l’autre en mai 2017, s’adresseront à des groupes d’acteurs du secteur agroalimentaire.

    Un Sommet sur l’alimentation se tiendra en novembre 2017. Le ministre de l’Agriculture, Pierre Paradis, a prévu trois rencontres préparatoires, la dernière devant avoir lieu en mai prochain. Le programme fédéral de compensation représente des pinottes pour les producteurs laitiers québécois affectés par l’AECG.












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