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    Livraison de repas à vélo

    Un marché à deux vitesses

    Ce secteur hypercompétitif ailleurs est encore discret chez nous

    Sophie Suraniti
    17 septembre 2016 |Sophie Suraniti | Alimentation | Chroniques
    Foo du coin lance officiellement son service de livraison engagée… ce samedi !
    Photo: Conrad Vitasse Foo du coin lance officiellement son service de livraison engagée… ce samedi !

    Cet été, en Europe, ça pédalait fort : en short, en jean, en combi de sport, arborant selon l’entreprise un logo rose, rouge ou vert. Sortes de cyclo-escargots sillonnant les rues de la ville engourdies par la chaleur à l’heure du midi, les yeux rivés sur le chrono.

     

    S’il y a une chose qui ne peut, pour le moment, être livrée sous une forme numérique, c’est bien la nourriture ! La livraison de repas et de produits alimentaires reste donc promise à un bel avenir. Mais, contrairement aux grandes villes européennes et nord-américaines, où la bataille fait rage depuis que des géants comme Amazon Restaurants ou UberEats s’attaquent au marché à grands coups de campagnes marketing et de plateformes technologiques, le marché québécois suit plutôt discrètement.

     

    Certes, le bassin de clients y est moindre et se concentre principalement dans la grande région montréalaise.Un timide avenir, donc, sur quatre roues, mais aussi sur trois (triporteur) ou sur deux (biporteur ou cargo, standard). Écolo et vélo s’arriment bien.

     

    « Je suis certain que de plus en plus de clients vont réclamer un mode de livraison écologique. Ça fait partie des nouvelles valeurs. Les entreprises n’auront d’autre choix que de s’y mettre », pense Christophe Navel, fondateur de Véli Coursiers, une compagnie créée en 2011 qui livre « proprement » à ses clients à Québec (véhicule ou vélo électrique) et, depuis un an, par l’intermédiaire de sa succursale montréalaise.

     

    Petits et gros

     

    Pour le moment, le marché se règle sur deux vitesses. D’un côté, il y a les petites entreprises qui jouent la carte de la niche quant à l’offre de contenus, de zones desservies, et qui misent sur leur professionnalisme et sur la relation client-livreur. De l’autre, il y a de gros joueurs issus du Web, comme Foodora (filiale du groupe allemand Rocket Internet) qui célébrera en octobre sa première année de fonctionnement à Montréal.

     

    Comme le précise d’emblée Sandy White, gérant montréalais de cette récente antenne, « Foodora est une compagnie de marketing ; la livraison est quelque chose de secondaire. Nous faisons de la promotion pour des restaurants que nous jugeons bons et de qualité ».

     

    Ainsi, sur les 300 restaurants clients que compte actuellement Foodora Montréal, un peu plus de la moitié utilisent le service de livraison, dont la flotte se compose à 60 % de vélos et à 40 % de voitures (les ratios varient selon la ville, son étalement, la météo, etc.).

     

    « Nous demandons au restaurateur de se concentrer sur ce qu’il sait faire de mieux, à savoir cuisiner. Nous gérons le reste, sachant que chaque restaurant décide jusqu’où il souhaite s’impliquer avec la marque. » Le reste, ce sont des livreurs qui fournissent leur propre vélo et partent à la course aux livraisons. Car plus ils en feront, plus ils gagneront…

     

    « On n’est pas juste un fournisseur de service de livraison de fleurs, de courrier ou de boîtes à lunch ! On se voit comme le prolongement de l’entreprise pour laquelle on livre », souligne Christophe Navel. Selon lui, l’image du messager qui débarque, suant et stressé à cause de la circulation, est à revoir. « Il faut redorer le blason, réexaminer la manière de livrer. Nos livreurs ne sont pas des travailleurs autonomes à qui on demande de fournir l’équipement et de faire des heures. Nous leur fournissons un vélo, un uniforme, ils suivent une formation, ils sont “vélo-sympathiques” ! »

     

    Service engagé

     

    Même tintement de sonnette pour Foo du coin, qui lance officiellement son service de livraison engagée… aujourd’hui ! Engagée ? « Les restaurants et les cafés avec lesquels nous faisons affaire sont vraiment des partenaires. On travaille avec eux pour le choix d’emballages écoresponsables, on s’investit dans le quartier avec d’autres organismes, on travaille sur cette notion de proximité et on opte pour un mode de transport propre, explique Audrey Nury, cofondatrice et responsable de la communication de toute cette jeune entreprise. Sans oublier que l’argent investi reste au Québec. Ce qui n’est pas forcément le cas lorsqu’on fait appel aux gros… »

     

    Les petits basent donc leur modèle d’affaires sur cette relation privilégiée qu’ils développent avec le restaurateur ou le traiteur. Ils se voient aussi comme des guides ou des facilitateurs gourmands d’une ville ou d’un quartier. Des exemples : Foo du coin, qui sélectionne ses cafés et restaurants, et Véli Coursiers, qui lance des boîtes de produits locaux livrées localement en collaboration avec l’organisme Mon Limoilou.

     

    Quant aux géants ou aux start-up du cybercommerce, ils ne sont pas à l’abri de la dégringolade. Cet été, l’entreprise belge Take Eat Easy, qui affichait une progression insolente depuis ses débuts en 2013, a déclaré faillite fin juillet.

     

    Début septembre, c’est au tour de Tok Tok Tok, une société française, de mettre la clé sous la porte. Cette « uberisation » des services de livraison de repas commence à susciter pas mal de remous. Considérés comme des travailleurs indépendants, les livreurs se retrouvent en effet sans aucun droit dès lors que ces plateformes disparaissent. Une belle précarité de l’emploi à la mode food tech, comme disent les Français (à savoir, le numérique appliqué au secteur alimentaire : autant la production que la vente ou la restauration).

     

    Au Québec, avant qu’anciens et nouveaux venus de la livraison se livrent bataille, de l’eau peut couler sous nos ponts (en décrépitude) et un tas de nids de poule peuvent être comblés. Il en va de la bonne tenue de votre repas livré à vélo !


    Un festival gourmand Les Jardins de Métis accueillent La Grande Table aujourd’hui et dimanche, un festival qui souhaite parler d’identité culinaire québécoise. Au programme : un marché de producteurs, des dégustations, des conférences ainsi qu’un « banquet des origines » revisitant les cuisines des Premières Nations, française et anglaise, à travers des recettes de la région.
    Foo du coin lance officiellement son service de livraison engagée… ce samedi ! Foodora, filiale du groupe allemand Rocket Internet, célébrera en octobre sa première année de fonctionnement à Montréal. Véli Coursiers, compagnie créée en 2011, livre « proprement » à ses clients à Québec (véhicule ou vélo électrique).
    Crudessence
    2157, rue Mackay Montréal % 514 664-5188












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