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    Dans la cuisine des jeunes

    Après Shanghai, Paris, Genève, Moscou, le festival Omnivore pose ses casseroles à Montréal pour le plaisir des foodies

    17 août 2012 |Gwenaëlle Reyt | Alimentation
    La Société des arts technologiques, et sa terrasse, sera l’hôte du festival Omnivore ce week-end.
    Photo: Sébastien Roy Société des arts technologiques La Société des arts technologiques, et sa terrasse, sera l’hôte du festival Omnivore ce week-end.

    Marc-André Royal, Stéphanie Labelle ou Simon Mathys. Ces noms sont encore peu connus du grand public, pourtant, ils ont déjà leurs aficionados parmi les amateurs d’art culinaire pratiqué hors des sentiers battus. Qu’ont-ils de différent ? Leur cuisine est jeune et c’est ce qui leur permet de participer, avec d’autres chefs, au festival Omnivore, qui se tiendra pour la première fois à Montréal dès ce dimanche. Cet événement parcourt les grandes métropoles de la planète à la découverte des talents de la cuisine d’aujourd’hui.


    « Nous avons un regard différent sur la gastronomie, explique Sébastien Demorand, membre d’Omnivore et journaliste culinaire en France. Nous sommes dans une dynamique de partage et d’échanges en proposant un récit de nos rencontres faites aux quatre coins du monde avec des chefs et des producteurs. Nous fonctionnons au coup de coeur, et Montréal a une énergie grisante dont nous avions envie de parler. Cette ville a beaucoup de choses à nous dire et son rapport au monde de la restauration est différent du nôtre. C’est ce qui nous a plu. »


    Au départ, Omnivore était un magazine, fondé en 2003 en France par Luc Dubanchet, ancien rédacteur en chef du guide de restaurants Gault et Millau. C’était « une feuille de chou pleine de reportages sur la gastronomie », explique Sébastien Demorand, qui travaillait aussi à l’époque pour le guide de bonnes adresses gourmandes. « Au début des années 2000, avec Luc, nous avons ressenti une forme de sclérose. Comme les fondateurs de Gault et Millau à leur époque, nous vivions une inadéquation entre nos aspirations de jeunes mangeurs et une scène gastronomique qui avait du mal à se renouveler, constate le critique culinaire. Nous étions une jeune génération de mangeurs et de journalistes qui a simplement voulu accompagner ces jeunes chefs qui avaient un peu de mal à éclore. »



    Créer des liens


    En s’inspirant de ce qui se faisait alors en Espagne et en Italie, l’équipe d’Omnivore lance en 2006, au Havre, le premier festival gastronomique du genre en France. De nombreux chefs prestigieux, dont Ferran Adrià, Alain Ducasse et Michel Bras, étaient présents, mais aussi plusieurs nouveaux chefs qui se sont fait connaître auprès d’un plus large public. Ainsi, au fil des ans, le festival a pris de l’ampleur et s’est déplacé à Deauville, puis à Moscou et à New York. Il a permis de créer des liens internationaux entre les chefs et a mis plusieurs noms sous les projecteurs, comme Pascal Barbot et Gilles Choukroun, deux jeunes chefs dont les restos ne désemplissent pas à Paris.


    Pour agrandir cette communauté gastronomique, Omnivore a entamé en 2012 une tournée mondiale qui s’est déjà arrêtée à Genève, à Bruxelles, à Shanghai et à Moscou et qui se poursuivra à New York, à San Francisco et peut-être à Istanbul et à Sydney. Mais avant cela, elle s’arrête à Montréal pendant trois jours, au cours desquels une vingtaine de chefs effectueront des démonstrations culinaires et prépareront des « Maudits soupers », soit des repas conçus par des chefs jumelés.


    L’événement se tiendra à la Société des arts technologiques (SAT), dont l’équipe travaille depuis trois ans pour accueillir le festival. « Philosophiquement, nous sommes proches d’Omnivore. Comme eux, nous mettons en avant une jeune cuisine qui n’est pas forcément de la grande gastronomie étoilée. Ils valorisent les produits et le travail en accord avec les saisons. C’est un retour aux sources, mais avec de jeunes chefs qui poussent les produits vers de nouvelles interprétations », explique Frédéric Gauthier, directeur du Foodlab, restaurant de la SAT. « C’est aussi un moyen de faire rayonner les talents culinaires d’ici à l’international, car nos chefs ne sont pas du tout connus en Europe. »


    Pour Seth Gabrielse et Michelle Marek, les deux chefs du Foodlab, c’est aussi l’occasion de faire des rencontres avec d’autres professionnels. « Nous sommes tous très occupés et nous n’avons pas le temps de sortir ou de voyager pour découvrir la cuisine des autres chefs. Quand un tel événement est organisé ici, cela nous permet de développer un réseau intéressant », explique Seth Gabrielse qui, avec Michelle Marek, a été associé au chef français Jérôme Bigot du restaurant Les Grès à Lindry, en Bourgogne, pour préparer un Maudit souper lundi soir. Restant dans l’esprit convivial du Foodlab, ce repas de cinq services sera axé sur les légumes et le mariage de saveurs recherchées. Samedi soir, les deux cuisiniers vont également être les hôtes de l’Omnivorious Party. Cette fête, ouverte au public, accueillera 1000 personnes qui dégusteront des bouchées créatives préparées par dix chefs.



    Chic Nouveau Palais


    La majorité des Maudits soupers se fera dans les restaurants des chefs participants. Comme c’est le cas pour Gita Seaton, chef du Nouveau Palais. Dans son vieux dinner où elle sert d’habitude une cuisine simplissime, elle va s’attaquer à un menu plus haut de gamme avec le chef John Horne du restaurant Canoe à Toronto. « C’est un défi d’amener des ingrédients plus luxueux dans un endroit comme le Nouveau Palais. J’ai hâte de voir ce que cela va donner », s’enthousiasme la jeune chef, qui s’est fait remarquer par l’équipe d’Omnivore pour sa démarche située à cheval entre la tradition et la modernité en réinterprétant la cuisine des dinners.


    En plus des Maudits soupers, le public va pouvoir assister durant ces trois jours à des démonstrations culinaires présentées par les chefs d’ici (Derek Dammann, Martin Juneau, Patrice Demers, etc.) et d’ailleurs, dont, entre autres, Grégory Marchand (Frenchie à Paris), les frères Folmer (Couvert Couvert à Heverlee, en Belgique) et Peter Nilsson (La Gazetta à Paris). De plus, un salon Omnivore se tiendra à la SAT avec plusieurs producteurs, une librairie, et des cantines de rue seront présentes à l’extérieur sur la place de la Paix.



    Collaboratrice



    Festival Omnivore


    Information et réservation : www.sat.qc.ca ou www.omnivore.fr


    La Société des arts technologiques, et sa terrasse, sera l’hôte du festival Omnivore ce week-end. Le chef Dave De Belder, du restaurant De Godevaart à Anvers, a fait une démonstration culinaire à l’aide d’une caméra et d’un écran géant lors du passage d’Omnivore à Paris plus tôt cette année.












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